‹ Précis du siècle de Louis XV (volume 2)Chapitre 24 sur 42 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Le roi de France, maître de la Flandre et victorieux, propose en vain la paix. Prise du BrabarU liollan- • dais. Les conjonùtures font un staîhouder.

DAKS.ce fracas d'événements, tantôt malheureux, tantôt favorables, le roï victorieux en Flandre était îé seul souverain qui voulût la paix. Toujours en droit d'attaquer le territoire des .Hollandais, et toujours menaçant , il crut les amener à son granH dessein d une pacification générale, en leur proposant un congrès dans une de leurs villes ; on choisit Bréda. Le marquis dePuisieux y alla des premiers, en qualité de plénipotentiaire. Les Hollandais envoyèrent à Bréda M. de Vassenaer, sans avoir aucune vue déterminée. La cour d'Angleterre , qui ne penchait pas à la paix, ne put paraître publiquement la refuser. Le comte de Sand-

i68 rnècis'Du sjÊctE de louis xv.

tvicb y petit - fils pjir sa mère du fameux Viïmoî , comte tjs Hoclicster, fut k plénipôtciiliàiçè anglais. Maié tandis <jue les puissances auxiliaires de limjïéràtrîee* reurç avaient des ministrfes à ce congrès inutile., cette princesse a y en eut aucun. * ; 4 \ "* v '

, Le* Hollandais (leraicnt /pius qùe foute autre sanec , presser rheuréux effet dé cès apparences pacifiques. Uu peuple tout commerçant, qui n était plus guerrier, qui n'avait soldats, èttftmt les meilleures Iroùpcs çtMent;prr^6nnlèrës en France ad ; Aombre dètfîtte de trente- cinq " jhiïIe > Jioï& nies^ semblait fi avoir cFautrè intérêt que' dé'nVpàs Attirer sur son térrain Forage qaif ôHraït vu fëntlrc sur la Flandre. La Hollande n'était ^liïs mèhié urife puissance maritime ; ses ainiraiitës né 'pouvaient pas àlors mettre eu mer vingt vaisseaux de gaéire. Lès Hjgente èeritaient tous que si la ^îtevrt çôfximïïit iéuTte prbïfe^î-îKséi^ï fWtéhfc' 5«fcMér W'stnthoaaer, et par conséquent un biaîfrè. I -bjrmn'ghi tra ts^d^krefcîHt 1 de Dordreclit r . de la Brille, avaient toujoura iiisisté pour la ncuiraiitc; quèlquës membres de h république étaient ouvertement de cet avis. En. un mol , il est cc^ fom què si les Etats Génémux avàièût pris la ferme résolution de pacifier l'Europe , ils en seraient venus à bout ; ils auraient joint cette glôrré^ celle cFavdir fait autrefois dun si petit pays un" Etat puissant et libre j et cette gloire a été long-temps dtfbs fours rttains; mais le parti anglais et le préjugé géirêtàl prévalurent. Je ne crois pas qu'il y ait un peuple qui revienne p]uâ difficilement de ses anciennes impressions que< la Jifr tkm hollandaise. L'irfuption dè Louitf XIV et Tannée 167a étaient encore dans leurs cœurs % fct fo; é dire qufc

I^TlÉClk DU SIÈCLE DE LOTIS XV. ifk)

je me suis aperça plus dune fois que leur esprit 9 frappé de la hauteur ambitieuse de Louis XIV, ne pouvait concevoir la modération de Louis XV ; ils ne la crurent jamais sincère. On regardait toutes ses démarches pacifiques et tous ses ménagements, tantôt comme des preuves de faiblesse, tantôt comme des pièges. fc . ,\

Le roi, qui ne pouvait les persuader, fut forcé d* conquérir une partie de leur pays pendant la tenue d'un congrès inutile : il fit entrer ses troupes dans la Flandre hollandaise. C est un démembrement des domaines de cette même Autriche dont ils prenaient la défense : il commence une lieue au-dessous de Gand, et s'étend à droite et à gauche, d'un côté à Middel- Bburg sur la mer, de l'autre jusqu'au-dessous d'Anvers sur l'Escaut. 11 est garni de petites places d'un difficile accès, et qui auraient pu se défendre. Le roi, avant de prendre cette province, poussa encore les ménagements jusqu'à déclarer aux- Etats Généraux qu'il ne regarderait ces places que comme un dépôt qu'il s'engageait à restituer sitôt que les Hollandais cesseraient de fomenter la guerre, en accordant des passages et de* secours d'hommes et d'argent à ses ennemis.

