‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 34 sur 89 · I. Modifications synictnqaes. Flenrs régulières · texte numérisé non relu

I. Modifications synictnqaes. Flenrs régulières

I*. Modifications dans le nombre des pièces composantes des verticilles. Le plus petit nombre de pièces auquel ou

^f^rfiafHc pnifse se réduire «•tçdiii.'4«l.*4c<U( p*«» q{- PPf^ rnnç i^ l>uire. D'après èdb f ipie fleur sent f^fw on çeiiSrtf disfffmle oo à denx sépal^ dutincti, on eaSee pisép^l^ oa à trois sépales; téirnsépale ou à qoatre sé^ ffjkê; jfemia^pale ou à cinq sépales; hejeas^le.^ïk à mjt^éfiieê , et ainsi de suite. Ob se conteate SGorent de 4m iqoe ie calice est pofysépah oa à plosiears sépales , kûffqQe je.nomfare des sépales est assez grand, et qa*oa 96 "veut Mf . le préciser.

Ile meiae. npe fleur peut oflirir une eoroUe.d^pétmle eux i, deux .pétales distincts ; une corolle tripétale ou à 4rf»s p^taies^ f4''opé$aleoia à quatre pétales, etc.; poiypéMe çn à plnvieurs pétales.

.. .iJne fléuf peut être diandrs on: à deux ^taotnines; pr^mb^W, à trois éfamines ; tétrandre.ovi à aaalfeia.étspiubes;/'tfÂtait4^oa àdnaétanûnes; Ae«a ba,àsix et^mines; y^f^ ou à dix étamines, etc.; poijnamdft cm a,Vn nôuJbre indéterminé d'étamines.

\/£fmnwe fleur peut être digxM ou à deu^ çiirpçUes C^uls partiels) distincts; trigyne ou \ trois cai^pciles; tctragyne ou à quatre carpelles , etc.; poLjgyae oa à p)nsieui's carpelles distincts. « •

2°. Modifications dans le nombre des verticiUe^i fine ïleur peut offrir plus ou moins de quatre verticilles. iLe premier cas re'sulte de ce que les pièces d'une inémc sorte sont disposées parfois sur plusieurs rangs ; le second cas a lieu par le il^nque de quelques-uns des verticilles fondameataux. Ainsi, ime fleur peut avoir uu caKce simple ou un calide double ( à deux rangs de sépales); elle peut avoir plusieui^ rangs de pétales, ou d'étamines, ou de carpelles. Au contiaire, une fleur peut être apétale ou sans corolle ; nue ou privée à la fois de calice et de corolle ; hermaphrodite ou pourvue d'étamines et de pistils, unisexuelle^ lorsqu'elle renferme seulement Tun ou l'autre de ces deux organes ; dans ce cas, on la à\\. fleur mâle^ quand elle ne renferme que des étamines, Qi fleur femelle ^ quand elle ne contient que des pistils. Les plantes à fleurs uuisexuelles sont appelées monoïques^ lorsque le même pied porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles (ex. : le chêne, le noyer) ; r//W<7//é?^ , lorsque les fleura mâles sont sur uii

individu, et les fleurs femelles sur an autre (ex. : le saule,, le peuplier) ; polygames , lorsque le même pied porte des ftearo hermaphrodites et en même temps des fleurs mâles ou des fleui's femelles , ou bien les trois sortes de Beurs à la fois (ex. : le frêne , le figuier). En gdncral, une fleur est complète, lorsqu'elle est composée des quatre sortes de verticiUes , savoir : des deux espèces d'organes fructificateurs et de leurs deux enveloppes ; elle est i/icomplète , au contraire , lorsqu'il lui manque quelqu'un des yerticilles fondamentaux. La fleur la moins complète, et, par conséquent, la plu3 simple, est celle qui n'est formée que d'une seule étamine ou d'un seul pistil perlé sur un support de nature foliacée.

