‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 63 sur 89 · INSENSIBLES · texte numérisé non relu

INSENSIBLES

Les organes des sens sont destinés à recevoir llnvpressiou de certaines qualités des corps, et à la transjrmettre par les nerfs au cerveau. Chargés de nous averiii de tout ce qui se passe autour de nous, ils doivent être sir tués à l'extérieur, dans l'enveloppe ou immédiatement sous l'enveloppe cutanée. Ils ont pour caractères coinrmuns d'offrir une structure ou une disposition de pas* ties déterminées d'après l'espèce d'impression qu'ils doivent recevoir ; un développement sensible dans le tissu nerveux , qui se rend à ces organes pour y être le sié^ la sensation ; et une liaison intime et directe , établie par des nerfs plus ou moins distincts et spéciaux, entre l'organe sensitif externe et Torgane çeptral de la sensibilité. Il existe dans lés animaux cinq organes

des sens , nn pour le sens (général du loucher , et quatre pour les sens spéciaux du goUl , de VodoraC , de la vue et de Voule.

La peau générale du corps est l'organe du toucher , e( c'est le tissu papillaîre qui est le siège des sensatioDs nn'il nous proiui-e. Ces sensations sout celles de la résistance ou de l'impénétrabilité des corps, de leur Tonne, et de leur degré de chaleur rclativctnenl à celui de noire propre corps. Mais nons devons distinguer ici deux kites de toucher : l'un tout-à-fait passif , et qui appartient plus ou moins à toutes les parties du corps et L tous 1» Bnimaux en général; c'est celui par lequel nous sentoiu les corps extérieurs, lorsqu'ils viennent nous choquer; et l'autre actif et volontaire , c'est ïc tact , sorte de toudier plus parfait que nous opérons avec réfleston et seulemeut avec certaines parties de notre corps , coavenalileBieiit disposées pour cela. Occupons-nous d'abord du toucher passif.

Ce sens général apourohjutd'averfir l'animn.1 duclioc ou de la pression des corps extérieurs , afin qu'il puisse se soustraire à leur action nuisible : c'est à quoi ta nature est parvenue en vendant la peau très sensible , par le développement des papilles nerveuses et l'amincisse' ment de l'épiderme. Mais il est claii- qu'elle a pu atteindre aussi son but principal, qui est la sûreté de l'animal. par une voie tout opposée , en rendant la peau pour .ainsi dire indifférente aux chocs extérieurs , par la diminution de la partie scnsihie et le développement en sens inverse des parties dures qui peuvent amortir l'action des corps , telles que ré]ii(Ierme et ses diverses sortes de tégumens. Aussi a-t-i^liir souvent combiné dans le même animal ces deux modifications de la peau, en la transformant ici en organe de-défense , et là en organe de sensibilité. Nous ne se'pareions donc point ces deui cousidéralions dans l'étuile que nous allons faire de la

Eean , en passant successivement en revne les principa- )S classes d'animaux : nous verrous que la structure ei h forme des organes accessoires oudes tégameus Turient,

daus CCS différentes classes , de manière àtradaire asset nettement à rexlerieur k»s caraclères- plu» profonds qni les distinguent.

De la peau dans les animaua: i*ertcbtvs.

Dans les animaux supérieurs, que l'on* nomme* ajcrf^- ^r<fj, parce qu'ils ont un sqnelette osseu^^ à FintëHeut , et que les verttbres sont les pièces principales de ce squelette , toutes les parties de la ])eau , celles qui sont essentielles comme celles qui «ont accessoires , existent

(>lus ou moins développe'es ; mais le développement de 'épîderme et des autres tégumens solides est générale— meiit en raison inverse de celui du derme et du corps pa|)illatre. Les principales diftercnces portent sur la structuix; et la forme des organes accessoires ou des tégumcns.

1®. Dnns les mammifères- y ou animaux à mamelles, Gé n'est guère que daiîs ces animaux que Ton remarque une couche musculaire adhérente àlapeau, c'est-à-dire un niuscle peaubsier, distinct de ceux qni servent à Li locomotion ; encore ne se rencontrc-t-il que dans deux régions principales , à la tête et au cou d'une' part, et au ventre de 1 autre. Le peaussier de la tète et du cou eàt d'autant plus dé%*Hoppé et subdivisé, que l'animal a une physionomie ]dus mobile ; il est très-prononcé, par exemple, dans l'homme, dans les singes grimaciers et les animaux carnivores. C'est à ses différentes portions que sont dus les mouvemens de la peau du cou , du nez , des lèvres , des sourcils , ceux «e la peau du front, etc. Quant au second peaussier, dont les fibres recouvrent la poitrine et l'abciomen , il n'est bien développé que dans les animaux à sabot, qui peuvent secouer leur peau , comme le fait un cheval qui est tourmenté ^lar les insectes; et dans le petit nombre de ceux oii cette peau est disposée pour devenir , an besoin , un appareil de défense (ex. : le hérisson).

Mais le principal caractère que présente la peau des mammifères consiste dans le crand développement de son appareil glanduleux, et dans l'espèce particulière de tégumens auxquels il donne naissance. Ces tégumens sont lès poils y qui ne s'observent que dans cette classft

Page 1