Le nom de sa femme
3.0 Le prénom et le nom du roi Osorthos ( Osortasen ), leur fils et successeur (3) ;
4.0 Le nom entier du roi Psammus Amen-hem-Djam, c’est-à-dire, Ammon dans la force , fils et successeur d’Osorthos. Ce nom est écrit en partie symboliquement comme ceux de la plupart des dieux, et on le retrouve avec un prénom royal (4) sur les deux grands obélisques de Karnac , à Thèbes. Ces monolithes , les plus grands de tous ceux de leur espèce, justifieraient en quelque sorte le nom divin d’Hercule , donné au roi qui a élevé ces énormes blocs de granit , ayant trente-deux pieds de tour et quatre-vingt-onze pieds de hauteur ;
(1) Planche XIV, n.os 3 et 4*
(2) Ibid. n.os 2 et 7.
(3) Ibid. n.os 2, 3 , 9. Tableau général, n.° 1 19,
(4) Tableau général, n.° 120.
5.0 Le nom d’une fille d’Osorthos et sœur du roi Psammus , représentée debout , à côté de-son frère assis , et recevant les mêmes offrandes ; la légende hiéroglyphique de cette princesse ( pl. XIV, n.° io ) porte :
, c’est-à-dire, sa sœur Amotisèl ou Amonsé , si la lettre T ne fait point partie du nom propre, et n’est ici, comme cela est certain , que la marque caractérisque ordinaire des noms propres féminins ;
6° La même stèle montre aussi une femme assise sur le même siège que Psammus ; c’est l’épouse de ce roi , comme nous l’apprend la légende hiéroglyphique ( pl. XIV , n.° i i ) , -w-pq B&& : son épouse
qui l’aime , Beba ou Bébo; car la feuille, dernier signe de ce nom propre, est une voyelle vague, susceptible, comme on l’a déjà dit, d’exprimer les sons A ou O ;
y.° Enfin , à côté du roi Psammus et de la reine sa femme , est un petit enfant , accompagné d’une légende hiéroglyphique (pl. XIV, n.° 12), ainsi conçue : cs<q Jtipq f&uuLîîpz***, son fis qui l’aime , Amonraou ou Amo tirai'. Ce fils du roi Psammus est debout, comme sa tante Amonsé ; et d’après le Canon royal de Manéthon , il ne paraît point avoir occupé le trône après son père : c’est le dernier rejeton de la famille royale des Tanites.
J’ai cru qu’on me pardonnerait ces détails en faveur des lumières historiques qu’ils fournissent en définitif; et ils étaient nécessaires pour justifier la lecture du cartouche royal de l’obélisque d’Héliopolis. Ce ne sera point d’ailleurs sans quelque plaisir qu’on retrouvera,
dans la jolie satuette du Musée royal, l’image d’un roi portant le témoignage écrit du pieux souvenir d’un fils, roi comme lui, et de sa mère, qui lui a survécu; on verra de plus , dans les stèles de M. Tédenat, une preuve monumentale de cette espèce de culte que les Égyptiens , d’après le témoignage unanime de l’antiquité , accordaient à leurs rois et à la famille entière de ceux dont la fonction fut de veiller sans cesse au bien-être et aux plus chers intérêts du pays.
Ces rapprochemens rentrent aussi dans le but spécial de ce chapitre , puisque en multipliant les applications de mon alphabet, ils prouvent que, sous la xxiii.c dynastie royale, antérieure de 350 ans à Cambyse, les Égyptiens écrivaient les noms propres et d’autres mots de leur langue avec des hiéroglyphes pour la plupart phonétiques.
II en était de même sous la dynastie précédente , la xxii. e , celle des Bubastites , dont le chef, que Manéthon appelle Sésonchis , ou 'Zeo-oyyuo-iç,
Sésonchosis, est le Pharaon que l’Écriture nomme ou ptÿltÿ , nom qu’on prononce Sésac, Schischac ou Schouschag. Ce Pharaon s’empara de Jérusalem , sous le règne de Roboam , petit-fils de David, et enleva les boucliers d’or de Salomon (1). Les Paralipomènês , parlant du même Schischak, disent que son armée était
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: I — iabi£f r\&y. mm ’uaa « Et il arriva , dans la cinquième année
» du roi Roboam, que Schoushac , roi d’Egypte, vint à Jérusalem; il
composée de douze cents chars, de soixante mille cavaliers, et d’une foule innombrable de fantassins égyptiens , libyens DOI*? , troglodytes D’^D, et éthiopiens (0- L’énumération de ces divers peuples
montre la grande influence que l’Egypte exerçait à cette époque reculée; elle prouve encore que Sésonchis fut, comme la plupart des chefs de dynasties égyptiennes, un prince guerrier, que la caste militaire plaça et maintint sur le trône. Manéthon nous apprend aussi que ce conquérant transmit le pouvoir souverain à son fris Osorchon et à trois autres de ses descendans.
