IV. PÉRIODE TBETIAIRE
Les terrains de cette période sont caractérisés par l'a* bondance des débris d'oiseaux et de mammifères qu'ils contiennent , et dont on n'a pu jusqu'.à présent aperce* voir que des traces dans les terrains précédens ; par les nombreuses coquilles qui y sont enfouies , et qui , dans les couches supérieures , se rapprochent beaucoup des espèces actuellement vivantes ; enfin par l'alternance fréquente des dépôts fluviatiles sous-marins avec les formations marines. Ce sont en général des dépôts littoraux,, ou qui ont eu lieu dans des bassins circonscrits ; ils occupent les parties basses des continens, et reposent en stratification discordante sur les terrains secondaires. Dans les pays de plaines , leurs couches sont sensiblement horizontales et se correspondent exactement sur les plateaux que séparent les vallées. Leurs roches ont beaucoup moins de consistance que celles des terrains
*■ Pendant la formation da terrain crétacé a en lien, snivant M. de Beanmont, nne révolution qui a produit une série d'élévations dirigées du snd-sud-est an nord-nord-onest de Nice à Lons-le-Saulnier, et qu'il appelle le système du Mont- Viso. Une antre révolution bien plus considérable a eu lieu entre la formation de la craie et celle des terrains tertiaires. Elle a redressé de Test-sud-est à rouest-nord-oaest les couches d'un système de montagnes qni comprend les Pyrénées et les Apennins,
plus anciens ; ce sont des argiles et des sables , des calcaires grossiers , des marnes et des gypses , des grès et des meulières. Nous citerons principalement ici les terrains parisiens , les premiers que 1 on ait bien connus par TexceUente description qu en ont donnée deux célèbres naturalistes , MM. Guvier et Brongniart. Ces terrains paraissent avoir ëté déposés dans un bassin marin formé par la craie , où. des afSuens d'eau douce amenaient, à certaines époques , des débris de plantes et d'animaux terrestres. Après la formation de la craie , l'Europe était déj,à un grand continent , à contour fort découpé , et qui renfermait beaucoup de mers intérieures et de lacs d'eau douce.
C'est dans la période secondaire que paraissent pour la première fois , en quantité notable , les plantes dicotylédones : elles y sont même plus nombreuses que les monocotylédones , parmi lesquelles on trouve principalement des espèces arborescentes ( palmiers ). Les conifères qu'on y rencontre sont très-différentes de celles des terrains plus anciens, et l'on n'observe plus que des traces de cryptogames. Les débris du règne animal, enfouis dans ces terrains , sont aussi très-nombreux et variés. On y trouve une prodigieuse (quantité de coquilles venant de mollusques marins , fluviatiies ou terrestres ; des insectes nombreux et remarquables ( dans les marnes du gypse d'Aix en Provence ) ; des poissons d*eau douce (marnes à lymnées d'OËningen) , et des poissons de mer en immense quantité (calcaire du Mont Bolca,
Srès de Vérone ) ; des reptiles ( crocodiles et tortues ) ans les lignites et les masses eypseuses de Paris ; enfin des animaux à sang chaud (oiseaux et mammifères ). Les squelettes d'oiseaux sont abondans dans les gypses et les marnes d'eau douce de Paris et d'OEningen ; les mammifères commencent à se montrer dans le terrain du calcaire grossier, et ce sont d'abord des cétacées et autres mammifères marins (baleines , dauphins, laraentins , phoques). Puis la classe des mammifères terrestres se montre en abondance , surtout dans le gypse, les marnes et les molasses. Et ce qui est remarquable , c'est que ce que sont d'abord presque uniquement des animaux à sabots ou herbiyo-
res; les débris de carnassiers y sont rares , et les grandes espèces n'apparaissent que dans les coucâbes les plus supérieures. DaUs les terrains marins, postérieurs à la formation gypseuse^ on retrouve des débris dé cétacées gûl devaient différer trçs-peu de ceux dé nos jours. — La nn de l'époque secondaire et la période tertiaire ont été marquées par dé grands soulèvemens dK rôdies platoniques , et principalement par ceux des trachytes et des basaltes.
