‹ Précis élémentaire d'hygièneChapitre 43 sur 105 · CAL · texte numérisé non relu

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Î Des Cosmétiques. “|

L'usage des cosmétiques propres à conserver à la peau sa fraîcheur habituelle a toujours pour résul=.

to D'HYGIÈNE. 105 tat le maintien dela propreté, et, comme tel, est d’une utilité directe pour la santé. Il n’en est pas de même des diverses espèces de fard : nous avons vu que leur moindre inconvénient était d'augmenter l’état de la peau qu’on cherche à masquer par leur emploi. Dans tous les cas, on devra préférer le fard blanc fait avec le blanc de baleine et le rouge virginal: on évitera du moins les influences funestes des substances métalliques qui entrent dans la composition des autres fards. Quant aux applications capables de maintenir la fermeté de certaines parties, on ne doit pas ou- * blier que leur usage n’est pas sans danger , et qu’on est loin de pouvoir compter sur leur effet. À cet égard, les meilleurs moyens se trouvent dans lobser-vation des lois de l’hygiène exposées dans le cours de cet ouvrage, et dans le soin à obéir aux exigences de nos fonctions. Pour les organes de la généralion , le repos est le plus capable de tous de leur rendre la fermeté qui leur manque, et.en partie leur fraîcheur première. Il en est de même pour les ma- melles : la chasteté, l'absence de toute compression, de toute violence, le soin de les garantir du froid et de l’humidité, la propreté, l’accomplissement des fonctions de nourrice, sont les meilleurs cosmétiques.

Des Bains, Lotions, etc.

Leur usage plus répandu a contribué ainsi que celui du linge à la diminution des maladies cutanées. Aujourd’hui il est rare de rencontrer la malpropreté, sous ce rapport, même dans les classes ouvrières; cependant elle est plus commune chez les femmes que chez les hommes , et ce n’est guère que chez elles qu’on en trouve des exemples. Il est certaines professions qui ont plus besoin:que d’autres de lotions et de bains : telles sont celles qui forcent à viyre au milieu d’une atmosphère de poussières métalliques ou autres. Le séjour de ces substances sur la peau non seulement nuit à la régularité de la

transpiration, mais encore augmebte. le danger de

“}’absorption de certaines d’entre elles. Les ouvriers” qui travaillent dans des atéliers de teinture, ou au milieu de miasmes fétides, doivent également y por-0 ter une grande attention enfin , toutes les personués qu'une vie sédentaire soustrait à l'influence du grand air et de la lumière, la plupart des habitans des villes sont dans ce cas, trouveront un grand avantagéà user | des lotionset des bains. Les vieillards, les enfans et les adolescens doivent yrecourirsouvent. Après des veilles, des fatigues, où à la suite de l’exposition à la pluie et à l'humidité, un bain tiéde calmera l’irritation générale dans le premier cas, et dans le second rappellera la transpiration presque disparue. Dans été, la peau devient le siége de sueurs considérables, de démangeaisons et d’éruptions incommodes. Le baïn frais sera très-propre à enlever cettesurexcitation cutanée. Dans lies contrées septentrionales et dans les” hivers rigoureux , l’action du froid tend à diminuer” les fonctions de la peau, et se fait sentir d’une ma-" nière désagréable à sa surface : c’est alors seulement que l’usage des bains chauds ou très-chauds, des étuves, aidé par des frictions , des flagellations, devient, hygiénique ; par suite on acquiert une puissance de résistance au froid telle, que les Finlandais et les Russes ne sentent pas l'impression de la neige dans” laquelle ils se roulent en sortant de leurs bains. Le bain très-chaud serait mortel dans un pays méridional.ou en été.

Des Soins de propreté! S ” 41 La propreté se maintient à l’aide des lotions, des” baïns , des frictions et du fréquent renouvéllément: du liñge. Ce dernier moyen pent suppléer, jusqu’à, un certain point, à l'usage des autres ; il lés rénds moins nécessaires. La malpropreté de la tête favorise le développement de ia vermime chez les enfans, et amène diverses éruptions auxquelles succèdent sous

