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14() ' RÉSUMÉ Dï l'histoire
ragriculture s’enrichirent d’une foule d’arbres jusqu’alors inconnus ; le pêcher, l’abricotier, le grenadier, le cerisier, le citronnier, l’oranger furent naturalisés en Europe. Les navigateurs, à force de fréquenter le continent de l’Inde, rencontrèrent enfin, en gouvernant au large, les vents périodiques qui soufflent constamment dans ces latitudes. Alors, l’étude 1
des moussons suppléant au defaut de la boussole, leur donna de l’assurance, et Trapobane, l’île actuelle de Ceylan, fut découverte : la côte de Malabar était exploitée depuis longtemps.
Là, paraît s’arrêter la navigation des Romains, car ils ne durent la connaissance imparfaite des contrées qui s’étendent plus avant dans l’orient, qu’à des aventuriers qui y avaient été par terre : aucun de leurs voyageurs n’avait passé le Gange.
Le commerce ne laissait pas néanmoins que d’être immense pour l’époque, si nous en croyons Pline ’ qui porte à dix millions de notre monnaie la somme des importations de l’Inde a Rome, et Strabon a cent vingt le nombre des vaisseaux expédiés annuellement pour cette destination.
Les provinces de l’intérieur subsistaient de la vente du blé et de la fabrication des objets de luxe, dont les Romains se montraient si avides. Les fourrures de la Scythie, les soies de la Perse, l’ambre de la Baltique, toutes les superfluités les plus coûteuses étaient devenues d’une nécessité indispensable aux dames romaines, malgré la sévérité des lois somptuaires, de temps en temps renouvelées par des censeurs chagrins.
Des routes magnifiques, partant de Rome, rayonnaient dans toutes les directions jusqu’à Jérusalem, à York, à Reims, à Brindes, à Byzance. Des relais de quarante chevaux, établis de cinq en cinq milles, permettaient aux voyageurs privilégiés de faire cent milles par jour La Méditerranée n’était plus qu un lac, dont Ostie fut le port essentiel, à cause de sa position à l’embouchure du Tibre.
Tant de mouvements avaient dû augmenter la production
’ Histoire naturelle, liv. YI, chap. «vi.
^ Géographie, liv. II, p. 179.
® Voyez Bergier, Histoire des grands chemins de l'empire rçmaini
et la circulation. On connaissait l’Allemagne jusqu’à l’Elbe, et l’Espagne toute entière, où quarante mille hommes ex- ;
ploitaient les mines; la Gaule avait cédé, l’Afrique était tri- !
butaire. Les Romains avaient déjà tellement étendu leurs ,
relations, que les cent mille hommes que Mithridate fit égor- !
ger dans l’Arménie , passaient pour être presque tous des j
négociants. Mais ce commerce isolé, sans base solide, et dénué de principes , ne pouvait concourir d’une manière !
stable à la prospérité de l’empire. La paix seule en avait 1
soutenu l’existence : la guerre dut lui porter un coup mor- :
tel. Ce fut le résultat le plus prompt de l’invasion des bar- ■
bares, dont la présence se fit bientôt sentir par des lois cruelles ou insensées. Alors s’établirent les droits odieux ! j
d’aubaine et de naufrage qui devaient se maintenir, au mé- ,
pris de l’humanité, jusqu’à nos jours. On peut juger de ce que devint le commerce entre les mains de ces peuples, qui attendaient, ardents au pillage, les naufragés sur un écueil.