DEUXIÈME GRANDE DIVISION DU RÈGNE ANIMAL
LES ASIMAUX MOLLUSQUES.
Caractères. Forme binaire, plus ou moins symétrique ; point de squelette, ni de membres articulés ; corps et appendices entièrement mous, enveloppés ou recouverts au moins en partie par un manteau membraneux , de forme variable , dans l'épaisseur ou à la 'superficie duquel se développe le plus souvent un test calcaire (nommé coquille) d'une ou de plusieurs pièces (voyez page 200 et suiv.); de là le nom de teslacéscj^ft l'on donne aux mollusques à coquilles, et celui de nus que l'on appUque à ceux dont le manteau est simplement membraneux. Ces animaux ont une circulation complète à sang blanc ; une respiration aquatique ou aérienne ; un système nerveux ganglionnaire, avec une partie centrale située au^^essus de l'œsophage ; leur peau qui est trèsmolle et très-sensible, est toujours humide et visqueuse; elle est pourvue d'organes qui peuvent s'allonger plus ou moins pour mieux palper, et qui sont de simples prolongemens de cette peau : ou les nonmie tentacules.
Tous les points de la peau des mollusques sont susceptibles de se contracter en tout sens ; mais il existe de
S movl^ attacb^s à la face interne de cMtil 1 même à la coquille , et ce sont eus ijuî déieriniaunt \a locoiuo lion générale. L'épaisseur de h^ai Kl de la coui'lie musculaire qui la double, est quelquefois plus coasidcrabte à la partie inforicui'e du cûrt«. e( il en résulte une sorte de disque uiusculiiire à l'aiilt duquel l'animal rampe, et que l'on nomme /jW, Dausb plupart des mollusques, la peau est plus développée qu'il neiaudrait pour entourer seulement le corps ; eUefonm alors des l'eplîj, quirenveloppentà la manière d'unmaiitean : c'est ce qui a fait donner ce nom à la peau des mollusques. quoiqu'elle n'offre pas toujours cette disposiliot particulière. La grandeur et la forme du manteau varieii tieaucoup selon les genres et les espèces. Tantôt c'est ug large Iwuclicr qui recouvre la surface du dos du luollusque ; tantôt ce sont deux lobes qui se réunissent en dessus pour laisser entre eux un canal où circule l'étémeni ambiant; on bien c'est un sac, qui présente plu ' orifices pour les diverses fonctions. Ses bords son pies et unis, ou sont garais de &anges, de filamens tentacateires.
Les mollusques sont iiii.< , lorsque leur nianlu, sinipiL'iuciit incmbraneus, sans aucune partie dure; aw ce tas , s'ils sont inquiéte's , ils se contractent sous a manteau, qui est leur seul abri. Les mollusques soni leMacés, lorsque leur manteau produit une coquille. c'est-à-dire un corps protecteur de nature calcaire, com-
Ç)st>d'uneoudeplusieurs pièces (voyeipapj.aooetsuiv.;. antôl la coquille reste caclie'c? dans rcpaisscur du manteau , et sert seulement à préserver d'un choc étranger lesprincipaux viscères qu'elle recouvre toujours {coquiHr ÏMérieure); le pins souvent elle est extérieure et prend une grosseur cl un développement tels, que l'animal peut se conti-acler en tout ou en partie bous son abri. Dan! ve cas , il lui est attacbé par des muscles qui servent " le retirer dedans , ou à rappi odicr les pièces ou valva l'une de l'autre.
