‹ Précis du paludisme [electronic resource]Chapitre 41 sur 52 · QUATRIÈME PARTIE Maladies parapaludéennes · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE Maladies parapaludéennes

Nous adoptons cette expression de Le Dantec. C'est par analogie avec les affections parasyphilitiques que ce terme peut être employé. Dans les unes comme dans les autres, le traitement spécifique n'agit pas : il peut même nuire. Cependant, nous ne suivrons pas entièrement Le Dantec dans sa description, car alors le cadre des affections parapaludéennes devrait être par trop étendu. Les auteurs qui assignent au tabès une origine syphilitique disent que le tabès ne peut se développer que sur un terrain syphilitique, et qu'aucune autre cause que la syphilis n'est productrice de tabès. La maladie de Raynaud ou asphyxie locale des extrémités, que Le Dantec range dans les maladies parapaludéennes, peut se produire indépendamment de toute atteinte paludéenne. Il en est de même de l'anémie pernicieuse. Il n'est donc pas juste de mettre ces affections à côté de la lièvre hilieuse hémoglobinurique, qui elle au moins ne peut se rencontrer que chez les paludéens, et que nousjugeons à l'heure actuelle Être la seule à mériter le nom de parapaludéenne ; reconnaissons toutefois que, plus lard, le nombre des maladies ac cette catégorie pourra être augmenté.

Fièvre bilieuse hémoglobinurique. (Syn. : Fièvre hématurique, lièvre à urine noire, blackwaler lever.)

On désigne sous ce nom une maladie fébrile procédant par accès, caractérisés par un violent frisson, une élévation brusque de la température, des vomissements bilieux, de l'ictère et de l'hémoglobinurie.

On l'a cru longtemps cantonnée à Madagascar et dans l'Afrique intertropicale. C'est qu'elle était méconnue ou moins répandue qu'aujourd'hui. En réalité, elle existe dans toutes les contrées tropicales, et on peut en rencontrer même dans l'Afrique du Nord, même en Grèce et en Sicile.

Etiologie. — Elle frappe surtout les Européens, les indigènes paraissant jusqu'à un certain point immunisés contre elle. Ce n'est généralement pas dès l'arrivée que les Européens sont atteints de la maladie, mais plutôt après plusieurs années de séjour, alors qu'ils ont déjà subi plusieurs atteintes de fièvres paludéennes. De plus, la fièvre hémoglobinurique est beaucoup plus fréquente dans la saison fraîche et sèche que dans la saison chaude et humide (hivernage), à l'inverse des accès palustres. Sous les tropiques, et des médecins militaires nous l'ont déclaré, le paludisme peut sévir avec intensité dans les plaines, et la fièvre hémoglobinurique faire des ravagea sur les hauteurs, sur les plateaux. Ainsi, à Madagascar des malades ayant contracté le paludisme sur le littoral, étaient pris d'accès hémoglobinuriqucs quand ils rega-j

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gnaient Tanauarive, c'est-à-dire les régions plus élevées et plus salubres.

Comme causes occasionnelles, on peut citer le coup de froid, un traumatisme, du surmenage, etc., toutes causes banales.

Symptomatologie. — L'hémoglobinurie, les vomissements bilieux avec ictère, l'élévation thermique se manifestent en même temps. La maladie commence comme un accès palustre ordinaire, dans lequel on constate les symptômes caractéristiques. C'est le premier qui est le plus constant; les vomissements bilieux avec ictère et la fièvre peuvent manquer ou être fort atténués. Le malade est particulièrement brisé et éprouve de violentes douleurs dans les reins, comparables à la rachialgie de la variole ou au coup de barre du typhus amaril.

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En même temps que les vomissements bilieux on cons ate de a diarrhée bilieuse ou de la constipation e a |~n du foie et de la rate, qui sont dLour^ •

L'urine est foncée, variant du rouge cerise au noir malaga ou porto. Elle ne contient pas de globules de sang, ou ceux-ci sont extrêmement clair semés. C'est la matière colorante du sang qui s'élimine par l'urine ; il s'agit donc d'hémoglobinurie et non d'hématurie. L'urine abandonnée à elle-même laisse au fond du verre un dépôt composé de cylindres hyalins et hémoglobinuriques, et des grains de pigments divers. L'acide azotique ou la chaleur indiquent que l'urine contient de l'albumine en quantité considérable.

Au bout de quelques heures (10, 12, 24 et plus), la fièvre tombe au milieu de sueurs abondantes. L'ictère disparaît graduellement, et l'urine qui pendant l'accès était rare, est rendue copieusement, revenant peu à peu à sa coloration normale.

D'autres fois, et c'est plus fréquent, car la fièvre hémoglobinurique est très grave, au bout de quelques jours de fièvre, la température se maintenant élevée, la mort arrive, accompagnée des mêmes symptômes et en plus d'anurie.

