‹ Précis élémentaire d'hygièneChapitre 42 sur 105 · RE · texte numérisé non relu

RE

. Des Bains. — Des Lotions. — Des FEtuves.

L'influence des bains sur l’économie varie en rai son des mouvemens de l’eau, de sa température € des matières qui y sont contenues. ‘4

L’eau en mouvement enlève au corps vivant, dan un temps donné, une plus grande quantité de calorique que lorsqu'elle est calme. Elle agit en outrepai le choc en produisantunelégèreexcitation dela peau Lorsque le choc est considérable, comme dans le: douches, il en résulte un excitation proportionelle. Nous n’entrerons pas dans le détail des effets divers dé ce dernier moyen, qui appartient entièrement à la thérapeutique : ce serait sortir de notre sujet. Les bains se prennent ordinairement dans une eau calme, et c'est de ceux-ci particulièrement que nous devons por [ls n’agissent alors réellement qu’en raison de eur température ou basse ou élevée. Il résulte des expériences comparées de Poitevin , Marcart, etc., que le nombre des pulsations du pouls d’un hommé plongé dans un bain au-dessous de 34°C o'diminue; au contraire, lorsque la chaleur s’élève à plus de 34 C, il augmente. En nous servant de ce point de départ pour établir la classification des bains, nous appellerons bains chauds ceux dont la température est au-dessus de 34° C ; bains tièdes ceux dont la température est au-deSsous, et cependant assez élevée pour ne pas produire le sentiment du froid : tels sont ceux de 25° à 3oc C. Ce sentiment est ressenti dans les bains de + 20° C et au-dessous, mais avec des degrés de force bien différens : ainsi, tantôt il n'y a qu'un frisson, tantôt il s’y ajoute Le tremblement du corps et des mâchoires. Nous cousidérerons comme frais le bain à 18° C, où il n’y a que frissonnement; et commé froids, lesbains dont la température est plus basse. Cette classification appro= priée à l’organisation commune des hommes n’est ce: pendant querelative: ainsi, plus un individusera sen-

Nr LR OS At : 7.

+ Lo" Y LA

ue) Der .

; D'HYGIÈNE. 97 iblé, plus il aura besoin d’une température élev Un bain tiède lui paraîtra frais, etc. :

IL y a des bains très-chauds comme des bains trèsroids ; mais ils sont hors des habitudes du régime iÿgiénique : à —+- 42° 5o C, on peut considérer l’eau omme très-chaude, et elle sera très-froide au-desous de 5 à 6° C. | ; Quand on se plonge dans un bain froid il ya d’a- 0rd frisson , les papilles de la peau deviennent appaeuntes, la respiration se précipite; un instant après, hez les hommes vigoureux, la peau rougit, la cirulation s'active , il y a fréquence du pouls. Mais le entiment du froid ne tarde pas à reparaître d’une maière moins intense que la première fois, la fréquence lu pouls tombe au-dessous de l’état normal , la peau Alt, les vaisseaux superficiels disparaissent, la tranpiration diminue: de là l'augmentation de la sécréon urinaire ; le corps perddeson volume ; il survient le l’engourdissement , des crampes, du mal à la tête. :0rsqu'on en sort, tous les phénomènes changent ; les ivers organes présentent des apparences absolument averses ; il y a sentiment de chaleur, de force ; la peau ougit, la circulation s’accélète, etc. Le bain agit lors comme moyen tonique. En effet, il accroît l’éner. ie digestive celle des organes génitaux, ét laisseun entiment de-force remarquable. Cependant , il est angereux pour les individus faibles, les enfans et les ieillards. Chez les enfans il devient cause de convulons; on l’a vu produire l’apoplexie chez des vieilrds et chez des individus pléthoriques. Enfin, il en ésulte souvent des dérangemens dans la digestion, es coliques , des hémorrhoïdes , la diarrhée. L'usage es bains froids est particulièrement redoutable pour sindividus qui ont des maladies des organes respirares, ou chez lesquels ces organes sont pourvus d’une rande sensibilité; il a souvent des résultats fâcheux ans les pays chauds; il diminue les forces et peut mener des maladies graves. On doit éviter de S'y ter lorsqu’on est en sueur ; ét cependant il est bon

cas, on recommande de ne pas y séjourner plus:

et de chaleur agréable; la peau se ramollit ; l’épi

à PRET TUE TE BRIE UN : ; Ni. LEP À Foi

5 CNET ÉLEMENS #00 À de le faire précéder d’un exercice modéré; on doit aussi ou se faire des lotions froides sur la tête, ou se plonger dans l'eau la tête la première, Dans tous les |

cinqlà dix minutes. Les bains tr'ès-froids présententtot les effets que nous venons de décrire, mais dans degré d’énergié beaucoup plus grand, et qu’on doit pas rechercher en hygiène... 1

