‹ Précis du paludisme [electronic resource]Chapitre 44 sur 52 · GRAVITÉ ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

GRAVITÉ ET PRONOSTIC

les cantons non marécageux. Nous même, originaire de ce département, nous nous rappelons très bien que nos camarades de lycée, provenant de localités notoirement palustres, se faisaient remarquer par leur teint anémique et par leur débilité générale.

A mesure que les régions s'assainissent, le nombre des cas pouvant rester â peu près le même, leur gravité diminue. C'est ce qu'on observe en Algérie, où la morbidité paludéenne est toujours élevée, mais où les accidents pernicieux et le paludisme chronique sont de moins en moins fréquents. On explique cette diminution de gravité non seulement par l'assainissement en lui-même, mais aussi par l'amélioration des conditions d'existence. Il n'est pas douteux que les colons d'aujourd'hui vivent avec plus de confortable que les colons d'autrefois, les moyens de communication et la prospérité des cultures permettant un ravitaillement et une alimentation plus faciles.

Dans certaines circonstances, à Bône, en 1830, à Boufarik, en 1835 jusqu'en 1840, à Madagascar pendant la dernière campagne, la mortalité devint considérable. Travailleurs de la terre surmenés, soldats en expédition sont des proies faciles pour le paludisme, qui en décime un grand nombre, surtout dans la zone intertropicale.

La mortalité par rapport à la morbidité du paludisme, parait peu considérable. Les chiffres ne donnent qu'une idée approximative de la maladie, puisque celle-ci exerce ses ravages non seulement sur les individus à plus ou moins brève échéance, mais encore sur l'espèce, comme nous l'avons vu.

D'après Laveran, de septembre 1879 au mois de juin

1883, 1.310 malades entrèrent à l'hôpital de Constantine pour paludisme, et sur ce nombre 6 seulement moururent, ce qui donne une mortalité de 0,45 pour 100 seulement.

Voici quelques autres données, fournies par Mannaberg (p. 367).

En Italie, pendant les années 1890, 1891. 1892, on compta 54 cas mortels par année pour 100.000 habitants.

A Rome, en 1881, on compta 650 cas de mort. 1882, — 505 — — 1892, — 139 —

Dans l'armée italienne, il y eut, au cours de l'année 1895, 4.856 cas de paludisme et 13 décès.

En Russie, l'armée compta au cours de l'année 1881, 799.814 cas de malaria avec 279 cas mortels, soit une mortalité de 0,35 p. 1.000.

En Grèce, d'après Pampoukis, il entra à l'hôpital d'Athènes, dans l'espace de cinq ans, 14.000 malades atteints de paludisme. La mortalité fut de 4 pour 10.000. Les fièvres pernicieuses entraient dans le total pour 7 pour 1.000 des cas avec une mortalité de 21 à 33 0/0.

Aux Indes Anglaises, l'armée anglaise représentant un effectif de 64.137 hommes, présenta, dans l'année 1892. 35.942 cas de «fièvres», avec 474 décès. Parmi ces fièvres, il y eut 34.433 cas de paludisme, avec 98 morts (le reste des morts doit être imputé à la fièvre typhoïde).

L'armée indigène (effectif de 127.355 hommes) présenta 66.989 cas de fièvres intermittentes avec 125 morts, et 1,676 rémittentes avec 181 morts (Fayrer).

Au Bengale, 53.753 européens moururent pendant la

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