‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 62 sur 89 · DE L'ENVELOPPE EXTÉRIEUBE DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

DE L'ENVELOPPE EXTÉRIEUBE DES ANIMAUX

I>. DB 1.1 FOBH B ET DE LA «IHÉTSIS OIIO.lKtQDS.

Il pavait naturel de commencer l'étude de l'organisaliou des animaux parcelle de leur enveloppe exténeure, car c'est cctle euveloppe qui détermioe la forme et tous les rapporta de ces êtres avec les coi'ps cnvironnans ; c'est eu elle ou iniuiédiateiuent sous elle que se développent les organes des sens et du mouvement , qui sont caractéristiques de l'animalilé. Cette enveloppe, qui limite de toutes parts la masse du tissu cellulaire , diversement inodiGe, aont le corps de l'animal est forme, se compose de plusieurs couches miuces de tissus organiques , dans lesquelles se retrouvent les difiereos tissus fondamentaux dont il a été question pre'cddeminent : on lui donne le nom de membrane cutanée , ou de peau, quand dlc est visible à l'estérieur, et celui de membrane muqueuse, (juand elle se replie i l'intérieur, sans cesser d'être continue avec la peau , pour revêlir les cavités intestinales qui sont toujours en communication directe svcc le dehors.

Avant de considérer cette enveloppe en elle— même ou dans sa structure générale , voyons quelles sont les formes qu'elle détermine. Ces formes peuvent ètie irrégulières et variables pour chaque injjividu de même espèce, ou bien elles peuvent être constantes, symétriques, et susceptibles d'être définies ou ramenées à certains types. De là trois grandes divisions dans le règne animal, relativement à la forme : i" animaux amorphes, sans forme bien déterminée et sans symétrie (ex. : les éponges , les protées) ; a° animaux rayonnes, dans lesquels les parties sont disposées symétriquement en rayonnant autoui d'un cenue (ex. t les zoopbytes); 3° animaux pairs on binaires, dans lesquels les parties affectent une disposition bilatérale , ou sont symétriquement placées de pari et d'autre d'un plan (ex. j les mollusques, les insectes et tous les vertébrés). Nous verrons bienlôtque le groupe des animaux pairs a été subdivisé eu plusieurs types secondaires , d'après des caractères tirés de la dispost-

tion de la peau ou des parties qui en dépendent. Dans tout animal pair on distingue une ligne médiane , ou plus exactement un plan médian ; une ligne dorsale et une ligne ventrale , qui sont les bords opposés de ce plan ; un côté droit et un côté gauche. Parmi les organes des sens et du mouvement , les uns sont placés dans la ligne médiane , et alors ib sont uniques , les autres sont situés en dehors de cette ligne , et alors ils sont doubles ou pairs. Le corps d*un animal pair se partage ordinairement en tronc , t^ie et membres ou appendices, La tête est la partie antérieure du corps , qui sert de réceptacle aux prmcipaux organes des sens : elle se présente ordinairement sous la forme d'un renflement plus ou moins considérable, et elle est séparée du tronc proprement dit

{>ar un rétrécissement plus ou moins sensible, qui est e cou. Le tronc se divise en deux parties , une anté-* Heure qui est le thorax ou la poitrine , et une postérieure qu'on nomme abdomen. Celui-ci est souvent terminé par une sorte d'appendice médian, qui est la queue. Les membres , ou plus généralement les appendices y sont des organes extérieurs , qui se développent par paires sur leff parties latérales du tronc.

L'étude de la forme des animaux est extrêmement iro^ portante ; car elle est le résultat de l'arrangement et de la forme particulière des organes associés , et , comme nous le verrons, elle traduit à l'extérieur la disposition du système nerveux , qui est le système dominateur , et par suite l'ensemble de l'organisation interne. Les organes dont se compose chaque système sont en général disposés d'une manière régulière et symétrique. La syvnétrie paraît former la loi générale de l'économie soit animale , soit végétale. Elle est toujours manifeste dans les organes qui se rapportent aux fonctions animales ; elle existe également dans ceux de la vie organique , quoiqu'elle soit souvent masquée ou dérangée dans certaines espèces par des circonstances particulières ; mais on la voit toujours reparaître lorsqu'on suit et qu'on examine attentivement l'ensemble d!e la série.