La coijuille est un coiTis destiné à proléger la mas-ie îles principaux viscères de la vie , et surtout l'orfrane df la respiration; elle est constamment en rapport avec la fonuc de cet organe, et avec celle du iiianLcau qui 1ère-
couvre. Les prolongemens tubuleux , épineux ou laniel-' leux que l'on remarque si fréquemment à la surface des coquilles sont les pi*oduits de prolongemens semblables dans le manteau , de même que les écnancrures et les sinus sont dus à la saillie habituelle, mais intermitteiite , de quelque organe* Les coquilles de même espèce oi^ frent des différences asssez considérables, suivant le sexe et Tâge dePindividu auquel elles appartiennent. De tout temps les amateurs d'histoire naturelle ont pris plaisir à former des collections de coquilles, à cause de réiégance de leur structure et de la beauté de leurs couleurs ; mais leur étude aujourd'hui n'est plus seulement un objet de luxe et de curiosité ; elle est de la plus haute importance par les secours qu'elle prête d'un côté à la zoologie proprement dite , et de l'autre à la géologie positive ; en effet, les caractères d'une coquille indiquent ceux de l'animal auquel elle a appartenu, comme la forme des dents marque le genre d'un quadrupède ; et l'étude comparative des coquilles qui se trouvent à l'état fossile dans les couches de la terre aide le géologue à déterminer l'origine et l'âge relatif des divers terrains.
Les coquilles sont intérieures à l'animal (ex. : os de sèche ) , ou bien extérieures ^ ce dernier cas est le plus ordinaire. Celles-ci sont ou simplement recout^rantes , en forme de bouclier ou de bonnet appliqué sur lanimal ( la patelle , fig. a , pi. 87 ) ; ou elles sont engainantes, c'est-à-dire qu'elles engaînent et contiennent Tanimal tout entier ou la masse principale de ses viscères. Relativement à la composition , on distingue : des coquilles d'une seule pièce ou valve {coquilles univalves : pi. 87 ) ; des coquilles de deux pièces ou valves articulées à charnière {coquilles ùif^alf^es : pi. 41 } i des coquilles de plus de deux pièces, soudées entre elles, ou simplement rap-* prochées et maintenues par le manteau {coquilles multi^ valMes : fig. 5, pi. 4i )• Les coquilles intérieures ne sont jamais que d'une seule pièce. La forme des coquilles univalves et des coquilles bivalves est sujette à de nombreuses modifications , que Ton a étudiées avec le plus grand soin.
Les coquilles univalves appartiennent aux mollusques céphalés (ou à tête plus ou uioins distincte) : et la plu-
ftan ie ces motltisqaes testaccs sonl gaaiinpodes , c'rIà-dire se traîueiit sur le ventre , k l'aide «l'un pitd, qui est fait CD fornie «le disque plat et gluant. Leni' corp e»t plus nu iiioJDS allongé, sjinétrinue, plat en destooi, inai» La masse viscérale sorfen quelque sorte du dos, m le plu-t souvent se contourue eit spirale , pour iarmau qu'où nomme le torlillon, (|ui est renfoniie' dans Uro quille. La coquille est symélrique ou noii-sj-méirtgue,iàiii liforincde l'organe quelle recouvre. Si sa cavité esistm-
qui ail
pie, continue, non interrompue par des cloisons que la coquille est moaolhalame ou lutiloculaire nueonlraue tia'eMeeslpolyl/ialameou muliilocuU
