‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 68 sur 89 · DE LA REPRODUCTION · texte numérisé non relu

DE LA REPRODUCTION

Tous les êtres organisés peuvent reproduire leurs semblables, et tous ceux à l'origine desquels on a pu remonter ont fait primitivement partie d'un corps de la même forme qu'eux , à l'état de germes, n'ayant point alors de vie propre, mais participant à celle de leur mère. L'acte ou la série des actes par lesquels ces germes reçoivent une existence isolée constitue la génération. Les modes de génération peuvent varier beaucoup : une seule cir- Qipnstance leur est commune : c'est la séparation du germe , ou ce qu'on appelle la naissance,

La génération la plus simple est celle que présentent les derniers des animaux dans lesquels on ne remarque point d'organes propres à cette fonction : c'est la génération qu'on nomme scissipare, et qui a lieu par division spontanée ou artificielle, ou par la séparation d'une partie du corps de l'animal, sur laquelle se reproduisent ensuite les partiesqui manquaient d'abord. Le plus souvent, elle est en même temps gemmipare, c'est-à-^lire que l'on voit poindre des brargeons enfles points quel-

conques de l.i «upeiBcie du corps, lesquels s'y dcvelo|>pcat et U-ndent bieiicât à ne dcUcher pai' une scissîou j oaturoUci : c'est une sorie de bourguonu émeut que l'on peut ctiiiipai'cr à la production des buur|>eoDs adventifi OU bulbilles dans ie& végétaux, (ex. : les éponges, les bj'dies ). Qiiclqui;foIs les Ijourgeons qui se (léveîoppenl «D biaiiclies ue se sepaient pas et en ])ousseut d'autres continuellement, ce qui produit une sorte d'arbre ou de tige ramifice. Cetlains animaux enfin se multiplient encore par des bourgeons i mais ccus-ci se produiscaidans des points déterminés du corps, comme les bourgeous fixes des |)lantes. I

Jusque là , il n'y a point encore d'organe propre àla fonction giine rat ri ce, pointde distinctions de seses ;niais ■ mesure que l'on s'éliive dans la série animale , le lien on se forment les gemmes reproducteurs s'isole et se cir- | conscrit de plus eu plus ; il s'enfonce dans le tissu animal , où il forme une sort« de poclie intérieure (ofoire) dans laquelle sont conteuua les gemmes ; ceux-ci ae trans' formeul eu wuUi , c'est-à-dire en petits corpuscules, qui souî dos enveloppes présentent en raccourci un eorpi ur;;i.,i,.é scnililahle h celui d'où ils prei.iu-nt naissance., Ces gemmes iulérieurs outbesoin, pour acquérir une vie indépendante , pour pouvoir se dci eloppcr par eux-uièmes ai)rè3 leur sépara lion, d'être fccoudéti, c'est-à-diiï de recevoir l'action vivifiante d'un fluide sécrété dans une antre partie de l'ctrc. Dès lors on distingue deuic sortes d'organes propres à la fonction reproductive : les uns destinés à préparer les gemmes, et les autres à les féconder. Les premiers constituent le sexe féminiD, et les seconds le sexe masculin.

D'abord , les sexes sont réunis dans le même individu, qui peut alors se suffue à lui*niènie en se fécondanti comnte les plantes hermaphrodites et monoïques (ex- : les mollusques acéphales, tels que moules, huîtres, etc.). Cboï d'autres i) idmaux les sexes sont encore réunis ; mais deux individus pareils ont besoin do se rapprocher et de se féconder muiuellemeut (ex. : les mollusques gastéropodes , !eU que les limaces , etc.). Enfin les sexes sont distincts et séparés sur deux individus dilférens de Jai|iè:r,e6spèce{doutl'ua est alors (nâ/«etrautreye/We.'

c'esl ce qui a lieu chez les iusectes, les crustace's , les mollusques ce'phalopodes et tous les vertébrés. Parmi les insectes, il en est qui n'ont point de sexes et qui sont condamnés à la stérililé (ex. : les abeilles neutres).

