‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 61 sur 89 · NOTIONS D'ANATOMIE COMPARÉE · texte numérisé non relu

NOTIONS D'ANATOMIE COMPARÉE

DBS ^ABTIBS ÉLSMEirTAIRES DES ABIMAUX.

Les dî£fërentes substances qui composent les corp» organisés animaux se résolvent en un petit nombre d'eV lémens chimiques dont les plus généraux sont : Toxi-* gène , l'hydrogène , le carbone et l'azote. De la combi^naison de ces élémens résultent les principes immédiats, tels que la gélatine , la fibrine y l'albumine , etc. , que la' chimie sépare de toutes les matières solides et fiuides^^ qui entrent dans la composition des organes. Nous ne nous occuperons pour le moment que des matériaux or-^ ganiques , à l'état solide et sous forme de tissus , que l'anatomiste peut isoler avec le scalpel.

La base de toutes les parties solides des animaux est , comme dans les plantes , un tissu cellulaire qui n'est

3u*un composé de cellules ou de mailles (p. g) , une sorte e masse spongieuse qui remplit le volume entier du corps , en pénétrant tous les organes solides dont il est pour ainsi dire le canevas , et qui , à l'état libre ou de pureté , constitue ce tissu lâche qui entoure ces organes et les tient unis les uns aux autres. Ses propriétés principales sont : I * la contractilité ou la propriété de se contracter , c'est-à-dire de se raccourcir ou de se resserrer sur lui-même , quand les causes qui l'étendent viennent à cesser ; i^ la faculté d'absorber et de retenir en plus ou moins grande quantité les liquides '*. Ce tissu cellu- Wre a été considéré comme le générateur de tous les autres tissus , auxquels il donne naissance en se modifiant d'une manière plus ou moins profonde. Ainsi , en rece- ▼ant dans ses mailles une certaine quantité de matière muqueuse ou calcaire , il produit les cartilages et les os , e'est-à-dire toutes les parties solides dont l'ensemble porte dans un animal supérieur le nom de squelette ; en se disposant en filamens ou en petites lames serrées , il

Î)rodutt \e9, fibres ordinaires , rigides ou élastiques, les igamens ^ les tendons ou aponéf^roses et toutes les mem*

* Le principe chimiqae, qni fait la base da tîssn cellnlaire est hgélatine^ dont le caractère consiste à se dissondre dans IVaii bonillantei et à se prendra par le refroidissement en une gelée tremblante.

trttnef ; ceUes^i , en se contournant sur «Hcs-mênie» , forment ces tubes cjDndriqaes qu'on nomme des iiaisteaux, et qui servent à contenir et à dirip;er les liquides. Mais il est deux autres modiQcationbdu tissu cellulaire, beaucoup plus profondes et plus inexplicables, et qui sont ici caractciUtiques, parce qu'elles se rapportent aux huilés animales; ce sont celles qui donoent naissance a\ilissumusi:ulaireo\i charnu, eXoM lissa médutlaire ou nerveux. Le tissu musculaire se compose de Ëbres et de filamensd'une nature particuliËre, dont la propriété dislJnctive , dans l'élat de vie , est d'être éminemment contiac* tile , sous l'action d'un irritant extérieui' ou sous celte de la volonté par l'intermédiaire des nerfs. La contractilité de la fibre charnue consiste dans la faculté qu'elle a de rajiprocLer avec force ses deux extrémités , en conservant sa direction , et de déplacer en même temps les deux organes auxquelselle est attachée, et qui lui servent de points iTorigiue et de terminaison. Cette 6bre est donc l'organe immédiat du mouvenient volontaire. Les miLicles, qui dans les animaux forment ce qu'on appelle proprement la chair, ne .sont que des faisceaux de fibres charnues , réunies au moyen du tissu cellulaire dans lequel elles sont plongées '. Le tissu nerveux, dont la véritable nature nous est tout-à-fait inconnue , s'offre à t'oail tantôt comme une sorte de pulpe ou de bouillie molle, blanche ou grisâtre (ganglions, masses médullaires et cérébrales), tantôt sous la forme de cordons blanchâtres {nerfs proprement dits). Cet élément est l'organe immédiat de ta sensibilité : sa propriété dislinctive est d'être le siège ou le conducteur de la sensation et de l'irritation motrice , de servir à transmettre les impressions des objets, des sens externes jusqu'au cerveau , et l'action excitante de la volonté , du cerveau jusqu'aux muscles *.

' La fibre ciamne a pour base nn second principe cbïmiqne, açlit\é fibrine; nui est insoluble dans t'eaubouillanle, et tlont U nalnre semble être de prendre de lai-iuême la focme Ëlaoïenteose.

* Dan* les masses cérébralfs se trouve en assez grande quantité un tcoisième principe chtmiqne, qui abonde pareillement dans te sang; c'est ra/(nyni'ne,donl le caraclère eal de se coaguler dans l'eau boailhnle.

Les nerfs se distinguent d'après la nature de leurs fonctions , en nerfs sensitifs et en nerfs moteurs, les uns étant destine's à transmettre la sensation y et les autres le mouvement.

De la combinaison en proportions variables des tissus dont nous venons de parler , résultent tous les organes des animaux, ou ces parties de forme et de structure différentes , dont chacune a , dans l'état de vie , une fonction particulière à remplir. L'ensemble des organes qui concourent à une même fonction générale porte , cou\me nous l'avons dit, le nom à^ appareil ) c'est dans ce sens que l'on dit : l'appareil de la digestion , l'appareil de la respiration ou de la circulation , etc. Enfin , le résultat combiné de toutes les fonctions est ce phénomène incom* préhensible que l'on nomme la vie animale.

Nous allons maintenant exposer successivement les différens appareils ou systèmes d'organes , en les considérant d'abord de la manière la plus générale ou dans rétat de plus grande complication possible , tels qu^ils se montrent dans l'homme et les animaux des classes supérieures ; puis nous indiauerons pour chacun d'eux les dégradations ou les moaifications les plus importantes qu'il subit dans les autres classes , à mesure que Ton descend dans la série. Voici l'ordre que nous adopterons pour cet exposé. Nous traiterons d'abord de la forme générale des animaux , et par conséquent de l'enveloppe extérieure qui détermine cette forme, ou de la peau et de ses dépendances immédiates , telles que les organes spéciaux des sens, et les parties tout-à-lait insensibles, qui se développent en elle. Nous parlerons ensuite des organes de la locomotion , c'est-à-dire des os et des muscles , puis nous passerons à l'examen des grandes fonctions de la nutrition et de la génération ; nous tenninerons enfin cet exposé rapide par quelques onsidé rations sur le système nerveux , c'est-à-dire sur 'appareil interne de la sensibilité et de la force motrice.

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