‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 75 sur 257 · ÉVÉNEMENTS MÉMORABLES · texte numérisé non relu

ÉVÉNEMENTS MÉMORABLES

pour tei faire rendre cette même Silésie dont ils avaient contribué à te dépouiller quelques années auparavant, lorsqu'ils étaient les alliés du roi de Prusse. Le roi d'Angleterre, qu'on avait tu le partisan le plus déclaré de la maison d'Autriche, devint un de ses ptus dangereux ennemis. La Suède, qui autrefois aTait perte de si grands coups à cette maison impériale d'Autriche, la servit atere «entre le rai de Prusse, moyennant neuf cent mitle francs que le mmstère français lui donnait; et ce fut elle qui causa le moins de ravages.

L'Allemagne se vit déchirée par beaucoup plus d'armées nationates et étrangères qu'il n'y en eut dans la fameuse guerre de Trente ans.

Tandis que les Russes venaient au secours de l'Autriche par la Ptfegne, les Français entraient par le duché de Clèves, et par fései, que les Prussiens abandonnèrent. Ils prirent toute la Messe; ils marchèrent vers le pays dfanevre, contre une armée d'Anglais, d'flanovriens, de Hessois, conduite par ce même duc de Comberlaud qui avait attaqué Louis X? à Fontenoy.

Le roi de Prusse aHatt chercher l'armée autrichienne en Bohême ; il opposait un corps considérable aux Russes. Les troupes de l'empire, qu'on appelait les troupes d'exécution, étaient commandées pour pénétrer dans la Saxe, tombée tout entière au pouvoir du Prussien. Ainsi l'Allemagne était en proie à six armées formidables qui k dévoraient en même temps.

D'ffberd le roi de Prusse court attaquer te prince Charles de Lorraine, frère de l'empereur, et le général Brewn* auprès de Prague (§ mai 1757). La bataille fut sanglante ; le Prussien 1a gagna, et Hne partie de l'infanterie autrichienne fut obligée de se jeter dans Prague, eu elle fut bloquée plus de deux mois par le vainqueur. Bne foule de princes était dans la viMe : les provisions commençaient à manquer ; on ne doutait pas que Prague ne subit bientôt le joug, et que l'Autriche ne fut plus accablée par Frédéric que par Gutave-Adelphe.

1. Clysse-Maiimilien, comte de Brown, né à Baie en 1705, d'abord simple ■(Mat, était feid-'maréchal croand il fut blessé mortellement à la journée du 6 mai 1757. 11 mourut le 26 juin suivant, dans Prague même. On l'a confondu qwfttueMs avec George, comte de Browne, général au service de Russie, mort en 1792.

Le vainqueur perdit tout le fruit de sa conquête en voulant tout emporter à la fois. Le comte de Kaunitz, premier ministre de Marie- Thérèse, homme aussi actif dans le cabinet que le roi de Prusse Tétait en campagne, avait déjà fait rassembler une armée sous le commandement du maréchal Dawn (18 juin 1757 *). Le roi de Prusse ne balança pas à courir attaquer cette armée, que la réputation de ses victoires devait intimider. Cette armée, une fois dissipée^ Prague, bombardée depuis quelque temps, allait se rendre à discrétion. 11 devenait le maître absolu de l'Allemagne. Le maréchal Dawn retrancha ses troupes sur la croupe d'une colline. Les Prussiens y montèrent jusqu'à sept fois, comme à un assaut général; ils furent sept fois repoussés et renversés. Le roi perdit environ vingt-cinq mille hommes en morts, en blessés, en fuyards, en déserteurs. Le prince Charles de Lorraine, renfermé dans Prague, en sortit et poursuivit les Prussiens. La révolution fut aussi grande que Pavaient été auparavant les exploits et les espérances du roi de Prusse.

Les Français, de leur côté, secondaient puissamment Marie-Thérèse (29 juillet 1757). Le maréchal d'Estrées, qui les commandait, avait déjà passé le Véser : il suivit pas à pas le duc de Cumberland vers Minden ; il l'atteignit vers Hastembeck, lui livra bataille, et remporta une victoire complète. Les princes de Condé et de La Marche- Conti signalèrent, dans cette journée, leurs premières armes, et le sang de France soutenait la gloire de la patrie contre le sang d'Angleterre. On y perdit un comte de Laval -Montmorency» et un brave oificier traducteur de la Tactique d'JSlien *, frère du même Bussy qui s'est rendu si fameux dans l'Inde. Dn coup de fusil, qu'on crut longtemps mortel, perça le comte du Châtelet, de la maison de Lorraine, fils de cette célèbre marquise du Châtelet dont le nom ne périra jamais parmi ceux qui savent qu'une dame française a commenté le grand Newton.

Remarquons ici que des intrigues de cour avaient déjà ôté le commandement au maréchal d'Estrées. Les ordres étaient partis pour lui faire cet affront tandis qu'il gagnait une bataille. On afîec-

1. Toutes les éditions portaient juillet, avant que H. Clogenson publiât sot édition, dans laquelle, avec raison, il a mis juin.

2. Bouchard de Bussy, frère de Bussy-Caslelnau. Sa traduction d'Élien parut & Paris en 1757, deux volumes petit in-lî.

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