PRISE DE BERG-OP-ZOOM
tes plus grandes espérances ; le colonel Dillon, nom célèbre dans les troupes irlandaises; le brigadier d'Erlach, excellent officier; le marquis d'Autichamp, le comte d'Àubeterre, frère de celui qui avait été Ulé au siège de Bruxelles : le nombre des morts fut considérable. Le marquis de Bonac1, fils d'un homme qui s'était acquis une grande réputation dans ses ambassades, y perdit une jambe; le jeune marquis de Ségur* eut un bras emporté : il avait été longtemps sur le point de mourir des blessures qu'il avait reçues auparavant, et à peine était-il guéri que ce nouveau coup le mit encore en danger de atrt. Le roi dit au comte de Ségur son père : « Votre fils méritait d'être invulnérable. • La perte fut à peu près égale des deux côtés. Cinq à six mille hommes tués ou blessés de part et d'autre signalerait cette journée. Le roi de France la rendit célèbre par le discours qu'il tint an général Ligonier5, qu'on lui amena prisonnier : t Ne vaudrait-il pas mieux, lui dit-il, songer sérieusement à la paix que de faire périr tant de braves gens ? •
Cet officier général des troupes anglaises était né son sujet 4 ; il le fit manger à sa table; et des Écossais, officiers au service de France, avaient péri par le dernier supplice en Angleterre, dans l'infortune du prince Charles-Edouard.
En vain à chaque victoire, à chaque conquête, Louis XV offrait toujours la paix; il ne fut jamais écouté. Les alliés comptaient sur le secours des Russes, sur des succès en Italie, sur le changement de gouvernement en Hollande, qui devait enfanter des armées; sur les cercles de l'empire, sur la supériorité des flottes anglaises, qui menaçaient toujours les possessions de la France en Amérique et en Asie.
fi fallait à Louis XV un fruit de la victoire; on mit le siège
1. François-Armand dIJsson, marquis de Bonac, né à Constantinople le 1 décembre 1116, fait brigadier quelques semaines après la bataille de Laufelt. Son père Jean-Louis d'Usson, marquis de Bonac, fut ambassadeur pendant neuf ans à Constantinople, où il arriva en octobre 1716, après avoir rempli les aémes fonctions auprès de plusieurs autres cours. Il mourut à Paris le !• septembre 1738. (Cl.)
1 Cest celui qui avait été blessé à la bataille de Bocoux. Voyez page 121.
3. Selon M. Lacretelie jeune, le soldat français qui força le général Ligonier è te rendre prit le nom de son prisonnier. Il devait être fort âgé quand, devenu lui-même général, U commandait une division républicaine en 1793, contre lis vendéens, aux combats de Vihiers et de Saumur. (Ci.)