‹ Précis du système hiéroglyphique des anciens egyptiens, ou, Recherches sur les élémens premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennesChapitre 31 sur 41 · Tels sont les procédés suivis originairement · texte numérisé non relu

Tels sont les procédés suivis originairement

pour la formation de ia langue égyptienne parlée. Dans la partie purement idéographique de leur écriture

sacrée, les Egyptiens ne purent éviter de recourir aussi à cette méthode symbolique ou comparative; ils cherchèrent donc naturellement à exprimer les idées d’objets tout-à-fait intellectuels et sans formes sensibles , parles images corporelles présentant des rapports plus ou moins réels, plus ou moins éloignés, avec l’objet de l’idée qu’il s’agissait de noter. Les signes créés d’après cette méthode enrichirent l’écriture hiéroglyphique d’un nouvel ordre de caractères que nous nommerons , avec les anciens , caractères symboliques ou tropiques , et qui répondent à-peu-près aux caractères

5 i. Dans la détermination des signes symboliques ou tropiques, les Egyptiens procédèrent principalement :

i.° Par synecdoche , en se contentant de peindre la partie pour exprimer un tout. Ainsi, deux bras tenant un trait et un arc signifiaient une bataille, une armée rangée en bataille (t); deux bras élevés vers le ciel, une offrande (2); un vase duquel s'échappe de l 'eau , une libation (3); une cassolette et des grains d’encens, une adoration (4); un homme lançant des flèches , un tumulte, un attroupement populaire (5).

(1) Horapoüon ; lîv. II, hiéroglyphe n.° 4.

(2) Voyez notre Tableau général, n.° 308*7.

(3) Ibid. n.° 308

(4) Ibid. n.° 308 c.

V) Horapollon , iiv. II , hiéroglyphe 12.

2.0 Par métonymie , en peignant ia cause pour l’effet» C’est ainsi que, dans l’inscription de Rosette (i), nous voyons l’idée mois , , E&ttTT, mensis , exprimée ,

comme le dit Horapollon (2) , par l’image du croissant de la lune, les cernes tournées en bas : SgÀnvnv €r7reqj£yc{Aju,en\v ei$ ro x&tcû. Ce même signe se montre en effet comme signe d'espèce [supra 3 1) dans les groupes hiéroglyphiques exprimant les noms des mois égyptiens.

Nous trouvons également sur la stèle de Rosette (3)» l’idée écrire y et par suite celles d’ écriture , caractère ou lettre , rendues métonymiquement par l’image du pinceau ou du roseau au moyen duquel on traçait les signes, groupé avec la palette qui portait ia couleur noire et rouge; et souvent même on joignait à ces objets ia figure du petit vase dans lequel on trempait le pinceau pour délayer la couleur, ou qui contenait l’encre si l’on se servait du roseau pour tracer les lettres. J’ai réuni dans le tableau général des signes cités dans cet ouvrage , le caractère symbolique écriture avec toutes ses variations (4). Horapollon cite, en effet, le roseau (cr^o/vov) et Y encre [p,eA &v) parmi les objets qu’on peignit pour exprimer symboliquement les lettres égyptiennes , Aiyvvrrict y^ycfXfxcLrcL (3).

(1) Lig nés 1 1 et 13 du texte hiéroglyphique. — Voyez notre Tableau général , n.° 238 a.

(2) Liv. I , hiéroglyphe 4-

(é) Texte hiéroglyphique, ligne i4-

(5) Livte i , hiéroglyphe 38.

3.0 Par métaphore (ce qui rentre au fond dans f esprit général des procédés indiqués jusqu’ici ) , en employant l’image d’un objet pour exprimer autre chose que cet objet lui-même. Ainsi, ï abeille signifiait un peuple obéissant à son roi ( i ) ; les parties antérieures d’un lion , la force (2); le vol de ï épervier , le vent (3); un aspic , la puissance de vie et de mort (4) ; le croco~ dite , la rapacité (5).

4-° Enfin, une foule de signes symboliques étaient, à proprement parler, de véritables énigmes , les objets dont ces caractères présentaient les formes n’ayant que des rapports excessivement éloignés et presque de pure convention avec l’objet de l’idée qu’on leur faisait exprimer. C’est ainsi que le scarabée était le symbole du monde, de la nature mâle ou de la paternité (6); le vautour y celui de la nature jemelle et de la maternité (7) ; un serpent tortueux figurait le cours des astres (8) ; et l’on peut voir dans Horapollon et dans Clément d’Alexandrie , les raisons qui déterminèrent les Egyptiens à chosir ces êtres physiques pour signes de ces idées si différentes et si éloignées de leur nature.

On doit principalement comprendre parmi les signes

(1) Horapollon, Iiv. I , hiéroglyphe 62.

{2) Supra , pag. 200.

(3) Horapollon, Iiv. il , hiéroglyphe 15.

(4) Idem. Iiv. I, hiéroglyphe 1 .

(5) Ibid . hiéroglyphe 67.

(6) Ibid, hiéroglyphe 10.

(7) Ibid, hiéroglyphe il.

(8) Clément d’Alex, Sîromat . îîv. V, chap. 4,

symboliques énigmatiques , ceux qui , dans les textes égyptiens , tiennent ia place des noms propres des différentes divinités, caractères dont la valeur est déjà connue d’une manière certaine (ï).

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