CHAPITRE IX
Des Ilollaudais, et de leurs établissements dans les Indes orientales.
Les Portugais avaient fait dans les Indes, comme nous avons vu, tout ce qu’il fallait pour assurer la fortune du premier peuple qui viendrait reclamer leur succession. Les Hollandais furent ce peuple. Ils ont joué un si grand rôle sur la scène du monde et dans l'histoire du commerce, qu un exposé succinct de leur origine et de leurs progrès ne paraîtra pas déplacé au commencement du récit de leurs conquêtes.
Célèbres du temps des Romains sous le nom de Bataves, respectés par les Francs dans le cinquième siècle, ils se montrèrent dignes de leur ancienne renommée, en passant sous la domination de la maison de Bourgogne. Lors de la formation de la ligue hanséatique, seize de leurs villes entrèrent dans celte grande association commerciale, et prirent une part active à la pêche du hareng. L'art précieux de caquer ce poisson, fut inventé par Guillaume Heukelszoon un de leurs concitoyens, qui s’est acquis par cette decouverte uue
célébrité durable dans sa patrie.
Aux souverains de la maison de Bourgogne succédèrent
des princes autrichiens dont l’avénement fut signalé par des guerres intestines. Les paysans réduits à la misère se révoltèrent, et se précipitèrent sur les villes, en portant sur leurs drapeaux des pams et des fromages, symboles de leurs besoins : mais leur patrie succomba. Les intérêts généraux n'étaient pas encore bien entendus à cette époque, et, quoique de grands espaces de terre fussent réunis sous une même administration, il n'y avait point de fusion entre leurs
‘■•■Tir’
‘ ScUeSer, Histoire de Hollande, p. 35.
liabitants. La réformation survint et fut accueillie avec enthousiasme par la majorité des poi)ulations septentrionales: ses principes sévères s'accordaient parfaitement avec leurs mœurs et leur climat. Érasme, en Hollande, y avait préparé tous les hommes instruits, par ses écrits spirituels; et les persécutions de Charles-Quint y portèrent tous les hommes indignés. Ce fut le commencement de la haine des Hollandais et des Espagnols. Philippe H y mit le comble en violant les privilèges des villes déjà entamés par Charles-Quint, et la seule menace de l’inquisition alluma un incendie qui ne put être éteint dans les flots de sang versé par le duc d’Albe. Les protestants, nobles et roturiers, illustrèrent le nom de Guéna? par une résistance héroïque. Les comtes d’Eginond et de Hoorne périrent sur l’échafaud en stoïciens, victimes de leur persévérance dans les principes de la réformaUon.
Une insurrection générale suivit de près la mort de ces martyrs de l’indépendance nationale. On vit alors se renouveler le spectacle que les Vénitiens avaient donné au monde plusieurs siècles auparavant : les insurgés cherchèrent un asile dans les eaux qui protègent et menacent incessamment eur patrie. Sept petites provinces au nord du Brabant et de la Handre, inondées plutôt qu’arrosées par de grandes rivières, fondèrent cette république fameuse, qui domina bientôt dans l’Orient, et qui a causé tant de chagrins à Louis XIV. Les premiers efforts de leur union ne furent point heureux, et lorsqu’on lit les détails affreux 2 des sièges de
DU COMMERCE ET DE L INDUSTRIE
revers. Ils rompirent les digues et submergèrent leurs ennemis. Un homme d’un esprit fier, profond, d’une intrépidité tranquille et opiniâtre, le stathouder Guillaume de Nassau vivait retiré en Allemagne, sous le poids d’une condamnation à mort, pendant que ses compatriotes tentaient de secouer le joug espagnol. Il accourt sans troupes et sans argent, mais plein du désir de venger tant d’injures, et il a le bonheur de contribuer à la fameuse déclaration d’indépendance de 1 Union, après avoir essuyé des traverses inouïes. Philippe H mit sa tête à prix, et il le fit assassiner à Delft, en 1584. Alexandre Farnèse releva les affaires des Espagnols ; mais la république ayant reçu un renfort de la reine Élisabeth, sous le commandement de Leicester, reprit l’offensive, et marcha de succès en succès. Sa marine devint chaque jour plus formidable : elle contribua beaucoup à l’anéantissement de la flotte invincible.