Dans les bains frais, on éprouve d’abord un frisso passager, la circulation se rallentit, un refroidisses ment s'opère. Mais loin d'augmenter par la natation: comme dans les bains froids, il diminue au contraire Après le bain onse sent plus de force, d’alacrité l'appétit ést plus vif, la digestion plus facile. :

Dans le bain tiède, il y a sentiment de bien-êt

derme s’en détache ; la vivacité de la respiration du pouls s’apaise ; il y a disposition au repos et : sommeil : on dit qu’il y a dans ce cas absorption d’et

viron 48 onces d’eau par heure. Quoi qu'ilen °h

est certain que le séjour dans l’eau à cette tempétaà ture a des effets débilitans et rafraïîchissans ; il dim nue la sensibilité générale, l’ardeur de la peau k fatigue ; relâche les tissus et favorise les excrétions'äl vines; maisil y a en même temps diminution dé forces musculaires. Au reste, ces effets n’ont lieu qu lorsqu'on y est resté plus d’une demi-heure. - # Dans le bain chaud, la respiration etla circulatio s'accélèrent; la transpiration est abondante; la À j et la face se couvrent de sueur; la peau rougit 5 veines superficielles se gonflent ; le volume du cor paraît augmenter ; la tête est lourde, et la ter dan au sommeil très-prononcée. Les parties génitales set

- méfient. L'usage de l’eau à cette température dimiai l'appétit et les forces museulaires; mais il augmen la circulation, la chaleur animale, exéite la peau

: es organes de la génération. AT 4100

Le bain esttrès-chaud lorsqu’en entrant dans lea en même temps qu’on éprouve la sensation d'u

7 2 2 ins chaleur très-forte, on ressent un frisson semblable à selui qui se manifeste dans l’eau froide. Cela arrive \ une température de 544 0R, 42° 5o + oC. La peau se contracte d’abord, puis devient rouge, chaude t se gonfle; la face, quoiqu’elle soit hors de l’eau . ‘ougit; la respiration devient fréquente; le pouls s’ac- ‘élère et devient plus fort; les veines superficielles se lilatent ; Le Corps paraît augmenter de volume. À ces remiers effets succèdeun état de malaise ; la transpiation est très-abondante ; la bouche devient pâteuse; | ya soif; la tête est pesante; quelque temps après il urvient de l'oppression , des palpitations, des veriges, la syncope; on a vu l’apoplexie en être le réultat. Pour éviter ce danger on doit de temps en ps se faire verser de l’eau froide sur la tête. Les lets de ce bain ne cessent pas tous dès qu’on en est > : ils subsistent plus ou moins long-temps. Le phéomène que nous rémarquerons d’abord comme le lus important estun accroissemen tconsidérable de la : haleur animale, capable de s'opposer assez longmps au refroidissement, et de rendre nulle la sention d’un froid assez intense. C’est ce QUI nous éxlique commen: les Finlandais et les Russes, en sornt de leurs bains très-chauds, peuvent impuné. ent se rouler dans la neige. Les autres effets dont la 2sistance est encore assez durable sont la fréquence à pouls ; l'accroissement de la transpiration , l'inap. ‘ence, Il reste un sentiment remarquable de faiesse et de fatigue.

‘On met souvent dans l’eau du bain diverses sub ances médicamenteuses, soit qu’on veuille les faire sur la peau, soit qu'on les destine à quelque aue action spéciale. Ce n’est point ici le lieu d’en parr. L'eau de mer forme un bain\de ce genre; elle ntient une très-grande quantité de sels ; Sa densité plus grande : aussi la respiration y est plus diffie, plus courte et précipitée. Il ya en même temps ie irritation assez vive de la peau ; la tem pérature ailleurs se rapproche ordinairement de celle du

ARR nu ei d L't Mae pot 70 NA [AL

HE ke

100 ÉLÉMENS bain frais, et elle est rarement dans un état calme en sorte que toutes les circonstances concourent : rendre l'immersion tonique et fortifiante. On ne doi pas se mettre dans l’eau dé mer à la marée montante parce qu’alors elle est moins pure, et qu’elle occa sione des rougeurs et des démangeaisons à la peau:

Les bains partiels, en hygiène, doivent être con sidérés uniquement comme moyens de propreté.Sot ce rapport ils sont du même genre que les lotions. | est imprudent de les employer à une températur beaucoup au-dessous de celle du corps vivant, SuI tout lorsque celui-ci est en sueur : on pourrait par-| donner lieu à des suppressions de transpiration et des maladies variées. Le bain de pieds froid est sul tout à craindre. Ses suites les moins graves sont di coliques, la diarrhée ; aux approches de la menstrué tion, il peut l'empêcher de paraître, et la supprime lorsqu'elle a lieu. Le bain de pieds chaud, au coi traire, la provoque; il fait gonfler les veines supel ficielles du pied ; augmente d’abord l’afflux du san dans les membres inférieurs; s’il est prolongé, s0 effet devient général ; la circulation s'accélère; il y augmentation de la transpiration, r.

