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X. — Fracture du col du fémur

La thérapeutique des fractures du col du fémur passe pour être fort difficile et hérissée de dangers pour le blessé. A mon avis, cela tient précisément à ce que jusqu’aujourd’hui on a persisté à vouloir demander à

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cette thérapeutique certaines conditions qui sont à la fois dangereuses et inutiles.

On a voulu réduire les os fracturés, c’est-à-dire supprimer une déformation.

On a voulu immobiliser le sujet.

Or ces deux interventions aboutissent d’une part à un défaut ou à un retard de réparation, et d’autre part à une telle altération de la santé des vieillards que la mort résulte souvent, non de la lésion ellemême qui reste chose peu importante pour l’économie, mais de l’arrêt des fonctions déterminé par l’immobilisation.

Quant au bénéfice de ces interventions, il est le plus souvent tout à fait illusoire, et [on peut caractériser la méthode classique de traitement de ces fractures par les deux mots : défaut de réparation et mortalité.

Si on applique un traitement fondé sur les principes que nous avons exposés, on arrive d’une part à des fonctions suffisantes et à une sécurité si grande que non seulement la mort devient rare, mais que nous pouvons dire de la fracture du col du fémur ce que nous avons dit de la fracture du col de l’humérus : ce n’est plus une maladie bien grave.

Chose remarquable, cela est vrai de la fracture du col classique chez le vieillard, qui donnait la grande mortalité.

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Les résultats sont moins bons pour les cas rares de fracture du col qui surviennent chez les sujets qui ne sont pas arrivés à la vieillesse.

En d’autres termes, tout ce que nous allons dire est juste des fractures qui surviennent chez les gens qui font leur fracture très facilement, après avoir passé l’âge de 55 à 60 ans.

Chez les sujets qui, au cours de traumatismes graves, ont eu des fractures du col du fémur que l’on pourrait taxer de prématurées, soit que le traumatisme ait été exceptionnellement violent, soit que ces sujets soient minés par des tares générales que nous ne connaissons pas, les fractures au point de vue thérapeutique se rapprochent des fractures ordinaires du fémur et il nous est arrivé pour ces cas rares d’être obligé de leur appliquer le traitement ordinaire des fractures de la diaphyse fémorale.

Nous laisserons donc de côté ces fractures exceptionnelles du col et nous donnerons le traitement que nous appliquons aux vieillards et qui ne serait vraiment applicable à des sujets plus jeunes que si chez eux nous vérifiions par la radiographie les caractères si communs chez les vieillards, engrènement très prononcé des fragments, et mouvements possibles avec douleurs médiocres.

I/ensemble de ces fractures du col justifie un trai-

mobilisation simple

tement assez uniforme. Au point de vue thérapeutique la division des fractures en intra et extra capsulaire est sans grand intérêt. Je n’ai pas vu que les fractures typiques par décapitation de la tête guérissent aussi difficilement que l’on veut bien le dire ; et, pour l’immense majorit'é des cas de fractures extra capsulaires et intra capsulaires qui se présentent toujours avec un engrènement plus ou moins important des fragments, la guérison solide et dans de bonnes conditions est la règle, si on a respecté l’engrènement et si on ne donne pas au sujet le temps de s’atrophier et l’occasion de subir des complications viscérales diverses.

Dans ces cas, le massage proprement dit est peu de mise. Les vieillards ne sont pas de bons sujets pour un massage très étendu.

Il faut chez eux réduire ses manœuvres à des pressions peu profondes pas longtemps continuées.

Par prudence, on évitera chez certains sujets les veines exceptionnellement dilatées.

Dès le début, on provoque des mouvements. Mais ces mouvements doivent être de très petite amplitude.

On soulèvera le membre sur le lit, à une faible hauteur. On lui fera faire de très légers mouvements d’adduction et d’abduction. Lorsque plus tard les mouvements devront être augmentés, il faut se

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souvenir qu’il y a peu d’intérêt à augmenter l’amplitude des mouvements d’abduction et qu’il peut y avoir quelques inconvénients, quand on est à une période très rapprochée de la fracture.

Les mouvements d’adduction, les mouvements en avant et en arrière sont au contraire ceux qui favorisent et préparent le retour des mouvements fonctionnels de la marche.

Dès le début, on devra faire faire des mouvements demi-actifs. On soulève le membre en haut et on incite le sujet à le tenir soulevé, en le soutenant cependant dans une certaine mesure, de façon à ne pas imposer à ses muscles un travail exagéré et surtout à ne pas amener de tendance au désengrènement des fragments.

En règle générale, ce danger est peu important si le chirurgien n’est pas brutal. L’expérience montre que, dans l’immense majorité des cas, il est possible et même facile de mettre le sujet sur ses jambes vers le 10e ou le 15e jour.

C’est encore là un traitement très paradoxal que celui qui consiste à faire marcher un sujet atteint de fracture du col en quelque sorte aussitôt après l’accident.

Chose singulière, cela est d’autant plus facile à exécuter que le sujet est plus âgé. Pour parler plus

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