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CHAPITRE SECOND

PALUDISME CHRONIQUE ET CACHEXIE PALUDÉENNIi

Il faudrait évidemment séparer le paludisme chronique et la cachexie paludéenne, et décrire à part chacun de ces états particuliers de l'organisme ; mais si cette division s'impose au point de vue palhogénique. il faut convenir qu'au point de vue symptomatique, elle est fort difficile à établir ; on ne peut guère définir où le paludisme chronique cesse et où la cachexie paludéenne commence (Le Dantec).

Ce sont l'un et l'autre des étals qui se développent à la suite d'une imprégnation palustre prolongée ; quelquefois si cette imprégnation est très intense, le paludisme chronique ou la cachexie s'installent pour ainsi dire d'emblée, et le malade interrogé est très embarrassé pour se rappeler quelques accès de fièvres fugaces ou quelque autre manifestation peu accentuée qu'il eut à subir, du comprend bien qu'à la suite d'accès de fièvre répétés, les dépôts du pigment sanguin se faisant de plus en plus dans les viscères, dans le foie et la rate spécialement, des phénomènes congestifs dus à la présence de ce corps étranger se manifestent du côté de ces organes, et don-

ÉTUDE CLINIQUE

nent lieu à des symptômes indiquant la souffrance de ceux-ci. Le dépôt de pigment agit-il seul dans le paludisme chronique ou la cachexie palustre ? Y a-t il des toxines ayant un pouvoir congestif d'abord, sclérosant ensuite ?

Questions insolubles à l'heure actuelle. Ce que l'on peut dire, c'est que le pigment amène, par sa seule présence, de la congestion, élément sur lequel peuvent se greffer des infections variées (phase des hyperémies phlegmasiques de Kelsch et Kiener), à la suite desquelles s'opère un travail de sclérose plus ou moins intense, origine des cirrhoses diverses que l'on a coutume d'attribuer au paludisme. Mais il faut se méfier des causes d'erreur, lorsqu'on veut l'aire un diagnostic étiologique. Les travaux de ces dernières années ont montré que la sclérose multiple disséminée (Grasset) était imputable à des causes multiples, auquel il est nécessaire de songer quand on se trouve en présence de lésions chroniques de sclérose chez un paludéen d'ancienne date. L'alcoolisme, les intoxications alimentaires, la syphilis sont susceptibles de scléroser les viscères, d'autant mieux que le paludisme agit en préparant le terrain. Il n'en est pas moins vrai que le pigment est sclérosant, et que les pneumonies chroniques d'origine paludéenne reconnaissent le même mécanisme que les pneumoconioses dues à l'absorption du charbon (Anthracose).

Ce que nous venons de dire indique bien que le paludisme chronique n'est qu'un échelon qui mène à la cachexie. D'après la comparaison de Kelsch le paludisme chronique est l'analogue de la période de compensation dans les maladies de cœur, tandis que la cachexie se rapproche de la période d'asystolie. Dans le paludisme chro-

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