2^ DU SYSTÀUB CTTTAlIli.

L'organisation de h peau parait être essentiellement

la même dans toutes les classes d'animaux. Les différences extérieures qu'elle présente liennent au plus ou moins de développement de certaiues parties essentielles ou accessoires. Mous allons d'alrard la considérer dam dans son état de plus grande complication , et sans avoir égard aux modiiicatioiis qu'elle doit subir , selon ses divers usages ; il nous sulEra ensuite de faire varier conveuablemenL le rapport de ces différentes parlies , pour la transformer en un organe de telle ou telle t:3pèce.

La peau est composée de quatre parties essentielles , deux seulement existent en couches distinctes. Ces deux

Sarlies distinctes sont le derme et l'épi'leniie. Les deux eux autres sont interposées entre elles, mais ne se montrent pas d'une manière aussi évidente. Ce sont , d'une part le tissu vasculaîre avec le piginentum qui en est le produit, de l'autre le tissu nerveux ou papillaire. Ces parties réunies avec du tissu cellulaire composent une sorte de réseau mou , auquel on a donné la nom de eorpi muqtieux.

Le derme (ou le cuir) est la partie la plus épaisse et la plus résistaale de la peau : il jouit d'une grande extensibilité. Cette partie oe compose d'un tissu cellulaire en quelque sorte feutré, c'est-à-dire formé de fibres gélatineuses qui se croisent en tous sens. Elle donne passage aux vaisseaux et aux nerfs cutanés , et peut recevoir en dépôt dans ses mailles des matières inertes, telles que des molécules calcaires.

Le tissu vase ula ire est en général excessivement mince; ii est formé des dei'nièrcs extrémités des vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques, qui ont traversé le derme pour venir ramper à sa surface. C'est dans les mailles de ce réseau et à sa superficie que se dépose, sous ta forme de grains agglutinés , une matière morte, qui est le pigmenlum ou la matière colorante de la peau.

Le tissu papillaire ou nerveux est encore moins sensible : on présume sa nature, et le plus souvent son existence , plutôt qu'on ne les démontre. Ce n'est point en effet une couche membraneuse distincte, mais une surface produite par le rapprochement d'une iuQnité de, petit mamelons , ou de papilles plus ou moins saillantes,

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que Ton croit formées par les dernières extrëmitës des nerfs cutanés. C'est principalement dans ces papilles que réside le sens du toucher.

L'épiderme ,ou la surpeau est la couche la plus superficielle. Cette couche est transparente, insensible, et s oppose au contact immédiat des nerfs de l'animal avec le fluide dans lequel il est plongé ; on la regarde comme une sorte d'excrétion de matière cornée et desséchée ; c'est donc encore une substance morte ou de dépôt. L'é-

{ûderme est beaucoup plus épais sur les parties qui sont e plus exposées au frottement, comme la plante des pieds et la paume de la main. Souvent il se détaclie par petites écailles , et il se reproduit quand il a été enlevé, pourvu que le derme n'ait pas été endommagé.

Telles sont les diverses parties qui composent essentiellement la peau des animaux : un tissu cellulaire plus QU moins lâche la réunit aux organes intérieurs qu elle recouvre; et dans cette cellulosite subcutanée s'accumulent fréquemment des globules de graisse , qui , entre autres usages , paraissent destinés à donner du jeu aux diverses parties de la peau , et à amortir les chocs venant du dehors.

Mais , outre les parties essentielles dont nous avons parlé , on trouve encore dans l'épaisseur de la peau d'autres paities accessoires , qui contribuent à en modifier les qualités. Ce sont de petites glandes o\x follicules , situées dans les aréoles du derme , et le plus souvent imperceptibles à Fœil nu , qui sécrètent des substances destinées à protéger la peau contre l'action des élémens ambians, et difierentes suivant l'espèce des animaux et le séjour que chacun d'eux habite. Ces substances sont tantôt des liquides plus ou moins visqueux ou onctueux, qui sont simplement versés à la surface de la peau , et tantôt des matières plus ou moins consistantes , de nature calcaire ou cornée , qui sont repoussées au-dehors et restent visibles à la surface de l'animal , sous forme de tégumens solides (poils , plumes , écailles , etc.).

