Le 23 décembre 1588 (voyez ci-après, pages
précisément que Guise en voulait; c'était lui que Guise avait fait dédarer par les états indigne de posséder jamais la couronne de France; c'était lui que la faction de Guise avait fait proscrire à Botte par une bulle où il était appelé « génération bâtarde et détestable de la maison de Bourbon » ; c'était lui qu'en effet le duc de Guise voulait faire déclarer bâtard, sous prétexte que sa mère, Jeanne de Navarre, avait été autrefois promise en mariage au duc deClêves. Malgré tant déraisons, Henri If rejeta constamment une vengeance honteuse, et Henri m l'exerça d'une manière qui devait révolter tous les esprits.
toute la France, excepté la cour du roi, disait que l'assassinat était un aussi grand crime dans un souverain que dans ni» autre homme; crime môme d'autant plus odieux qu'il n'est que trop facile, et que de si affreux exemples sont capables de porter une nation à les imiter.
Anne d'Esté, mère des deux princes assassinés, et Catherine de €lèves, veuve du duc de Guise, présentèrent requête au parlement de Paris contre les assassins. Le parlement répondit :
t Tu par la cour, toutes les chambres assemblées, la requête I elle présentée, etc.; tout considéré, ladite cour a ordonné et ordonne commission d'icelle être délivrée à ladite suppliante. »
(Bu même jour.) Par un second arrêt, 1" Pierre Miehoo et Jean Courtm furent nommés commissaires, le dernier janvier 1589; pour informer. Henri III avait ordonné qu'on fit le procès à la mémoire du duc ; il expédia une commission dans Blois. Le parlement, sur une nouvelle requête, rendit l'arrêt suivant :
« Tu par la cour, toutes les chambres assemblées, la requête a elle présentée par dame Catherine de Clêves, duchesse douairière de Guise, etc., qui, avertie que ceux qui ont proditoirement meurtri les corps (des Guises) s'efforcent de diffamer injurieusement leur mémoire par une forme de procès, ayant à cette tin député certains prétendus commissaires, au préjudice de la juridiction qui en appartient notoirement à ladite cour par les lois de France, privativement à tous autres juges, quels qu'ils puissent être : au moyen de quoi, icelle suppliante a appelé et appelle de Foetroi et exécution de ladite commission, requérant en être reçue appelante, et de tout ce qui s'en est ensuivi et pourra ensuivre, comme de procédures manifestement nulles et faites par des juges notoire*
ment incompétents, et ordonne commission lui être livrée pour intimer, sur ledit appel, tant ceux qui ont expédié et délivré ladite commission que les commissaires; et néanmoins ordonner qne dès à présent défenses leur soient faites, sur peine d'être déclarés infracteurs des lois certaines et notoires de France, et comme tels punis extraordinairement, de passer outre, ni entreprendre aucune cour de juridiction ou connaissance, etc. Tout considéré, ladite cour a reçu et reçoit ladite de Cléves appelante de l'octroi de ladite commission, exécution d'icelle, et de tout ce qui s'en est ensuivi et pourra ensuivre... et cependant, fait inhibition et défenses particulièrement aux commissaires et tous autres de passer outre, etc. Fait en parlement, le premier jour de février 1589. Du Tuxkt. i On rapporte encore une autre pièce imprimée chei Denis Binet, avec permission, 1589.