CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Il est bien certain que Ton observe en certains cas des déformations redoutables, des inclinaisons de fragments, des renversements qui amènent la formation de cals vicieux, s’opposant à l’extension et surtout à la flexion. Mais on a observé ces cas surtout après immobilisation , précisément après que l’immobilisation a fixé dans une position vicieuse les fragments épiphysaires déplacés par les groupes de muscles contracturés.
Ces fractures sont remarquables par les douleurs violentes qu’elles engendrent; et ces douleurs, même quand elles ne sont pas le propre des contractures musculaires, sont le point de départ de contractures. 11 faut bien admettre que lors de ces fractures très douloureuses, il y a des contractures qui ne peuvent que déplacer les fragments et l’immobilisation ne suffit ni à calmer ces contractures, ni à en détruire l’effet.
Aussi, tout en acceptant que certaines des plus rares fractures du coude peuvent déterminer des déplacements si considérables qu’il faut de toute nécessité les corriger et les maintenir corrigés, j’estime que dans l’immense majorité des cas la correction mécanique des déplacements des fragments du coude est inutile parce que ces déplacements fragmentaires sont corrigés juste au moment où le massage et la
FRACTURES DU COUDE
mobilisation font disparaître douleur et contractures accompagnant la plupart des variétés des fractures du coude.
Les grands déplacements des fragments du coude sont rares, et heureusement on les observe le plus souvent chez l’enfant. Ce sont ceux qui accompagnent certaines fractures comprenant la totalité de l’épiphyse, vraisemblablement fractures constituant des arrachements épiphysaires, et dans lesquels le fragment épiphysaire est si bien entraîné en arrière que l’on diagnostique souvent, luxation du coude.
D’après certains auteurs, la luxation du coude ne serait pas très rare chez l’enfant ; c’est contraire à la réalité. Elle est possible ; je l’ai observée. Mais elle est d’une grande rareté et bon nombre des cas que j’ai vu étiqueter luxation du coude n’étaient que ces fractures avec grand déplacement postérieur.
La réduction de ces fractures, faite peu après le traumatisme, est très facile ; mais le maintien en est assez difficile, surtout en tenant compte de l’indocilité habituelle des petits sujets. Aussi y a-t-il nécessité de fixer le membre dans un appareil inamovible.
Bien que l’enfant ne s’ankylose pas aussi vite que l’adulte, je crois qu’on a eu grand tort de prolonger cette immobilisation. Je ne vois que des avantages, pour un sujet qui peut être bien surveillé, à ne pas