Dans lecasdessexessepares,quienibrasse la plus grande partie des animaux , il peut se faire que la fécondation n'ait lieu au'après l'émission des ovules , c'est-à dire sur des œufs déjà pondus : alors les mâles et les femelles ne se recherchent ni ne se connaissent même pas (ex. : les mollusques céphalopodes et la plupart dos poissons ) ; ou bien la fécondation a lieu dans l'intérieur du corp3 de la femelle, avant l'émission desovules(ex. : les insectes, la plupart des reptiles , les oiseaux et les mannnifères V Dans ce dernier cas , il arrive le plus souvent que la fécondation n'a lieu que pour une seule émission cl'œufs et pour une seule génération. Quelquefois cependant elle a lieu pour plusieurs émissions d'œufs , mais pour une fjénération seulement (comme dans les oiseaux de basse-cour) ; et, plus rarement encore, son influence s'étend à plusieurs générations successives qui n'ont plus alors besoin d'être fécondées pour en produire de nouvelles (ex. : les pucerons).

L'appareil destiné à la fonction de la reproduction n'a pas dans l'économie animale une importance moins grande que celui de la nutrition , que nous avons précédemment étudié ; en le suivant dans toute la série animale , nous le verrions comme ce dernier se compliquer de plus en plus , à mesure que nous monterions vers des êtres pkis élevés ; nous verrions ses variations exercer une pareille influence sur les organes des sens et du mouvement , et jusque sur l'enveloppe extérieure de l'animal , où non seulgnent la diversité des espèces , mais celle même des sexes, se traduit toujours par des signes plus ou moins évidens. Mais c'est une étude que nous ne croyons pas devoir entreprendre : et l'une des raisons que nous avons pour ne pas le faire , c'est qu'elle nouiiést beaucoup moins utile que la première pour atteindre le but zoologique que nous nous sommes proposé , la classification des animaux que nous devons suivre étant principalement fondée sur les organes de la nutrition , et sur CCU3C de la vie animale Nousnousborumons donc ic9n;è^

Aitet îcî le produit de la gëa^ration , non sealeinent tbiis li'S varialions igu'il offre ea lui— nié tu i: , mais encoro dans ses mojens de dcveloppcment et dans les rapports plus ou moins nombreux et nécessaires , qu'il coiiserre avetsesparens.

Le pruduic de la geuéralion est tantôt un ^emme oq boui'gcon , c'est-à-diie une simple |exten$îou du tissD de l'animnl , tjui se développe connue une branche (^nértuion gemmipare) ; tanlâc un œuf, c'est-Â-dire un embnroD enveloppé dans une coigue , avec une substance Dutriliverju'il doit absorber avant que d'èclore(^en^nurài oci/tartr); tantôt enlin c'est un fœtus , qui n'emporte plus avec lui une substance propre à le nourrir indépendant ment de sa mère , mais qui après s'être détaché de l'ovaire, s'arréli; dans uuepocbe intérieure appelée matria, Oti il s'attaclie de nouveau à sa mère pour se nourrira ses dépens, et sort ensuite tout vivant {génération vifiparf).

Etudions d'abord le produit de la géncralion dans les animaux ovipares , et plus particulièrement dans le type des oisL-auj:. L'œuf deToistau se de'veloppe jusf|u'à un terlair» pciiui dans l'ovaire, ctst-à-dirc dans l'orfçaue même où il est sécrélé; puis il tend à sortir en descendant le lon^ d'un canal nommé ofiducte. A l'instant où il se détache de l'ovaire , ce n'est qu'une simple vésicule membraneuse pleine deliquide. Cette vésicule renferme leeenne ou fœtus nageant dans un fluide jiiui est le iileffus ou \e jaune de tœuf), et qui'doit servir à sa nourriture. Ce jaune a sa ineiiihrnne propre, mince et transparente. Une petite ticl»; blanchâtre et circulaire se montre au-dessous d'un point de la surface : c'est b dcairicitle , ou le germe prnpreineirt dit. Le jaune avec le germe étant passe dans l'oviducte , s'y revêt successivement de membranes qu'on nomme adveniii'es , savoiri dans la partie supcriiure, d'une enveloppe glaireuse oa albumineuse, appel(>e le blanc de l'œuf, ei dans la partie inférieure , d'une membrane épaisse qui tapisse 1 œuf tout entier , plus d'une coque , ou enveloppe calcaire qui recouvre cette membrane. L'oeuf est ensuite pondu ; et «'il a été préalablement fécondé , et qu'il soit coucé peuf/ant un certain lemçs.Veinbryon qu'il renferme se rlc-

