ÉTABLISSEMENT DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
DE LA BESISTANCE APPORTEE PAR LE PARLEMBKT A l'ETABLISSEMEKT DE L'ACADEMIE FEAEÇAI8B.
fl est singulier que le parlement n'eût pas hésité à casser et annuler le mariage de l'héritier du royaume, contracté du consentement de sa mère, célébré selon toutes les formalités de l'Église, et qu'il refusât constamment pendant dix-huit mois l'enregistrement des lettres patentes qui établissaient l'Académie française. Les uns crurent qu'après un arrêt rendu en faveur de l'Université et d'Aristote, cette compagnie craignait qu'une société d'homme éclairés, encouragée par l'autorité royale, n'enseignât des nouveautés. D'autres pensèrent que le parlement ne voulait pas qu'en cultivant l'éloquence, inconnue chez les Français, la barbarie du style du barreau devint un sujet de mépris. D'autres enfin imaginèrent que le parlement, mortifié tous les jours par le cardinal, voulait à son tour lui donner des dégoûts.
Le Vassor, compilateur grossier, qui a fait un libelle en dix-huit volumes de l'histoire de Louis XIII, dit que « l'établissement de l'Académie est une preuve de la tyrannie du cardinal. U ne put souffrir que d'honnêtes gens s'assemblassent librement dans une maison particulière t.
On sent bien que cette imputation ne mérite pas d'être réfutée, mais on ne doit pas perdre ici l'occasion de remarquer que cet écrivain aurait dû mieux profiter des premières leçons de l'Académie : elles lui auraient appris à écrire d'un style moins barbare, avec un fiel moins révoltant, d'une manière plus judicieuse, et à ne pas blesser à la fois la vérité, la langue et le bon sens.
L'érection de l'Académie française était une imitation de celles d'Italie, et d'autant plus nécessaire que tous les genres d'éloquence, et surtout ceux de la chaire et du barreau, étaient déshonorés alors par le mauvais goût et par de très mauvaises études, pires que l'ignorance des premiers siècles. La barbarie qui couvrait encore la France ne permettait pas aux premiers académiciens d'être de grands hommes ; mais ils frayaient le chemin à ceux qui
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le devinrent. Us jetèrent les fondements de la réforme des esprits. Il est très-vrai qu'ils enseignèrent à penser et à s'exprimer. Le cardinal de Richelieu rendit, par cette institution, un vrai service à la patrie.
Sr le parlement différa une année entière tf enregistrer les lettres1, c'est qu'il craignait que l'Académie- ne s'attribuât quelque juridiction sur la librairie. Le cardinal fit dire au premier président Le lai qu'il aimerait ces messieurs comott ito l'aiaefaiea*. Enfin, quand cet établissement fut vêriflé, te parifeMcn* ajout» an patentes du roi que FAeadémie» ne« ewmattraft qœ d* fe» tape française et des livre» qu'elle aura fait», os qu'en aspoma I son jugement. Cette précaution, prise par le parlement, prouve ami que l'érection de l'Académie avait donné quelque emftrage. ÉMen'ea pouvait donner, n'ayant qnedfes privilèges howraWess auetm tfutile, et son fondateur même ne lui ayant pas procuré une saHe d'à Née*.
SBCOUBS OFFEBT AU ROI PAR LE PARLEMENT DE PARIS. PLUSIEURS DE SES MEMBRES EMPRISONNÉS. COMBAT A COUPS DE POING DU PARLEMENT AVEC LA CHAMBRE DES COMPTES DANS L'ÉGLISE DE NOTRE-DAME.
Richelieu, ayant fait déclarer solennellement la guerre à toute la maison d'Autriche dans l'Allemagne et dans l'Espagne, en 1*635, fut
f» Le parlement différa Uenregittrement plus d'une une*. Les lettres patentes sont du mois de janvier 1635, l'enregistrement est du 10 juillet 1637. (B.)
2. Ou virant de Richelieu, l'Académie s'assemblait à divers* jours ; et» comme le dit PeUisson, le lieu des auembUe* a changé «néon pltu souvent <pu U jour. C'était tantôt chez un académicien, tantôt chez un autre, qu'on se réunissait. A la mort du cardinal (février 1643), le chancelier Ségufor fit dire à la compagnie qu'il désirait qu'à l'avenir elle s'assemblât eues lai. En décembre de la même année, on décerna au chancelier le titre de protecteur de l'Académie, qu'avait eu Richelieu ; et Séguier est le seul particulier qui fait eu, car après sa mort (IflTÎ) ee titre de protecteur fut offert à Louis Ï4Y, et a depuis été pris par tous les rois de France. Louis XIV, dès 1632, accorda à l'Académie une des salles du Louvre pour y tenir ses séances. C'est au Louvre que siégea IThetitut, lors de sa création en 1796. Ce fut en février 1307 que ltnstitutfutitraa*féré au collège des Quatre-Nations, et c'est, là que l'Académie française, l'use des quatre classes de l'Institut, tient ses assemblées, soit particulières, soft publiques; (B.J