On ne sentit point cette indulgence, on ne vit que l'irruption , et la marche des troupes françaises fit un stathouder. 11 arriva précisément ce que l'abbé de la Vilk, dans le temps qu'il faisait les fonctions d'en: voyé en Hollande , avait dit à plusieurs seigneurs de* Etats, qui refusaient toute conciliation, et qui voulaient changer la forme du gouvernement : Ce ne sera fj is vous , ce sera nous qui vous donnerons un maître.

= a5 ayrili747= Tout le peuple, au bruit de Vinva-

piuïcis nu siècle le louis xv.

sîon , demanda poux stathouder le' prince d'Orange ; la ville do Tçrveo.re, dont il étaii seigneur, commença, et le nomma ; toutes les villes de la Zélande suivirent ; Katerdam. Déli t le proclamèrent ; il n'eût pas été sur pour les régents de s'opposer iVla multitude ;x:c-h était partout qu'un avis unanime., Tout le peuple de la Haie entoura le palais ou s'assembleni les députés do la province de Hollande et de Vestfrisc ^ la plus puissante des sept, qui seule paye la moitié des charges de tout 1 Etat, -et dont le pensionnaire est regardé comme la plus considéré personnage de la république. Il fajiiut dans 1 instant, poux apaiser le peuple y arborer le drapeau d Orange au palais et à l'hAtel- de -ville, et deux jours après le prince fut élu. =i mai= Le diplème porta ijuen considération des tristes circonstances où Von était, on nommait stathoiuler, capitaine et amiral général -, G uillaunw -Cliarles -Henri Frison, prince dO range , dç la branche de. Nassau - Dièst, qu'èn UOBfctae Visu H frtf bientôt, reconnu par toutes le* viUfts r ct : reçu en celte qualité à l'assemblée des Etats Généraux- Les tenues d^ns lesquels \ la province de Hollande avait conçu son élection, montraient t*op que les magistrats, lavaient nommé malgré eux. On sait assez que tout prince veut être absolu, et que toute république est ingrate, Les? Provinces-Unies^ qui devaient à la. maison, de Nassau la plus grande puissance on, jamais un patit Etat soit parvenu, purent jrarementétabfir ce^usfceinUicU entre ce qu'ils d^vaioat au sang do. lours libéraient, et qu'ils dé^aieut à lou^ bberlé. : f . .

< l-ouis XJV en iô^Lpui* XV éuijfyj % ùa$ créé dc*yfi $utliQu4crs par 1» teneur ; ctl^psuple bolkuda«

TXttlt DUT SIÈCLE CE Ï.OVIS XY. IJt

a rétabli deux fois ce stathoudérat, que la magistrature voulait détruire* ~ • - * .

- Les régents avaient laissé, autan t qu'ils lavaient pu , te prince Henri Frison d'Orange dans Féloignemeiit des affaires, et mémo quand la province de Gueldre U choisit pour son stathoudcr en 1722, quoique cetU place ne fût qu'un titre -honorable, quoiqu'il ne disposât d'aucun emploi, quoiqu'il ne pût ni changer seulement une garnison, ni donner l'ordre, les Etats d;î Hollande écrivirent fortemenl à ceux de Gueldre pour les détourner dune résolution qu'ils appelaient funeste. Un moment leur ôtâce jpouvoir,dont ils avaient joui pendant près de cinquante années.

Le nouveau stathouder commença par laisser d'abord la populace pilfer et démolir les maisons de» receveurs, tous parents et créatures des bourgmestres; et quand on eut attaqué ainsi les magistrats par le peuple, on contint le peûplep^ les soïdatSa

Le prince, tranquille dans ces mouvementsyse fit donner la même autorité qu avait eue le roi Guillaume, çt assura mieux encore 3a puissance à safemillè. Non*seulement le stathoudérat devint l'héritage dé ses eu*fcnts mâles, mais de ses filles et de leur postérité ; car quelque temps* après> on passa en loi, qu'au* défout fk la race masculine, uns fille ferait stathouder et eapk taine général , pourvu quelle fît exercer ces ctetfgei par son mari ; et en cas de minorité , la yeure d'au stîtlioudef doit avoir le titre de gouvernante , et nommer un prince pour faire les fonctions du sta- Ujoudératf

Par cette révcflùtion, les Provinces-Unies devlnrefit

ujjc espèce de fflônarchie mix^e , moins restreinte à r

17» PRÉCIS DU SIÈCLE- DJB lOVÏS

beaucoup d'égards* (}w celles d 5 Angleterre,; de Suède cl de Pologne. Ainsi il n'arriva rien d^ns toute cetlt guerre de ce- qu'on avait d abord imaginé, et tout le contraire de ce que les nations oyaient attendu arriva* mais 1 entreprise, les succès et \es ipalheurs du prince (Aharles-Edouardîen Anglçterre forent peut-être le plus

singulier de ces événements qui étonnèrent l'Europe.

