CHAPITRE
Des apologistes de la religion. Politique des seuverains.
4. DES APOLOGISTES DE LA RELIGION. — Au milieu des maux causés par l’incrédulité, le christianisme eut, comme dans tous les siècles, des défenseurs illustres et des saints d'une éminente vertu. La cour de Louis XV, où éclataient les plus grands scandales, offrait dans la reine et les princes, ses enfants, des modèles d’une piété exemplaire. Les évèques et les prêtres se moutraient pleins d'ardeur et de zèle pour réprimer la licence des écri-
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APOLOGISTES D£ LA RELIGION. a41
pains ennemis de l'ordre et de la morale. Indépen-
jamment de M. de Beaumont, archevèque de Paris, épiscopat s'honorait des talents et du courage de évèque du Puy, Lefranc de Pompignan, qui se simalait contre l’incrédulité, et de. l’archevèque j'Arles, M. Dulau, qui mérita de répandre son sang jour la religion qu'il avait tant de fois défendue,
L A côté de ces grands noms viennent se placer
aturellement les noms de ces prêtres qui, par la hinteté de leur vie et leurs savants ouvrages, venrent la religion de ses détracteurs.
L On peut citer plus particulièremeni Bergier, le
lus fécond et le plus savant des théologiens de on siècle; l'abbé Guénée, qui unit la force du rai-
bonnement à la plaisanterie la plus ingénieuse;
fin Bullet, qui est regardé comme un des meil-
leurs apologistes de la religion.
®. COALITION CONTRE LES JÉSUITES. —. Malheueusement tous ces efforts réunis ne purent arrèkr les progrès de l'incrédulité. Les souverains
ux-mêmes prirent parti pour le philosophisme et
ecoalisèrent contre les jésuites dont le zèle et la tience affermissaient la foi des fidèles contre les ontinuelles attaques des impies. Le marquis de ombal, qui gouvernait le Portugal au nom de Joeph I, donna le signal de ces attaques. Il fit d’a-
Dordrépandre en Europe des libelles, danslesquels.
nchargeait les jésuites des plus noires calomnies, les accusa d’être les complices d’une affreuse nspiration contre le roi son maître, et demanda. ur suppression au souverain pontife. N'ayant pu obtenir, il ordonna que les portes du royaume leur :
fussent à jamais fermées ; illes fitjeter dans d'affreux cachots, d’où on ne les tira que pour les entasser dans des vaisseaux qui les transportèrent, dénués de tout, sur les côtes des Etats romains. L’Espagne suivit bientôt cet exemple, et la France ne tarda pas à l'imiter. Sans entendre ces disciples de Jésus, sans admettre leurs plaintes, la constitution qui les régissait fut déclarée impie et sacrilége; on ferma leurs maisons d'éducation, on détruisit leurs noviciats, enfin on saisit leurs biens et on annula leurs vœux.
S. SUPPRESSION DES JÉSUITES. — C'était peu pour les ennemis de la religion d’avoir chassé les jésuites, ils voulurent encore obtenir du souverain pontife la suppression de l’ordre tout entier. L'Eglise romaine possédait dans différents royaumes des terres dont les rois avaient gratifié la chaire de saint Pierre. Elles furent confisquées, et les ambassadeurs des souverains auprès de Ja cour romaine déclarèrent qu'elles ne seraient rendues que lorsqu'il n’y aurait plus de jésuites ; ils firent entendre au pape des menaces encore plus terribles, et ne craignirent pas de dire que l’anéantissement de la compagnie était le seul moyen de rétablir l'union entre le.saint-siége et les cours étrangères. Clément XIV, intimidé, traina l'affaire en longueur et chercha mille moyens pour sauver les religieux poursuivis. Mais enfin, pressé plus vivement que jamais, le 21 juillet 4773 il donna un bref qui supprimait la compagnie de Jésus. La philosophie applaudit à cette mesure qui lui donnait la victoire, et exalta le pontife qui avait eu la faiblesse de cop-
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| POLITIQUE DES SCUVERAINS 243 descendre à ses désirs. Clément XIV comprenant la faute qu'il avait faite, en mourut de chagrin.
&,. POLITIQUE ANTIRELIGIEUSE DES SOUVERAINS, — La suppression des jésuites devint comme un signal de discordes et d'insurrections contre le saint-Siége. De tous côtés on lança des pamphlets et des libelles contre la papauté: des écrivains téméraires méconnurent ses droits, méprisèrent son autorité, et attaquèrent directement la hiérarchie de l'Eglise. Ce fut en Allemagne surtout que ces dangereuses nouveautés eurent le plus grand nombre de partisans. Joseph IT, fils et successeur de Marie-Thérèse, protégea et enhardit ces novateurs, dans le but de former une Eglise nationale en séparant absolument ses sujets de l'Eglise romaine. ll défendit de recourir au souverain pontife pour ls dispenses de mariage, supprima une multitude
de couvents, s'en appropria ies revenus, empêcha
pendant quelque temps les évêques de conférer les
prdres, abolit les processions, retrancha certaines Miles. et régla les cérémonies du culte et le nombre
des messes. Pie VI alla lui-même à Vienne pour obtenir du monarque qu’il mit fin à ses entreprises sandaleuses et téméraires. Il fut reçu avec le plus
prand respect, mais on ne lui fit que de légères
concessions. Joseph II suscita presque aussitôt au jouverain pontife de nouveaux embarras dans la Lombardie, à propos de la nomination de l’arche- Nque de Milan ; puis ileut l’audace d'aller à Rome, ous le prétexte de rendre sa visite à Pie VI, mais n réalité pour former une ligue contre lui. Des tonférences particulières qu’il eut avecle chevalier
Azara, ministre d'Espagne, le firent renoncer à œ projet, toutefois il n’en contint:a pas moins à troubler les Etats qui lui étaient soumis.