VI. — Fracture du radius
La fracture du radius mérite un chapitre très détaillé. C’est une de celles qui bénéficient le plus du traitement par le mouvement et c’est en réalité celle par laquelle j’ai commencé la réforme du traitement des fractures. C’est aussi celle par laquelle tout praticien aura chance de commencer.
FRACTURE DU RADIUS
Malgré les très nombreuses variations que la radiographie peut montrer dans ces fractures, on peut les classer de la façon suivante : trois variétés de fractures articulaires — une variété de fracture sus-articulaire ou non articulaire.
11 y a tout un groupe de fractures qui intéressent tantôt toute l’extrémité articulaire du radius, tantôt son tiers externe seul, et qui ne s’accompagnent pas de déplacement, ou bien pour lesquelles le déplacement est peu sensible.
Ce sont ces fractures souvent méconnues, souvent confondues avec l’entorse du poignet. Malgré l’absence de déplacement, ces fractures sont accompagnées d’un traumatisme articulaire intense. Toute leur gravité réside dans ce traumatisme articulaire. Elles ne sont pas exemptes des plus mauvaises suites. L’une des plus belles mains de justice que j’aie jamais vues était dûe à une de ces fractures traitées par l’immobilisation pendant six semaines. Elle était pourtant si peu caractérisée que le diagnostic n’en avait été fait que par la radiographie.
Avec ces fractures, il n’y a guère de modification de la ligne bistyloïdienne. L’ascension de l’apophyse styloïde du radius est insignifiante ; il y a peu d’enfoncement des fragments.