. »' » . •» *\ il*" ••> »• il I ' . 1

CHÂPITRE XXIV:

Entrepriseyvictoires , défaites, malheurs déplorables du prince Charles-Edouard Stuaris *i .» .*i / î .

L"s prince Charles-Edouard était fils, de celui qu on appelait le prétendant r ou 1q chevalier de Saint- George. On saft assez que. son, grand -père a^aij^té détrôné par les Auglais > , $oft ; Jbj^ïçul . con.dwné,i mourir sur un écïiafeud par ?ps propres sujets, sa quadrisaijeule livrée au rçiême supplice p$r le parler ïnent^'^ngietepre.. Çe, dernier rejeton de tant, de rois et de^ tant d infortunés çon^umaty sa jeunesse auprès de son lën^tH^ffl^ J a ™it marqué plus dune fois le désir dexposer sa vie pour rempatpr au trône de ses pères. On l'ayait appelé en France dès l an J74?,,et ou, avait tentp çn yaiji <k le feïçe déb^quer en AiigleUîree^^

occasion favorable, pendant que la, France s épurait il ho aunes, et dfWgûnjt Ajllem^gpe, cm Flandre qt en I t talw,i,es vici^itydes, 4? .ÇP^tç guerre uniy^ellft^ .pe^ttaiejat ..^vA^miP^^A-^.* % *^*6^

PltèC'S OU SIÈCLE DE LOTTÏS XV^

* Gë prince s'ontretenam ûri jour arec le cardinal de Tfencin , qui avait acheté sa nomination au cardinalat de fex-rôi son père, Tencin lui dit : « Que ne tentez- * vous dé passer sur un Vaisseau vers le nord de ÏKff cosse? votrfe seule présence pouiTa vous former un rfârti èt iiné àrniéë; àWrs~ii faudra bien que la « France rous donne des 'secours. »

Ce conseil hardi, conforme au courage de Charles- Edouard, le détermina. Il ne fit confidence de son dessein qù^à sept pfl^ciery, les uns Irlandais, les autres Ecossais, qui voulurent c.ouiïr sa fortune. L'un d eux s^adressé^'^unsi^.oGÎaiit de Nantes, nommé Walsli,

d'une famille ùdbfevdUrlande attachée à la maisoii Stuart. Ce négociant avait une frégate de dix-huit canons sur

ihcé Embarqua , le ra jui i f?$5 f , n'ayânt, poïtr tmé expédition dans laquelle il %&ait dé fe eoîifcaÉ^de la Grande-Bretagne , qoe sept offifciéïs, envirdiiidîi-huit cen ts sabres , dou ze ceu i s fusil*, et quarantëihtiit Aille frànès; La frégate était escortée d'uri vaîsséau^e roi dë soixante-quatre canons , nommé l'Elisabeth , qu f im armateur de Duukerque aVait armé en totàree. Gâtait àlors Tftsage que le minism àé la marine prêtât dès vajsseaux de guerre aux armateurs et aùx iïégciciants, qui payaient une somme ati foi , et qui entretenaient l'équipage à leurs dépens v pendant le temps de la coursë. Le ministre de la maïitfë et le roi de France lui-même ignoraient à quoi ce Vaisseau devait servi*. . : * •' < . \ • v . > • Le 20 juin, l'Elisabeth et la frégate, voguant de conserve^ feu contrèrent trois Vaisseaux de guerre an-glais qui escortaient une flotte marchande. Le plus fortdè ces vaisseaux, qui était de soixante c{ dix canons,

se sépara du convoi pour aller combattre l'Elisabeth, et I par un bonheur qui semblait présager des succès au | prince Edouard , sa frégate ne fut point attaquée. LTli- < sabcth et le vaisseau anglais engagèrent un combat no* \ lent (a) , long et inutile. La frégate qui portait le petit* fils de Jacques II échappait, et faisait force de voiles vers l'Ecosse. ' j

m juiu 1745 ~ le prince aborda d'abord dans une petite lie presque déserte , au-delà de l'Irlande, vers 1 le cinquante-huitième degré. 11 cingle au continent de 1 Ecosse. II débarque dans un petit canton, appelé le j Moidart; quelques habitants auxquels il se déclara se jetèrent à ses genoux : mais que pouvons-nous foire, luidirent-ils? nous n avonspoint d'armes, nous sommes dans la pauvreté, nous ne vivons que de pain d'avoine, et nous cultivons une terre ingrate. Je cidtmrai cette. terre avec vous, répondit le prince, je mangerai de ce pain , je partagerai votre pauvreté, et je vous apporte dés amies, 1 9 . - •

On peut juger si de tels sentiments çîfde tels discours âtteudriix?nt ces habitants. Il fat joint par quelques *héfs des triJAis de FEcosse; Ceux du nom de Maidoiîïatll , de Lokil, les Cameroue, les Frasers tinrent le trouver^ V 1 \ • : 1 ' ' r.