vcloppe à Taide de la chaleur produite par rincubation* Durant cette ope'ration , le jaune flotte de manière à occuper la partie supérieure de Tœuf , et la cicatricule tend à se placer toujours au-dessus du jaune , de quelque manière que l'œuf soit situé. Au bout de quelques heures d'incubation, se développent les membranes propres de l'embryon , que l'on a comparées à celles du fœtus des mammifères , dont nous parlerons dans un moment. A mesure que se forment les viscères du petit animal , le blanc de l'œuf est absorbé par le jaune ; celui-ci tient au ventre du fœtus, avec lequel il communique par l'ombilic ou le nombril. Vers la fin de l'incu-* bation , le jeune sujet se nourrit en absorbant le jaune , qui passe tout entier dans ses intestins , et lorsqu'il est prêt à éclore , il brise^sa coque au moyen d'une petite pointe très-dure qu'il a au bout du bec , et qui tombe peu de jours aprè > la naissance ' .

Dans les animiux ovipares , où la fécondation a lieu dans l'intérieur du corps de la femelle , les œufs sont i*evétus , comme ceux de la poule , d'une coque dure , cornée ou crétacée ; ces œufs n'éprouvent extérieurement aucun changement, jusqu'au moment où ils éclosen t. Mais dans 'les animaux où la fécondation suit la ponte , les œufs sont mous , membraneux , et peuvent alors changer à l'extérieur. Dans quelques-uns de ceux où la fécondation précède l'émission des œufs , il arrive que ceux-ci restent dans le corps de la mère assez long-temps pour i|u'ils puissent y éclore; c'est ce qu'on nomme deycox- "vmpares , ou mieux des ovo-vmpares : tels sont les vipères, plusieurs poissons, etc. Les vrais vivipares sont seulement les mammifères,. Les ovipares propremeat

* Le développement des œafs de poale a élé suivi d*beare en heure Avec le plus grand soin. Ad boat de six heares , on aper^it un pelit point ronge , qai sera le cœar da petit poalet; de ce point partent de nombrenses irradiations de vaisseaox. Une petite ligne grise , qui enroare le petit point ronge , est le rndiment de la moelle épinière ; elle <te renfle en avant pom* foimer le cerveau. Bientôt on distingue la i>:e avec deux gros yeux; les pattes, les ailes, les viscères se développent ensuite. A la trentième beure, les organes sont com|)lets, mais dans un grand état de moUcsse. La durée de Tincubation est Ao vingt -UCT jours.

dîu aont tflus les animaiiK iloiiL l'œuf n'cclot qu'après qii'ilauldponilu.

Le proiluil de la geiicraiiou ilcs ovîjiai-es |>eul offrir , dnus ti:$ «liSereiitcs cbsses ou fumillcs des difFéicnces, loil.dnus Kun mode da développement, soit dans les rapports (ju'il cooscrve avec ses parcDs. Eu général k fœtus parcourt dans ses évolutions organiques uue série de formes de plus en »lus compliquées , avant de parvenir à son état parfait , c'est-à-dire à l'eLit où il ivs- I semble à ses parens , et où il est pivpre à pei'uéLuer son espèce i mais tantôt ilpnrcouiL cette série do développelueua avec une rapidité telle , qu'il a déjà en sortant àc l'œuf à peu piès la forme qu'il conservera toujours, comme c'est le cas des oiseaux , des reptiles écaillem , des puiïsons etc.; tantôt, au contraire, il accomplii lieaucoun plus lentement et n'achève qu'après sa sortii.' lie l'œuf celte se'rie de cliangemens , et dans ce cas b l'urine dauouveau-iiccst toute différente de celle del'?.dulte i souvent même i) subit plusieurs métamorphaiu suGcessivessvant de parvenir à l'état parfait : tels sont les reptiles à peaunue (ou les grenouilles, lessalamnndre») et b plupart des iiisei:Its. Ces formes de dicnille, de chrytaUde par lesc|uelles passentsuccessi veinent les insectes qui doivent avoir des ailes , ne sont pour ainsi diit: que des degrés divers du développement du fœtus, arrêté dans le cours de ses évolutions.

