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SIXIÈME PARTIE

Gravité et Pronostic

La gravité de la malaria dépend de plusieurs conditions, de la forme qu'elle affecte, de sa durée, de la région, de la saison où elle est observée, de la résistance individuelle.

Cette gravité se manifeste d'ailleurs de plusieurs manières. Tantôt la mort survient à échéance très prochaine, tantôt la maladie aboutit à un état chronique, à une déchéance organique lentement progressive, tantôt c'est la race elle-même qui semble supporter toute entière les mauvais effets de la malaria, et qui dégénère au point de disparaître.

Nous avons dit que le diagnostic de la gravité pouvait se faire par l'examen du sang, puisque la constatation des parasites de la fièvre quarte et de la fièvre tierce printanière, implique un pronostic bénin, alors que la constatation des parasites de la fièvre estivo-automnale assombrit singulièrement l'avenir (les fièvres estivo-automnales conduisent souvent à la cachexie et aux accès pernicieux, les autres non).

Les tares organiques antérieures (syphilis, alcoolisme, etc.) aggravent la maladie, et sont l'occasion d'accidents

pernicieux, même dans les formes légères de la maladie.

Les accès ou accidents pernicieux sont fort graves, mais étant donné que ces syndromes sont mal définis, que leur cadre est restreint ou élargi suivant les auteurs, il est difficile de donner des chiffres approximatifs. La mortalité, suivant certains, peut varier de 20 à 70 0/0. D'après Colin, voici, par ordre de gravité, l'énumération des formes pernicieuses : cholérique, ictérique, comateuse, délirante, cardialgique, algide, syncopale, énumé ration arbitraire.

Il faut encore tenir compte du traitement qui, s'il intervient précocement et intelligemment, rend le pronostic moins sévère.

Les associations morbides dans le paludisme, constituent des causes d'aggravation pour celui-ci, qui également contribue à les rendre plus graves (telles pneumonie et malaria, fièvre typhoïde et malaria, dysenterie et malaria, etc., etc.).

Laveran fait très bien ressortir dans son traité les effets du paludisme sur les populations des pays palustres, en s'appuyant sur les statistiques de l'état civil de ces pays, constamment le chiffre des décès l'emporte sur celui des naissances. Les statistiques des conseils û(- révision ne sont pas moins éloquentes.

Ainsi dans l'Indre, Bertrand (cité par Laveran) a trouve que les cantons non marécageux avaient 254 à 280 exemptés pour infirmités sur 1.000 incrits, alors qu'il y en avait de 300 à 319 dans la Brenne. Le nombre des exemptions pour défaut de taille qui s'élevait à 124 et même 145 pour 1.000 inscrits dans les cantons marécageux de ta Brenne. était seulement de 50 à 86 pour 1.000 dans

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