t - Ces tribus d Ecosse , qui sont nommées clans dans k langue écossaise, babitènt un pays hérissé de montagnes et de forète'dans l'étendue de plus de deux cents milles. Le; trentè-trois îles des Orcades et les- trente de Zetland sont habitée* par les naôme$ peuples , qui*

vivent sousies mêmes lois. L'ancien habit romain mi-

. \a) Da nu, rus c'est co qui m'a été assuré par l'un a&ê chefs

PUJiGIS DU SÎÊCLK OÏ LOUIS XV, . !?5

litaire s est conservé chez eux.seuls 7 comme on Ta dit Su sujet du régiment des montagnards écossais qui combattit à^la bataille dé Fontcnoi. On peut croire que la rigueur du climat et la pauvreté extrême les endurcissent aux plus grandes fatigues; ils dorment sur la terre , ils souffrent la disette, ils font de longues marches au milieu des neiges et des glaces. Chaque clan était soumis à son laird, c'est-à-dire, sou seigneur, qui avait sur eux le droit de juridiction, droit qu'aucun seigneur ne possède en Angleterre; 'et ils sont d ordinaire du parti que ce laird a embrassé.

Cette ancienne anarchie , qu'on nomme le droit féodal, subsistait dans cette partie de la Grande-Bretagne, stérile, pauvre, abandonnée à elle-même. Les habitants sans industrie, sans aucune occupation qui leur assurât une vie douce, étaient toujours prêls à se précipiter dans les entreprises qui les flattaient de [espérance de quelque butin. Il n'en était pas ainsi de l Irlande , pays plus fertile , mieux gouverné par la cour de Londres, et dans lequel on avait encourag? la culture des terres et les manufactures. Les Irlandais commençaient à être plus attachés à leur repos et à .possessions qu à la maison des Stuart. Voilà

en mouvement.

Depuis la réunion du royaume A Ecosse à celui dé I Angleterre sous la reine Anne, plusieurs Ecossais qui n'étaient pas nommés membres du parlement de Londres, et qui n'étaient pas attachés à la cour par des pensions, étaient secrètement dévoués à la maison des Stuart; et en général les. habitants des parties septentrionales*, plutôt subjugués quunis, supportaient

Ij6 PRÉCIS DU SIÈCLE DE LOUIS XVî .

impatiemment cette réunion j qu'ils regardaient commt un esclavage. , , .» . •

Les claus des seigneurs attachés à la cour, coïnme des ducs d Argile, d Athol, de Queensburi, et cf autres, demeurèrent fidèles au gouvernement; il en faut pourtant excepter un grand nombre qui furent saisis de [enthousiasme de leurs compatriotes, entraînés bientôt dans le parti d'un prince qui tirait son origine de leur pays, et qui excitait leur admiration et leur zèle. . *

Les sept hommes que le prince avait menés avec lui, étaient le marquis de Tullibardme, frère du duc d'Àlhol, un Makdouall, Thomas Sheridan, Sullivan désigné -maréchal des logis de Tannée quon n'avait pas , Keili Irlandais , et Strikland Anglais.

autour de sa personne, quon fit un étendard royal d'un morceau de taffetas apporté par Sullivan. A chaque moment la troupe grossissait , et le prince n avait pas encore passé le bourg de Fenning, qu'il sévit à la , téte de quiuze cents combattants, qu'il arma de fusils et de sabres, dont il était pourvu.

. Il envoya en France la frégate sur laquelle il était venu, et informa les rois de France et d'Espagne de son débarquement. Ces deux monarques lui écrivirent et le traitèrent de frère; non qu'ils le reconnussent solennellement pour héritier des couronnes de la Grande-Bretagne, mais ils ne pouvaient en lui écrivant refuser ce titre à sa naissance et â son courage; ils lui envoyèrent à diverses reprises quelques secours d'argent, de munitions et' d armes» fi fallait que ces recours se dérobassent aux vaisseaux anglais qui croi- .