On a dessiné, à Thèbes , sur une des colonnades qui décorent la première cour du grand palais de Karnac, deux légendes royales gravées sous les n.os 1 1 6 et 117. Le prénom de la première contient le titre approuvé par le Soleil , et le second cartouche, surmonté du titre jils du Soleil , est entièrement phonétique, et se lit , (m) UJajnK , le chéri d’Amoun Scheschonk;
ce qui est bien la transcription égyptienne du nom £go-oy^iç, Sésonch-is , de Manéthon. Nous sommes donc pleinement autorisés à prononcer ce nom propre hiéroglyphique Scheschonk , en suppléant les voyelles sup-* primées dans l’égyptien, d’après l’orthographe grecque dé ce même nom propre. L’analogie de ces deux noms est complète.
» emporta les trésors de la maison de Jéhova et ceux de la maison du « roi ; il emporta aussi tous les boucliers d’or qu’avait faits Salomon. » ( j.er livre des Rois, chap. xiv, versets 25 et 26. )
(1) il. e Paralip. xii, 2.
Mais ce qui établit encore mieux que le nom royal hiéroglyphique Scheschonk, et le nom grec Sgcroy^-zç, ont appartenu à un seul et même prince , c’est que le nom propre du roi compris dans la légende m° 117, gravée sur la même colonnade de Karnac et dans le voisinage de la première, se lit sans la moindre difficulté , ( z,s ) OcopKtf ou Ocopém, le chéri
d’Atnmon , Osorkon ou Osorgon ; et nous avons déjà dit que les divers extraits de Manéthon donnent pour successeur immédiat à Sesonchis (Scheschonk), un roi appelé Oo-op^civ , nom que les copistes ont facilement confondu avec celui d’OcropQocç ou OcropQuv. Les cinq derniers signes du prénom d’Osorchon (n.° 1 17) expriment le titre honorifique Soleil gardien de la vérité, approuvé d’Amouti ou d’Ammon.
Il me paraît certain que le Pharaon Osorchon est le roi nommé ’tÿ'On PHT, Z,arah , Zarach ou Z,oroch , l’Éthiopien , qui, comme le témoigne le quatorzième chapitre du second livre des Paralipomènes , vint; camper à Marésa , avec une armée immense, sous le règne d’Asa, petit-fils de Roboam. Osorchon fut à-Ia-fois et le fils et le successeur de Sésonchis; le nom de ce Pharaon est mentionné dans un manuscrit hiéroglyphique gravé dans l’atlas de M. Denon. C’est un de ces tableaux funéraires chargés de figures accompagnées de légendes hiéroglyphiques, et qui, par leur courte étendue et la négligence du travail, comparés à l’importance des individus auxquels iis se rapportent, ne peuvent être considérés que comme des espèces de textes commémoratifs de la mort et des obsèques de
divers rois ou grands personnages. Ces tableaux sont assez communs et se font toujours remarquer par la bizarrerie des scènes et des figures qui les composent.
Celui dont il est ici question (i), offre d abord . comme tous les manuscrits de cette classe, l’image d’une momie que reçoit entre ses bras étendus le dieu créateur Phtha, caractérisé par un scarabée placé sur sa tête. Cette momie reparaît vers l’extrémité opposée du rouleau , couchée dans une espèce de sarcophage ou de cercueil , sur lequel repose l’image symbolique d’une aine male (l’épervier à tête humaine barbue); à côté de la momie et de l’ame sont une enseigne sacrée, et un de ces grands et longs éventails portés en signe de suprématie autour des dieux et des rois figurés sur les bas-reliefs égyptiens. A côté , et sur un riche piédestal en forme d’entre-colonnement , est couché un schacal noir, emblème ordinaire du dieu Anubis, un des ministres d’Osiris son père dans i’Amenthès ou enfer égyptien. Au-dessus de la momie et des divers objets que je viens d’indiquer, est la légende gravée sur la planche XV, n.° i ; elle est formée de groupes hiéroglyphiques , dont la prononciation et le sens sont déjà fixés ; je la transcris ainsi , en lettres coptes, en suppléant les voyelles médiales et les abréviations :
CWk& k 3u*ON-pK CcnrrEtt rmEKo**TE Ocop6on es UJeujonk Ccnrr (eu) ^ am h 3V.nettcu, c’està-dire : le prêtre d’Amon-Rê roi des Dieux , Osorkon ,
(i) Voyage dans la haute et basse Egypte, par M. Denon,pI. 137.
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