PRET" D'ÉYGIENE: 107 yent dés ulcères superficiels. À la peau du visage et lu corps, elle donne lieu à des démangeaisons, à des lartres, et devient cause d’émanations odorantes désagréables; dans la bouche, elle produit des aphtes, it favorise la carie des dents. Elle doit être évitée urtout aux surfaces qui sont le siége d’une sécrétion particulière, et sur les parties dont la forme tend à conserver les matières qui s’y accumulent : tels sont le bord libre des paupières, la conque de l'oreille, les aisselles, le nombril, le gland chez l’homme, les grandes lèvres chez la femme, etc. Il peut en résulter des incommodités désagréables et quelquefois graves ; d’ailleurs, en général, la malpropreté nuit à l’accomplissement des fonctions de la peau, et pré: dispose ainsi à des congestions internes. La propreté est donc un moyen hygiénique puissant. Chez les citoyens des villes, elle remplace jusqu’à un certain point l’usage de l’exercice dans un air pur et à la lumière; elle leur est plus nécessaire qu'aux habitans de la campagne. L'enfance, la jeunesse, Ja vieillesse, les personnes faibles, en ont plus besoin que les adultes robustes. En un mot, on peut regarder les soins de propreté, devenus presque universels, favorisés d’ailleurs par certaines modes, telles que l’usage de’ se raser la barbe, de se couper les cheveux, comme une des causes qui concourent à augmenter la durée moyenne de la vie dans notre siècle. l

La manière dont les ongles des orteils sont coupés n’ést pas indifférente. Lorsqu’on les coupe courts et en demi-cercle comme ceux des doigts, leurs bords latéraux entrent dans les chaïrs : de là des douleurs, et quelquefois des ulcères qui ne peuvent être guéris que par l’arrachement de Pongle. On évite cet inconvément en les coupant carrément.

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10 ie ÉLÉMENS De CHAPITRE IL |

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ALIMENS. — (INGESTA. ) $ 1%7. — ALIMENS PROPREMENT Dis.

Les alimens sont les substances qui, pénétrant audedans de nous par les voies digestives, servent à l'accroissement, au développement et au renouvelment de tous nos organes , en ajoutant à leur composition, ou en réparant leurs pertes. |

Les boissons, soit. qu’elles contiennent quelques

matières alibiles, soit qu’elles facilitent simplement l'assimilation des substances réparatrices, doivent être comprises dans cette définition , étferont un des. articles de ce chapitre. | |

Nous devons y envelopper également, comme dé-*

pendance , les assaisonnemens qui sont joints à la”

plupart de nos mets, et sur lesquels nous jetteronsun Coup d'œil immédiatement après nous être occupé

des alimens proprement dits. Ces derniers sont tous”

pris dans le règne organique, parce que les sub-

stances végétales et animales sont les seules qui, par.

leur analogie avec la composition de nos organes,

puissent fournir, dans la disposition la plus favora- !

ble , les élémens de leurs molécules intégrantes.

Le règne inorganique ne fournit que des assaison- » nemens. Les alimens doivent avoir des qualités gé- ” nérales telles qu’ils n’altèrent point nos tissus c’est | ce qui les distingue des médicamens et des poisons. |

Mais ils ont aussi des qualités particulières qui les ren-

dent plus ou moins aptes et prompts à remplir les

conditions de l’assimilation. Leur mode d'action sur .

ceux de nos organes qui président à leur digestion,

mi

ou l'influence plus tardive et plus profonde qu'ils

RTE EU, 4: ï TE

| . D'HYGIÈNE. 109 exercent sur les autres, permet de les examiner partiellement, et de les soumettre à certaines divi-

» sions. HR 4 | On a long-temps recherché quelle est, dans toutes les substances alimentaires, la matière réellement nutritive, celle dont la propriété est de pren-

dre la forme et la nature des différentes parties qui composent notre corps. On s’est demandé si cette matière est uniforme, toujours la même, ayant toujours les mêmes caractères et les mêmes propriétés.

Pour résoudre cette question, on a examiné suc- Cessivement les substances qui entrent dans la com Position de nos organes, et on a recherché ces mêmes substances dans les alimens dont nous faisons usage.

Mais, malgré l’analogie que présentent les deux termes de comparaison , il existe entre eux une diffélence qui consiste uniquement dansun ordre de com- Dinaisons ou de P'oportions qui manque à nos ali- Mens, et qu'ils prennent au-dedans de nous en s’assimilant aux diverses parties de notre corps. Des substances fort différentes produisent à peu près les mêmes résultats, La matière nutritive ne paraît point être uniforme et invariable. Cependant il est certaihes substances qu’on trouve en proportions différentes dans toutes les matières alimentaires, et dont les quantités relatives Peuvent servir de classifi-

cation.

“La division des substances alimentaires en matières végétales et animales est sans Contredit une des plus naturelles, et, bien qu’on rencontre dans les unes'et lans les autres des principes communs, leur organiation, leur mode d'action sur l’économie, sont tellenent différens , qu’il existera toujours entre elles une igne de démarcation bien sensible.