3**. Modificatio/is par soudure des pièces de même sorte entre elles. C'est un fait général que les organes des plantes tendent à se souder entre eux , surtout dans leur jeunesse, c'est-à-dire se collent ensemble dans les points où leur tissu cellulaire est mis en contact , de manière à ne paraître qu'un corps unique. Cette tendance est d'autant plus forte entre deux organes , qu'ils ont plus d'analogie. Ainsi deux feuilles , deux branches , deux fleurs , deux fruits peuvent se souder ensemble, et l'on en a des exemples fréquens; la grcflîe n'est de même qu'une soudure qui s'exerce entre les fibres des écorces. Les parties d'un même appareil peuvent aussi , et d'autant plus facilement qu'elles sont plus analogues, se souder ou naître soudées ensemble, comme cela a lieu fréquemmeut dans les pièces de l'appareil floral, dont nous avonsreoonnu la ressemblance d'origine. De ce principe dérivent les modifications suivantes :

Toutes les pièces du calice peuvent être soudées entre elles par leurs parties latérales, en sorte que le calice semble être formé d'une pièce unique , circulaire , et plus ou moins découpée sur son bord : on dit dans ce cas que le caUce est monosépale ^ c'est-à-dire à un seul sépale, expression impropre qu'on a proposé de remplacer par celle de calice gamosépale , c'est-à-dire calice à sépales sotide's. Si la soudure n'a lieu que par la partie inférieure (les sépales, les parties libres qui los représentent se nomment divisions, et le calice est dit être plus ou moins profondément divisé; si la soudure va près du sommet ,

!m parties libres se nomment ilrnts , et le calice est rifnié "ig. I, pi. 9) ; si la soudure atteint le snnimet, le calice it dit entier. On dislineue dans un calice monosepale, \°\clubeoM\a partie infêricuri;, ordinairement allongée et retrécie ; 2° le limhe ou la partie suiiérieure , jilUH ou moins ouverte et étalée ; la ligne qui sépare le tube du limbe se nomme la f,orge.

Toutes les pièces de la corolle peuvent être soudées entre elles comme celles du ralice , et dans ce cas la corolle est dite monnpémle. Elle est entière, si la soudure des pétales a lieu de la base jusqu'au sommet ; lobée , si la soudure ne va que jusqu'au milieu ou ^ peu près , au-

auel cas les parties lîliros se nomment lobcn. On distineoe ans une corolle monopéiale, comme dans un calice monosépalc , les li-ois parties nwanXai : le tube , Le limbe , et la gorge.

Les étainines peuvent être soudées en tre elles de trois manières dilTérenlca : ou par les auttièrcs seulement, ou par les filets , ou par les anthères et les lîlets à la fois.

Lorsque les étamines adhèrent entre elles par les anthères, on t'it qu'elles sont .yng-enè.icj- (ex. : la laitue, le pissenlit).

Lorsqu'elles se soudent par les filets, on les dit monadelphes , si elles ne forment qu'un seul faisceau (fiK-7i (pi. 9) (ex. :1a mauve); (V/ik/W/iâ», si elles forment oeui faisceaux distincts (ex. : l'acacia, le haricot) ; polyadelpket, si elles Torment plusieurs faisceaux (ex. : l'oranger, le millepertuis). Dans le cas où tous les fileis sont réunis ensemble, ils forment un tube plus ou lowns complel .

Les étamines peuvent se souder par les filets et les anthères à la fois , mais ce cas est extrêmement Fare.

Les carpelles peuvent être soudés entre eux parles ovaires seuls ; par les ovaires et les styles à ta fois, les stigmates étant libres ; par les ovaires , les styles et les stigmates à la fois ; par les styles et les stigmates , les ovaires restant libres ; et enfin par les stigmates seub- De ces cas de soudure, voici les plus remarquables :

Lorsque plusieurs carpelles ver tic il lés se soudent ensemble par les ovaires seulement, il en résulte souvent vn ovaire ea apparence unique, partagé intérieurement

en autant de loges ^ et surmonté d'autant de styles qu'il j avait de carpelles élémentaires , c'est ce qu'on nomme xuiovaire m uitiloculaire {ou à plusieurs loges) , eipolystjie (à plusieurs styles). L'ovaire est dit biloculaire, triloculaire , etc., selon qu'il est à deux loges , à trois loges , c(g. Lorsque les carpelles se soudent par les ovaires et les styles àJa fois , on a alors en apparence un ovaire à plusieurs loges , à un seul style et à plusieurs stigmates , ce qu'on exprime plus simplement, mais avec moins d'exactitude, en disant : ovaire multiloculaire monostjle , à stigmate divisé.

