‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 129 sur 257 · DE L'USAGE D'ENREGISTRER LES ÉDITS · texte numérisé non relu

DE L'USAGE D'ENREGISTRER LES ÉDITS

cents écus extorqués à la France par la chambre apostolique, depuis l'invention de ces monopoles. Observons ici qu'il n'y avait pas trente ans que Jean XXII, réfugié dans Avignon, avait inventé ces exactions, qui le rendirent le plus riche de tous les papes, quoiqu'il n'eût presque aucun domaine en Italie.

Le roi Louis II, s'étant depuis raccommodé avec le pape, lui sacrifia encore la pragmatique, en 1469 ; et c'est alors que le parlement» soutenant les intérêts de l'État, fit de son propre mouvement de très-fortes remontrances que le roi n'écouta pas ; mais ces remontrances étant le vœu de la nation entière, et Louis XI s'étant encore brouillé avec le pape, la pragmatique, traînée à Rome dans la boue, fut en honneur et en vigueur dans toute la France.

C'est ici que nous devons observer que cette compagnie fut dans tous les temps le bouclier de la France contre les entreprises de la cour de Rome. Sans ce corps» la France aurait eu l'humiliation d'être un pays d'obédience. C'est à lui qu'on doit la ressource des appels comme d'abus, ressource imitée de la loi prœmunire d'Angleterre. Ce fut en 1329 que Pierre de Cugnières, avocat du roi, avait proposé le premier ce remède contre les usurpations de l'Église.

Quelque despotique que fût Louis XI, le parlement protesta contre les aliénations du domaine de la couronne; mais on ne voit pas qu'il fit des remontrances. Il en fit en 1482 au sujet de la cherté du blé ; elles ne pouvaient avoir que le bien public pour objet. Il fut donc en pleine possession de faire des représentations sous le plus absolu de tous les rois ; mais il n'en fit ni sur l'administration publique, ni sur celle des finances. Celle au'ilfit au sujet du blé n'était qu'une affaire de police.

Son arrêt au sujet de l'imprimerie fut cassé par Louis XI, qui savait faire le bien quand il n'était point de son intérêt de frire le mal. Cet art admirable avait été inventé par des Allemands. Trois d'entre eux, en 1470, avaient apporté en France quelques épreuves de cet art naissant; ils exercèrent même leurs talents sous les yeux de la Sorbonne. Le peuple, alors très-grossier, et qui l'a été très-longtemps, les prit pour des sorciers. Les copistes, qui gagnaient leur vie à transcrire le peu d'anciens manuscrits qu'on avait en France, présentèrent requête au parlement contre les imprimeurs; ee tribunal fit saisir et confisquer tous leurs livres. Le roi lui dé~

fendit de connaître de cette affaire, Févoqua à son conseil, et fit payer aux Allemands le prix de leurs ouvrages ; mais sans marquer d'indignation contre un corps plus jaloux de conserver les anciens usages que soigneux de s'instruire de Futilité des nouveaux.

DU PâRLEMEKT DANS LÀ MUOIFIÉ DE CHABEHS TOI, Et COMUT IL UfOI M SE MÊL1R DU GOUVEIUIEXEBS ET DES FDUWCB8.

Après la mort de Louis XI, dans l'extrême jeunesse de Ourles TIR, qui entrait dans sa quatonitee année, le parlement ne fit aucune démarche pour augmenter son pouvoir. Au milieu des divisions et des brigues de M»* de Bourbon-Beau jeu, fille de Louis XI; du due d'Orléans, héritier présomptif de la couronne, qui fut depuis Louis III ; et du due de Bourbon, frère aîné du prince de Bourfooa-Berajeu, le parlement resta tranquille : il ne s'occupa qae du soin de rendre la justice, et de donner au peuple l'exettplede l'obéissance et de la fidélité.

M** de Beaujeu, qui avait rautorité principale, quoique contestée, assembla les états généraux en 1484. Le parlement ne demanda pas seulement d'J être admis. Les états donnèrent le gouvernement de la personne du roi à M"* de Beaujeu, sa soeur, selon le testament de Louis XI. Le duc d'Orléans, ayant levé des troupes, crut qu'il mettrait la ville de Paris dans son parti si le parlement se déclarait en sa faveur. U aUa au palais, le 10 janvier 1484, et représenta aux chambres assemblées, par la bouche de iteais Le Mercier, chancelier de son apanage, qu'il fanait qu'on ramenât à Paris le roi, qui était alors à Melun, et qu'il gouvernât par luimême avec les princes.

Jean de La Vaquerie, premier président, répandit au mon* des chambres ces propres paroles : t Le parlement est pour rendre justice au peuple; les finances, la guerre, le gouvernement du roi, ne sont point de son ressort. • U l'exhorta pathétiquement à demeurer dans son devoir, et à ne point troubler la paix du royaume.

Le duc d'Orléans laissa ses demandes par écrit, le parlement ne fit point de réponse. Le premier président, accompagné de

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