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Tordre consistait dans l'obéissance au pape, et il fît, par une poli* tique au'il crut nécessaire, ce qu'avait fait le jésuite Le TeHier par esprit de parti, et par un fanatisme mêlé de méchanceté et de fraude. Il donna plus de lettres de cachet, et fit des actions plus sévères encore pendant son ministère, que Le Tellier pendant qu'il confessa Louis XIV.
£n 1750, trois curés du diocèse d'Orléans1, qui exposèrent le sentiment véritable de tous les ordres de l'État sur la bulle, et qui osèrent parler comme presque tous les citoyens pensaient, furent excommuniés par leur évéque. Us en appelèrent comme d'abus au parlement, en verlu d'une consultation de quarante avocats. Les avocats peuvent se tromper comme le consistoire : leur atis n'est pas une loi ; mais ils ne sont avocats que pour donner leur avis. Ils usaient de leur droit. Le cardinal Fieury fit rendre contre leur consultation un arrêt du conseil flétrissant, qui les condamnait a se rétracter.
Condamner des jurisconsultes à penser autrement qu'ils ne pensent, c'est un acte d autorité qu'il est difficile de faire exécuter. Tout le corps des avocats de Paris et de Rouen signa une déclaration très-éloquente dans laquelle ils expliquèrent les lois du royaume. Ils cessèrent tous de plaider jusqu'à ce que leur déclaration, ou plutôt leur plainte, eût été approuvée par la cour. Us obtinrent cette fois ce qu'ils demandaient *. De simples citoyens triomphèrent n'ayant pour armes que la raison'.
Ce fut vers ce temps-là que les avocats prirent le titre d'ordre; ils trouvèrent le terme de corpt trop commun; ils répétèrent si souvent Y ordre des avocats que le public s'y accoutuma, quoiqu'ils ne soient ni un ordre de l'État, ni un ordre militaire, ni un ordre religieux, et que ce mot fût absolument étranger à leur profession.