Dans le cas de l'ovaire multiloculaire , chaque ovaire partiel constitue une loge ou une boîte distincte , que Ton considère comme une feuille pliée , dont les bords ont convergé l'un vers Vautre et vers l'axe de la fleur, ou ib se sont réunis : la surface supérieure de cette feuille étant tournée en dedans et la surface inférieure en dehors. Tovaire multiloculaire semble être un ovaire simple , qui aurait été divisé intérieurement en plusieurs loges , par autant de lames verticales ou de cloisons; mais ces cloisons ne sont que les feuilles des caqielles voisins qui se sont soudées latéralement entre elles par une partie de leur face externe. Il peut se faire que ces cloisons ou, ce qai est la même chose , les bords recourbés des feuilles carpellaires n'arrivent pas jusqu'au centre, de manière ne les bords repliés de chaque feuille adhèrent à ceux es feuilles voisines , sans se réunir l'un à l'autre. Dans ce cas , on aura un ovaire partagé par des demi-cloisons en autant de demi-loges, ouvertes à l'intérieur, ou communiquant toutes ensemble ; et si les cloisons ou parties rentrantes des carpelles deviennent tellement courtes qu'elles soient à peme visibles , ou que les feuilles car* pellaires se soient soudées entre elles dans tout leur contour sans converger vers le centre , on aura alors un ovaire uniloculaire {o\x à une seule loge) , et à plusieurs styles ou stigmates.

4® Modifications par soudure entre les pièces de deux tyerticiUes difjérens. Il peut se faire que l'expansion du réceptacle , ordinairement en forme de lame circulaire ou de disque , et d'où naissent les pétales et les étamines , soit adhérente au calice et à l'ovaire , et tende à souder

^(re eux ces deux organes : on dit alat» i^^Xpeaùe e. adhérent au calice, ou qu'il est infère. Dans ce cas, oa uc trouve au fond de la (leur que le style et le st^matei inab au-dessous des parties développées de la fleur on apei'çoit un reuflemeut particulier ^istinet du souimet du pédoncule ; ce renilement est l'oraive , qui £ait corps par tout sou contour lati^i'al avec le tube du calice , lequel eat nécessairement alors monosëpalc. Souvent il arrive aiie la lame du réceptacle se dévela]>pe au-dessus de. 1 ovaire , vers le point où le limbe du calice devient libre , et forme un disque épaissi qui donne naissance aux pétales et aux étamines : dans ce tas , on dit de celles-ci qu'elles sont épigjncs (sut l'ovaire), et de la eo— l'aile qu'elle est supère.

Bans quelques plantes les Blets des étauiines se soud<!iit en un seul corps avec le pistil , eu sorte que les autlièrcs. semblent être posées surle style ou le stigmate. Copiantes sont désignées par l'épi thè te àagjrnandi-es.

Loi'sque l'ovaire n'adbere point au calice , et qu'il eat, tjsible au fond de la Aeur où il n'est attaché que par u •■' base , on dit qu'il est l^re ou sapère.

Il peut se faire que la lame duréteptacleou le disque, s'étende sur la paroi interne du calice , et adhère ainsi avec la hase de cet or^^ane : dans ce cas les pétales et les ëlamiues semblent naître du calice. On dit alors de la plante qu'elle est ralyciflore , du calice qu'il est staminifère (portant les élaininçs) , des étamines qu'elles sovXpérigj-nM (autour du pistil).

£u&tt, il peut se faire que l'ovaire et le calice étant

Krfaitement bbres , la lame du réceptacle forme entre u et l'autre un espace circulaire étroit. C'est alors de ce disque situé sous l'ovaire que naissent les pétales et Içs étamines. On dit alors de la corolle et des, ctamines qu'elles sont hypogynes (sous l'ovaire) , et de la corolle seulement qu'elle est infère. Mais deux cas^peuvent se jwésenter dans les fleurs hypogynes , selon qu'il y a adhérence cutre les pétales et les étamines, ou que ces organes sont parfaitement distincts. Dans le cas où les étamines adhèrent par leurs filets avec la coi-oUe , celleci est toujours monopélale ; oudit alors) de cette corolle, qu'elle est staminifére , et de la plante elle-même qu'elle

t&icoroUiflore, Bans le cas ou il n'y a aucune adhérence entre les ëtamines et les pétales , ceux-ci sont constam» ment libres entre eux , c'est-à-dire que la corolle est polypétale ; et la plante est dite thalamiflore ,

U arrive dans certaines fleurs que le calice et la corolle sont soudés ensemble de manière à ne simuler qu'une enTcloppè unique à laquelle on donne le nom de péri-^ gone. Dans ce cas , la face extérieure de l'enveloppe est en général plus ferme, et colorée en vert, comme les calices , tandis que la face intérieure est plus délicate et colorée comme les corolles.