Sfiieat à l'orient et à l'occident de l'Ecosse. Quelque*» uns étaient pris, d autres arrivaient, et servaient & encourager, le parti qui se fortifiait de jour en jour. Jamais le temps d-une révolution ne parut plus favo4 rable. Le roi George alors était hors du royaume; U n'y avait pas six mille hommes de troupes réglées dans [Angleterre. Quelques compagnies du régiment de Sinclair marchèrent dabord des environs d'Edii**hourg % contre la petite troupe du prince : elles forint, entièrement défaites. Trente montagnards prirent.. <piafre-vingts Anglais. $>i;ij5oniiiers avec leurs oiîiciii s et leurs bagages- lf j , , ; s". : u

Ce premier succès augmentait le courage .et l'espérance T et attirait de tous côtés de nouveaux soldats. On marchait sans relâche. Le prince Edouard toujours à pied, à, la tête de ses montagnards, vêtu comme euK ,

nourrissant comme eux , traverse le pays de Badcn,; nocive pays.d'Athol^lePert'shire, s empare de Porth,.. ville considérable dans FEcosse. = *5 septembre ç*\* : Ce fut là quil fut ; proclamé solennellement régent • d'Angleterre , de, franco, d'Ecosse et d Irlande q>our : son père Jacques III. Çc. titre de régent: de France,,, que sarrogeajit un .grince, à .pgine maigre d'une petite ville dEcos^^ e.t i qui : neîp<HiVfiit se soutenir quç par = le secours du roi ^elfj^çe^ pétait une suite de, l : u&ige-«ê étonnant qui a prévalu, que Ips ççis d'Angleterre pren-i 1 oent le titre de rois de ; France j Usage qiii devrait étrâaboli, etqui ne Tcst.p^s, parce que les honimesoBe.; songent jamais à déformer les abus que quand ik«dt-r: riennent important^ .et dangereux,. » n ■• [ - ; : iùi U:

Le duc de $ \ U Çtaragg» hfan$ty aferjvèrçiï* 1 «ilors à fcerlh^t to«t. serçgnt J&tiBmr/:

t^8 précis ou sïècxi DE-iours. xf;

lièrent de nouvelles troupes; une compagnie ei d'un régiment écossais, .ri u service de la cour , déserta mm se ranger sous ses drapeaux, il prend Dundee, Druniond, Neuboorg. On tint un conseil de gucrrfe: les avis sa partageaient sur ia marche. Le prince dit qu'il fallait aller droit A Edimbourg, la capitale de l'Ecosse. Mais comment espérer de prendre Edimbourg Arec si peu de monde et point de canon? Il avait des partisans dans la ville, mais tous les citoyens n'étaient pas pour .lui. // faut me montrer, dit -il, pour les f air ^déclarer tous : et sans perdre de temps, il marche à la capitale, il arrive; il s empare de la porté; L'alarme est dans la ville; les uns veulent reconnaître l'héritier de leurs anciens rois, les autres tiennent pour le gouvernement. Ou craint le pillage : les! citoyens les plus riches transportent leurs effets dans le château : le gouverneur Guest sy retire avec quatre délits soldats de garnison. Les magistrats se rendent à la porta dont Charles Edouard était maître. Le prévôt d'Edimbourg, nommé Stuart, quon soupçonna d'être d intelligence avec lui, paraît en sa présence , et demande d ? un air éperdu ce qu'il faut faine. Toinber à ses genoux, lui répondit un habitant, et le reconnaître. H

ulu

Les seigneurs de la régence ^ pendant l'absence du roi George , firent proclamer qu'on donnerait trente mille livres sterling à celui qui le livrerait. Cette proscription était une suite de l'acte du parlement fait la diiseptième armée du règne du roi , et d'autres actes du même parlement. La reine Anne elle-même avait été forcée de proscrire son propre frète., 4 qui dans le*

PICÉC15 DU SIÈCLE DE tOt ÏS XV. f *t)

derniers temps clic aurait voulu Laisser sa couronne, ri elle n'avait consulté queues sentiments. Elle avoit mis sa tête à quatre mille livres , et le parlement la mit à quatre-vingt milieu

Si «ûo telle proscription est une maxime d'Etat ,c'en est une tien difficile u concilier avec ces principes v de modération que toutes les cours font gloire d'étaler. Le prince Charles-Edouard pouvait fuire une proclamation pareille; mais il crut fortifier sa cause , et hi rendre plus respectable, en apposant, quelques moi» après, à ces proclamations sanguinairès , des manifestes dans lesquels il défendait à ses adhérents d*iù-v ï tentter à la personne du roi régnant, et d'attçun prittoé de la maison d'Hanovre.

D'ailleurs il ne songea qu'à profiter de cette lumière ardeur de sa factioft , qu'il ne fallait pas : laisser ralentir. À peine étàit-il maître de la ville d'Edimbourg , qu'il apprit qu'il pouvait donner une bataille , ot il se hâta de ta donner. Il sût que le gfoéral Cope s s'avançait contré lui avec des troupes réglées , q ufor nblait les milices, qu ? 6n formait des régiments en ; . Angleterre , qu on en faisait revenir de- Flandre , quenfin il riy avait pas un moment à perdre. Il sortdlidim-< bourg sans y laisse* un seul soldat, et riiarché avec environ trois mille montagnards vers lesÂnglais,qiii étaïettt au nombre de plus de quatre mille : ils avaient deux régiments de dragons. La cavalerie du prince a^étxiif composée que de quelques chevaux <Iébagagri. If né 4fe> àùnna ni le temps ni la peirie&s faire' Vc»tr ses canons de eafnpagttfe. tt savait qu'il avtwrsix d*n$ l'armée

mnemio , mais rien ne rdrtèta, iiaftUri'^dit les cane mis

iffO PRECIS DU SIÈCLE DE LOUIS XY.

