MARIAGE DE GASTON ET DE MARGUERITE
fcottfeXIH ne pensa pas autrement que son ministre. H fallut faire penser le partaient et le clergé comme eux, et les engager à eassev le mariage* Ota aUégnait que Gaston s'était marié contre ht vêtent* du ni se» frère; mai» il n'y avait point de loi expresse emportât qu'uumarâa^e^mit nul quand le roi n*y aurait pas consenti* Gaetoir ateâfe personnellement offensé son frère; mais- le mariage d'un cadet était-il nul par cette seule raison qu'il déplaisait à'Pafné'T* Louis Xt, étant dûuajmw, avait épousé la fille d'un dec ds Ssrmie malgré le rai son père, et avait fui du royaume avec eHe saneqn* jamais Êfcerles YH entreprit de traiter cette union d'illégitime.
On regardait le mariage comme un sacrement et cornu» un engagement civil. Bn qvatitè de sacrement, c'était c le signe visiWe d'i«e chose invisible, un mystère, un caractère indélébile, que1 la mort seule peut effacer » ; et quelque idée que PfgKse puisée attacher à ce mot de dkete invùèbk, cette question ne paraissait pan du ressort des jugements humain».
À, l'égard du centrât civil, il liait les deux époux par les lots* de toutes te» nations*. Annuler ce contrat solennel, c'était ouvrir lav porte ans: guerres errâtes les plus faiieste» : car, s'il naissait uHfifc du mariage de êmUmr le roi n'ayant point d'enfantes en flUr était reconnu; légstime par le pape et par les nations de l'Jtafepe, et déclaré bâtard en» France v et encore aurait-il eu le moitié de la France dans son parti*.
Le cardinal de RieMieu ferma le» yeux au danger» évidents qui* naéseaientde lacassatie». H fit mouvoir tant de ressert» qu'fr obtint du parlement, irvitéeenftre lui', un» airét, et de FassemHe>o\*eJerge, qui ne l'aimait pe» davantage, une décision mveraMe à» sevvues. (^tt»oenéeseenéanee n'est pa» surprenante; il était ton» puiijant; il nvastenfeli le* fiente du dm A* Lorraine : fout pliait sens set votantes.
L?avocat génétal Orner Mon rapporte que, 1er parlement éttmt assemblé, il y fut dit que c Phéroras, frère d'Hérode, accusa- Safemé' d'avoir traité son mariage avec Sillène*, lieutenant d'Arabie ». On
1. Voltaire voit mal ici. Richelieu eut raison de poursuivre la oasratknr dt ce mariage, qui avait été contracté secrètement, et qui pourrait avoir lé* eonséV quences les plus funestes pour l'avenir de la France. (G. A.)
2. Toutes les éditions données du vivant de l'auteur portent, les unes Sillène, les autres Silène : H. Clogenson, en 1825, a remarqué qu'il fallait mettre et a mii Sillée.(&)
cita Plutarque en la vie de Dion, après quoi la compagnie donna un décret de prise de corps contre Charles, duc de Lorraine *; François, nouveau duc de Lorraine (à qui Charles avait cédé son duché), et la princesse de Phalsbourg, leur sœur, comme coupables de rapt envers la personne de Monsieur, frère unique du rot
Ensuite il les condamna comme coupables de lèse-majesté1, les bannit du royaume, et confisqua leurs terres.
Deux choses surprenaient dans cet arrêt : premièrement, la condamnation d'un prince souverain qui était vassal du roi pour le duché de Bar, mais qui n'avait point marié sa sœur, dans Bar ; secondement, le crime de rapt supposé contre Monsieur, qui était venu en Lorraine conjurer le duc de lui donner sa sœur en mariage. 11 était difficile de prouver que la princesse Marguerite eût forcé Monsieur à l'épouser.
Tandis que le parlement procédait, rassemblée du clergé promulguait une loi civile * qui déclarait que les héritiers de la couronna ne pouvaient se marier sans le consentement du chef de la maison. On envoya un évèquede Montpellier à Rome pour faire accepter cette décision par le pape, qui la réprouva. Un règlement de police ne parut pas au pape une loi de l'Église. Si le roi, dont la santé était très-chancelante, fût mort alors, Gaston eût régné sans difficulté, et il aurait aussi sans difficulté fait regarder comme très-»valide ce même mariage, dont le parlement et le clergé français avaient prononcé la nullité. Heureusement Louis XIII approuva enfin le mariage de son frère. Mais la loi qui défend aux princes du sang de laisser une postérité sans le consentement du roi a toujours subsisté depuis, et le sentiment de Rome qui tient ces mariages valides a subsisté de même : source éternelle de divisions, jusqu'à ce que tous les homme» soient bien convaincus qu'il importe fort peu que ce qui est vrai à Paris soit faux dans le comUt d'Avignon, et que chaque État doit se gouverner selon sas lois, indépendamment d'une théologie ultramontaine.