5". Modifications dans la forme des étamincs. Les anthères sont communément formées de deux loges , ou biioculaires /quelquefois cependant elles sont tt/ziVoctt/aire'f ou formées d une seule loge.

Les anthères sont ordinairement placées au sommet du filet ; mais leur attache peut se faire de trois manières différentes. Ou ranthère est dressée et terminale , c'està-dire attachée peu: sa base à l'extrémité du filet dont elle est en quelque sorte la continuation ; ou bien elle est oscillante , c'est-à-dire attachée par le milieu du dos à l'extréndté amincie du filet , et pouvant se tourner en diffélens sens ; ou bien enfin , elle est adnce et latérale^ c'està-dire adhérente au filet dans toute la longueur de son dos. Chaque loge d'une anthère offre ordinairement sur l'un de ses côtés un sillon longitudinal, par lequel elle s'ouvre dans le plus grand nombre des cas. C'est ce côté que l'on nomme la face de l'anthère: le côté opposé par leq uel l'anthère s'attache au filet en est le dos.

Les anthères offrent des différences assez remarquables dans leur manière de s'ouvrir. Dans la plupart,, chaque loge s'ouvre par une fente longitudinale placée sur le milieu de la face ; dans quelques-unes , les loges s'ouvrent par une fente transversale ; enfin il en est dont les Ic^es s'ouvrent au sommet par des trous ou par de petites valves , qui se détachent à la maturité de bas en uaut.

La position de l'anthère relativement au pistil est aussi susceptible de varier : ou bien l'anthère esiintorse (s'ouvrant intérieurement) c'est-à-dire que son dos est tourné en dehors , et qu'elle s'ouvre du côté du pistil , ce qui

eatle cas le pilla ordinaire; oubien elle est e^irarve, c'estt^ire que son dos re^nrde le pistil, etqu'elles'ouvrepar GonséqueDt da càlé u|>posp.

6°. MoiUficiilions dans la forme des enveloppe s florales. Le calice monosépale peut être lubuteux ou en tube , c'estàr^ire formé ou lerininé par un tuyau un peu allonge; ureéolé , c'est-à-dire renflé à sa base et resserré à la gorge, comme une petite outre; campanule on en cloche, c'est- &-dire évasé ou dilaié du la base vers l'orifice , etc.

La corolle monopétalc peut être de même tubuleaie, eampanulpc , infanrlibuliformc ou en entonnoir ( fig. i , pi. 9) 1 hypoeratéiiforme ou en soucoupe , rolacée ou en mue , c'est-à-dire à tube tiËs-court et à limbe étalé et presque plane; «'Voi/eVouà tube court et à limbe divisé enlaaièrea aiguës et allongées.

La corolle polypctalepeut être cruci/ormc, c'est-à-dire composée de pétales onguiculés (à onglets Tort allongés) disposés en croix ; rosacée , c'est-à-dire composée de pluneurs pétales égaux , à onglets courts , et qui sont étales et disposés en rosace (fig. 2 , pi. 9) ; caryapkyUée , c'estft-dire formée de cinq pétales à onglets fart allongés , et cachés par le calice , comme dans i'tcillet.

n. M adificatîona non gymétriqaes. Ftenn irrégnlitrei.

Les irrégularités que l'on observe dans les modifications du type géiiéial des fleurs , et par lesquelles certaines fleurs particulières dérogent à la symétrie ordinaire , tiennent soit à des soudures qui s'opèrent d'une maniÈre inégale entre les pièces semblables d'un verticille, soit àdesdéveloppemens incomplets ou anomaux , ou bien à l'avorte m eut ou non développement de qu(J~ ques-unes d'entre elles , soit eiifm â des métamorphoses ou dégénérescences de certains organes , toutes causes qui tendent à masquer ou à altérer plus ou moins la symétrie du type fondamental et régulier auquel chaque fleur individuelle peut toujours être rapportée , quelque irréguliëre qu'elle soit au premier abord.