cii- il arrivé qu'il range son armée en bataille. Lé di|C de Pcrth et le lord George Murray commandaient l'un la gauche et Fautre la droite de l'armée, c'est-à-dire, chacun environ sept ou huit cent» hommes, Charles- Edouard étâit si rempli de 1 idée qu'il devait vaincre qu'avant de charger les ennemis, il remarqua un défilé par ou ils pouvaient se retirer, et iHe fit occuper par cinq cents montagnards. 11 engagea donc le combat, suivi d environ deux mille cinq cents hommes seulement , pc pouvant avoir ni seconde ligne , ni corps de réserve. 11 tire son épée, et jetant le fourreau loin de lui : Mes amis, dit-il, je ne la remettrai dans le fourreau que quand vous serez libres et heureux. Il était arrivé sur le champ de bataille presque aussitôt que l'ennemi : il jie lui donna pas le temps de faire, des dé* charges d artillerie. Toute sa troupe marche rapidement aux Anglais sans gardeii de rang^ ayant des cornemuses, pour trompettes; ils tirent à vingt pas; ils jettent aussitôt leurs fusils, mattent d'une. main leurs boucliers sur leur téte; et se précipitant entre les hommes et les chevaux, ils tuent les chevaux à coups ttis , et attaquent les hommes le sabre à la

Hl

inattendu saisit tpujpurs. Cette nouvelle manière do combattre cflraya les Anglais : la force du corps , qui n'est aujourdhui d'aucun avantage dans les autres batailles , étaitbcaucoUp dans celle-ci; Los Anglais plièrent i de tous çfrtés sans,, résistance ; ou en tua. huit cents ; le reste fuyait par Tendrai t que le prince ayait remarqué , et çc fut là même qu'on eu. fit quatorze (^ntsnprUopniers, Tciût îwd^a au ppuvoir du vainqueur y il se fit une cavalerie aveq les. ehàvaia des dra-

PRECIS DC "SIÈCLE DE LOUIS XV. l8l

gons ennemis. Le général Cope fut obligé de fuir lui quinzième. La nation murmura contre lui ; on l'accusa devant line cour martialç de n'avoir pas pris assez de mesures ; mais il fut justifié, et il demeura constant que les véritables, raisons qui avaient décidé de la bataille , étaient la présence d'un prince qui inspirait à son parti une confiance audacieuse', et surtout cette manière nouvelle d'attaquer qui étonna les Anglais. C'est un avantage qui réussit presque toujours les premières fois, et que peut-être coux qui commandent les armées ne songent pas assez à se procurer.

Le prince Edouard*, dans cette journée , ne perdit pas soixante hommes. Il ne fut embarrassé dans sa victoire que de ses prisonniers : leur nombre était presque égal à eplui des vainqueurs. Il n'avait point de places fortes; ainsi ne pouvant garder ses prisonniers, il les renvoya sur leur parole, après les avoir fait jurer de ne point porter les armes contre lui d'une année. Il garda seulement les blessés pour eu avoir soin. Cette magnanimité devait lui faire de nouveaux partisans. . . ' T • ->\ î • ' .* «

Peu de jours après cette victoire , un vaisseau français et un espagnol abordèrent heureusement sur les côtes , et y appôrtèrent de l'iirgcnt fct de nouvelles espérances: H y avait. sur ces vaisseaux des officiers irlandais qui, ayant servi en France et en Espagne > étaient capables de discipliner ses troupes. Le vaisseau français lut amena, le n octobre, au port Je Mont*» Ross, un envoyé (a) secret Au roi de France qui

(a) C'était un frère du marquis^' Argent» très-connu dan» ialUiciature. 11 fut.dcpuis^visidci>t aaparlemwt.à Ai*., :

r8i pîlécis bv siècle de tocis xv.

