ALCALOÏDES DU QUINQUINA
a) Cinchonine. — Le sulfate est le plus connu des sels. Il est soluble dans 65,5 parties d'eau. 5. S d'acool,
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60 de chloroforme. Moutard-Martin l'a van lé dans le traitement des fièvres intermittentes, mais il a reconnu lui-même que son action était inconstante. Ce n'est donc pas un médicament sûr et on l'a abandonné, bien qu'il coûte moins cher que le sulfate de quinine.
b) Cinchonidine. Isomère de la cinchonine. — On emploie le bromhydrate et le sulfate, qui auraient donné des succès. (Le Juge, Wedel, Gubler.)
c) Quinidine. Isomère de la quinine. — Suivant Dougall, elle viendrait en première ligne comme efficacité après la quinine, avant la cinchonidine et surtout la cinchonine ; d'après Broquet, la valeur thérapeutique du sulfate de quinine et celle de la quinidine paraissent égales. (Manquât).
d) Quinoléine. — Liquide incolore, de saveur forte, acre et amère ; peu soluble dans l'eau froide. Elle fait partie de la série aromatique et sert d'intermédiaire entre les alcaloïdes du quinquina et les médicaments tirés du groupe des phénols et des oxyphénols; elle paraît douée de propriétés antiseptiques. (Manquât.)
e) Quinoïdine. — Ce ne serait pas un alcaloïde, d'après Pasteur, mais un mélange en proportions variables de cinchonine, de quinine, de cinchonidine et de quinidine.
Elle a été employée avec succès par Burdel (de Vierzon).
Euquinine. — C'est un éther élhylcarbonique de quinine. Elle se présente sous forme de cristaux blancs, insipides, peu solubles dans l'eau, mais facilement solubles dans l'alcool, l'éther et le chloroforme. Elle est de réaction basique et forme avec les acides des sels cristallisables.
D'après Von Noorden, elle se distingue de la quinine, d'abord parce qu'elle est presque insipide, d'où avantage pour l'administration aux enfants, puisqu'elle n'occasionne pas d'embarras gastrique ni de bourdonnements d'oreilles, ou à un bien moindre degré que la quinine. Von Noorden a trouvé que dans le traitement de la coqueluche, de la fièvre hectique des tuberculeux, de la fièvre d'origine septique. de la pneumonie, de la dothiénentérie à la période des grandes oscillations thermiques et enfin des névralgies. 1 gramme de quinine pouvait être considéré comme correspondant à 1 gr. 50 ou 2 grammes d'euquinine.
On se sert d'euquinine, mais non du chlorhydrate d'euquinine qui est de saveur très amère. Le tannate d'euquinine. également insipide, pourrait aussi être employé.
On peut la donner dans du lait, dans du chocolat, en cachets, h doses doubles du sulfate de quinine. Dans deux cas de malaria, Mannaberg a obtenu deux succès. Planegrossi et Conli ont également été très satisfaits du traitement de vingt cas de fièvres intermittentes. Nous verrons que Celli et d'autres l'ont employé à titre prophylactique. Ce médicament coûte cher et ne supplantera pas la quinine.
Arsenic et ses composés. — C'est Boudin qui, en Algérie, fût le grand apôtre de l'arsenic. La médication de Boudin consistait à administrer l'acide arsenieux, à faire vomir el à donner une alimentation des plus réconfortantes.
Voici les règles posées par Boudin (d'après Laverai! ).
1" Faire vomir le malade au début ;
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2° Donner l'arsenic à dose fractionnée, c'esL-à-dire en plusieurs prises, dont la dernière, deux heures au moins avant l'accès à combattre -,
3« Profiter de la tolérance qui existe au début pour administrer la dose la plus forte d'arsenic et diminuer graduellement la dose à mesure que la tolérance baisse ;
4° Prendre le médicament pendant les phases d'apyrexie aussi bien que les jours de fièvre ;
5° Continuer le traitement pendant un temps proportionné à l'ancienneté de la maladie ;
6° Faire usage d'une alimentation substantielle très abondante, vin généreux.
Boudin ne craignait pas les doses élevées. La liqueur dite de Boudin était une solution à 1. p. 1000 d'acide arsénieux. Il donnait jusqu'à 0 gr. 10 de celui-ci par 24 heures.
L'acide arsénieux était donc considéré comme fébrifuge, ce qui est très contesté maintenant. Dans le paludisme chronique, ce médicament parait agir sur les accès irréjiuliers qui s'observent souvent dans cet état, mais ces accès ne sont pas toujours de nature palustre, ne sont pas toujours dus à l'hématozoaire, mais relèvent souvent d'une infection secondaire. Il n'est pas douteux que l'acide arsénieux soit un tonique général et ait une influence souvent héroïque sur les accidents du paludisme chronique ; mais il n'est pas nécessaire pour obtenir de bons résultats d'user des fortes doses de Boudin. Les petites doses répétées longtemps agissent très bien. Il est préférable de recourir à L'arsoniate de soude au lieu de l'acide arsénieux, le premier paraissant être mieux supporté et produisant, beaucoup moins fréquemment les troubles digestifs dont les composés arsenicaux
provoquent l'apparition. Il suffit de donner l'arseniate de soude dans une solution aqueuse, ce sel étant absolument insipide. Les vins à base d'arseniate de soude n'ont aucun avantage, et sont plutôt nuisibles, surtout dans les pays chauds, où l'estomac les supporte difficilement.
Dans ces dernières années le professeur Gautier a étudié l'action de deux nouveaux composés arsenicaux, le cacodylate de soude et l'arrhénal, qu'il a considérés comme fébrifuges, mais qui d'après la majorité des auteurs, n'agissent pas sur l'accès, et ont seulement une influence favorable sur la détérioration générale due au paludisme chronique.
Le cacodylate de soude est un acide du méthyl arsenique. Il se présente sous forme de prismes rhombiques, très solubles dans l'eau et l'alcool.
Le cacodylate de soude serait très riche en acide arsénieux ; il en contiendrait 54 p. 100, mais chose importante, il serait très peu toxique. Le docteur Danlos l'a utilisé dans les maladies de la peau ; il en donne jusqu'à 0 gr. 25 par jour à l'intérieur et 0 gr. 10 en injections hypodermiques.
La voie hypodermiqueestleprocédé de choix. Donné par la bouche ou en lavement, la cacodylate a une action irritante sur les muqueuses gastrique et rectale, action irritante due à l'oxyde de cacodyle, qui se forme par décomposition dans le tube digestif du cacodylate de soude. Cet oxyde de cacodyle a une odeur alliacée, qui peut incommoder non seulement le malade, mais son entourage.
Il faut le considérer tout simplement comme un agent reconstituant général, et agissant, principalement par
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voie hypodermique. On en donne par celte voie 0 gr. 01, 0 gr. 02. jusqu'à 0 gr. 05 par jour dans le paludisme chronique, ou dans la convalescence des formes aiguës. Widal a remarqué qu'à la suite de cette administration prolongée pendant un certain temps, le nombre des globules rouges était accru.
Formules de A. Gautier :