Ainsi , le calice csl irn'giilicr, lorsque les sépales OU le) divisions ne s'élanl pas développées d'une manière uniforme, n'ont point la même figure ni une grandeur égale;

(6? ) il est bilabié ou à deux lèvres , lorsque certains sépales se soudent ensemble à un certain degré' , et les autres sépales à un degré di£fërent , d'où il resuite ce qu'on nomme les deux lèvres, dont l'une est ordinairement supérieure etla seconde inférieure. La corolle monopétale est pareillement labiée ou en lèvre {?\^, 3 , pK 9) , quand sou tube est plus ou moins allongé , sa gorge ouverte et son limbe partage en deux lèvres , Tune supérieure et l'autre inférieure j dont chacune offre ordinairement autant de dents qu'il j a de pétales réunis pour la former.

La corolle monopétale est personnée (en gueule ou en masque) , quand le tube étant plus ou moins allongé , et la gorge close supérieurement, le limbe est à deux lèvres inégales et rapprochées de manière à représenter un mume d'animal ou un masque antique.

La corolle est cpcronnée^ quand elle porte à sa ba^ un prolongement creux en forme de corne , qu'on nomme éperon,

La corolle monopétale est ligulée ou en languette y lorsqu'elle est tubulée à sa base y et que son limbe se déjette d'un seul côté , de manière à former une languette Slane (fig. 2 , pi. 16). Cette languette présente autant dé ents qu il y a de pétales dans le type régulier auquel on ' peut rapporter la fleur dont elle fait partie.

La corolle polypétale est papilionacée , lorsqu'elle est composée de cinq pétales irréguliers , dont la réunion imite grossièrement un papillon qui aurait ses ailes étendues (fig. 4) pl* 9)* ^6 ces cinq pétales, l'un est supérieur et ordinairement relevé : on le nomme eten'dard. Deux sont inférieurs et le plus souvent soudés l'un à l'autre par leurs bords. Ils iorment la carène; cette partie de la corolle est ainsi nommée , parce qu'elle représente l'avant d'une nacelle; elle renferme presque toujours les étamines et le pistil. Enfin les deux derniers sont latéraux et constituent les ailes (ex. : le pois , le haricot).

Les étamines peuvent être inégales en longueur. Ainsi l'on dit que les étamines sont didynames , quand sur quatre étamines il y en a deux plus longues (ex. : la sauge çt toutes les labiées ) ; tétradynames , quand sur six é^-

I il y en a quatre plus longues que les deux auiies (es. : le chou et tous les cmcifèi'es).

Des avorlemens réduisent quelquefois à l'iuiilé des orttanes qui, d'a{)rè9 ta nature de la fleur , devraient tou~ ]ours être multiples ; c'est ainsi qu'il y a des plantes à

» Mue seule etaminc , et que pour cette raison ou appelle

, Inonandrcs ; des pistils irréguliers , par suite de l'avorte- Kent de plusieurs carpelles ; et même des carpelles so-

^ litaires , comme dans les léminiineuses , et les rasace'es (jui ont un fruit à noyau et charnu. Il y a aussi des ovai-

I tes qui paraissent n avoir qu'une seule graine , et qu'on Ait être monospermes. C'est encore uue suite de l'avortettcnt d'un ou de plusieurs ovules, car ceux-ci, se dérctoppant sur les deux bords de la feuille carpellaire qui ~ tendent à se re'unir, doivent toujours être multiples. Aussi , tout carpelle solitaire et tout ovaire monospenne ofl're-t-il toujoui^ quelque irrêgularrté ou défaut de svmétrie , lorsqu'on le compaie aux autres parties de la fleur.

f ' Oii trouve des fleurs qui dérogent à leur espèce par le de'faut de quelques pétales ou de quelques Staminés , sans que la sjmeirie fjcticralc l'h paraisse trouble'e. Va pareil cbaiigemeiii peut arriver aussi par une cause op-

SDsée , c'est-à-dire par une multiplication de paities auelà du nombre rigoureusement nécessaire. Enfla il a encore lieu par nietamorpbose ou dceénërescence , c'està-dlix; par une transformation des pièces d'un Tei'ticille en celles de l'un des verlicillcs voisins. Ainsi l'on voitles Staminés se changer fréquemment eu pétales , les carpelles se transformer quelquefois, mais rarement, en «^lamines , les pétales prendre quelquefois l'apparence du calice , etc. On a distingué des fleure de diverses smtes , à raison de ces différentes variations , et l'on a appeléyîe«r simple celle qui n'a que le noinhre de pétales