Les étuves sont sèches ou humides; la températi y est ordinairement très-élevée. Elles ont presque I mêmes effets que le bain très-chaud + ainsi on y éprou des picotemens à la peau ; celle-ci rougit et se gonfl Ja transpiration et la chaleur générale augmentent ;. respiration et le pouls s’accélèrent ; il y a soif, pes teur de la tête , etc. La sueur est peut-être plus aboi dante que dans les bains chauds; au moins est-il ct tain que le poids du corps y est diminué. Lorsque tête est enveloppée Le la vapeur contenue da J'étuve, on éprouve des anxiétés, uñ malaise, ül chaleur à la face, des étonrdissemens, qu'il est imp sible de supporter long-temps. ASP ÿ

P ie F1

Sig L > jee LA . D'HYGIÈNE. PNA r° OP (a DEN = Des Frictions, des Onctions, etc.

Nous ne nous occuperons ici que des frictions qui onsistent dans de légers frottemens exercés sur la eau, soit avec la main, soit avec un corps sec, tel que à flanelie, les brosses fines de poils de chèvre, ete. les stimulent légèrement la surface cutanée, font >mber les écaillesd’épiderme qui la recouvrent, y apellentlesang, et facilitent la transpiration insensible. Îles peuvent suppléer jusqu'àun certain point l’action € la lumière solaire et de l'exercice sur les fonctions e la peau, et comme telles conviennent aux persones sédentaires, à peau décolorée, à constitution lymhatique. Elles sont d’un usage très-utile dans les emps froids, et surtout dans le froid humide; elles a combattent les effets, et diminuent la disposition ux affections catarrhales.Les Russes, dans leurs bains; ui sont de vrais étuves, se font flageller et frictioner avec des branches dé bouleau: il en résulte tou- >urs l'augmentation de la sueur et de la sensibilité utanée, que le froid de l'atmosphère tend à dimiuer. Par cette pratique ils se rendent plus capables e le supporter sans inconvénient.

Les onctions étaient d’un usage général dans l’antiuité. Aujourd’hui, dans nos contrées civilisées, on ne s emploie guère que comme moyen curatif. Les oneons avec l'huile, la graisse , augmentent , dit-on, la apacité de résistance à l’action du froid. Il est certain u’elles rendent la peau souple, brillante ; mais elles e diminuent pas la sueur comme on l’a dit; et si on s laisse séjourner sur Le corps, elles ne tardent pas à venir rances etirritantes ; elles causent des démansaisons, des boutons, des érysipèles.Les onctionsfaites rec le savon diminuent la disposition à transpirer ; les sont aussi légèrement irritantes : aussi on ne doit s laisser séjourner le savon sur la peau. Celles-ci -uvent être considérées comme utiles dans les cas de Htagion, et comme préservatives, à un degré très-

faible, il est vrai. Nous ne croyons pas que les onctions puissent être considérées en hygiène comme ut moyen fort utile, et que nous devions beaucoup re: gvetter les usages anciens à cet égard. |

- Dans l'Orient et dans beaucoup de contrées chau: des, le massage est une pratique accessoire des bain ; dans quelques pays on l’emploie comme ur moyel propre à faire disparaître la fatigue. Il consiste à pé trir en quelque sorte les membres par des pression douces et répétées sur tont le corps: il paraît qu'il a dans cette opération , pour celui qui la subit, quel

que sentiment de volupté étranger au seul bien-êtr

ue résulterait de l’aisance des mouvemens et dé onctions, | 2

SECTION II. F4 DE L'USAGE DES CHOSES QUI PEUVENT ÊTRE APPLIQUÉE A LA SURFACE DU CORPS. s &: $ Des Habillemens. Æ .

