II ajoute que les signes des papyrus ne sont que
(1) Encyclopédie britannique } SuppL IV, pag. J/j.
(2) Ibid. pag. 54, 55.
(3) Ibid. pag. 54.
(4) Ibid. pag. 54, 62,63 (n‘0S S8> 59’ 66 )•
(5) Ibid. pag. 7 j , &c.
des abréviations des caractères hiéroglyphiques proprement dits (i).
6.° Enfin , il donne le nom d’écriture hiératique , non à celle des papyrus , mais à certains textes hiéroglyphiques que j’ai appelés linéaires, qui ne sont que des hiéroglyphes au simple trait, et qui ne forment point une espèce d’écriture à part (2).
Je dois dire qu’à la même époque, et sans avoir aucune connaissance des opinions de M. le docteur Young, je croyais être parvenu, d’une manière assez sûre, à des résultats à-peu-près semblables. Mais on verra, dans la suite de cet ouvrage, combien les résultats que je publie aujourd’hui diffèrent, pour la plupart, de ceux dont on vient de lire l’énoncé, et que j’ai abandonné mes premiers aperçus aussitôt que des faits irrécusables m’en ont démontré la fausseté. Je ne m’attacherai dans ce chapitre qu’à l’exposition de quelques points nécessaires à l’intelligence de ce qui doit le suivre.
Mes divers mémoires, dont l’Académie des belleslettres a bien voulu entendre la lecture (3), ont démontré, je crois, et conformément aux témoignages formels des anciens , qu’il exista en Egypte trois sortes d’écritures distinctes :
L ’ écriture hiéroglyphique , sur la forme de laquelle il ne saurait y avoir la moindre incertitude;
(1) Encyclopédie britannique , Suppl. IV, pag. 5 3 , 71 , &c.
(2) Voye^ mon Mémoire sur l’écriture hiératique , lu à l’Académie en 1821.
(3) Ibid.
U écriture hiératique , véritable tachygraphe des hiéroglyphes , qui est celle des papyrus non hiéroglyphiques trouvés sur des momies;
L’ écriture démotique ou épistolographique , celle de l’inscription intermédiaire de Rosette, et qui appartient à un système d’écriture distinct de la véritable écriture hiératique, avec laquelle M. le docteur Young l’a confondue.
J’ai établi dans ces Mémoires que les signes démotiques, c’est-à-dire, ceux du texte intermédiaire de la pierre de Rosette , n’étaient point une dégradation de ceux des papyrus, puisque j’ai retrouvé dans les papyrus hiératiques les mêmes signes que dans ce texte démotique de Rosette; etqu’enfm, la différence entre l’écriture hiératique et l’écriture démotique, systèmes toujours distincts l’un de l’autre, portait sur des points bien plus essentiels que ne le serait la forme seule des caractères communs à l’une et à l’autre (i).
Tous ces faits sont contraires à la première et à la sixième proposition précitées de M. le docteur Young; la seconde et la quatrième se trouveront entièrement détruites par les résultats généraux de cet ouvrage ; mais c’est ici le lieu d’examiner la troisième , relative à la méthode suivie par les Egyptiens dans la transcription des noms propres étrangers.
(i) Si l’on doutait encore de la différence marquée de ces deux systèmes, je pourrais citer plusieurs beaux manuscrits hiératiques dont les divisions principales ont été indiquées, soit au scribe, soit au dessinateur chargé d’exécuter les peintures, par le moyen de petites légendes tracées en écriture démotique.
Comme l’alphabet des caractères phonétiques est, selon moi , la clef principale de Récriture hiéroglyphique , on me pardonnera sans doute la comparaison détaillée , dans laquelle je crois devofr entrer , des travaux de M. le docteur Young avec les miens , relativement aux principes d’après lesquels les Égyptiens opéraient hiéroglyphiquement la transcription des noms propres étrangers. De ce parallèle doit résulter une connaissance complète de la nature des signes phonétiques égyptiens ; leur application se montre aujourd’hui dans sa vaste étendue : le lecteur accordera donc quelque intérêt à une discussion qui décidera aussi auquel des deux en appartient véritablement la découverte.
