‹ Précis élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 3 sur 71 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Plan et diTÏsion île l’ouTrag^e*

La science de l’économie politique a fort peu de rapports avec la Politique proprement dite, malgré l’apparente analogie de leur dénomination. Son but est d’expliquer, par l’exposé raisonné des faits, et toujours d’après l’expérience, comment les richesses se produisent, se distribuent et se consomment au sein des sociétés civilisées. Il n’y a donc point d’éconorn^e politique pour les sauvages et pour les peuples paresseux, j’ai presque dit pour les peuples guerriers; car les uns vivent de leur chasse, et les autres du pillage, ressources précaires et stériles, puisqu’elles ne sont pas susceptibles d’être accumulées d’une manière favorable à la production.

Au premier abord, il semble que l’étude d’une telle science présente des difficultés insurmontables, et qu’elle suppose la connaissance profonde de ce qu’on appelle encore de nos jours l’art de gouverner : heureusement non. Il ne s’agit point ici de savoir comment on gouverne, ni même comment on est gouverné, mais tout simplement de se rendre compte des phénomènes perpétuels de la production, source de l’existence sociale de l’espèce humaine. Chacun y pourra voir et juger avec exactitude quel rôle il joue sur ce mouvant théâtre, et par quelles améliorations dans sa position il pourra améliorer la position des autres. Deux grandes idées domineront toute notre doctrine : la paix et le travail. Nous pensons que leur développement doit suffire au bonheur de l’homme, et que ces deux mots comprennent tout ce qu’il y

a de noble, d'utile et d'honorable dans l'exercice de ses facultés naturelles.

J’examinerai d'abord ce qu'il faut entendre par le terme de production, et ensuite, comment les différentes sortes d’industrie, les capitaux, les machines, les débouchés, les coionies, les monnaies et \esbanques, concourent à 1 alimenter pour le plus grand bien des sociétés. Ce sera le sujet de la première partie de mon livre. Les hommes illustres que j'ai désignés dans l’introduction de ce précis ont rendu ma tâche facile. 11 suffira de rapporter, ou plutôt de résumer fidèlement leurs opinions, et de les présenter avec clarté pour rendre l'économie politique une science vraiment populaire. Ainsi la chimie, qui n’était guère, il y a cinquante ans, qu'une collection indigeste de formules grossières ou compliquées, éclairée par le génie des Scheele, des Guyton, des Lavoisier, des Fourcroy, des Berthollet, des Chaptal, des Davy, des Gay- Lussac, des Thénard, des Clément, s est élevée tout a coup au plus haut degré de perfection des connaissances positives; et ses principaux phénomènes n’auront bientôt rien d’obscur aux yeux des observateurs les plus vulgaires.

La seconde partie de cet ouvrage traitera de la distribution des richesses, de la source de nos revenus, de la variation dans les prix, des profits attachés à chaque industrie, du prêt, de la population dans ses rapports avec l’économie

politique, et des exportations.

La troisième, enfin, sera consacrée à l’examen de toutes les questions qui se rattachent à la con/ommahon des richesses, et par conséquent à la dette publique, aux impôts, et à l’important problème du crédit public, considéré sous le point de vue politique, une des plus graves questions de l'école moderne.

L'ordre que je viens de tracer est celui qui a été suivi par M. J.-B. Say, dans son Traité d’Économie politique. Je l'ai adopté de préférence à tous les autres, parce qu'il m’a paru fondé sur la nature même des phénomènes que nous devons étudier, et qu'il réunit, à une sage méthode, le mérite d'une

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