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ligonier était le Ois d'un réfugié. (G. A

i74 CHAPITRE XXVI.

devant Berg-op-Zoom, place réputée imprenable, mains par fart de Cohorn, qui Pavait fortifiée, que par un bras de mer formé par f Escaut derrière la ville. Outre ses défenses, entre une nombreuse garnison, il y avait (tes lignes auprès des fortifications ; et dans cas lignes un corps de troupes qui pouvait à tout moment secourir k place.

De tons les sièges qu'on a jamais faits celuWi peut-être a été te plus difficile. Ou en chargea le comte de Lowendai, qui avait déjà pris une partie du Brabant heltendais. Ce général» né « Danemark, avait servi l'empire de Russie, il s'était signalé am assauts d'Ocxakof, quand les Russes forcèrent les janissaires dans eette ville. Il parlait presque toutes les langues de l'Europe, connaissait toutes les cours, leur génie, celui des peuples, leur manière de combattre ; et il avait enfin donné la préférence à la France, ou l'amitié du maréchal de Saie le fit recevoir en qualité de lieutenant général.

Les alliés et tes Français, les assiégés, et les assiégeants même, crurent que l'entreprise éehouerait. Lowendal fut presque le atuà qui compta sur le succès. ïout fat mis en œuvre par tes alliés i garnison renforcée, secours de provision* de toute espèce par FEscaut, artillerie bien servie, sorties des assiégés, attaques faites par un corps considérable qui protégeait tes lignes auprès de la place, mines qu'on fit jouer en plusieurs endroits. Les maladies des assiégeants, campés dans un terrain malsain, secondaient encore la résistance de la ville. Ces maladies contagieuses mirent plus de vingt mille hommes hors d'état de servir; maïs il* furent aisément remplacés. (17 septembre 1747) Enfin, après trois se* maines de tranchée ouverte, te comte de Lowendal fit voir qu'il y avait des occasions où il faut s'élever au-dessus des règles de l'art. Las brèches n'étaient pas encore praticables» H y avait trois ouvrages faiblement endommagés, le ravelra d'Édem et deux bastions, dont l'un s'appelait la Pucelle, et L'autre Cohorn, Le général résolut de donner l'assaut à la fois à ces trois endroits, et èen> porter la ville.

Les Français en bataille rangée trouvent des égaux* et quelquefois des maîtres dans la discipline militaire ; ils n'en ont peint dans ces coups de main et dans ces entreprises rapides où l'impétuo* site, l'agilité, l'ardeur, renversent en un moment tes obstacles.

SIEtifî DE MASTRICHT. 175

Les troupes commandées en silence, tout étant prêt, au milieu de la nuit, tes assiégés se croyant en sûreté, on descend dans le fossé; on court aux trois brèches ; douze grenadiers seulement se rendent maîtres du fort d'Idem, tuent ce qui veut se défendre, font mettre bas les armes au reste épouvanté. Les bastions la Pucelle et Cohera sont assaillis et emportés avec la même vivacité ; les troupes montent en foule. On emporte tout, on pousse aux remparts; on s'y forme; en entre dans la ville, la baïonnette au bout du fusil : 1er marquis de Lugeac se saisit de la porte du port ; le commandant de k forteresse de ee port se rend à lui à discrétion ; tous les autres forts se rendent de même. Le vieux baron de Cromstrom, oui commandait dans la ville, s'enfuit vers les ligues; le prince de Hesse-Philipstadt veut faire quelque résistance dans les rues avec deux régiments, l'un écossais, l'autre suisse : ils sont taillés en pièces; le reste de la garnison fuit vers ces lignes qui devaient la protéger ; ils y portent l'épouvante ; tout fuit : les armes, les provisions, le bagage, tout est abandonné; la ville est en pillage au* soldat vainqueur. On s'y saisit, au nom du roi, de dix-sept grandes barques chargées dans le port de munitions de toute espèce, et de rafraîchissements que les villes de Hollande envoyaient aux assiégés. Il y avait sur les coffres, en gros caractères lA l'invincible garnison. bBerg~op~Zoom. Le roi, en apprenant cette nouvelle, fit le comte de Lowendal maréchal de France. La surprise fut grande à Londres, b consternation extrême dans tes Provinces-Unies. L'armée des iU& fut découragée.

Malgré tant de succès, il était encore très-difûcile de faire la conquête de Mastrichi. On réserva cette entreprise pour l'année- Buvante 1748. La paix est dans Mastrickt, disait le maréchal de Saie.

La campagne fut ouverte par les préparatifs de ce siège important. £[ fallait faire la même chose à peu près que lorsqu'on avait assiégé Namur : s'ouvrir et s'assurer tous tes passages, forcer une armée entière à se retirer, et la mettre dans l'impuissance d'agir. Ce fut la plus savante manœuvre de toute cette guerre. On ne pouvait venir à bout de cette entreprise sans donner le change aux ennemis. H était à la fois nécessaire de tes tremper et de laisser ignorer sou secret à ses propres troupes. Les marches devaient être tellement combinées que chaque marche abusât l'ennemi, et

que toutes réussissent à point nommé. MM. de Crémilles et de Beauteville, qui connaissaient un projet formé Tannée précédente pour surprendre quelques quartiers, proposèrent au maréchal de Saxe de s'en servir pour l'envahissement de Mastricht. A peine avaient-ils commencé de lui en tracer le plan que le maréchal le saisit, et l'acheva.

(5 avril 1748) On fait croire d'abord aux ennemis qu'on en vent à Bréda. Le maréchal va lui-même conduire un grand convoi à Berg-op-Zoom, à la tête de vingt-cinq mille hommes, et semble tourner le dos à Mastricht. Une autre division marche en même temps à Tirlemont, sur le chemin de Liège; une autre est à Tongres, une autre menace Luxembourg, et toutes enfin marchent vers Mastricht, à droite et à gauche de la Meuse.

Les alliés, séparés en plusieurs corps, ne voient le dessein du maréchal que quand il n'est plus temps de s'y opposer. (13 avril) La ville se trouve investie des deux côtés de la rivière; nul secours n'y peut plus entrer4. Les ennemis, au nombre de près de quatrevingt mille hommes, sont à Mazeick, à Ruremonde. Le duc de Cumberland ne peut plus qu'être témoin de la prise de Mastricht.

Pour arrêter cette supériorité constante des Français, les Autrichiens, les Anglais et les Hollandais attendaient trente-cinq mille Russes, au lieu de cinquante mille sur lesquels ils avaient d'abord compté. Ce secours venu de si loin arrivait enfin. Les Russes étaient déjà dans la Franconie. C'étaient des hommes infatigables» formés à la plus grande discipline. Ils couchaient en plein champ couverts d'un simple manteau, et souvent sur la neige. La plus sauvage nourriture leur suffisait. Il n'y avait pas quatre malades alors par régiment dans leur armée. Ce qui pouvait encore rendre ce secours plus important, c'est que les Russes ne désertent jamais. Leur religion, différente de toutes les communions latines ; leur langue, qui n'a aucun rapport avec les autres ; leur aversion pour les étrangers, rendent inconnue parmi eux la désertion, qui est ^î fréquente ailleurs. Enfin c'était cette même nation qui avait vaincu

1. Après la prise de Berg-op-Zoom, on était convenu d'ouvrir un congrès A Aix-la-Chapelle. La nouvelle de l'investissement de Maestricht causa une vive impression au plénipotentiaire anglais, qui, de concert avec l'arabassadeu? hollandais, remit au plénipotentiaire de France un projet d« piix qui parut acceptable. (6. A.)

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