A. TBRBAiiis tsbtiauuu ijrriiiiEUBS.
Ces terrains , qui sont très^éveloppés aux environs de Paris , et que caractéme la présence de nombreux restes de mammifères appartenant à des genres perdus, et en particulier au j'enre palœothérium*^ , se ^divisent en deux étages , dans lesquels prédominent successivement les dépôts marins et les formations d'eau douce sous-marines^ celui du calcaire grossier, et celui des marues gy pseuses.
1. Terrain à^i calcaire grossier, (Syn. calcaire parisien ^ calcaire à cérithes). Composé d'assises calcaires de formation marine , entre lesquelles sont intercalés accidentellement quelques lits de formation fluviatile ou fluvio-marine. Un de ces dépôts d'eau douce se trouve assez fréquemment à la partie inférieure , immédiate^ ment auAlessus de la craie, c'est celui de V argile plasti* que. Ce dépôt repose souvent sur des galets : il alterne avec des bancs de sables et de grès , qui le plus souvent le recouvrent. Il est suivi d'un autre système de couches composées d'argiles, de marnes et de sables ^ au milieu desquelles sont des amas de lignites (lignite du Soisson-
' Cuvier a reconna dans les gypses oa pierres à pUtre de Montmartre , et dans les marnes et lignites de la période tertiaire , près de qaarante espèces de pachydermes, de genres entièrement perdas, et dont les caractères se rapprochent plus on moins des tapirs , des rhinocéros et des chameaux. Ce sont ceux qu'il a nommés jjalœothc* nunif anoplutherium f anthracotherium y etc.
nais). Ces couches marno-charbonneuses sont ordinairement placées sous le calcaire grossier , et quelquefois au milieu de ses assises inférieures. Le calcaire grossier a été nommé calcaire à cérithes , à cause du grand nombre d'espèces du genre céritlie qu'il renferme ; c'est la pierre à bâtir des Parisiens. Il renferme une multitude d'espèces de coquilles mannes (plus de 1200} > et parmi lesquelles on distingue , outre les cérithes , des numniulites , des miliolites, des turritelles^ des volutes^ des trochus 9 etc. Au milieu des bancs calcaires à coquilles marines 9 sont intercalés quelques lits de marnes calcaires à coquilles d'eau douce et à débris de mammifères terrestres ( palœotherium 9 anoplotherium). Les assises calcaires sont nombreuses , et fournissent des pierres de structure très-différente ( lambourde , roche , liais , clicart). Les parties inférieures du dépôt sont mélangées de grains verts de silicate de fer ( glauconie grossière ) , et contiennent une grande quantité de nummulites et de madrépores. Les assises moyennes renferment les gîtes de Grignon ( Seine-et-Oise ) et Courtagnon (Marne), célèbres par l'immense quantité de coquilles que l'on y trouve et par leur belle conservation. Dans les parties supérieures sont des lits subordonnés de marnes calcaires et argileuses, de silex corné et des couches plus ou moins puissantes d'un grès blanc et luisant ( grès de Beauchamps , près Pon toise). On rapporte au calcaire grossier l'argile de Londres (London-Clay), qui ne renferme que des fossiles marins.
2. Terrain //cj marnes gypseuses et dn calcaire siliceux. Composé de couches de marnes à lymnées et d'un calcaire com])acte à grain fin imprégné de silice ( calcaire de la Brie ) 9 au milieu desquelles sont subordonnés des amas ovoïdes de gypse contenant de nombreux ossemens de mammifères terrestres (gypse de Montmartre près Paris ). Les marnes gypseuses sont généralement blanches, jaunâtres et verdâtres. Elles sont recouvertes par des marnes marines , que caractérise une grande quantité d'huîtres, et parmi lesquelles est une marne verte 9 très-argileuse^ sans fossiles. Les coquilles que renferment les marnes dn gypse appartiennent presque
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tontes à des mollusques fluviatiles ou terrestres (lyn^ nées, cyclostomes y planorbes, bulimeSi paladiiiei, hélices). *
B. TSRaA.iKs TKiTiAifiEs strviaiBUM.
Ces terrains se partagent en àevof, étages correqNMH dant à deux époques , ^iii paraissent avoir été séparéeipar une grande révolution.