1UC celle cavité est divisée par des cloisons en f . liambrea, dont l'animal ne remplit que la dtraiéi* (fig. I, pl.3<j)j ceschamhres communîqueot entre elb au moven «l'un canal, nommé ilplutn , qui travereeb duisons et les loges , et qui peut cire plaeé au milieu >l' la doisoD (sipboa central), ou vers l'ua des boi^ externe et interne. Les coquiUcs engainantes univalto peaveat être rapportées à deux formes générales : b co(}uilli.'s tubuleuses sans spire, et les coquilles à -'P" ou spirces. Le* premières ojii la forme d'un cône plusmi moins élevé ou aplati , droit ou oblique , à sommet plu^ ' ou moins recourbé , mais non contourné en spirale ; c'«i Iecasleplussiinple,et le moins oi'dînaire ( (îg. i,pl. 3^j. Les secondes ont la forme d'un cône allongé et contouroi' sur lui-même en spirale régulière, de iiiaiiière à produire par l'ensemble de ses tours ou un disque arrondi. ( ou un corps globuleux , ou un cylindre , ou plus ordiiiairtmient un nouvt'au cdai; toujours droit, et plus ou moins court ou élevé ( pi. 37). L'enroulement du cône générateur peut se faire dans difTérens sens et de diverses manières. Il peut avoir lieu verticalement dans la direction du dos de l'animal, et alors la coquille est dilr enroulée; dans ce cas, il anive ou que les toms de spire ne se touchent point , ou qu'ils ne font que se loucbff sans se pénétrer {.fpire tnlale , plaie ou concave') , ou qu'ils •e pénètrent ou se mangent réciproquement, de manière que le dernier tour cacbe tous les autres (j^iWcnrhée). L'enroulement peut encore avoir lieu dans \e irièuie plan , mais daits le sens transversal r dans ce us
( 4oi )
la coquille est dite int^oli^ée. Mais la plus grande partie des coquilles uuivalves sont intermédiaires à ces deux dispositions , l'enroulement se faisant obliquement de droite à gauche et de bas en haut ; il en re'sulte des coquilles à spire plus ou moins saillante , qui sont posées obliquement du côte' droit sur le dos de Tanimal dans
Ï>resque toutes les espèces. Quant la spire est peu sailante , et que le dernier tour est presque enveloppant, la coquille est dite turbinée: on lui donne le nom de tur^ riculée, quand la spire est au contraire très-saillante, et qu'elle s élance en un cône allonge'.
On distingue dans une coquille spirée le sommet, qui est le commencement de la spire ; la base , qui est la partie la plus saillante opposc'e au sommet ; 1 out^erture ou la bouche, qui est la partie ouverte vers la base, variable dans sa forme et ses dimensions , par laquelle l'animal entre et sort de sa coquille. On peut concevoir un axe autour duquel le cône est censé s'être enroule' : cet axe est ce qu'on nomme la columelle. Il est quelquefois re* présenté par un vide de forme conique , étendu de la base au sommet , et qu'on appelle ombilic; mais il est réel dans les coquilles dont les tours de spire se touchent en tout sens et même empiètent les uns sur les autres : il s'offre alors sous la forme d'une petite colonne solide, ])Uis ou moins torse, et qui est tantôt lisse ^ et tantôt plissée : c'est la columelle proprement dite. Cette dcr* nière disposition influe beaucoup sur les modifications de l'ouverture , le dernier tour de spire se trouvant entamé ou mangé en partie par Tavant-dernier. L'ouverture ou la bouche de la coquille est composée de bords ou de lèpres que l'on distingue en bord gauche ou cohhmellaire , situé du côté de la columelle , et bord droit ou externe situé du côté opposé : elle peut être entière, ou échancrée par le bas, ou canaliculée, c'est-à-dire terminée par un canal qui est une sorte d'appendice à l'axe de la coquille ; elle est tantôt large et transversale , tantôt étroite et longitudinale. Plusieurs coquilles spirées sont pourvues d'une pièce accessoire , nommée o/?ercM/e, qui a la forme de l'ouverture de la coquille , et qui sert à la rlore quand laniiiial y est rentré : de là la distinction lies coquilles operculées et des coquilles inoperculées. On
fkMHinV iMuret les lignes spirales <[uî marquent lu se;»- 1 ralitMi (les iliffércns lours de spire : la superficie de ut ôrcopvolutioDS de la coiguilic peut présenter des iiriti, ou petites lignes creuses transversales par rapport au cAne géuérateur ; des sillons ou lignes ci'euses loDgiUiiliiiates; Aci cotei , ou grosses Uf;De s saillaot^s dansle sens de l'axe; des varicej ou Lourrelets décomposetl dans la direction des stries d'accroissement ; des àâc-