Cependant les sept provinces unies n’avaient pas encore assez de forces pour compter sur une existence tranquille : elles cherchèrent des armes et de l’appui partout où elles purent en espérer. Elles ouvrirent leurs portes aux pirates de toutes les nations, dans le dessein de s’en servir contre les Espagnols, et ce fut le commencement de leur puissance maritime. En 1590, elles avaient déjà humilié plus d’une fois la marine espagnole. Leurs vaisseaux entrèrent en concurrence avec ceux des villes hanséatiques et de quelques villes d’Italie, pour le commerce de transport, et elles achetaient à Lisbonne les marchandises de l’Inde pour les revendre à toute l’Europe. Mais Philippe 11 leur ayant fermé cet entrepôt, les négociants hollandais résolurent d’aller directement dans l’Inde pour y faire leurs provisions; et ils essayèrent, mais inutilement, d’y arriver en cherchant un passage par le
nord.
Pendant ce temps, un marchand de leur nation, nommé Houlman, détenu pour dettes à Lisbonne, leur fit dire que s’ils voulaient le tirer de prison, il leur communiquerait une foule de connaissances que sa position particulière lui avait
RÉSUMÉ DE l'histoire
permis d'acquérir, relativement au commerce des Portugais dans les Indes. On paya ses dettes et il tint parole. Ses libérateurs, qu’il éclaira, formèrent une association, sous le nom de Compagnie des pays lointains, et lui confièrent, en 1.^9,^, quatre vaisseaux pour les conduire aux Indes par le cap de Bonne-Espérance. Il revint bientôt avec un chargement de poivre et d’épiceries, après avoir reconnu la côte d’Afrique, et visité Madagascar, les Maldives et les îles de la Sonde. La joie causée par son retour fut extrême, et le succès de son voyage excita une émulation générale. Une foule d'associations se formèrent de toutes parts, à l’instar de la première, et lurent réunies en une seule, qu'on appela la Compagnie des Grandes-Indes. Elle eut le droit de faire la paix et la guerre avec les princes de l'Orient, de bâtir des forteresses, d’y entretenir des garnisons et de nommer les officiers de police et de justice.
Cette Compagnie, jusqu’alors unique dans le monde, exerça une influence salutaire sur le commerce de la république. Elle expédia une flotte de quatorze vaisseaux sous le commandement de Warwick, que les Hollandais regardent comme le fondateur de leur système commercial. Cet amiral établit un comptoir fortifié dans l’île de Java, et il contracta des alliances fort utiles avec les habitants de Ceylan et des lies de la Sonde. La conquête des Moluques sur les Portugais acheva de tonder sur une base solide le commerce de la Compagnie : mais dès lors ce commerce cul besoin d’être soutenu par les armes; et les Hollandais, à peine traiKpjilIes chez eux, se trouvèrent lancés en Asie dans la voie orageuse des conquêtes. Jetons un coup d’œil sui‘ leur position et sur celle de leurs ennemis.
Les Portugais avaient des avantages réels : la possession du pays, la connaissance des mers, l’habitude du climat et l’appui de plusieurs nations qu'ils tenaient sous le joug; mais déjà leur domination avait dégénéré en tyrannie, et ils s’étaient aliéné tous les cœurs par leurs persécutions religieuses vivement senties chez des peuples superstitieux et
DU COMMERCE ET DE l’iNDUSTRIE.
crédules. Les Hollandais n'avaient d’autre avanUge que celui de succéder à de mauvais maîtres ; l’ambition de fonder un grand commerce sur les ruines du leur, et l’espoir de donner une stabilité entière à leur indépendance. Outre ces causes, ils étaient excités par une haine que la diversité de religion et le souvenir des atrocités du duc d’Albe avaient dû rendre implacable.