1, homme a besoin de vêtemens, parce que sa peit est fine, très-sensible, et dépourvue d’une fourrür naturelle, etc. Il est possible que l’épiderme s’épais sisse dans quelques parties du corps; mais ces partie sont en petit nombre et peu étendues ; et si cet épais sissement était général , nous-perdrions un de nos set les plus précieux. Dans les contrées où l’homme mar che nu, il est obligé de recourir à des onctions plu ou moins épaisses, capables dele soustraire aux piq res des insectes, et de diminuer l’influence des chos qui l'entourent ; et s’ilne porte pas d’habits, on pet dire que c’est par ignorance et misère plutôt que pa ehoix : aussi, au fur et à mesure qu’une société joui de plus d’aisance, son costume se perfectionne. Il é certainaujourd’huique les rhumatismes,les catarrhes les péripneumonies, les gastro-entérites , sont très communes et fréquemment mortelles chez les homnmi que nous appelons sauvages. La phthisie n’est pas plu

FA » Le Hi # Ed À Lu d° MS a Lu "4 Le

| ri" | Ci 141

are chez eux que chez nous; seulément elle arrive ien plus vite à son terme. Si lon ne voit parmi éux ue des individus robustes , c’est que presque tout ce ui est faible a été moissonné, etc.

Il est certain qu’au moyen du chapeau nous som- 1es moins exposés aux ophtalmies , aux otites et aux uxions que lesanciens, qui allaient tête nue. Ce qu’on apporte des Égyptiens, qui avaient le crâne plus pais parce qu'ils ne se couvraient pas la tête, est un onte bon tout au plus pour des enfans. Le chapeau oit laisser entreson tissu et la tête un espace plus ou 1oins considérable, afin que cetisolement l'empêche ese coller, pour ainsi dire, à la tête, lorsqu'elle est chauffée. Les chapeaux recouverts d’une toile cirée, ‘un vernis, retiennent la transpiration, et maintienent le crâne dans un bain de vapeur qui le rend plus -nsible au contact de l'air; ils sont plus chauds. Ceux ui sont fabriqués avecle poil de chatsont plus chauds ué les feutres formés avec toute autre substance. Les hapeaux noirs exposés au soleil offrent, dans leur apacité, un demi-degré de chaleur de plus que les bapeaux blancs. +

L'usage général de la toile appliquée sur la peau a u des résultats hygiéniques avantageux ; la propreté st devenue plus facile, plus commune et plus comtête. AuSsi at-on vu diminuer le nombre des maidies de la peau, et plusieurs des plus dégoûtantes isparaîfre : telle est la lèpre. Dansle treizième siècle, aint-Louis dota 2,000 hôpitaux de lépreux qui exisaient en France ; aujourd’hui il est très-rare de renontrerun malade attaqué de cette horrible affection. est vrai que les changemens apportés dans l’alimenation ont aussi contribué à cette disparition. Il n’est as sain de garder long-tempsle même linge. La malropreté , à cet égard, s’observe au plus haut degré hez les ramoneurs , -et il en résulte pour eux une aaladie p'rticulière. Lorsqu’on se sert de flanelle ou e laine” ur la peau, on doit changer souvent ce véem .et le faire bien lessiver: autrement les incon--

14 FRE Ru UNSS .104 ÉLÉMENS véniens qu'on cherche à éviter pourraient survenir. L'usage de la flanelle et de la laine convient aux individus faibles, dans les temps froids et humides. ; Le vêtement doit être lâche ; plus lenombre des piè* ces qui le composent est grand, plusil y a deligatures; et nous avons vu quels étaient leurs effets. A. cet égard , la mode est devenue plusconvenable à la santé chez les hommes : cela esi si vrai qu’aujourd’hui quelques unes des maladies dont nous avons parlé sont plus communes chez les individus qui ont con= servé l’ancien costume , par préjugé ou par état, que chez tous les autres ensemble, quoique ceux-ci soient bien plus nombreux. ‘4 Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit relativement au costume des femmes. Nous de vons faire observer seulement quéla partie antérieure et supérieure de la poitrine, l’espace situé entre les: deux épaules, le haut des bras, sympathisent forte= ment avec les organes contenus dans la cavité thorachique; le refroidissement de ces parties , ainsi que ce= lui des pieds, ne manque guère de causer des rhumeés, des pleurésies , des pneumonies. Aussi, le plus grand nombre des filles publiques, qui ont toujours ces par= ties peu ou point couvertes, périssent de ces maladies, quand ce n’est pas de la siphilis. Le froid cause souvent l’inflammation des mamelles, surtout chez, les femmes enceintes et chez celles quinourrissent. La plante des pieds sympathise avec le colon, l'utérus ; de son refroidissement naissent des suppressions , des. catarrhes du vagin, des coliques, etc. Nous termiss nerons en recommandant aux femmes de porter des caleçons, moyen propre à éviter beaucoup d’incoms, modités, suite du refroidissement en hiver et de la malpropreté en été. :

Page 1