‹ Précis élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 4 sur 71 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la sin^nification des mois

PHODÜCTION, UTILITÉ, YALKüR, RICHESSES.

Produire, c’est donner aux choses une utilité qu’elles n'avaient pas. Cette utilité, lorsqu’elle est reconnue, constitue la véritable valeur des choses, qui deviennent, dès ce moment, des richesses, des produits.

La valeur des choses, généralement fondée sur l'usage qu’on en peut faire, se mesure par la quantité de toute autre chose qu’on a la possibilité de se procurer par leur moyen, si l'on se décide à les échanger. Cette valeur est variable de sa nature, selon les lieux, les temps et les circonstances. Un verre d'eau a plus de prix dans un pays aride qu’au bord d'un fleuve, en été qu’en hiver, pour un homme altéré que pour un individu qui n'a pas soif. Il en est ainsi de tout ce qui peut se vendre, ou pour mieux dire, s’échanger; car, lorsqu’on achète une chose avec de l’argent, on ne fait que l’échanger contre cet argent, lequel n'a pu s’obtenir primitivement qu’au moyen d’un échange, c’est-à-dire de la cession d’une autre chose utile ou d'un premier produit.

Cette particularité détermine sur-le-champ la véritable nature de l’argent, de la motinaie. L’argent est une marchandise comme une autre, puisqu’on ne s’en procure qu’en créant des valeurs, contre lesquelles on l’échange. Et- si l’on évalue les choses par la quantité de monnaie qu'on en peut retirer, plutôt que par toute autre quantité, c'est que l'usage continuel de l'argent nous permet de juger plus facilement

et plus exactement que tout autre terme de comparaison, ce que vaut un objet, le prix qu"on en doit obtenir. C’est pour avoir méconnu ce principe, que tant d’économistes et tant de gouvernements ont soutenu des théories désastreuses pour la fortune publique, telles que celles des prohibitions, de la balance du commerce, et plusieurs autres que nous réfuterons plus tard.

L’utilité, source des valeurs, est cette faculté qu’ont certaines choses de satisfaire a ses besoins, ou d augmenter la somme de nos jouissances. On conçoit aisément que le degré d’utilité varie selon les climats, les goûts, les habitudes ou les caprices des hommes. Le talent de l’industriel ou du producteur consiste donc, non-seulement à produire des choses utiles, des valeurs, des richesses, mais à régler sa production sur les besoins ou les fantaisies de ceux qui en doivent etre les consommateurs. 11 faut souvent beaucoup d intelligence

pour cela.

Lorsque le travail de l’homme est parvenu à donner de la valeur à une chose, elle prend le nom de produit. L’homme produit de mille manières, et par tous les genres d’industrie qui sont en son pouvoir. Toutefois, on a remarqué que la masse de ses productions était le résultat de trois branches principales d’industrie qu’on est convenu d’appeler agricole, industrie manufacturière, industrie commerciale. Occupons-

nous de les définir.

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