Aussi la guerre se lit avec uneénergie incroyable de part et d’autre. Depuis la réunion du Portugal à 1 Espagne, le Brésil était devenu espagnol : les Hollandais en conquirent une partie. Leur amiral, Pieter Hein, s’empara de la flottille chargée des lingots du Pérou, évalués à plus de 12 millions de florins. Roen jeta les fondements de la ville de Batavia dans nie de Java, la plus considérable des îles de la Sonde, après Sumatra. Les Portugais furent chassés de Célèbes, et Macassar tomba au pouvoir de leurs ennemis. Bornéo et Sumatra leur donnèrent le camphre. Siam attira leurs regards; la Chine et le Japon leur ouvrirent leurs ports ; Malacca leur fut livrée par le gouverneur, qu’ils égorgèrent pour ne pas lui payer la somme de 500 mille francs promise à sa trahison. Les Portugais avaient négligé Ceylan : les Hollandais cherchèrent à s’en rendre maîtres, et ils furent secondés par le roi de Candie, qui leur oflVit de travailler, lui et ses enfants, aux fortifications qu’ils jugeraient utiles de construire. Les pierres précieuses, le poivre, l’ivoire, la cannelle, le bétel, la pêche des perles devinrent entre leurs mains la base d’un commerce qui a longtemps maintenu leur supériorité en Europe. 11 leur a servi à réparer les pertes énormes causées par une guerre de quatre-vingts ans, pendant laquelle des villes entières avaient été détruites par les inondations; des provinces ravagées par l’ennemi, et l’État appauvri de plusieurs centaines de millions de florins. La ville d Amsterdam ne tarda point à profiter de tnus les avantages qu'une cité peut recevoir d’un grand port de mer, et les villages mêmes présentèrent un spectacle de prospérité et d opulence que les guerres de Louis XIV ont à peu^ altéré. Des
^ RKSUME DE L HISTOIRE
amiraux célèbres, Tromp, Ruyter, Evertzoon, Van Galen, soutinrent avec gloire, sur toutes les mers, l’honneur du pavillon hollandais. Ruyter, l’un d’eux, fut assez hardi pour
remonter la Tamise et pour brûler la flotte anglaise à Chatam.
Cependant, l’île de Ceylan n’était qu’un point d’appui dans l’Inde. Les côtes de Coromandel, d’Orixa, de Malabar reçurent des comptoirs; et la colonie du Cap, dont un chirurgien ht sentir toute l’importance, ne tarda point à réalisei^ les heureux résultats qu’on s’en était promis. Il fut réglé qu on donnerait un terrain convenable à tout homme qui voudrait s’y fixer, et que ceux dont la santé souffrirait du climat, pourraient revenir en Europe et disposer de leurs possessions. Une belle ville s’éleva dans la baie de la Table
• .J “ • rbres, ornée d’une ménage-
rie, d un jardin botanique et de quelques édifices remarquables. Un coteau célèbre, qui n’a pas plus de trente arpents d etendue, produisit le vin de Constance, et, dans la patrie des Hottentots, les riches propriétaires de la colonie ne man-
querentd’aucune des jouissances delà civilisation européenne
Les Hollandais arrivaient à l’apogée de leur prospérité. La ville de Batavia s’accrut et s’emhpilif rio i
id d un petit golfe bourbeux et malsain, spacieuses, en creusant des canaux, en >es plantations. Les environs se couvricampagne et de jardins délicieux, dans issis sous de riants ombrages, trempaient
Les eaux de Batavia passaient pour être très-saumàlres
DU COMMERCE ET DE L IXDUSTRIE
merciales, même celles qui se faisaient au Cap, venaient à leur connaissance. Les vaisseaux qui partaient du Bengale, de Ceylan et de la Chine, ne portaient en Europe que les factures de leurs cargaisons. Les comptes étaient rendus à Batavia, où l’on tenait le livre général de toutes les affaires.