Nous allons les examiner successivement, en comnençÇant par les substances Yégétales : ainsi nous traiérons, parmi ces dernières, de celles qui contien-

“Te a ÿ D", LEARN ve > LOST PSE CLS T ENS

FPRe TT ÉLÉMENS ne # nentprincipalement la fécule, desgommes et des mu- | cilages, des sues gélatineux et mucilagineux végé- | taux unis à une matière sucrée, à divers acides, à un » principe aromatique, à une matière extractive colo- … rante; et parmi les matières animales, de celles dont # la base est albumineuse ou caséeuse, et de la chair des animaux, que nous examinerons successivement » dans les quadrupèdes, les oiseaux et les poissons. Tou- # tefois, nous devons faire remarquer, avant de nous … arrêter à chacune de ces divisions, que nos alimens M sont loin d’être composés de ces substances pures et

isolées, mais bien de la réunion de plusieurs d’entre : elles, dontles proportions différentes constituent cha- , eun des corps nutritifs. Ils ne sont donc classés que

d’après leurs bases principales. À]

SUÉSTANCES VÉGÉTALES.

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De la Fécule, et des Alimens qui la contiennent. |

La fécule amylacée, farina alibilis de Haller, est& une des substances alimentaires les plus répandues. Elle existe à différentes proportions dans les grains det toutes les légumineuses ét des graminées, dans le froment; dansl’avoine, qui prend le nom de gruau lors=" qu’elle est dépouillée de son envéloppe ; dans la poi=" me de terre; les racines d’arum, de bryone; les ra. cines d’igname et de manioc. On la trouve encore, dans le salep, le sagou , moelle de la tige de diverses” espèces de palmiers. Cette substance esien petits cris - taux brillans où sous ta forme d’une poudre blanche, insipide, inaltérable à l'air, insoluble dans l’éthéret! dans l’eau froide, soluble dans l’eau bouillante; sa dissolution se prend en gelée par le refroidissement: Elle est d’une digestion facile, irès-nourrissante, ét forme peu de matières excrémentitielles. En consé= quence, elle a pu être regardée comme resserrante @ sèche , suivant l'expression d'Hippocrate : c’est ainsi

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$ Ave Kurt à " ' Rés we fait”. D'HYGIÈNE. « IT jue le riz a été considéré comme résserrant le venre. (ai) S ! A AE

On a attribué aux. plantes féculentes, à quelques es surtout, la propriété de produire des gaz intesinaux, et leur qualité fermentescible en a paru la ause; mais on pense maintenant que les gaz intestiaux sont Le produit d’une véritable exhalation qui e fait à la surface des intestins, et la présence de ‘es gaz après l’ingestion de certaines substances légunineuses paraît être due au peu dedigestibilité de leur nveloppe , tellementréfractaire à l’action des forces astriques , qu’elle est rejetée dans les sellessans avoir ubi la moindre altération. |

De quelque part que la fécule soit tirée, elle est oujours la même, tantpour le goût que pour les proriétés chymiques, pourvu qu’elle soit bien séparée es parties auxquelles elle se trouve mélangée, et la éeule qu’on préparait autrefois dans les pharmacies vec les racines de bryone et d’arum ne diffère en ren de celle de la pomme de terre. æ

Les différentes substances avec lesquelles elle est nélée dans les corps contribuent à nous offrir sous aille formes plus ou moins agréables cet excellent liment. s :

Ilest presque pur dans l’orge et le riz parfaitement nondés: aussi voit-on que leurs grains, quand on les ait bouillir dans l’eau, se gonflent et deviennent à lemi transparens: Il en est de même du sagou. Cette ropriété est celle de la fécule pure : aussi ces alimens ont-ils, de tous, les plus doux, ceux qui passent avec” : plus de facilité, qui nourrissent le plus promptenent. :- d

La fécule est peu mélangée dans le maïs, aliment ès=usité dans diverses provinees, telle que la Fran-

- - | (1) On'entend tous les jours attribuer cette propriété au riz : est une erreur comme tant d’autres. L'eau de riz n’a ‘aucune ‘opriété spéciale : c’est une bonne tisane qui n’a aucun ayange sur les décoctions d'orge, de gruau, etc.

| Fr ka . ET 112 : ÉLÉMENS - 0 + che-Comté, la Bresse, le Languedoc, et dans plusieurs parties de l'Espagne. Le millet se trouve à peu près dans les mêmes conditions : c’est cette substance

i sert à faire la bouillie si usitée des peuples occi- Rens de l’Afrique, qui est presque leur seul al ment, et qu'ils nomment le couscous.

