IO
Tout reste donc encore à faire, malgré les importai! s travaux préparatoires et les efforts du savant Anglais, pour que nous puissions nous former une idée juste de Y écriture hiéroglyphique : ce n’est point, en effet, connaître un système d’écriture , si fon n’a fait que déterminer la signification de quelques caractères ou groupes de caractères pris isolément dans un texte , sans savoir toutefois par quel moyen, par quelle loi de convention, ces caractères ou ces groupes peuvent exprimer Y idée dont on les suppose les signes écrits; quand on ignore si ces caractères, ces groupes, sont idéographiques ou phonétiques , c’est-à-dire, s’ils expriment, soit directement, soit indirectement, l’objet de l’idée, ou bien le son du mot signe de cette même idée dans la langue pariée.
L’ouvrage que je soumets au public aura donc un but principal et un but accessoire.
Le but accessoire, qui se lie intimement au but principal, sera de comparer l’essai de lecture des deux noms hiéroglyphiques, Ptolémée et Bérénice , d’après M. le docteur Young, avec la lecture de ces mêmes noms qui résultent de mon alphabet des hiéroglyphes. On pourra se convaincre, par cette comparaison , de combien le système de lecture de ces noms par le savant Anglais, diffère du mien; et le monde savant jugera, d’après les faits seuls, à qui appartient la découverte
britannique ; cette même série, considérablement diminuée, a été reproduite de la. page 153 à la page 160 du nouvel ouvrage de M. le docteur Young.
réelle de l’alphabet hiéroglyphique égyptien. Cette partie, qui forme le premier chapitre de cet ouvrage, n’y occupera qu’une courte étendue.
Le but principal est de démontrer, non contre l’opinion sans conséquence de l’anonyme du Quarterly Review, mais contre l’opinion bien plus imposante deM. le docteur Young lui-même,
i.° Que mon alphabet hiéroglyphique s’applique aux légendes royales hiéroglyphiques de toutes les époques;
2.0 Que la découverte de l’alphabet phonétique des hiéroglyphes est la véritable clef de tout le système hiéroglyphique ; ,
3 .° Que les anciens Égyptiens l’employèrent à toutes les époques, pour représenter alphabétiquement les sons des mots de leur langue pariée ;
4° Que toutes les inscriptions hiéroglyphiques sont, en très-grande partie , composées de signes purement alphabétiques , et tels que je les ai déterminés.
5-° Je chercherai à connaître la nature des diverses sortes de caractères employés simultanément dans les textes hiéroglyphiques.
6.° Enfin, j’essaierai de déduire de toutes ces propositions une fois prouvées , la théorie générale du, système hiéroglyphique, appuyée sur de nombreuses applications : cette théorie sera tout-à-fait neuve . et certaine, j’ose le dire, puisqu’elle résultera des faits. Elle nous conduira d’abord à reconnaître le sujet et le contenu , souvent tout entier, d’un assez grand nombre d’inscriptions hiéroglyphiques ; et , par des travaux
successifs qu’elle rend désormais possibles , conçus toutefois et dirigés d’après ses principes, elle nous donnera bientôt l’intelligence pleine et entière de tous les textes hiéroglyphiques.