‹ Précis du paludisme [electronic resource]Chapitre 46 sur 52 · PRÉCIS DU PALUD1SMK · texte numérisé non relu

PRÉCIS DU PALUD1SMK

dans leur forme, ni dans leurs mouvements, ni dans leur nombre, pendant les six premières heures. D'après Manquât, le début de l'accès n'étant pas le frisson, mais l'exagération des combustions organiques qui précède l'élévation thermique, il faudrait donc distinguer entre le début réel et le début apparent de l'accès, et comme la quinine s'élimine surtout dans la sixième heure après l'absorption, il conviendrait de donner le médicament six heures avant le début réel. L'écart entre le début réel et le début apparent varierait suivant les divers types d'intermittence. Pour déterminer le début réel, il faut examiner l'urine, qui révèle une exagération importante du chiffre de l'urée, ce qui montre l'activité accrue des combustions organiques. Dans le type quotidien il y aurait un écart de moins de deux heures entre le début réel et le début apparent ; dans le type tierce, l'écart serait de 6 à 8 heures; dans le type quarte, il serait de 12 à 18 heures. La conclusion pratique, c'est qu'il faudrait administrer la quinine 8 heures avant le frisson dans le type quotidien, 12 heures dans le type tierce et 18 à 24 heures dans le type quarte

Il est difficile d'établir sur ces données un traitemenl du paludisme, car le début apparent de l'accès n'est pas toujours net. tant s'en faut: le frisson manque souvent. En règle générale, on se contente de donner la quinine avant le début présumé de l'accès, et aussi loin que possible de l'accès.

Treille et Legrain donnent la quinine immédiatement avant l'accès. L'accès qui vient n'est pas influencé, mais si la dose de médicament est suffisante, l'accès suivanl ne se produit pas. M. Treille va plus loin que les classiques (Lavcran), qui déclarent que la fièvre intermittente, une

TRAITEMENT

fois coupée, reparaît, d'ordinaire au bout de 7 à 8 jours. Pour lui, la quinine à dose convenable coupe toujours les accès pour une période minima de 5 jours.

Treille et Legrain conseillent d'employer des doses différentes pour les divers types de fièvre : pour la quotidienne, il faudrait 2 gr. 50, pour la tierce 2 grammes, pour la quarte 0 gr. 25 cent. La tierce se jugulerait d'ellemême après un nombre impair d'accès (5-7-9) ; la quinine serait inutile .

Cette méthode de traitement pourrait s'appeler le traitement par doses massives et servir pour la quotidienne et la tierce. Nous l'avons employée fréquemment, et ces doses élevées données d'un coup nous ont paru sans inconvénients et présenter le grand avantage d'assurer une apyrexie définitive, probablement en tuant à la fois tous les hématozoaires. Nous avons laissé évoluer un cas de tierce, et nous avons vu qu'il avait fallu seize accès pour obtenir la jugulation spontanée.

Nous avons également laissé évoluer sans traitement quelques quartes, et nous avons vérifié que la dose de 0 gr. 25 cent, suffisait pour couper plusieurs accès, mais nous estimons qu'il faut des doses plus élevées pour amener une apyrexie définitive.

A notre avis, les doses massives employées au début des accès ont le grand avantage d'éviter le surmenage de l'organisme par l'administration quotidienne de doses plus faibles. Les effets de la quinine sur la nutrition générale qu'elle entrave avec des doses supérieures à 0 gr. 25 cent., plaident en faveur «d'une telle méthode, d'autant moins que, nous le répétons, elle ne présente pas d'inconvénients.

Une dose de 2 gr. ou 2 gr. 50 tous les dix jours est pro-

bablement moins nuisible que l'administration d'un gramme ou 1 gr. 50 pendant plusieurs jours consécutivement.

Laveran préconise un traitement discontinu (méthode des traitements successifs) qui est en somme la méthode la plus suivie, et dont voici la description d'après l'auteur (page 353 du Traité du paludisme). Les 1er, 2eet3e jours 0 gr. 80 à 1 gr, par jour de chlorhydrate de quinine.

Du 4e au 7e jour, pas de quinine.

Les 8e, 9e et 10e jours, 0 gr. 60 à 0 gr. 80 de chlorhydrate de quinine.

Du 11e au 14e jour pas de quinine.

Les 15e et 16e jours 0 gr. 60 à 0 gr. 80 de chlorhydrate de quinine.

Du 17e au 20e jour, pas de quinine.

Les 21e et 22e jours, 0 gr. 60 à Ogr. 80 de chlorhydrate de quinine.

«Je n'ai pas la prétention, dit Laveran, de donner une formule applicable dans tous les cas de paludisme ; la prescription donnée devra être souvent modifiée, notamment dans les fièvres graves des pays chauds. »

Faut-il traiter dès le début les fièvres paludéennes ? Nous avons dit. nous appuyant sur les données parasitologiques établies surtout par les auteurs étrangers, qu'on pouvait sans danger attendre la production de quelques accès, avant d'instituer le traitement, quand il s'agissail de tierces ou de quartes, ces fièvres ne conduisant pas à la perniciosité ou à la cachexie. Il faut encore que le sujet ne présente aucune tare organique, particulièrement du côté des reins ou du cœur, parce que dans ces cas, il peut être exposé à des accidents pernicieux, môme avec une tierce ou une quarte.

TRAITEMENT

Chez les enfants, les doses devront être naturellement diminuées, mais la méthode sera la même. Les lavements et les injections peuvent être employés avec succès. D'après J. Simon (cité par Laveran), voici quelles seraient les doses : chez les enfants au-dessous d'un an, 0 gr. 5 à 0 gr. 10 cent, de chlorhydrate de quinine dans un lavement.

Chez les enfants de 1 à 2 ans, 0 gr. 10 à 0 gr. 20 cent.

Chez les enfants de 2 à 4 ans, 0 gr. 20 à 0 gr. 30 cent.

Chez les enfants de 4 ans et plus, 0 gr. 30 à 0 gr. 40 cent, par jour, en plusieurs doses.

Fièvres rémittentes et continues. Accès pernicieux et accidents pernicieux ■ — Dans ces cas là, il ne faut pas hésiter à donner de fortes doses immédiatement, mais les donner de préférence, si l'on peut, bien entendu, pendant les périodes où la fièvre est la moins vive : 2 gr. à 2 gr. 50 en injections dans du sérum artificiel (250 gr. à 300 gr.) sont une dose suffisante et nécessaire. La médication adjuvante est ici d'une importance extrême. Nous y reviendrons en détail.

Dans certains accès fort graves, la méthode d'injections veineuses (Bacelli) est peut-être utilisable, comme la méthode d'injections intra-trachéales (Jousset de Bellesme, Annequin).

Dans les accidents pernicieux, il ne faut pas perdre de vue la lésion antérieure, indépendante du paludisme, qui vient subitement aggraver celui ci.

Paludisme chronique et cachexie . — Dans ces états, la quinine a un rôle bien moins efficace que dans le paludisme aigu. Toutefois, il faut l'employer dans les rechutes ou récidives de fièvres, qui, au lui- et à mesure qu'ellos se répètent, viennent aggraver l'état du malade.

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