L'œuf ou le petit animal qui en sort peut avoir des rapports plus ou moins indispensables avec sa mère ■■ ainsi, dans les oiseaux , l'incubation des œufs est nécessaire ; elle n'a pas lieu .lu contraire dans les aniniaux i sang froid. Certains anlmjmx prennent un soin particulier de leurs œufs, qu'ils dépuscnt dans des lieux convenables , et ils pourvoient aux besoins et à la nouriitur<; du petit animal, quelquefois même à son éducation : l'on sait avec quel art les oiseaux construisent leur nid, et avec quel soin ils élèvent leurs petits jusqu'à ce qu'ils soient eu état de voler. Mais la plupart des ovipares des classes inférieures abandonnent entièrement leurs œufs , qui souvent restent inféconds, si le mâle ne vient pasù les rencontrer et à les vivifier. Ces œufs sont souvent j'éuuis ea gr&aà aoiulire , de mcinière à former des es-

pèces de grappes, de chapelets, ou bien sont enveloppes par une memi)rane ou par une substance muqueuse. En ^éne'ral,plus Tanimal est placé bas dans la série, plus il nait parfait, ou> pour mieux dire, moins il a besoin de sa mère. Passons maintenant à Te'tude du produit de la génération dans les animaux vivipares, c'est-à-dire dans les mammifères. Ici l'ovule paraît avoir été mûri dans Vovaire ; il n'emporte pas avec lui une partie propre à le nourrir indépendamment de sa mère , comme dans les ovipares ; il n'est réellement composé que de l'embryon et cle ses enveloppes propres. Aussi a-t-il besoin de s'attacher de nouveau dans un lieu déterminé du corps de sa mère , par une sorte de racine, ou par l'implantation d'une masse spongieuse , composée de vaisseaux ramifiés, à l'aide desquels il extrait ce qui lui est nécessaire pour fournir à ses premiers développemens. Cette masse est ce qu'on nomme un placenta : elle est formée de vaisseaux veineux et artériels , provenant du fœtus et communiquant avec ceux de la mère. L'ovule détaché de l'ovaire est entraîné dans un lieu de dépôt , une sorte de poche intérieure , nommée utérus ou matrice» A une certaine époque , on distingue dans cet ovule le rudiment du foetus ; cet embryon paraît alors enveloppé de deux membranes , dont la plus intérieure (Yammos) est une membrane séreuse, remplie d'un liquide dans lequel flotte le fœtus. Cette première membrane est enveloppée d'une seconde plus volumineuse, nommée chorion, qui s'applique sur la surface interne de la matrice , en y contractant çà et là quelques adhérences. Ces deux membranes , réunies dans un point, sont séparées l'une de l'autre par une sérosité ; entre elles se place une sorte de sac plus ou moins étendu , nommé altantolde dans les animaux xwdjamiihve^ytX. vésicule ombilicale dans l'espèce humaine. Ce sac communique avec la vessie urinaire du petit animal par un canal qui traverse le nombril. Avec ces membranes , qui sont propres à l'ovule, dont l'existence est temporaire et limitée par la durée de la vie fœtale, on aperçoit encore une autre membrane qui leur est extérieure (la membrane caduque réfléchie) , dont l'ensemble est comparable h une double poche séreuse , et qui préexistait dans la matrice à la descente de To-

vule '. Outre les lëgèrcs adhérences da cLoi-îon , on luarque bientôt ijue celui-ci adhère eu un certain endroit à U cavilé utérine, au moyen du système vasculain: nonuaé placenta, dont les rudtmeus se sont d'abord montres épars entre te cborion et hi itienibmne caduque. ' Ce placenta , pour faciliter le mouvement du fœtus dans la matrice, se prolonge en formant le cordon ombitical , qui entrant par l'ombilic ou le nombril du fœliis , pénèûe dans la cavitt' abdominale. Ce cordon renferme les troncs des vaisseuux sanguins dont les ramifications composent le placenta , savoir : la veine ombilicale , qui va porter le sang puise' dans la mère dans le système veineux du foîlus , et les deux artères omiUicalcs, qui le rauiènent au placenta. Il y a donc une circulation perpétuelle du fœtufi à la mère et de celle-ci au fostus par l'intermédiaire du placenta. Et c'est ainsi que le fœtusse nourrit du sang de la mère. Il n'y a point, durant la vie fœtale, de digestion , ni de respiration pulmonaire. Les poumons sont affaissés , et ue pcrmctlent point au sang de les traverser en totalité : un irou ovnle , nommé imv ih botal , e'tablit une coiiiniiiniration directe entre li' deux oreillettes , ou plus exactement entre la veine-caK inférieure et l'oi-eillette gauche. Le sang qui arrive di^ cette veine-cave se rend donc immédiatement dans les cavités gauches du cœur , et de là dans l'aorte , sans passer parle poumon. Quant au sang qui sort de la veinecave supérieure , il entre dans l'oreillette droite , le ventricule droit, et dans l'artère pulmonaire, qui, au lieu de le porter tout entier au poumon , comme cela a lieu dans l'adulte , le transmet par un vaisseau nommé canal ar/«r^/, dans la partie Inférieure de l'aorte. Le troudebolal et le canal artériel s'obstruent après la naissance.

