‹ Précis du traitement des fractures par le massage et la mobilisationChapitre 25 sur 194 · CRÉATION DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

CRÉATION DE LA MÉTHODE

de Saint-Louis, de Beaujon, de l’Hôtel-Dieu ont amené le public médical à adopter ma méthode.

Repoussée officiellement par beaucoup de professeurs de Faculté, elle a progressé surtout parmi les médecins praticiens faisant beaucoup de pratique. Elle a reçu en Angleterre et en Amérique un accueil particulièrement favorable. Même, à l’heure actuelle, son influence est telle que pour certaines fractures, aucun chirurgien n’oserait avouer qu’il a conservé l'immobilisation prolongée, qui est pourtant encore appliquée bien plus qu'il ne faudrait. Le public luimême commence à comprendre les inconvénients de l’immobilisation et en certains cas il la refuse. Dans tous les pays il y a des chirurgiens qui ont adopté exactement et scrupuleusement la méthode et Font appuyée de ce principe :

« Une certaine quantité de mouvement des fragments est plus favorable à la réparation osseuse, au développement du cal que l’immobilisation ».

La multiplicité des faits relatifs à ce principe est telle qu’il serait fastidieux de tout citer; ce serait l’histoire entière des fractures. Rappelons seulement comment on peut opposer la plaie osseuse à la fracture. La plaie sans mobilité fragmentaire se comble difficilement alors que la ^fracture, c’est-à-dire la solution de continuité absolument mobile , est rapi-

EXPÉRIENCES DE CORNIL.

dement comblée par un excès de production osseuse. Non seulement les vides sont comblés, mais le champ du traumatisme osseux est enveloppé. C’est là le résultat d’une observation vulgaire.

Mais il y a plus. M. Corail, faisant avec M. Coudray des fractures chez les animaux, a constaté que la production osseuse qui les répare est plus abondante si les fragments osseux sont mobilisés.

Il a pu montrer que chez les jeunes animaux cette mobilisation des fragments non seulement provoque une production osseuse, mais la provoque si exagérée qu’elle forme des tumeurs.

C’est bien là l’observation sur les animaux du fait que j’ai depuis longtemps cliniquement montré chez les enfants que l’on masse et chez lesquels j’ai noté un développement trop considérable du cal osseux.

Depuis longtemps j’avais dit : Pour l'enfant il faut être sobre du massage et de la mobilisation sous peine de produire des cals exubérants dont il faudra plus tard obtenir la résorption quelquefois trop lente.

Une foule de faits peuvent servir à démontrer cette donnée fondamentale. « Une certaine quantité de mouvement des fragments provoque la reproduction osseuse ». Dès lors le problème thérapeutique consiste à n'utiliser que la quantité de mouvement nécessaire et d’autre part à employer ce mouvement sous

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