Degrés FaJtrc'hheiù .

Fia 2(1 - Gourfee thermique d'une rechute de fièvre MmojH binûriqne chez Le môme malade (ûg. L9| peu aff^L®n? rclou* du Gongo. Mort, II = Hémoglobinurie (daprès filanson),

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La fièvre hémoglobinurique est une maladie à rechutes. Au bout de quelques jours d'apyrexie, un nouvel accès éclate, et présente généralement plus de gravité que le premier. D'autres fois, il n'y a pas d'apyrexie complète entre les accès, qui deviennent subinlrants, la maladie

pouvant ainsi durer une dizaine de jours, comme une

rémittente bilieuse ordinaire.

Les suites de la bilieuse hémoglobinurique sont sévères

et se signalent par l'apparition d'une néphrite, qui peut

évoluer rapidement.

Anatomie pathologique. - Tous les organes sont plus ou moins colorés en jaune par l'infiltration de la matière colorante biliaire circulant dans le sang

Le cœur est ramolli, «'affaissant sur la table d'autopsie La libre cardiaque est pâle, dégénérée

Le foie et la rate sont hypertrophiés et présentent les lésions du paludisme chronique.

Les reins sont un peu tuméfiés et hypérémiés. Les ubuh sont remplis de pigment hémoglobinurique qu peut se trouver mélangé au pigment ocre et au pigmen panique. D'autres fois, on trouve les altérations Te la

qur0nt duré"" ymateUSe {*™ "** ^ ^ les cas Diagnostic. - Dans les pays chauds, il faut la distinguer de la rémittente palustre et de la fièvre jaune Nous

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lèvre jaune, il n'y a pas d'hômoglobirinrie, ou celle- ci ne se montre que dans le décours de la malad e L fi vre jaune est une maladie de nouveaux débarm,** . i

Dans les pays tempérés, il faut „ distinguer d7rhé-

PltÉCIS DU l'ALUDISMiï

moglobinurie paroxystique ordinaire, affection peu grave, mais dont elle ne diffère guère que par le degré.

Le diagnostic se fait par la considération de la résidence ancienne des malades et de leurs antécédents palustres.

Il faut la différencier d'avec les hématuries de toute espèce, cela à l'aide de l'examen du sang, qui montre la présence des globules rouges dans les hématuries et leur absence dans les hémoglobinuries.

Au cours des néphrites chroniques, il y a parfois de l'hémoglobinurie, mais celle-ci évolue sans fièvre, sans ictère.

Nature et pathogénie. — Quelle est la nature de la bilieuse hémoglobinurique ? On en fit longtemps une forme du paludisme, et on la confondait avec la remittente bilieuse. Plus tard, on vit bien que la maladie se développait chez les vieux paludéens, mais que le sulfate de quinine avait une influence manifeste sur sa production. C'est l'opinion de Koch et de la plupart des auteurs modernes. Enfin, on chercha à démontrer l'existence d'un parasite spécial (Yersin), mais les recherches entreprises de ce côté sont restées infructueuses. De plus, l'hématozoaire est rare et non constant dans la bilieuse hémoglobinurique. M. Babès a trouvé une bactérie spéciale dans l'hémoglobinurie du bœuf, mais cette bactérie n'a pas été retrouvée chez l'homme. Th. Smith, en décrivant une maladie des bestiaux, la maladie du Texas, caractérisée par des urines. rouges et de la fièvre, décela dans le sang un protozoaire, le pirosoma b.geminum, qu'on n'a pas non plus retrouvé chez l'homme.

Le Uantec fait intervenir l'hypotonie du plasma sanguin ou la déminéralisation. Ce n'est pas parce que les

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globules sont détruits (Kelsch) que Phémoglobinurie se produit. L'hémoglobine, au contraire, se sépare des globules et se dissout dans le plasma, à la faveur d'une déminéralisation de celui-ci, et les causes déminéralisantes peuvent être le froid (hémoglobinurie paroxystique des pays tempérés), un médicament (la quinine), l'hyperthermie dans un accès paludéen, etc. En somme, il y a comme cause unique, l'état dyscrasique du sang, dont les éléments divers sont en équilibre instable, l'influence la plus minime étant susceptible de détruire cet équilibre, et cette dyscrasie du sang, il faut certainement l'attribuer au paludisme.

Traitement. — On doit soulenir les forces du malade (sérum artificiel, injections d'éther, potions stimulantes), s'abstenir de donner la quinine, et rapatrier les malades dans les pays tempérés, en évitant toutes les canses occasionnelles de l'accès, le refroidissement particulièrement. Les injections de sérum gélatine, de chlorure de calcium (à 10 p. 100) sont à essayer.

L'arsenic est très utile dans la convalescence. Le régime lacté doit être ordonné pendant la période aiguë, mais supprimé pour une nourriture plus réconfortante quand l'albumine a disparu des urines.

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