débarqua de l'argent et des armes. Le prince, retojrné uans EXiimDonrg, vttnrcn tôt après augmenter sou armée jusqu'à près de six mille hommes. 'L'ordre s 'introduisait dans ses troupes et dans ses affaires. H avait une emir, des officiers , des secrétaires d'Etat. On lui fournissait de 1 argent de plus de trente milles à la rotido. J^ul ennemi ne paraissait ; mais il lui fallait le chlteau d'Edimbourg , seule place véritablement forte qui puisse servir dans le besoin de magasin et de retraite , et tenir en respect la capitale. ,Le château d'Edimbourg est j>iti sur un roc escarpé : il a un ht gc fossé taillé dans le roc, et des murailles de douée pieds d'épaisse uf. La place, quoiquirréguli&é , exige tm siège régulier et surtout da gros canon. Le prince n'ëfr avait point. Il se vit obligé de permettre à la ville de faire avec le commandant Guest un accord, par lequel la ville fournirait des vivres atï chàtfeau, et le château ne tirerait point sur elle. \ • Ce contre-temps ne pahit pas déranger ses affaires La cour de Londres le craignait beaucoup, puisqu'elle cherchait à le rendre odieux dans l'esprit des peuples : elle lui reprochait d ètra né cathodique romain T et de venir bouleverser la religion et les lois du pays. Il ne cessait de protester qu'il respecterait la religiôn et les lois, et que les anglicans et hs presbytériens n'auraient pas pkis â craindre de lui, quoique né catholique, que^ du roi George né luthérien. On ne voyait daus sa couf' aucun prêtre : il n exigeait pas même que dans les pa* toisées on lé nommât dans. les prières , et il se:coi*î tentait qu'on priAt en général pour le roi et 1^ famille wvyâlé^ansdésigîterpersonne. J * '> • ■<>

Le roi d'Angleterre était retenti èm jfàte, l^rrsè^

rnécts Mj stffrcLE dè louis xv. i83

timbre , pdur s^opposer aux progrès de la révolution ; la perte de la bataille de Prcston-pans l'alarma au point qu'fl ne^se dîiit pas assez fort pour résister avec les milices anglaises. Plusieurs seigneurs levaient des Eégimeafcs de milices à leurs dépens en sa faveur, et le

avait établi , et de la famille qu'il avait mise sur le trône; mais, si le prince Edouard recevait de nouveaux secours et avait <ïe nouveaux succès , ces milices mêmes pouvaient se tôwher contre le roi George. Il exigea d'abord ùn nouveau serment des milices de la ville de Londres; ce serment de fidélité portait ces propres mots : J'abhorre, je déteste, je rejette comme un sentiment impie cette damnable doctrine , que des princes excommuniés par le pape peuvent être dé-- , posés et assassinés par leurs sujets ou qitelqu autre que cê soit , etc. Mais il ne s agissait ni d'excommunication, ni du pape dans €ctte affaire ; ^t quant à l'assassinat, on ne pouvait guère en craindre d'autres que celui qui avait éfé solennellement proposé au prix de trente mille livres sterling. On ordonna, selon l'usage partrqué dans les temps de troubles, depuis Guillaume III , à tous les prêtres catboliques de sortir de Londres et de son territoire ; mais ce n était pas les prêtres catholiques qui étaient dangereux. Ceux de cette religion ne composaient qu une petite partie dii peuple d'Angleterre. C était la valeur clu prince Edouard qxû était réellement à redouter } c'était l'intrépidité d'une armée victorieuse animée par des succès nies> 'p^tfés. Le roi George se crut obligé de faire revenir six. i iu Lie hommes des troupes de Flandre^ et d'en demaft-

l84 PRÉCIS DU SIÈCLE DE LOUIS |

der encore six mille aux Hollandais, suivant les traités faits avec la république. ê

Lès Etats-Généraux lui envoyèrent précisément les mêmes troupes qui , par la capitulation de Tournai et de Dcndermonde , ne devaient servir de.dix-huit mojs. Elles avaient promis 'de ûë faire aucun service , pas même dans lespldces les plus éloignées des frontières; et les Etals justifiaient cette infraction, en tlis^nt que 1 Angleterre n'était point place frontière. Elles de- | raient mettre bas les armes devant les troupes (U ] France ; mai» on alléguait que ce n était, pas contre des Français quelles allaient comlwttre. Elles ne fàfrraient passer à aucun service étranger ; et o^régoijdait quen effet elles notaient point dans un service , étranger, puisqu'elles étaient au# ordres et à la solde des Etats-Généraux. . . V;

C est par de telles distinctions qu'oit éludait la; capitulation qui semblait la plus précise^ inais dans laquelle on n'avait pas spécifié im cjis , que personne

n avait prévu. ' *ui>\. -

Quoiqu'il se passât alors d'autres .gçançls avènements, je suivrai celui de la révolution dÀngletçffÇj , et l'ordre des matières sera préféré à Tordra (jes temps, \ qui n'en souffrira pas. Rien $e preuve raiçuxlpsalaiOTfS: : . que l'excès des précautions.; Je puis^ m e^ôçUer de parler ici dun artifice <Wt op,se servit pour r rendre la . personne de Charles-Edouard odieuse daus Londres. On fit imprimer .un journal imdginAire^-daps lequel^ on comparait les événement^ rapp^tés ,4^84^15^ zottes sous le gpuvernemen^ du.^oi Qeorga, à ceux qu'on supposait sous la dpminatiQn âifxxx prijuç^ c#^rr?