Cette puissance colossale venait de succéder à la domination portugaise. La vente de l’indigo, du coton, du sucre, du poivre, de la cannelle, du girofle, du gingembre, de la muscade, de l’étain, du camphre, des bois de teinture, fut presque exclusivement dévolue aux Hollandais. Dans l’espace de moins de cinquante ans, ils s’étaient emparés de trois cents vaisseaux portugais , ressource précieuse pour un peuple dépourvu de bois de construction. Ils avaient trouvé dans Tlnde des établissements militaires parfaitement organisés, une nombreuse artillerie, des magasins, des arsenaux. Leur politique moins ardente les porta à ménager les existences et les opinions , et ils eurent l’air d’être les vengeurs de l’Orient. Ils se concentrèrent au lieu de se diviser. Leurs troupes stationnaient au Cap, à Ceylan et à Batavia, prêtes à se porter en masse sur les points menacés de la côte , où ils n’avaient que des comptoirs sous la protection de quelques forts, et par le moyen desquels ils étaient parvenus à s’emparer de tout le cabotage de l’Asie.
Mais la Hollande renfermait en elle-même les éléments de sa décadence, et quoiqu’elle vendît annuellement quatre ou cinq millions de livres de poivre, deux cent mille livres de canelle , l’étain de Malacca et toutes les épiceries de l’Inde, elle descendit très-raiiideinent de la hauteur où elle s’était élevée. Quelques réflexions rendront ce mouvement sensible.
La Compagnie avait un capital de quatorze millions, partagé en plusieurs actions. Les actionnaires jouèrent sur ces actions; ils en vendirent à crédit, qui ne furent point remboursées. Los guerres, les naufrages occasionnèrent des pertes au capital, et la fureur du jeu devint générale. Mossel, un des gouverneurs de la Compagnie, la comparait à un
DU COMMERCE ET DE L INDUSTRIE. UIO
Bas; mais sa tentative fut la source de mille discordes. Elle mit un parti d’Orangistes en face du parti républicain, et créa dans l’État deux opinions fortes, profondes, appuyées sur des populations opiniâtres et résolues. Louis XV en prolita pour envahir la Flandre avec cent vingt mille hommes. Toutes les provinces se soulevèrent, et le prince Guillaume IV fut proclamé le premier stathouder général de l’Union. Dès ce moment, la république perdit son indépendance. Le stathouder était gendre du roi d’Angleterre : il assujettit la Hollande au système anglais; elle devint la proie des étrangers. Amsterdam, qui avait été la caisse générale de l’Europe, Amsterdam dont les banquiers avaient prêté longtemps au trois pour cent, fut ruinée par les banqueroutes successives qui détruisirent ses capitaux accumulés depuis des siècles.
La révolution française a exercé une réaction énergique sur les destinées du peuple hollandais. Le 'stathouder, en recevant les Anglais, ouvrit ses frontières à nos armées, et la république batave devint une succursale de la république française. Elle eut son directoire, un consul, sous le nom de grand pensionnaire, et un roi de la famille de Napoléon. En 1814, le üls du dernier stathouder vint succéder à son père sous le titre de prince, et en 1815, il reçut le titre de roi des Pays-Bas. La Hollande devint une province de son royaume. Il reste à ce beau pays de vastes ressources pour se créer un avenir, et quoiqu’il n’ait plus que quelques comptoirs aux îles de la Sonde ‘, avec Batavia dégénérée, son commerce intérieur peut l’élever de nouveau au rang des premières puissances commerçantes. Ses habitants sont doux, tolérants, laborieux; ils possèdent une constitution sage, et leurs canaux sont d’excellentes routes. C’est par là que les Hollandais répareront leurs anciennes pertes, et qu’ils ranimeront leurs vieux souvenirs; car les souvenirs sont aussi des capitaux pour une nation industrielle ; ils lui