Jui convient à son espèce ; fieur double , celle ou il se éveloppe un plus grand nombre de pétales qu'elle ne doit avoir naturellement, ce qui est l'effet d'une afflucnce considérable de sucs nourriciers , et presque tou'

t'ours desoins particuliers de culture. Dans la fleur dou- >le, dont Tceillet offre souvent des exemples, les éta-

mines et les pistils subsistent encore en partie , et peuvent donner quelques graines fécondes. On nomme fieur pleine^ celle dont le réceptacle est entièrement lempli de pétales provenant de la transformation des étamines et des pistils. Cette fleui* est absolument stérile, et ce n'est qu'à l'aide des boutures qu'on parvient à la HiilUiplier. On trouve souvent des fleurs pleines sur la pivoine et certaines espèces de rosiers. Les fleurs pleines sont des I^onstruo6Ités pour le botaniste, qui ne yoit en elles que des êtres dégéoérës ; elles ont au contraire un grand prix aux yeux du fleuriste et de l'amateur des jar- 0109, qui les recherchent à cause de Félégànce de leurs formes et du luxe de leur parure.

Npus Tenons de passer en revue les principales modifications de forme et de structure que la fleur est susceptible d'ofirir , et nous avons vu comment elles dérivent tontes d'un type général et symétrique. Pour terminer ce que nous avons à dire sur cet important organe , nous devons parler de quelques appendices ou parties accessoires que rop observe quelquefois vers le milieu de la fleur y entre les étamines et le pistil, et qui ne rentrent dans aucune des parties essentielles dont il a été question précédemment : ce sont les nectaires. Sous ce nom , on & rçuni une multitude de parties hétérogènes , telles que des glandes qui sécrètent un nectar ou liqueur sucrée , recherchée par les abeilles ; une sorte de disque ou de godet; des cornets , des filets, etc. , qui ne sont que des excroissances d'autres organes ou bien des organes avortés. Les nectaires varient par la forme , le nombre , la grandeur et la position ; leur usage ne peut être bien important , car ils manquent dans les trois quarts des vé^ gétàuz.

Nous devons dire aussi quelques mots des différences que présentent , sous le rapport de la durée , les parties composantes essentielles des fleurs. Un calice monosépale est toujours persistant^ c'est-à-dire qu'il reste en place après la floraison^ jusqu'à^la maturité des graines; mais alors , ou bien il se fane, se dessèche et s'oblitère sans tomber , auquel cas on le dit marcesccnt , ou bien il continue de s'accroître , et accompagne le fruit dans ^on développement.

Il esl rare au eoniraire qu'un raliee polysépale soit persistanL 11 est ou caduc, c'est-à-iUre loiiibantau moment de l'épanouissement de la Deur et quelquefois même avant (comme dans les pavois) , ou ilécidu , c'esti-dire louihanl à la fm de la floraison (comme dans les =ule.).

S la plupart des plantes , la corolle tombe avec les les i l'époque de la fécondation ; mais , comme le Calice, elle est quelquefois caduque ou décidue; quelquefois persistante et luai'cescente, ainsi que les etammes. Api'ès la fécondation, toutes les parties de la fleur sont itouc généralement fanées ou détruites, à l'exception du pistil , qui perd même le plus souveut son stigmate et toa style; il ne reste plus que l'ovaire, lequclayant reçu une aouyelle vie , s'accroît et se développe pour former ie fruit.

0 On nomme ainsi tout ovaire fécondé, accra et pli^- Tenu à maturité ; et , par extension , l'ensemble def ovaires fécondés et soudés ou eulrecreffés entre eux , par ■uiic de leur l'approclienieut, suit dans une mcme fleur, aoit dans plusieurs fleurs portées sur un même pédoncule. Nous avons vu que la pluralité des carpelles et par conséquent des ovaires , était l'état normal des Beura ; mais ils peuvent être réduits à l'unité , soit en apparence par des soudures , soit en réalité par des avorteinens. On nomme fruit simple tout fruit oui n'est composé que d'un seul ovaire , et alors il est nécessairement irrégU" lier (la cerise) , ou qui est forme de plusieurs ovaifvs intimement soudés entre eux (ta capsule du lis), auquel cas il n'est simple qu'en apparence , et peut présenter une régularité parfaite , s'il n'y a eu dans la fleur aucun avortement de carpelle. On nomme Jruic muttipte celoâ qui provient de plusieurs carpelles naturellement iaoléi dans une seule fleur (la fraise , la framboise , le fruit des renoncules) ; enfin on donne le nom de fruit compote oa agrégé & celui qui est formé par la réunion ou le rappn>cnement de plusieurs ovaires qui proviennent orieinai rement de fleurs distinctes (la mûre, l'ananas, la Sgiuii le côae).

