septembre 1645. {Note de Vêlttirt
COMMENCEMENT DES TROUBLES CIVILS. 48fr
gueur le plus éloquent de la compagnie, il dit au roi « qu'il était ui* soterl ; que quand le soleil n'envoie que quelques rayons dans une chambre par ta fenêtre, sa lumière est féconde et bienfaisante : c'est le symbole de la bonne fortune, mais qu'il est périlleux de songer que ce grand astre y entre tout entier, parce qu'il détruit par son activité (ouf ce qui entre dans ses voies, etc.4. t
Après cette harangue, qui fut assez longue, surtout pour un roi âgé de sept ans, le chancelier demanda le suffrage des princes et des pairs : les présidents se formalisèrent qu'on n'eût pas commencé par eux; ils furent d'avis de faire des remontrances*. Les enquêtes dirent que leur conscience ne leur permettait pas d'enregistrer les édits. Le chancelier répondit que la conscience en affaires d'État était d'une autre nature que la conscience ordinaire, et il fit fairel'enregistrement d'autorité.
COMJIIHCBMtlT DU TIOOBLES CIVILS CAUSES PAR L'ADMINISTRATION DE8 FINANCES.
La cour était encore toute-puissante. Le cardinal Mazarin ménageait cette célèbre paix de Munster, par laquelle les Français et les Suédois furent les législateurs de l'empire, et qui fut enfin conclue en 1648. Le prince de Condé, par ses victoires, donnait à la France la supériorité qu'elle eut dans ce traité. L'Espagne, encore plus obérée que la France, ne paraissait pas une ennemie dangereuse; ses finances étaient aussi épuisées que les nôtres, malgré ses trésors du nouveau monde. C'est le sort des nations d'être presque toujours très-mal gouvernées; l'ambition de quelques grands les plonge dans la guerre; de misérables intrigues, qu'on appelle politique, troublent l'intérieur de l'État, tandis que les frontières sont dévastées; l'économie est abandonnée ; les factions se forment, et les remèdes qu'elles feignent d'apporter au mal sont les plus pernicieux de tous les maux.
Le ministère de France persistait toujours dans cette malheureuse
1. Talon, tome UI, page 366. {Note de Voltaire.) % Ibid. (M.)
méthode de chercher des secours d'un moment. On augmenta l'impôt sur le pied fourché1 et sur d'autres denrées ; on créa douze nouvelles charges de maîtres de* reqnétes, et en demanda de payer d'avance le droit annuel appelé poulette*. Àurait-ou pensé qu'une cause sa légère dut produire le bouleversement de l'État ! Mais l'édifice était ébranlé, le moindre vent pouvait le renverser. La guère* civile oui désolait alors l'Angleterre, et oui fit tomber sous la hache d'un bourreau la tète de Chartes I", avait commencé par on impôt dedeua shellinfs par tonneau de mardiandise.
Hatarin ne pensait pae qu'à L'occasion de son édifc le parlement put s'unir avec les maître* des requêtes, auxquels il reprochait si souvent de faire casser se* arrêts au conseil. ÉtauMl vraisemblable qu'il se joindrait à la chambre des comptes, contre laquelle il s'était battu dans l'église de Notre-Dame T II était jaloux du grand conseil, qui jugeait les compétences des parlements et qui leur avait enlevé toutes les affaires ecclésiastiques, excepté les appels comme d'abus. Pouvait-il s'entendre avec la <mr des aides, dont il avait vu avec chagrin le droit d'enregistrer les édits des finances, et de juger des affaire* cententieuses dans cette partie? IP était encore moins vraisemblable que les pairs du royaume, offensés de l'égalité que les présidents affectaient avec eux, prissent le parti d'une compagnie qui les avait aliénés. Ils se croyaient, en qualité de pairs, nonseulement les premiers du parlement, mois Fëssencef du parlement, qui sans eux n'était qu'un simple tribunal de justice cententieuse, et qui ne pouvait changer de nature que quand 0 était honore de leur présence-. Ainsi tout concourait à faire penser à la reine et & son ministre que le parlement n'aurait ni la hardiesse- ni te créait de résister à leurs volontés ; et cependant ils se trempèrent.
ta malheureuse vénalité dés charges introduite en France, et la paufette, qui perpétuait cette vénalité*, furent les premières sources du mal'. Tous les magistrats du royaume devaient, de neuf ans7 en neuf ans, payer ce droit de paulette qui assurait ftr possession* de leurs charges à leurs familles.
L'édit nouveau remettait pour les neuf années* suivantes le paye* ment de ce droit : il en délivrait les cours supérieures, mais ri leur