SECOURS OFFERTS AI ROI PAR LE PARLEMENT
sur te point de voir le royaume rainé Vannée suivante. Les enne- mis passèrent hr Somme, prirent Corbie, ravagèrent toute la Picandie et la Bourgogner fais fut eipesé, et plusieurs citoyens en sortirent Les troupes étaient peur nombreuses, intimidé» et dispensé*.; les meilleurs officiers suspects au cardinal, emprisonnes ou exilée^ fat finances épuisées. On ne regardait alors ce aaknstre que somma an tyran maladroit*.
Dans cette crise de l'État, far fffle de Faite offrit de soudoyer s» mille cinq cents hommes; te parlement résolut d'endeve» deux. mail* cinq cents; l'Université même' promit quatre cent* soldats. le ea*^ dinat doutait si ces offres étaient faites contre las ennemis e»o#ntm lur-même.
Le parlement voulut nommer* douze conseillers pour «voi» saint delà garde de Paris, et pour faire contribuer à la* levée des troupes que Paris devait fournir.
Le ministre sentit qu'une telle démarche était une insulte; plutôt qu'un secours. La compagnie dû parlementne lui par*t pas institue» pour garder les portes de* la ville, et pour faire les fonctions éa gouverneur et des généraux <f armée. A savait qu'on- avait pari* de lui dans la séance. Le roi manda au Louvre les présidents et les doyens de chaque chambre ; il leur renouvela les défense» de se mêler d'aucune affaire d'État. Enfin le ministre et les générât» ayant réparé leurs fautes, et les ennemis ayant été chassés du royaume, le parlement obéit.
On ne put terminer cette campagne qu'avec des frais immenses. Les finances sont le premier ressort de l'administration^ et ee ressort est toujours dérangé. Richelieu n'était pas un Mly; qui eût su s'assurer de quarante millions, et préparer les vivres* les muni»» fions, les hôpitaux, avant de faire la guerre. Ni sa santé, ni son génie, ni son ambition, ne lui permettaient d'entrer dans ces détails indispensables, dont la négligence doit dimianer beaucoup sa gloire. H fut obligé de retrancher froisquartiers d'arrérages que le roi devait aux rentiers de l'Hôtel1 de Tille. Cette banqueroute était odieuse : il eût mieux valu sans doute établir des impôt» également
1. On l'insultait dans tout Paris ; il monta en carrosse, alla droit à l'Hôtel de Ville, sans suite, an pas ; et cette preuve de- confiance non-seulement fit taire les clameurs, mais provoqua un enthousiasme admirable. (6. A.)
1 11 août 1636. {Note de Voltaire.)
m CHAPITRE LUI.
répartis; mais c'est ce qu'on n'a su faire en France qu'après une longue épreuve de moyens aussi honteux que ruineux. Le gouvernement, depuis Sully, ne savait que créer des charges inutiles, que la vanité achetait à prix d'argent, et se remettre à la discrétion des traitants.
Richelieu avait créé vingt nouveaux offices de conseillers au parlement en 1635. La compagnie en avait été indignée; la banqueroute faite aux rentiers excita les cris de tout Paris. Ces citoyens, privés de leur revenu, vinrent se plaindre chez le chancelier Châteauneuf. Pour réponse on en mit trois à la Bastille. Le parlement s'assemble, on délibère, on parle fortement. Le cardinal avait ses espions ; il fait enlever Gayant, Champ rond, Sallo, Serin, Tubeuf, Bouville, Scarron *. Un édit du roi interdit la troisième chambre des enquêtes. Les magistrats arrêtés furent ou exilés on enfermés, et les rentiers perdirent leurs arrérages.
H est évident que le gouvernement du cardinal de Richelieu était à la fois vicieux et tyrannique, mais il est vrai aussi qu'il eut toujours à combattre des factions. La fierté sanguinaire du ministre, et le mécontentement de tous les ordres du royaume, furent les semences qui produisirent depuis les guerres de la fronde. Le parlement, ayant perdu sous Richelieu toutes les prérogatives qu'il réclamait, ne combattit dans les dernières années de Louis XIII que contre la chambre des comptes.
Ce monarque, ayant ôté la protection de la France à sainte Geneviève, qu'on croyait la patronne du royaume parce qu'elle Tétait de Paris, conféra cette dignité à la vierge Marie *.
Ce fut une très-grande solennité dans l'église de Notre-Dame. Les cours supérieures y assistèrent. Le premier président du parlement marcha le premier à la procession. Les présidents à mortier ne voulurent pas souffrir que le premier président des comptes le suivit. Celui-ci, qui était grand et vigoureux, prit un président à mortier à brasse-le-corps, et le renversa par terre. Chaque président des comptes gourma un président du parlement, et fat gourmé. Les maîtres s'attaquèrent aux conseillers. Le duc de Montbazon mitl'épée à la main avec ses gardes pour arrêter le désordre,
1. Ce dernier est probablement le même dont il a été question chapitre xlt, page 455.