Le blé sarrasin, l’avoine, et, parmi les plantes légumineuses, les haricots, les pois, les gesses, les len— tilles , les fèves, contiennent une certaine quantité de matière sucrée unie à la fécule. Dans presque toutes! les légumineuses et les céréales, le goût sucré est plus sensible avant la maturation de la graine, et disparaît presque entièrement quand la maturité est parfaite. Cette propriété donne aux graines nouvelles un agrément qui nous fait rechercher avec avidité les pois avant leur maturité : ils sontalorspleins d’une eau sucrée qui se convertit bientôt en substance farineuse.

La châtaigne est une des graines farineuses où la substance sucrée est le plus évidente. Elle contientunr sucre parfaitement identique au saccharum officis nale ; la variété cultivée en Toscane en renfermé quatorze parties sur cent. Cette graine est un des ali mens les plus utiles , les plus nourrissanis; une grande partie de la population de la Dordogne, de Ja Corrèze, de la Vienne et de la Charente, s’en nourrit pendant plusieurs mois de l’année. ÿ

La patate d'Amérique contient aussi beaucoup de sucre uni à la fécule. 4 : ; :

Quelques matières colorantes s'associent à elle dans plusieurs légumes, comme dans les lentilles, les gesses, les haricots rouges , et contribuent à leur don ner un goût particulier. EE £

Les semences connues sous le nom d’émulsives contiennent communément un principe rer d'une saveur amère et acide. Presque toutes sont blanches. L'huile y est unie à la fécule , mais on la sépare aisément par la seule expression. C'est à cette huile qu’on doit attribuer la difficulté avec laquelle ces semences se laissent pénétrer dans l’eau même

y AUS PAYS AE LAN ESEERE 7 j " D'HYGIÈNE. 113 bouillante. Elles sont nourrissantes, comme toutes les substances qui ont la fécule pour base ; mais elles résistent à l’action de l'estoma elles sont peu brisées , et passent presque sans altération par les selles À si on les prend tout entières. Beaucoup de personnes sont incommodées par cet aliment. Un grand nombre de semences émulsives, principalement celles des familles des amandiers , telles que les amandes amères, celles des pêchers, des abricotiers, contiennent un principe amer, qui n’est autre que l'acide prussique. Il est très-dangereux quand il est concentré : aussi ne pourrait-on impunément prendre une grande quantité d'amandes amères. Mais lorsqu'il est fort étendu, loin de déterminer des accidens fâcheux, il sollicite la contractilité de l’estomac, et rend moins difficile la digestion assez pénible de ces semences émulsives : aussi mêle-t-on avec avantage quelques amandes amères à la préparation du lait d'amandes.

… Les noisettes et les noix ont une saveur particulière, un principe odorant qui leur est propre, et ce principe ne permet de confondre leurs huiles ayee d’autres ni pour l'odeur, ni pour la couleur. Les noix en contiennent une grande quantité, excepté quand elles sont jeunes et en cerneaux : aussi sontelles âcres et se, digèrent-elles difficilement quand elles sont anciennes.

La semence du cacao présente les mêmes caractères, et de plus une matière colorante brune, amère , légèrement aromatique et qui lui donne des propriétés excitantes La fécule est quelquefois unie dans le même végétal à un corps vénéneux abondant ; mais alors les moyens les plus simples suffisent Presque toujours pour les séparer. Dans le manioc, la

fécule sort pure de cette racine quand on en a ex-

a le suc vénéneux. Les sucs âcres contenus dans es racines d’arum et de bryone n’altèrent nullement les matières alibiles qu’on en retire. |

Toutes les substances farineuses dont nous avons parlé jusqu'ici sont impropres à faire du pain,

PUS SP TAN or ER 114 ÉLÉMENS an ce c'est-à-dire à former , avec l’eau, une pâte qui lève ! en fermentant. Les pains d’orge et de riz.ne valent rien : ce sont des masses friables , gercées, et aux=. | quelles la fermentation ne donne aucun goût agréable. Le pain des nègres, fait avec la fécule de manioc, n'est qu'une galette mince dont la pâte est! boursouflée par la cuisson. Mais il est une autre sub- E. stance bien remarquable , dont la présence dans une rl matière farineuse lui donne , lorsqu'elle est humec- Li tée par l’eau, la propriété de former une pâte plus « ou moins liée ; et de s'étendre sans se rompre : c'est le gluten découvert par Beccaria. Il est mou, solide,

d’un blanc grisâtre , très-visqueux , collant, insipide « et d’une odeur spermatique ; il est trés-élastique et

peut s'étendre en lames minces. Il doit plusieurs de « ses propriétés à l’humidité qu’il renferme : car si on " le fait dessécher, il devient d’un brun foncé, fragile, " très-dur et à demi transparent; sa cassureest vitreuse ;'

il a beaucoup d’analogie avec la fibrine et est mélé Ê £L

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