‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 154 sur 257 · SECONDE RÉGENCE DE CATHERINE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

SECONDE RÉGENCE DE CATHERINE DE MÉDICIS

duc de Guise et son frère l'exécutèrent. Elle commença en Picardie en 1576, au milieu même do la paix que Henri III venait d'accorder à ses sujets. Il avait déclaré, dans rassemblée de Moulin-, qu'il désavouait la Saint-Barthélémy, à laquelle il n'avait eu que trop de part. U réhabilitait la mémoire de Coligny et de tous ses amis, que le parlement avait condamnés; il donnait des places de sûreté au parti protestant, et même lui donnait, dans chacun des huit parlements1 qui partageaient alors la juridiction de tout le royaume, und chambre mi-partie de catholiques et de protestants pour juger leurs procès sans partialité. Les Guises prirent ce temps pour faire cetie fameuse et longue conspiration sous le nom de sainte Ligue.

Le président Hennequin, un conseiller au Châtelet, nommé La Bruyère, et son père, parfumeur sur le Pont-au-Change, furent les premiers qui allumèrent l'embrasement dans Paris. Le roi se trouva, au bout de trois mois, entouré d'un parti formidable dépendant des Guises et du pape.

Cette conspiration de la moitié du royaume n'avait rien qui annonçât la rébellion et la désobéissance au roi. La religion la rendait respectable et dangereuse. Henri III crut s'en rendre maître en s'en déclarant le chef ; mais il n'en fut que l'esclave, et ensuite la victime. Il se vit obligé de révoquer tous ses édits et de faire la guerre au roi de Navarre, qui fut depuis heureusement son successeur, mais pour trop peu de temos» et qui seul pouvait

I. Il n'y avait alors en France que huit parlements, savoir :

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