‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 203 sur 257 · MINISTÈRE DE MAZA1UN · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DE MAZA1UN

et l'augmenta. Les deux partis allèrent verbaliser chacun de leur côté. Le roi ordonna que dorénavant le parlement sortirait de Notre-Dame par la grande porte, et la chambre des comptes par la petite.

COMMENCEMENT DES TROUBLES PENDANT LE MINISTÈRE DE MAZARD*. LE PAR* LEVER? SUSPEND POUR LA PREMIÈRE FOIS LES FONCTIONS DE LA JUSTICE.

De l'humiliation où le parlement fut plongé par le cardinal de Richelieu il monta tout d'un coup au plus haut degré de puissance, immédiatement après la mort de Louis XUI. Le duc d'Épernon l'avait forcé, les armes à la main, de se saisir du droit de donner la régence à Marie de Médicis. Ce nouveau droit parut aux yeux d'Anne d'Autriche aussi ancien que la monarchie. Il l'exerça librement dans toute sa plénitude. Non-seulement il déclara la reine régente par un arrêt \ mais il cassa le testament de Louis XIII comme on casse celui d'un citoyen, qui n'est pas fait selon les lois. La régente et la cour étaient bien loin alors de douter du pouvoir du parlement, et de lui contester une prérogative dont elles liraient tout l'avantage. Le parlement décida, sans aucune contradiction, du destin du royaume, et le moment d'après il retomba dans l'état dont la mort de Louis XIII l'avait tiré. La reine voulut être toute-puissante, et le fut jusqu'au temps des Barricades.

Mais avant que le parlement donnât ainsi la régence, et cassât le testament du roi en qualité de cour des pairs, garnie de pairs, il faut remarquer que par les anciennes lois le parlement n'existait plus. La mort du roi le dissolvait ; il fallait que les présidents et les conseillers fussent confirmés dans leurs charges par le nouveau souverain, et qu'ils fissent un nouveau serment. Cette cérémonie n'avait pas été observée dans le tumulte et l'horreur que l'assassinat de Henri IV répandit. Le chancelier Séguier voulut faire revivre la loi oubliée; le parlement l'éluda *. Il fut présenté dans le Louvre à la reine ; il salua le roi, il protesta de son respect et de son obéis*

1, 18 mai 1643. (Note de Voltaire.) S. Mémoires de Talon. (W.)

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sance, et il ne fat question ni de canâmiatiett d'offices, ni de élément de fidélité.

Le cardinal Maiaria gouverna* degpotiyeaient 1» reiae et le* royaume sans qu'aucun grand fît entendre d'abord le moine» murmure : on était accoutumé à recevoir la loi d'un prêtre ; on ne fit pas même attention queMazarin était étranger. Les victoires du duc d'Enghien, si célèbre sous 1er nom de grand Gondé, faisaient l'allégresse publique et rendaient la reine respectable. Mais cet article important des finances, qui est la base de tout, qui seul fait naître souvent les révolutions, les prévient et les étouffe, commença bientôt à préparer les séditions.

Hazarin entendait cette partie du gouvernement puis mal' encore que Richelieu. Il borna sa science sur ce point essentiel, dans tout le cours de son ministère, à se procurer une fortune de cent millions ; c'était le premier homme du monde pour l'intrigue, et le dernier pour le reste. Ceux qui administraient l'argent de l'État sous ses ordres n'eurent d'autres vues que de procurer de prompt secours par des moyens toujours petits, maï imaginés, et souvent injustes» Les plus pauvres habitants de Paris avaient bâti de chétives maisons ou des cabanes hors des anciennes limites de la ville. Un Italien nommé Particelli à°Émerif, favori du cardinal et contrôleur général, s'avisa de proposer une taxe assez forte sur ces pauvres familles. Elles s'attroupèrent*, elles allèrent porter en foule leurs plaintes à la grand'chambre, non sans y être excitées par plusieurs membres des enquêtes, qui demandèrent l'assemblée des chambres pour juger la cause des pauvres contre le ministère. Cette maladresse du gouvernement indisposa tout Paris : elle apprit au peuple à murmurer, à s'attrouper. Une partie de la grand - «chambre dans les intérêts de la cour ne voulut pas souffrir que les enquêtes demandassent les assemblées dii parlement.

Les enquêtes persistèrent. Heureusement pour la cour fa division se mit alors entre toutes les chambres du parlement8, requêtes contre enquêtes, enquêtes contre grand'chambre. Les requêtes voulaient être traitées comme les enquêtes ; les enquêtes, comme Tes grands

1. Voyez Siècle de Louis XIV, chapitre it. Voltaire y met à 1646 et 1617 toi

événemente qu'il place ici par erreur en 1644. (B.)

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