Le fretus des mammifères si'journe dans la matrice

< Il se forme m iDomcnt de la frcondalion dans l'utérDs une fnUK membrane, qD'on nomme membrane cadnqne primiliTs, et qai repréacuie nne pixihe fermée de toutes parts. A l'ariirée de l'orale,

membrane cadnqDc réfléchie. Entre U> d en x membranes dans lapat'hn, est an liquide qai cesse d'exister quand U pUcenta commence H paiaiire. Il sert à la nalritiOD de l'vmbrjoii pf ndjDt Ira premier» ji.'iases de la TÏe Dtèviiu.

i)endant un temps plus ou moins long, ce qui constitue la gestalion ou la grossesse ; il en sort dans un état plus ou moins parfait, mais constamment il a besoin, après sa sortie , d'un nouveau rapport avec sa mère , qu'on nomme allaitement^ il faut qu'il se nourrisse encore pendant un certain temps avec le lait de ses mamelles '. C'est ainsi qu'on nomme des amas de cryptes, ou des glandes, quelquefois en\reloppées de graisse, qui sécrètent le lait destiné à nourrir les petits. Elles existent dans l'un et dans l'autre sexe; mais elles sont peu développées dans les mâles , et le plus souvent elles ne sont apparentes dans la femelle même qu'à l'époque de l'allaitemeiit ou immédiatement après la naissance des petits, parce que c'est seulement alors qu'elles se remplissent de lait. Ces organes sont toujours situés d'une manière symétrique de chaque côté de la face inférieure du tronc. Le nombre et la situation des mamelles varient d'espèce à espèce. Quant au nombre, il est ordinairement eu rapport avec celui des petits que les femelles peuvent mettre bas. En général, le nombre des petits de chaque portée est moitié moindre que celui des mamelles; et il est en même temps en raison inverse de la grandeur de l'espèce. Les très-T;ros mammifères par exemple n'ont qu'un seul petit , et une seule paire de mamelles. Quant à leur situation, les mamelles peuvent être placées ou à la poitrine (mamelles pectorales), ou à l'abdomen (mamelles ab" dominales), ou entre les cuisses (mamelles inguinales).

Il est des mammifères qui ont la propriété extraordinaire de mettre leurs petits au jour aans un état imparfait, long-temps avant qu ils puissent faire usage de leurs membres, et même avant qu'on distingue aucune de leurs

^ Le lait f qae sécrètenl les glandes mjiinmaires des femelles dans les espèces mammifères est on liquide très-composé , qui , lorsqn^il eirr refroidi et abandonné à lai-méine, se sépare en trois parties: l*on'e sopérienre , blanche , opaqae , onctaeiise , formée en très-grande partie de matière bntirease : c*est la crème; la seconde , blanche , opaque^ mais sans onctuosité, et sosceptible de coagulation: o*eSt la matière caséeute; la troisième liquide, d*on jaane verdâtre : c*est le sémm on le petit lait, La matière bntirense et la matière caséease ne sont rjne suspendues dans le lait : la première donne le beurre ; la seconde eut la base de tons les fromagei.

|wnief. Ces pelils s'atlaclieitt aux mamelles de Ieot lufcre , et y rt'slcnl immobiles jus(^u'â ce qu'ils aient pris un accroissumint paieil k celui que les animaux premicnt dans la matrice- Plusituis des espèces qui (ont dans ce cas ont sous le veutrc une boui-se ou podie, qui est pour ainsi dire une seconde matrice, dans laquelle k'ui'spelits Boutrenfennes pendant le temps qu'ils sont ainsi fixés aux iiianiellcs. De là le nom de didtlphts que l'on a donné à ces animaux à bourse , cl celui de aunodelphes , que l'on peut îppliquer par opposition A tous ceux qui n'ont pas de poclie abdoiuioale, et qui m poMèdcut que la matrice oiilinaire.

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