1** étage. Terrains tertiaires moytns^
1 . Sables et grès marins de Fontainebleau. Sable stratifié en lits distincts ^ ferrugineiuc i micacé » quelquefoif. très-Uanc ; bancs de grès dur , avec coqiulles marinei: daoïs les parties supérieures du dépôt, et fer sablonneiix «n rognons. " ^
2. Calcaire éteaa douce supérieur ^ et meuUères; avfc. lymnéeSf planorbes, hélices et débris de végétaux aquatiques. Calcaire de laBeauce; pierre de Ghâteau-Xan«i don ; calcaire des environs d'Orléans.
3. Faluns de la Touraine. Calcaires sableux et friables , composés presque uniquement de débris de esquilles; calcaire grison des environs de Nantes et de Hennés. On rapporte aux membres de la série qui pré-> cèdent 9 les marnes gypseuses, les lignites et le calcaire moellon des Boucbes-du-Rliône ; les lignites du Pu j<-eii- Vélay , etc.
4 . Molasse et nagelfluhs de la Suisse ; molasse de la Superga (près Turin) ; grès marneux tendres , et poudingues calcarifères , formant en Suisse des montagnes à couches inclinées. Les parties supérieures du dépôt renferment des coquilles marines , et les parties inférieures, des lits subordonnés de marnes à lignites. ( Li^ nite suisse, lignite de Cadibona). Cet étage est caractérisé par la présence des débris de mastodontes , de rhinocéros et d'hippopotames. Les mastodontes étaient
' Entre la formation des terrains tertiaires inférîem's et ceHe da
tertiaires supérieurs a en lien, suivant M. de Beaumont , le redrcsis-
nent des conchea d*on système de montagnes qui comprend c^H
de la Corse et de la Sardai^[ney et les montagnes du centre de la-JFrtaqs
giii/K>rdeotJe«liaate9 Talléea de FAIlier et de la Loire.
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lies animaax de l'ordre des pachydermes , semblables à l'éléphant par lear grande taille et leurs énormes défenses. Ou trouve aussi, dans ces terrains , des restes de lophiodons , d'anthracotherium , et quelques espèces de palœotberium , différentes de celles des terrains parisiens' . 2* étage. Terrains tertiaires récens \ (terrains guaternai" res); — Cet étage comprend le terrain de transport an^ ckn de la Bresse ; les marnes d OEningen ( à Ijmnées et à poissons ) ; le grès à ïtélix, etjdix; le terrain marin supé-rieur, de Montpellier ; \es marnes bleues des colliues subapennines ( depuis Asti en Piémont , jusqu'à Monte- Leone en Calabre); le terrain analogue des collines de Vienne en Autriche ; le calcaire méditerranéen d'Italie et de Sicile ; le crag des sanglais. Il est caractérisé par la présence de débris d'éléphans , d'hyènes et d'ours qui n'appartiennent plus aux espèces vivantes ( mammouth , éléphant velu des bords de la Neva ; hyène et ours des cavernes). On a trouvé, dans les parties froides de la Sibérie , des cadavres d'éléphans qui avaient conservé leurs poils , leurs peaux et leurs chairs. Les espèces de ces animaux aujourd'huijperdues paraissent avoir été dé- I traites dans la révolution de la surface du globe , qui a ^ signalé la fin de la période tertiaire^. On rapporte , ^ aux dépôts les plus supérieurs de cette période , le sou- ^ £re de Radeboy , en CTroatie, et les amas de sel gemme ^WieliczLa, en Gallicie.