, lies épines , etc. Les coquilles univalves se disùiigutnit d'après l'habitation en lerresirej ,fluviatile! et mu-
Lei cuquilles bivalves appartiennent aux mollusipie) actphales \ ou sans tète distincte], et sont toutes aqiutiques, Ces mollusques ne se déplacent qu'avec ptine, ou ne le font pas du tout. L.cur corps est assez allonge, et plus ou moins cotnpriiné ; il n'a point de tête apparente , tuais seulement une boudic cachée en tre lesrtpl^ dumanleau. Celui-ci, quîenTeloppceatiërementlecorps. te divise eu deux lobes latéraux, qui parfois se r<!uaisi«it par devant, mais souvent ont leurs bords libres et gartii oefilainenstcnlaculaires.LescoquillesbiTalvcssontcomjiosi'L's du deux piùces toujours coniuvesoii dcdiin^, appli' quéesl'unc coniierauireetaiticulécsàcliaraièro.Cespii'-i ces sont ordinairement bilate'rales , c'est-à-dire phcà^ l'une àdraitejl'auti'e à gaudiede l'animal, mais dans cei* tains genres l'une est sur le dos , et l'autre sous le vealiE Dans quelques mollusques les valves sont accompagnées d'une ou cle plusieurs pièces accessoires, oubiencl'no tube dans l'intérieur duquel vit la coquille. Ln plupoi' descoquillesbivalvessontsyniétriqueselc'çttii'a/cej-^iiiiel ques'un es pourtant sont inéquivahes . On nomme f'WK toutes les coquilles dont les bords rapproches ne laisseni aucune ouverture ; et bâillantes toutes celles qui ne soni pas closes exactement. Les principales modifÎLalions df coquilles bivalves tiennent aux différences que preser teut la surface esterne ou interne des valves , leurs bords et les moyens employés par la nature pour uuir ces valves, les ouvrir ou les fermer. Le bord supérieur ou dorsal df la coquille offre plusieurs choses à distinguer : les crachv- <m sommas, pi-otubérances coniques plus ou moins recourbées Vune'(eïaYn,uV,ïe,et(^ui sontîmmédiateiueD:
au-dessus de la charnière ; la lunule , qui est une dé^
Sression située en avaut des crochets ; Vécusson , autre épression plus allongée , située en arrière. Les moyens d'union des valves cot^îste dans la charnière y le ligament élasUque , etlts muscles adducteurs, La charnière est cette partie du bord^ qui offre une disposition de dents et de cavités pi'opres à l'articu^tioii oUfi yalyes. Le Ugaraent est un amas de fibres cornées, élastiques, qui se portent transversalement d'une valve à. l'autre , et qui tendent toujours à les ouvrir. Sa position est susceptible de varier. Il est tantôt externe^ c*est-à-dire visible en dehors dans toute sa longueur, tantôt il est interne^ et ne peut être vu à l'extérieur. Il laisse sur la coquille des ti^aces dans les excavations où il était inséré. Les muscles destinés à lier ranimai à sa coquille. et à fermer les valves laissent aussi sur leur face interne des traces , auxquelles on donne le nom d'impressions musculaires; et l'on tire de ces impressions des caractères pour la distinction des genres de mollusques. Dans les ims , il n'y a qu'un seul muscle , et une seule impression centrale ; dans les autres , il y a deux muscles et par conséquent deux impressions , Tune anté* rieure et l'autre postérieure. Ces deux impressions sont liées par une ligne d'attache du manteau , appelée imrpression palléale.
Les mollusques , soit nus, soit testacés , peuvent être divisés en six classes , d'âpre la forme généi*ale de leur corps et de leurs organes de locomotion. Ce sont les ck-
PHALOPODES, les GASTÉROPODES, IcS PTÉR'OPODES , leS BRA- CHIOPODES, les ACÉPHALES et IcS CIRRHOPODES.