DES CAPITAUX IMPRODUCTIFS
ne spécifiait pas comment. Celte fausse idée lui a fait commettre de graves erreurs, je dirai même des crimes, si sa bonne foi, malheureusement d'accord avec ses penchants prodigues, n'était pas une excuse. Il s'im^inait sérieusement être utile au pays par des folies qui dilapidaient la fortune publique, et les courtisans s'arrangeaient fort bien d'une économie politique qui les transformait en bienfaiteurs de ceux dont ils exploitaient les dépouilles. Ce n'est pas la seule erreur dont les lumières de la science nous aient délivrés, et nous aurons encore plus d'une occasion d'observer les conséquences déplorables de beaucoup d’autres fausses maximes.
La rapidité de notre restauration financière, après les nombreux assauts que nous avons essuyés de la manie guerroyante de l'empire et de l’exigence des ressentiments de l’étranger, dépend surtout du retour de la paix, qui a favorisé l’accumulation des capitaux et leur emploi d'une manière reproductive. Où en serions-nous si l'on eût employé en routes, en canaux, en usines, les sommes immenses perdues seulement en sabres, en fusils^ en canons, en poudre,- en boulets et en balles, depuis vingt-cinq ans ? On n’a qu’à remarquer l'effet produit sur le bien-être des populations européennes par la baisse des tissus de coton et le nouvel emploi des machines à vapeur.
neiii consacres a l'éducation du poète, à son entre.
existence? Un commerçant a gagné un million
irs envois de papiers peints ou de soieries expédiés
Tique du Sud ; ce million est devenu un capital ;
il pas fallu au commerçant des capitaux préexis-
concourir à sa production? Telle est l’origine de
E>itaux. On voit qu'il n’y a pas de différence entre
tion et leur multiplication. Celui qui en forme un
ar le fait ceux qui existaient auparavant ; son ta-
e à soustraire des valeurs à une consommation sté-
^expliquent les diflérences qu’on remarque entre
les capitaux consacrés à des feux d'artifice, à des
is de Vin aux ivrognes, ou de pensions aux oisifs,
ressources employées à vivifier l'industrie, source duction.
masser, c'est-à-dire économiser, des valeurs sous )rmes ; un meunier accumule un canital smis
vaicuis suscepiiDies de se résoudre
en valeurs nouvelles ; mais combien de circonstances sont necessaires, indépendamment du travail, pour arriver à ce but important! L’agriculteur ne peut pas toujours soustraire a sa propre consommation le produit de ses travaux de l’annee parce que, trop souvent, ses besoins de l’année snrpasnt ses profits; et dans les autres classes de la société les Monoraies trop peu considérables découragent le producteur de 1 accumulation , malgré les facilités que lui olfrent les Misses d épargne et les établissements, d'ailleurs si utiles U m me genre. Cependant, on ne saurait trop encourager
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Circulation dans des entreprises industrielles.
Les flatteurs de Louis XIV avaient persuadé à ce prince qu il rendait service à sa nation en dépensant hesuenim.
, SECTION II
Des capitaux îraproductîfs.
Un capital n'est pas toujours improductif, parce qu’il est momentanément sans emploi ; mais il peut demeurer longtemps stérile par l'indolence ou l’ineptie de ceux qui le possèdent. Des causes indépendantes de la volonté du possesseur concourent aussi à paralyser l’utilité qu’il en pourrait retirer : telles sont les guerres qui e.xcitent l'inquiétude, des prohibitions exagérées qui détournent les industriels de certaines entreprises lucratives, ou des préjugés qui leur ferment d'a-
vantageux débouchés. M. Say a rais les madones et les saints des pays superstitieux, lorsqulls sont en métaux susceptibles d utilité, au rang des capitaux improductifs : telle paraît être également l’opinion des assemblées nationales souveraines du Pérou et du Mexique, car elles ont fait transporter à 1 Hôtel des Monnaies la plupart des vases de luxe et le mobilier métallique , beaucoup trop somptueux , des églises du pays. Ces capitaux, reproductivement consommés, ne tarderont point à vivifier l'industrie américaine.
Les premiers pas d'une nation vers la civilisation , telle qu elle est entendue de nos jours , se font principalement remarquer dans le mouvement qui se manifeste parmi les capitaux. L'observateur attentif à ce phénomène distingue facilement alors, d'une manière tout à fait positive, la différence qui existe entre les capitaux qui produisent et ceux qui ne produisent pas. Que l'Espagne actuelle lève son front sillonné des cicatrices du monopole et du fanatisme ; qu'elle verse des torrents de lumière sur ses ignorants dominateurs, et bientôt nous verrons de toutes parts le travail en honneur et l'indolence exilée. Tout J’or et l'argent qui va se résoudre en salaires de laquais, en subventions accordées à des ordres mendiants, se répandra dans les veines du corps social: Cadix retrouvera son antique splendeur; Ségovie, ses jaines fameuses; Valence rouvrira ses ftibriquesde soie ; vous verrez des capitaux naguère enfouis ou consommés stérilement revenir à leur destination naturelle, celle de féconder l'industrie et de faciliter les grandes entreprises du génie de l’homme. Un simple changement de système suffirait pour cela. Singulière destinée de l'espèce humaine, que son aveuglement la conduise toujours sur le bord d'un abîme, quand elle a devant elle un chemin magnifique !
On peut dire que la stagnation ou la situation improductive des capitaux caractérise une société mal organisée, tandis que la prospérité d'un peuple se juge par l’action productive qu'il sait leur imprimer. Chez la nation indolente, on n'accumule point, on ne veut rien soustraire à la consommation
fl expression triviale : dans une communauté laborieuse, les
I transactions, les fabriques, l’agricullure ollrent l’image du
I mouvement perpétuel. Les capitaux* y subissent mille trans-
^ formations diverses. On y voit des betteraves changées en
^ sucre, du charbon de terre en gaz lumineux, des cotons bruts
J reparaître sous forme de fils, de calicots, de toiles peintes;
I et, de toutes ces métamorphoses, résulter des bénéfices qui
vont répandre la paix et l'aisance dans le sein des familles. Ainsi l’active chrysalide, après avoir parcouru pendant sa courte existence l'étendue souvent renouvelée d’une feuille de mûrier, se repose dans un palais d'or et de soie, d’où sortiront bientôt d’innombrables générations.