‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 156 sur 257 · SECONDE RÉGENCE DE CATHERINE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

SECONDE RÉGENCE DE CATHERINE DE MÉDICIS

très-faux, et il n'est pas possible que les états généraux aient ordonné à leurs députés de dire au roi que les parlements sont des états généraux. L'instruction porte ces propres paroles : « Il faut que tous édits soient vérifiés et comme contrôlés es cours de parlement, lesquelles, combien qu'elles ne soient qu'une forme des trois étais, raccourcie au petit pied, ont pouvoir de suspendre, modifier et refuser lesdits édits '. Voyez les Mémoires de Nevers, page 449 «ht premier volume. Ainsi les premiers états de Rlois ont dit à peu près le contraire de ce qu'on veut leur faire dire. Il faut, en critiquant une histoire, citer juste et se mettre soi-même à l'abri de la critique ; il faut surtout considérer que c'était alors on temps de troubles et de factions.

Le roi» qui dans la décadence de ses affaires se consolât par les plaisirs, permit à des comédiens italiens, dont la troupe se nommait GH Gelosi, d'ouvrir un théâtre à l'hôtel de Bourbon. Le parlement leur en fit défense sous peine de dix mille livres d'amende. Us jouèrent malgré l'arrêt du parlement, en avril 1577, avec un concours prodigieux. On ne payait que quatre sous par place. Un fait si petit serait indigne de l'histoire s'il ne servait à prouver qu'alors l'influence de la cour de Rome avait mis la langue italienne à la mode dans Paris, que l'argont y était extrêmement rare, et

a qui, depuis son exil en Provence, il était défendu d'écrire, pria le marquis de Belestat de se laisser attribuer l'Examen. Si Voltaire eût été auteur de TBsamen, il ne l'aurait pas critiqué ai souvent, niai vivement. (B.)

1. On commençait alors, en Europe, 4 s'apercevoir que les hommes avaient des droits antérieurs et supérieurs à toutes les lois positives. A la vérité, au lieu de chercher ces droite dans la nature, cm les cherchait dans la Bible, dans la Mythologie, dans les lois des républiques grecques, dans les coutumes des peu* pies barbares. La science retardait les progrés de la raison. Cependant on senti» tu états de Btois que le roi, n'étant pas obligé d'assembler les étais généra»* à des époques fixes, et conservant dans l'intervalle le pouvoir de Caire des toits il devenait absolu, a moins que les états ne donnassent à des corps perpétuels le droit ae refuser ou de modifier les édits. On choisit les corps, qui, composés de seigneurs, de prêtres et de gradués, étaient une image en raccourci des trois états du royaume. Si les parlements opposaient de la résistance à des édits justes et utiles à la nation, le roi pouvait appeler de leur refus aux états gênéravrx. On est trop éclairé maintenant pour ne pas voir que ce système des états de Blois n'était propre qu'à taire de la France une aristocratie, gouvernement toujours d'autant plus tyran nique que les membres de r aristocratie seront moins considérables par eux-mêmes. Il était plus simple de rendre les états généraux périodiques, et de ne regarder comme loi que ce qui serti* adopté par eux. Si le- doc de Guise eût voulu le bien 4e l'État il eût pu faire es changement ; mais il ne voulait qu'avilir Henri 1U, et flatter le parlement, dont il croyait avoir besoiiu (E.)

que la simple volonté du roi suffisait pour rendre un arrêt du parlement inutile.

Henri III jouait alors une autre comédie. Il s'était enrôlé dans la conf. érie des flagellants. On ne peut mieux faire .que de rapporter les paroles d'Auguste de Thou. t Ces pénitents, dit-il, ont 1 donné un sens détourné à ce passage des psaumes où David dit qu'il est soumis aux fléaux de la colère du Seigneur, quoniam ego . in flagella paraltu mm 4 ; et, dans leur mascarade, ils allaient se fouettant par les rues. >

Le parlement ne rendit point d'arrêt contre cet abus dangereux, autorisé malheureusement par le roi même. Le cardinal de Lorraine, qui avait assisté comme lui, pieds nus, à la première procession des flagellants, en 1574, en avait remporté une maladie qui l'avait mis au tombeau. Le roi se crut obligé de donner cette farce au peuple pour imposer silence à la Ligue, qui commençait à ae former, et au peuple qui le croyait protecteur secret des hérétiques ; mais comme il mêlait à cette dévotion ridicule des débauches honteuses trop connues, il se rendit méprisable au peuple même qu'il voulait séduire. Il crut, lorsque la Ligue édata, qu'il la contiendrait en se mettant lui-même à la tête ; mais il ne vit pas que c'était la confirmer solennellement, et lui donner des armes contre lui-même. Toutes ces démarches servirent à creuser sou précipice ; la Ligue l'obligea à tourner contre Henri de Navarre les armes qu'il aurait voulu employer contre elle.

Ce fut pendant cette guerre, et après la bataille de Centras, que le prince Henri de Condé mourut empoisonné à Samt-Jeand'Angely en Saintonge, le 5 mars 1588. H faut voir sur cet empoisonnement avéré la lettre de Henri 1Y à la comtesse de Grammont, Corisande d'Andouin ; c'est un des monuments les plus précieux de ces temps horribles s.

Le grand prévôt de Saint-Jean-d'Angely fit tirer à quatre chevaux le nommé Ancellin Brillant*, ancien avocat au parlement de Bordeaux, et maître d'hôtel ou contrôleur du prince, convaincu d'avoir fourni le poison. On exécuta en effigie Belcastel, page de la pria-

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