Pour arriver à l’analyse de deux noms propres hiéroglyphiques grecs, M. le docteur Young a pris pour point de départ l’alphabet démotique des noms propres grecs d’Ackerblad, sans toutefois que le savant Anglais parût considérer les signes de ces noms comme véritablement alphabétiques , puisqu’il les a fait graver sous le titre de supposed alphabet etichorial , dans la lxxvii.® planche de l’ Encyclopédie britannique ( Supplément, tome IV ).
Un second moyen dont M. le docteur Young crut pouvoir user pour cette analyse, fut sans doute aussi la comparaison qu’il ht des manuscrits sur papyrus avec les manuscrits hiéroglyphiques , comparaison par laquelle il resta prouvé que les caractères des papyrus n’étaient que des abréviations des caractères hiéroglyphiques. Ajoutant à ces deux moyens celui que lui fournissait la langue copte, le savant Anglais procéda
( il )
à l’analyse des noms hiéroglyphiques de Ptolémée et de Bérénice.
Mes travaux sur le texte démotique de l’inscription de Rosette m’avaient aussi mis à même d’accroître et de rectifier, sur certains points, l'alphabet d’Ackerblad, et la comparaison des manuscrits hiératiques avec un grand manuscrit hiéroglyphique , m’avait de même conduit facilement à reconnaître que l’écriture hiératique n’était qu’une simple tachygraphie des hiéroglyphes: l’Académie royale des belles-lettres a bien voulu entendre un mémoire sur ce sujet, que je lus en i 82 i , et je me suis convaincu depuis que M. le docteur Young avait publié avant moi ce même résultat, et de plus, que nous avions été prévenus de quelques années, l’un et l’autre, quant à l’énoncé de cette découverte et à sa définition, par M. Tychsen de Goettingue (1).
Usant des mêmes moyens, M. le docteur Young et moi , comment sommes-nous donc arrivés à des résultats différensi Pourquoi le savant Anglais a-t-il été arrêté tout court après son essai d’analyse des deux noms Ptolémée et Bérénice , tandis qu’avec les résultats de la mienne, j’ai lu une foule d’autres noms sans difficulté!
La réponse à ces diverses questions résultera de la comparaison suivie des deux analyses de ces noms.
On ne saurait regarder comme une découverte qui serait exclusivement propre au savant Anglais, l’idée
(1) Voyez Magasin encyclopédique , année 1 8 16 , tom. II , pag. 287 , note 1 .re
même que le cartouche hiéroglyphique de l’inscription de Rosette renfermait le nom de Ptolémée; il y a longtemps que des savans du premier ordre avaient signalé ces encadremens elliptiques ou cartouches , comme contenant des noms propres (i); et pour quelqu’un qui aurait fait une longue étude du texte démotique de Rosette , il ne pouvait rester douteux , à la première inspection du texte hiéroglyphique , que le cartouche renfermait le nom de Ptolémée. Mais une découverte véritable, ce serait d’avoir réellement lu ce nom hiéroglyphique , c’est-à-dire, d’avoir fixé la valeur propre d chacun des caractères qui le composent, et de telle manière , que ces valeurs fussent applicables par-tout ou ces mêmes caractères se présentent. La comparaison suivante de l’analyse des noms hiéroglyphiques de Ptolémée et de Bérénice , d’après M. le docteur Young et d’après moi, décidera auquel des deux cette découverte appartient.
Commençons par le nom hiéroglyphique de Ptolémée, gravé ( n.° i) sur ma planche I.rc, mise en regard de cette page.
« Le billot carré et le demi-cercle, dit M. le docteur » Young (2), répondent invariablement , dans tous les » manuscrits, aux caractères qui ressemblent au P et » au T (3) d’Ackerblad (4) , et qui se trouvent au
(1) L’abbé Barthélemy, dans le Recueil d’antiquités du comte de Caylus, tom. Y, pag. 79; Zoëga, de Origine et Usu obeliscorum , pag. 374» .465» &c-
(2) Encyclop. britann. Suppl. IV, pag. 62.
(3) On emploie ici, et dans la suite de la discussion , les lettres capitales de l’alphabet latin.
(4) Voyez notre pl. 1, n." 2.