‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 157 sur 257 · Psaume iixvn, verset 1S · texte numérisé non relu

Psaume iixvn, verset 1S

2. Les lettres de Henri IV sur cet événement se trouvent à la suite du chapitre clxxit de Y Essai sur les Mœurs.

5. C'est ainsi que le nomme Henri 1? dans sa lettre. (Note do Voltaire,)

cesse de Gondé; on mit en prison la princesse elle-même; elle en appela à la cour des pairs. Elle fut longtemps prisonnière» et ce ne fut que sous le règuu de Henri IV que le parlement, sans être assisté d'aucun pair, la déclara innocente.

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le 9 mai 1588 fut la journée qu'on nomme des Barricades, qui eut de si étranges suites. Le duc de Guise était arrivé dans Paris malgré les ordres du roi, en prétextant qu'il ne les avait pas reçus. Henri 111, dont les gardes avaient été désarmés et arrêtés, sortit de Paris et alla tenir les seconds états de Blois. Il n'y eut aucun député du parlement de Paris ; presque tout ce qui composait les états était attaclré aux Guises.

Le roi fut d'abord obligé de renouveler le serment d'union de la sainte Ligue, triste cérémonie dont il s'était lui-même imposé la nécessité. Cette démarche enhardit le clergé à demander tout d'une voix que llenri de Navarre fut déclaré exclu de tout droit à la couronne. Il fut secondé par le corps de la noblesse et par celui du tiers état.

L'archevêque d'Embrun, Guillaume d'Avençon, suivi de douze députés de chaque ordre, vint supplier le roi de confirmer leur résolution. Cet attentat contre la loi fondamentale du royaume était encore plus solennel que le jugement rendu contre le roi Charles VII1, puisqu'il était fait par ceux qui représentaient le royaume entier; mais llenri III commençait déjà à rouler dans son esprit un autre attentat tout différent.

Il voyait le duc et le cardinal de Guise maîtres de la délibération des états : on le forçait à faire la guerre à llenri de Navarre, et on lui refusait de l'argent pour la soutenir. Il résolut la mort de ces deux frères. Le maréchal d'Aumont lui conseilla de les mettre

1. Charles VII n'était encore que dauphin lorsque le parlement procéda contre lui ; royez ci-dessus, page 335.

entre les mains de la justice, et de les faire punir comme criminels de lèse-majesté. Ce parti eût été le plus juste et le plas noble, mais il était impossible. Une grande partie des pairs et des officiers du parlement étaient de la Ligue. On n'aurait pu d'ailleurs rien prouver contre le duc, déclaré par le roi même général de la sainte union. 11 s'était conduit avec tant d'art à la journée des Barricades qu'il avait paru réprimer le peuple au lieu de l'exciter à la révolte. De plus, le roi avait donné une amnistie solennelle, et avait juré sur le saint sacrement d'oublier le passé.

Enfin, dans l'état des choses, au milieu des superstitions qui régnaient, les juges séculiers n'auraient pas osé condamner à la mort le cardinal de Guise. Rome, encore toute-puissante par les préjugés des peuples» donnait à un cardinal le droit d être criminel de lèse-majesté impunément, et il eût été plus difficile, même selon les lois, de prouver les délits du cardinal que ceux du duc son frère.

Henri m fit assassiner le duc par neuf de ses gentilshommes, de ceux qu'on nommait les quarante-cinq. 11 fallut préparer cette vengeance par beaucoup de perfidie : elle ne pouvait s'exécuter autrement. Le duc de Guise fut tué dans l'appartement du roi1 ; mais cette troupe des quarante-cinq, qui avait trempé ses mains dans le sang de leur général, n'osa pas se charger du meurtre d'un prêtre. On trouva quatre malheureux soldats moins scrupuleux, qui le tuèrent à coups de hallebarde.

Ce double assassinat faisait espérer au roi que la Ligue, consternée, serait bientôt dissipée ; mais il s'aperçut qu'il n'avait commis qu'une atrocité imprudente. Le duc de Mayenne, frère des deux princes égorgés, arma pour venger leur mort Le pape Sixte-Quint excommunia Henri 111. Paris tout entier se souleva et courut aux armes.

Le véridique de Thou nous instruit que Henri de Havane, ce même Henri IV dont la mémoire nous est si chère, avait toujours rejeté avec horreur les offres que plusieurs gentilshommes de son parti lui avaient faites d'assassiner Henri de Guise. Cependant il avait plus à se plaindre du duc de Guise que Henri HI. C'était à lui

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