Le frait n'étdni autre chose que le pistil parvenu k naturité , sa structure doit être analogue à celle du pistil ; mais dans le cours de la maturation du fruit, placeurs changemens peuvent avoir lieu dans l'ovaire par suite de non développement , d'oblite'rations ou de sou* iure des parties, en sorte que le type primitif peut être plus ou moins altéré.

Nous avons vu que l'ovaire d'un carpelle peut être considéré comme une feuille courbée en long sur elle*' même , et dont les bords convergens sont soudés ordinairement entre eux. Les graines sont attachées intérieurement à ces mêmes bords , soit tout le long de la suture, soit seulement à sa paitie inférieure ou supé* rieure. Un fruit est donc essentiellement composé de deux parties : la graine , et le péricarpe ; le péricarpe est la partie extérieure du fruit qui renferme une ou plusieurs graines , et provient de la feuille carpellaire. On distingue en outre le funicu/e ou cordon ombilical ^ qui est le filet au moyeu duquel la graine adhère au péricarpe , et le placenta, qui est la partie de la paroi interne du péricarpe , ordinairement en forme de bourrelet , à laquelle les graiaes sont attachées. Ce bourrelet se divise en deux nervules , fixées chacune à l'un des bords soudés du péricarpe , en sorte qu'elles se partagent les ^ines.

Le péricarpe est toujours , comme la feuille , composé le trois parties : i^ d'une membrane extérieure, mince ^ lorte d'épiderme séparable dans un grand nombre de (hiits (par ex. dans la pêche) ; on la nomme épicarpe ; i* d'une autre membrane intérieure , mince ou épaisse, ît quelquefois même dure et osseuse , qui revêt la cavité lans laquelle les graines sont contenues : elle a reçu le lom à^ endocarpe; S"" entre répicarpe et l'endocarpe se ïouve un parenchyme qu'on appelle mésocarpe , et auniel on donne aussi quelquefois le nom de sarcocarpe ou le chair du f mit , lorsqu'il est épais et charnu, comme lans la pêche ou dans la cerise. Le mésocarpe adhère fréquemment avec force à l'endocarpe , comme dans les laricots , ou bien il s'en détache aisément , avec l'épirarpe , auquel il reste collé comme dans . le brou d#

A mis.

Il aiiive dont le plus aoaventqa'oti ne distingue que deux ]iarties dans le péricarpe : daus ce csis , on donne à la partie extérieure )e nom ue pannexterne , et à ta partie intérieure celui de panninterne. La base du fruit est à son point d'atlache au pcdoDcule, le lomme/àsonpoint d'attaché avec le stjle , dont il oITre presque toujours quelques vestiges.

. Dane toute boiie pt'ricaj-piennc, provenant d'un carpelle, ou distingue deux I igues ou .luturri longitudinales, plus ou moins apparentes , plus ou moins faciles à se rompre àl'époque de la maturité 1 l'une d'elles est iDtérieure DU tournée vers l'axe du pistil; ellecorrespoudà la jonction des bords de la feuille carpcllaire ou au placenta; c'est la suture ventrale à laquelleïes graines sout intérieurement attachées ; l'autre suture est extérieure ou située à la partie antérieure du fruit , qu'on nomme le dos du carpelle ; c'est la suture dorsale , qui est opposée à la première , et représente la nervure médiane de la feuille qui est censée avoir produit le carpelle par sa pticature ou sa courbure sur ell&-niéme. Les carpelles des divers | fruits diilerent entie eux par le mode de plicature ou de | courbure de la fi^uille génératrice , par la projinrlion iné- , gale et variable des dt-ux sutures dorsale et ventrale de | cette feuille , par les cloisons complètes ou incomplètes que foi'mela rentrée ou saillie à l'intérieur de ses Irârdsi et le nombre de loges ou cavités distinctes que déterniiuent ces cloisons, enfin par tes diverses sortes de déhiscence de ces carpelles , c'est-à-dire les différentes manières dont ils s'ouvrent naturellement, à t'époque de la maturité du fruit et de la dispersion des graines.

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