Un follicule sécréteur est une sorte de vésicule ou plutôt de bulbe , formé de plusieurs enveloppes, savoir : une enveloppe extérieure et fibreuse, analogue au derme /et percée à ses deux extrémités ^ en bas pour le passage

( 19" ) des vaisMaux et des nerts , en tiaut pour la sortie de la Uialière excrétée ; une mcmbraoe vasculaire , collée sut la face inlerne de la première enveloppe , et formée pai les ramifications des vaisseaux (artères et veines), qui sont entrés par l'orifice postérieur de cette enveloppe; et enfin une troisième partie, quelquefois encore disposée en membrane, et fonnée par répaDouissemoit^i l'intérieur, des nerfs qui ont traversé les deux autres. La partie vasculaire du butbe est souvent aecompagnée d'un véritable pi^ineutum ; quant à la partie nerveuse, eUeeBtprohablementnuUedans les follicules qui nesécri- ^t que des matières fluides, mais elle est plua ou moins développée dans tous les bulbes doués d'une srande activité , comme ceus qui produisent les poils et les plumes. L'iatéricur de ceux-ci contient une sorte de pulpe vivante , et par conséquent continue avec le tissu cellulaire de l'animal ; la matière produite est alors formée de molécules excrétées les unes par la pulpe , les autres par U membrane vasculaire du bulbe : elle se compose de deu '.parties , de structure et de consistance différente , l'une intérieure , plus tendre et produite par la pulpe , l'autre extclieure , plus duie et prodailt' par la membrane vas- Les follicules de la première espèce sont tantôt isoles. et la matière dcmi-lluide qu'ils produisent passe au dtliora par une ouverture qui leur est propre ; teb sodI ceux que l'on nomme cryptes (cryptes muqueux, cryptes sébacés, etc.); tantôt ils se réunissent en un groupe, i l'aide d'un parenclijme ou tissu cellulaire intermédiaire, et versent tout leur fluide dans un canal excréteur coni' mun.Ces amas de follicules portent alors le aomglarule' tcngloméries ; telles sont les glandes lacrymales. In glandes salivaires, etc.

Nous venonsde voir quelle est la structure de la peaa, envisagée de la manière la plus générale. Toutes le» parties que nous avons décrites ne se retrouvent fias nécessairement au même degré dans toutes les espèces d'animaux , ni même dans les diTei*ses régions de l'enveloppe d'un m^me animal. Quelques unes acquièrent un développement extrême, et d'antres sont peu pi-ononfiée» OU même tpift-à-fait insensibles , suivant les quali-

tés me doit avoir la ppau dans l'endroit oà on la considère* Nous pourrions annoncer maintenant les modifies^ tiens qu'elle éprouvera dans sa structure géoe'rale , pour devenir propre à tel ou tel usage détermine'. Ainsi, pour qu'elle jouisse au plus haut degré de la faculté absorbante, il faudra que le derme devienne très-spongieux 9 le système vasculaire très-développé , et Tépidçrme preajqae entièrement nul. Mais aloi^ il faut qu'elle soit à 1 abri du contact des corps extérieurs , qu'elle se replie dans la masse de tissu cellulaire qui forme Taninial , comme celle qui revêt les cavités intestinales et pulmonaires : c'est a cette modification de la peau que l'on donne le nom de membrane muqueuse. Si l'on veut qu'elle devienne un organe de sensibilité, il faut augmentera développement des papilles nerveuses, amincir l'ép>derme et supprimer les follicules qui auraient pour effet de la recouvrir de parties dures et insensibles. Au contraire , si l'on veut diminuer la sensibilité delà peau, et en faire un organe de protection , en la rendant, pour ainsi dire , indifférente aux actions des corps extérieurs^ il faut que le derme s'endurcisse, que le tissu nerveux soit presque nul , et qu'il y ait un grand développement de la partie épidermique et des tégumens insensibles.

PES ORGANES DES SENS ET DES TÉGUjJIENS

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