‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 249 sur 257 · i mars 1757 (Note de Voltaire · texte numérisé non relu

i mars 1757 (Note de Voltaire

548 CHAPITRE LXYII.

À Tégard de ce Gautier, si violemment accusé d'avoir tenu des discours qui avaient disposé Damiens à son crime, il fut encore interrogé, mais après la mort de Damiens. Il avoua qu'à la vérité il avait entendu un jour Damiens parler vivement des affaires du parlement, et qu'il avait dit a que c'était un bon citoyen i. On ordonna contre lui un plu» ample informé pendant une année, après quoi il fut élargi.

Dans le même temps le roi faisait enlever trente-quatre membres du parlement de Besançon, qui s'étaient opposés aux édits bursaux ; et des archers les conduisaient dans différentes provinces. Tous les parlements du royaume lui adressaient des plaintes. Les avocats ne plaidaient point dans Paris, et tous les citoyens étaient irrités.

Le roi, pour apaiser les cris, donna six milk livres de pension aux deux rapporteurs qui avaient instruit le procès de Damiens*, deux mille au premier greffier, quinze cents au second. Peu d'officiers qui versent leur sang dans les batailles sont aussi bien récompensés. On espérait par là faire rentrer les autres membres du parlement dans leur devoir ; et tandis qu'on prodiguait les pensions à la grand'chambre, on offrait le remboursement de leurs charges à treize conseillers exilés ; mais on manquait d'argent, et la guerre funeste dans laquelle on était engagé appauvrissait et dépeuplait le royaume. On changeait de ministre des finances de six mois en six mois ; c'était montrer la maladie deTËtat que d'appeler toujours de nouveaux médecins. U fallut enfin négocier avec ceux de la grand'chambre, des enquêtes, et des requêtes, qui avaient donné leurs démissions: on les leur rendit, ils reprirent leurs fonctions*; mais il demeurèrent très-aigris.

On rendit aussi au parlement de Rennes trois conseillers qu'on avait mis en prison ; et le parlement de Rennes ne fut que plus irrité.

Dés que le parlement parut tranquille, l'archevêque Beaumont ne le fut pas; il renouvela toutes les querelles qui semblaient assoo-

I. Dans la première édition, il y avait ici sept mot* qui forent supprimés déi Il seconde édition (voyez l'Avertissement de Beuchot) : Trou mille à chacun des sevu commiê$aire». Voltaire lui-même signalait cette faute dans sa leur* au comte de La TouraUle, du 47 septembre 1769.

1 39 août 1757. (Note de Voltaire.)

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