FRACTURES ÉTUDIÉES PAR DUPUYTREN
et un massage quotidien fait sans exciter directement le foyer de fracture, ce qui est d’autant plus important qu’elles sont souvent de cause directe.
11 est inutile d’insister davantage sur ces. fractures élevées de la diaphyse du péroné, parce que leur appliquer les principes généraux que nous avons exposés est chose si simple que nous ne doutons pas que tous nos lecteurs y réussissent. Ils seront mieux informés aujourd’hui sur ces fractures qu’on ne l’était autrefois parce que celles qui sont douteuses sont bien révélées par la radiographie, ce qui simplifie le rôle du chirurgien.
Pour les fractures sus-malléolaires, fractures que Dupuytren réunissait toutes ensemble, l’embarras du chirurgien peut être grand.
Les plus communes de ces fractures ont une tendance au déplacement latéral du pied plutôt qu’une déformation immédiatement acquise en ce sens. Cette tendance mérite toute l’attention du chirurgien.
Dans l’immense majorité des cas, cette tendance peut être efficacement combattue par le massage. Ce sont de ce fait des fractures éminemment favorables pour le massage. Dupuytren déjà avait bien reconnu toute l’importance de l’action musculaire pour les déformations et il croyait les combattre efficacement par son appareil.
FRACTURES SUS-MALLÉOLAIRES.
Je puis dire que la plupart des cas que j’ai soignés qui se rapportaient à des fractures avec coup de hache plus ou moins prononcé, avec renversement modéré du pied en dehors, arrachement du ligament latéral interne ou de la pointe de la malléole interne ont été massés avec succès.
Ici comme pour les formes de la fracture de la malléole seule, le massage commencé sur le pied, sera continué au-dessus des malléoles jusque sur le mollet. Il peut être fait sur toute l’articulation tibiotarsienne sans appuyer sur les fragments , et il sera continué jusqu’au genou.
Pour les premiers jours, très peu de mobilisation en fléchissant le pied et point du tout en faisant de l’extension, situation qui excite les contractures.
Ce n’est qu’après plusieurs jours qu’on pourra, si l'articulation est bien anesthésiée, tâter de l’extension, mais encore en très petite action.
Il faut, au cours des massages, avoir grand soin de ne provoquer aucun mouvement de latéralité du pied ou plutôt de ne tenter que ceux qui peuvent redresser un pied ayant une tendance à une déviation d’axe en dehors, à cette luxation du pied que Dupuytren considérait toujours comme luxation en dedans parce que l’astragale se rapproche de la malléole interne, quoique le pied se trouve vraiment en bas et en dehors.