vaisseau qui coulait bas, et dout la submersion était retardée par la pompe. En outre, les guerres du pays, les combats, pour le girofle, aux Moluques; les révoltes à Banda et à Macassar; la perle de Formose, qui entraîna celle de Siam; Malacca assiégée par des pirates ; Cochin et Negapatnam attaquées par les rois voisins ; les troubles continuels de Ceylan ; les discussions à Java ; la concurrence avec les étrangers, finalement inévitable, et surtout le défaut de productions de la métropole, déterminèrent la chute de ce grand corps. Les guerres soutenues avec honneur contre Louis XIV épuisèrent ses forces. Les Hollandais auraient bien pu abandonner quelques comptoirs trop coûteux; ils auraient dû peut-être renoncer à l’usage ruineux de porter toutes les marchandises à Batavia, et supprimer une partie de ces innombrables employés qui dévoraient une portion considérable de leurs bénéfices : mais l’amour-propre les força de soutenir leurs comptoirs onéreux, de peur de paraître en décadence ; l’habitude prévalut en faveur de l’entrepôt de Batavia, et l’indolence des agents croissant avec la faiblesse de la Compagnie, la força d’en multiplier le nombre au lieu de le restreindre. La modestie qui avait caractérisé les membres du gouvernement dégénérait depuis longtemps en somptuosité : l’austérité des principes républicains succomba sous le luxe et la magnificence asiatiques. Les lois faites pour des hommes vertueux et simples demeurèrent sans influence sur des hommes corrompus.
Un coup d’œil sur l’état des affaires dans la métropole achève d’expliquer la décadence de son commerce extérieur. Les guerres de Louis XIV avaient donné à la Hollande une physionomie toute belliqueuse : trop de milliers de bras furent ravis au commerce et à la marine , pendant cette désastreuse époque. La nation s’était accoutumée à l’allure militaire, toute passive , toute d’obéissance ; et si l’orgueil national s’était exalté, l’esprit de liberté avait souffert. Le slalhouder Guillaume 111, le même qui depuis régna sur l’Angleterre, avait tenté en vain de se faire roi des Pavs-
‘ Les Anglais viennent de lui céder Tilc entière de Sumatra
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par un excès contraire, la lit renaître plus cruelle et plus immorale. On n’avait pas encore compris qu’un intérêt raisonnable, sur la concurrence et la liberté des transactions, n’était que le prix légitime de l’argent emprunté, tandis que dans l’état nouveau, il fallait y ajouter le prix que l’usurier mettrait à sa conscience, t son honneur et au péril d’une action illicite». Avec de pareils règlements, et plusieurs autres, tels que la défense d’exporter les chevaux, la fixation du nombre des moutons dans chaque troupeau, le commerce ne pouvait faire que des progrès peu considérables, et, en effet, toutes les grandes opérations étaient concentrées dans les Pays-Bas.
Les cruautés du duc d’Âlbe firent passer en Angleterre d’habiles fabricants, 'qui transportèrent à Londres l’art des belles manufactures de Flandre. Les persécutions que les réformés essuyaient en France, donnèrent des ouvriers de toute espèce à ces manufactures, et la reine Élisabeth profita de la fermentation générale de l’Europe, pour diriger, vers le commerce et la marine, toutes tes ressources de l’Angleterre. Les Anglais qui achetaient leurs vaisseaux à Lubeck et à Hambourg, apprirent à les construire eux-mêmes; ils firent seuls le commerce de Moscovie, par la voie d’Archangel, qui venait d’être ouverte, et ils se mirent promptement en concurrence avec les villes hanséatiques, l’Allemagne et le Nord. Ils commencèrent le commerce de Turquie. Leurs navigateurs, Drakc, Stephens, Cavendish et quelques autres, arrivèrent aux Indes par la mer du Sud ou par le cap de Bonne-Espérance.
On y rencontra bientôt des Portugais et des Hollandais, et quoique l’Asie fût assez grande pour contenir et satisfaire les ambitions nouvelles, toutes ces nations se heurtèrent vivement. On perdit, à se faire la guerre, un temps, des hommes et des capitaux qui auraient pu être employés au profit des
servent à éviter des erreurs , à former son expérience , et à améliorer le présent d’après les leçons du passé.