TKictS DU SI&CL&.DE LOUIS XV. i8j

« A présent, disait-on, nos gazettes nous appreitn nent, tantôt qu'on a porté à la banque les trésors « enlevés aux vaisseaux français et espagnols, tantôt a que nous avons rasé Porto- Bello, tantôt que nous « avons pris Louisbourg , et que toous sommes maîtres « dû commerce. Voici ce que nos gazettes diront sous « la domination du prétendant : Aujourd'hui il a été « proclamé dans les marchés de Londres par des monte tagnards et par des moines. Plusieurs maisons ont « été brûlées, et plusieurs citoyens massacrés.

« Le 4, la maison du Sud et la maison des Indes « ont été changées en couvents.

« Le 20, on a mis en prison six membres du parle- « ment.

« Le 26, on a cédé trois ports d'Angleterre aux « Erançais. ' ,

« Le 28 , la loi habeas corpus a été abolie , et on a passé un nouvel acte pour brûler les hérétiques^ « Le 29, le père Poignardini, jésuite italien, a cte « nommé garde du sceau privé. »

Cependant on suspendait en effet, le 28 octobre, Ir loi habeas corpus. C'est une loi regardée comme fon damtntale en Angleterre, et comme le boulevard de la liberté de la nation. Par cette loi , le roi ne peut dire emprisonner aucun citoyen sans qu'il soit interrogé dans les vingt-quatre heures , et relâché sous caution, jusqu'à ce que son procès lui soit fait; ou,, s'il a été arrêté injustement, le secrétaire d'Etat doit être condamné à lui payer chèrement chaque heure.

Le roi -n'a pas le droit dé faire arrêter un membre du par)< mentj sous quelque prétexte que ce puisse être, sans le consentement de la chambre. Le parle-

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ment, dans les temps de rébellion, suspend toujours ces lois par un acte prticulicr , pour un certain temps, et donne pouvoir au roi de s assurer , pendant ce temps seulement, des personnes suspectes. Il n'y eut aucun membre des deux chambres qui donnât sur lui la moindre prise. Quelques-uns cependant étaient soupçonnés par la voix publique d'être jacobites , et il y avait des citoyens dans Londres qui étaient sourdement de ce parti; mais aucun.ne voulait hasarder. sa fortune et sa vie sur des espérances incertaines. La défiance et l'inquiétude tenaient en suspens tous les esprits; on craignait de se parler. (Test un crime en ce pays de boire à la santé d'un prince proscrit qui dispute la couronne, comme autrefois à Romç c'en était mi, sous un empereur régnant, d avoir xhez soi la statue de son compétiteur. On buvajt à Londres à la santé du roi et du prince, ce qui pouvait aussi bien signifier le roi Jacques et son fils, le prince Charîcs- Fdouard, que le roi George et son fils ainé,Je prince de Galles. Les partisans secrets de la révolution sa contentaient de faire imprimer des écrits tellement mesurés, que le parti pouvait aisément les entendre, fcins que le gouvernement put les condamner. On en distingua beaucoup de cette espèce; un, entre autres, par lequel on avertissait qu'il y avait un jeune homme de grande espérance qui était prêt à faire une fortune considérable ; qu'en peu de temps il s' était fait plus de vingt mille livres de rente, mttis<qii'il avait besoin d'amis pour s'établir à Londres. La liberté d'imprimer est un des privilèges dont les Anglais sont le pln$ jaloux, La loi ne permet pas d'attrouper le peuple et de le ha*ajiguCT; mais cEe permet de parler par écrit A ia

PRÉCIS DU SliCWDÎ LOUIS XT. l8j

hation entière. Le gouvernement fit visiter toutes les imprimeries; mais n'ayant le droit d'en faire fermer aucune sans un délit coustaté, il les laissa subsister toutes. . * -

,= a0 novembre 1745=: La fermentation commença à se manifester dans Londres , quand on apprit que Je prince Edouard s'était avancé 'jusqu'à Carlile, et qu'il s'était rendu maître de la ville; que ses forces augmentaient, et qu'enfin il était à Dcrbi, dans l'Angleterre même, à trente lieues de Londres : alors il eut pour la premrère fois des Anglais nationaux dans ses troupes* Trois cents hommes du comté de Lançastre prirent parti dans son régiment de Manchester. La renommée, qui grossit tout, faisait son armée forte de trente mille hommes. On disait que tout le comté de Lançastre s^était déclaré. Les boutiques et la banque furent formées un joui' à Londres. - f

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