Les propres formes de ces signes phonétiques
images d’objets naturels, démontrent que F Egyptien , ou l’individu à quelque nation qu’il ait appartenu qui créa la partie phonétique de l’écriture sacrée, loin de songer à des signes arbitraires pour peindre les sons, se laissa conduire tout simplement par un principe d’analogie déjà mis en pratique dans le système d’écriture qu’il s’efforçait de perfectionner.
78, Pour exprimer graphiquement les objets physiques de nos idées, on s’était contenté de tracer l’image de ces objets , êtres corporels dont les formes principales étaient reproduites par F hiéroglyphe : cette méthode représentative ne pouvait s’appliquer à l’expression des sons, puisque les sons n’ont point de forme.
Mais , par la méthode symbolique , 1 Égyptien avait déjà l’habitude, contractée peut-être dès-iong-temps , de représenter indirectement les idées dont les objets
n’ont point de forme , par l’image dfehjets physiques ayant certains rapports vrais ou faux avec les objets des idées purement abstraites, dont ces objets physiques devenaient par cela même des signes indirects.
yp. On put donc trouver également facile, convenable et même naturel, d’exprimer tel ou tel son par j image d’un objet physique auquel le son à peindre se rapportait plutôt qu’à tout autre dans la langue parlée; et le but se trouva atteint, lorsque l’Égyptien eut conçu et éprouvé la possibilité de représenter indirectement, ou plutôt de rappeler le souvenir de chaque son de sa langue , par l’image d’objets matériels dont le signe oral ou mot qui les exprimait dans la langue égyptienne, contenait en première ligne le son quil s’agissait de peindre .
Ainsi, l’image d’un aigle, en langue égyptienne, ou (ahôm , akhôm ) , devint le signe
de la voyelle Ck; un petit vase ou cassolette Bp&E (herbe), le signe de la consonne B; une main "rcn, le signe de fa consonne une hache KeXe&su (kelebin), le signe de la consonne K ; un lion ou une lionne , AsdiO (labo), le signe de la consonne À ; une espèce de chouette ; appelée nycîïcorax par les Grecs , et Ucmv\&!X (mouladj) par les Egyptiens, le signe de la consonne II ; une flûte , CHJBüîtxtu ( sébiandjo ) , le signe de la consonne C; une bouche Pm (ro), le signe de la consonne P; l’image abrégée d’un jardin, cysttt (schné), le signe de la consonne 05.