‹ Précis du paludisme [electronic resource]Chapitre 26 sur 52 · SS · texte numérisé non relu

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Fig. 14. — Fièvre tierce. — Injection de 2 gr. 50 de quinine avant l'accès. — Apyrexie définitive.

avec elles; mais, dans ce cas également, elle est toujours plus fréquente, c'est-à-dire qu'elle prédomine au commencement de la saison des fièvres. » Ce sont les fièvres les plus fréquentes des zones tempérées. Dans 61 cas observés à Venise, dit Mannaberg, j'ai vu Cl tierces, tandis que dans 72 cas observés en Dalmatie et en Croatie, j'ai vu 27 tierces, soit 88 en tout. Sur ces 88 tierces, il y avait 43 doubles tierces. En effet, la tierce est susceptible

de se doubler, et elle se double très fréquemment, donnant lieu à des quotidiennes qui ne sont que de fausses quotidiennes.

La symptomatologie de l'accès tierce ressemble beaucoup à celle de l'accès quarte. La température monte très rapidement et descend de même ; cependant on observe souvent, après un commencement de chute thermique; un léger relèvement de la courbe, avant la chute définitive. Sa durée est en moyenne de six, huit, douze heures, pouvant se prolonger jusqu'à vingt-quatre et même trente-six heures.

Legrain fait remarquer que la fièvre tierce est celle qui se jugule le mieux spontanément. Au bout de quelques accès, sans médication, la fièvre tombe définitivement. Nous avons vérifié également ce fait. 11 est donc facile de se débarrasser d'une tierce, et le traitement quinique agit sur elle rapidement.

La tierce ne peut pas dégénérer en quarte, comme nous l'avons déjà dit, à moins qu'il y ait une nouvelle infection. Les parasites de la tierce peuvent-ils coexister avec ceux de la quarte et donner naissance à une fièvre compliquée ? D'après Thayer, de Baltimore, ces infections mixtes seraient excessivement rares ; d'après d'autres, au contraire, elles seraient relativement fréquentes et donneraient lieu à des fièvres continues et subintranlcs qu'il ne faudrait pas faire rentrer dans la catégorie des fièvres irrégulières par essence, dues aux Laverania, dont l'évolution cyclique n'est pas fixe.

Fièvres malignes. (Parasite : Laverania prœcox, fièvre quotidienne, fièvre tierce, maligne, tropicale, estivo-

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automnale, et tout le groupe des rémittentes et des continues, irrégulières, etc.)

Nous avons dit qu'il semblait rationnel de ne pas décrire plusieurs parasites dans ce groupe de fièvres. Si certains auteurs ont voulu voir trois espèces de parasites, une pigmentée dans la quotidienne, une non pigmentée dans la quotidienne encore, une troisième dans la tierce maligne, la différenciation ne nous paraît pas justifiée en raison des ressemblances profondes entre ces trois parasites. Ce n'est qu'une question de plus ou moins de pigment (Marchoux).

L'intermittence, au point de vue clinique, a beaucoup moins d'importance que dans les types précédents, parce qu'elle est toujours moins régulière.

La quotidienne doit être distinguée des fausses quotidiennes, qui sont des doubles tierces ou des triples quartes, et si le diagnostic s'établit surtout par l'examen du sang et la détermination du parasite spécial, il peut aussi se faire à l'aide des symptômes généraux. Dans la quotidienne maligne, le pronostic est toujours plus mauvais que dans la double tierce ou la triple quarte. Les accès pernicieux qui ne se montrent point dans les types espacés, même doublés ou triplés, sont, au contraire, toujours à craindre dans ces fièvres malignes. Les symptômes bilieux sont également beaucoup plus fréquents dans ceux-ci que dans ceux-là, et ils acquièrent une intensité qui est telle que l'on a pu décrire des « fièvres bilieuses. » La convalescence est longue quand le parasite Laverania a été la cause de l'infection, alors qu'elle s'établit d'emblée, môme après une longue succession d accès quartes ou tierces.

H en est de même pour la tierce maligne, qu'il est

facile do distinguer de la tierce bénigne ou printanière des Italiens. L'adynamie est très marquée dans la première, nulle dans la seconde, et la tendance à la subin trance est aussi une des caractéristiques de la tierce maligne. Si la fausse descente thermique avec ascension nouvelle et chute définitive s'observe dans la tierce printanière, elle est extrêmement plus commune dans la tierce estivo-automnale. C'est dans celle-ci seulement que l'on peut trouver des accès pernicieux, des phénomènes bilieux et hémorragiques intenses.

Les fièvres malignes de tout genre mènent rapidement au paludisme chronique et à la cachexie palustre.

C'est dans la catégorie des fièvres malignes que rentrent les fièvres dites rémittentes, subcontinues, continues, etc., toutes fièvres que l'on observe dans les pays chauds à l'état endémique' et dans les pays tempérés à titre exceptionnel pendant la saison chaude.

Toutes ces fièvres ont ceci de particulier, c'est qu'elles sont souvent précédées ou suivies d'accès nettement intermittents. Sans doute, on ne voit pas les fièvres remittentes dégénérer en vrais accès tierces ou quartes, et se maintenir sous cette forme d'intermittence pendant longtemps ; mais il est fréquent de voir une rémittente ou continue s'atténuer et donner lieu tantôt à des accès quotidiens, tantôt à des accès tierces, les uns alternant irrégulièrement avec les autres. Si le contraire était vrai, c'est-à-dire si des fièvres rémittentes se transformaient en quartes et en tierces vraies, avec les formes parasitologiques propres à ces fièvres bénignes, les partisans de l'unicité des hématozoaires auraient gain de cause.

Ce sont des points encore mal élucidés.

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