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souffrir lui:même. Îl ne faut pas oublier que tout or: | , EP » je n'y ei Es € 5h . — 9 | gane négligé #perd de sa vigueur, et que ceux qu’on |
propres dépens. Il faudrait donc s'appliquer à redresser ainsi, par une sorte de révulsion , les éca
d’autres l’excès de vitalité qu’ils ont reçu en partagei De ceite manière, et à force de patience, on pars
énergie à des facultés à peine indiquées , et à en af> faiblir d’autres qui prenaient un accroissement fà
mer de pareilles tendances, au moins pourra-t-on 4 dans un grand nombre de cas, en paralyser les résulé tats par un égal développement de penchans propres à les contrebalancer. C’est ainsi qu’en rappelant sou= vent un jeune homme au sentiment de sa propre dis gnité, on le mettra dans Le cas de résister au désir de se livrer à des actions et à des passions honteuses aux# quelles il pourrait être disposé. Le sentiment de la justice , quelques autres moins profonds et moins res=
réputation , la vanité même, seront quelquefois des freinssalutaires qu’il importera d’opposer à de maltheu reuses tendances. Mais ce qu’il convient d'éviter ave le plusgrand soin, c’est que les aptitudes de l'enfant ne
’exaltent jamais au degré de passion. Que deviendran un jour l’homme, qui dès son enfance aura senti 14
pouvoir nous étendre davantage sur un sujet tropm gligé., et pourtant d’une si haute importance. Ce vérités méconnues #’ont pas seulement pour résul de contribuer à rendre les hommes malheureux dans leurs relations : elles les font aussi plas maladifs qu'ils ne le seraient , à cause de la grande influence qu’exef: | cent les passions sur tous les appareils. Il est une ma. ladie surtout, la plus fâcheuse de toutes, qui estsou-
L L' SDIÉNGIENR — : 25 k ! LAURE - DT nue PEN :
| went la suite de l’entraînement des passions, c’est la folie. Assurément si le courage était plus exercé dans | lenfance, si on habituait l’homme dès ses jeunes années. à savoir résister au mal, il saurait ensuite le . supporter avec plus de raison, et perdrait moins sou-
+ vent l’usage de son intelligence, lorsque l'adversité. l'accable, | | ' \ | Les passions immodérées exercent la plus fâcheuse | influence sur l’économie en général. L'amour, l’am- . bition, la jalousie arrêtent l’action gastrique, trou- |: blent le sommeil , ôtent l'usage de la raison, déter- * minent des maladies ducœur. Jamais ces dernières | affections n’ont été plus fréquentes que pendänt la . période active de notre révolution , qui, par son im- portance, ses dangers, son action sur la société tout entière a mis tant de passions en présence.
Après avoir jeté un coup d’œil sur les affections en général, livrons-nous au rapide examen de celles qui exercent une action spéciale sur l’économie.
b0 La joie, lorsqu’elle est modérée, ne peut avoir que | - des effets avantageux. Le sentiment qu’elle fait éprouver est un état d’aise et de satisfaction, qui ne fait qu’activer l’exercice de nos organes. Lorsque sés atteintes au même degré de modération sont constantes, elles impriment à la physionomie une expression générale d’hilarité. C’est ce qu’on voit sur les visages d’un grand nombre d’homines chez lesquels des ha- . bitudes simplesexcitent peu d’inquiétudes. Ces figures . épanouies se rencontrent bien plus fréquemment dans les campagnes qu’au milieu des grandes villes. La Joie immodérée est loin de produire les mêmes résultats. Ses vives atteintes émeuvent trop fortement pour ne point produire de désordre, surtout chez les |» personnes d’une constitution très-irritable, et qui sont peu familiarisées avec de fortes impressions. La |: digestion s'arrête, la circulation est troublée, la res- | piration entrecoupée, des larmes s’échappent des | yeux, tout le corps est tremblant, la voix ne se fait | plus entendre, quelquefois l’action cérébrale se suse
sé
* fonctions sont troublées comme par la joie immodé- M
dée : le corps est ordinairement courbé. Toute l’ha- :
276. - ÉLÉMENS. , . F0 pend complétement , une syncope survient, et peut. même être suivie de la mort ; on en cite plusieurs exemples. De pareils accidens n’arrivent guère que chez les femmes et les vieillards (1). Aussi convientil de ne jamais les exposer ‘à l’action d’une joie immodérée, mais de leur en présenter insensible- M ment les atteintes, de manière à ne causer aucune à surprise. LOC à
La douleur produit toujours des effets fâcheux. La K tête devient lesiége de vives souffrances. Toutes les #
rée, mais avec un sentiment d’anxiété bien différent. 4 Une oppression profonde gêne la respiration de w l’homme que vient d’accabler un grand chagrin, son M appétit se perd, des sanglots s’échappent de sa poitrine , ou bien il est frappé d’une mornestupeur. Plus Mi d'occupation possible ; une idée constante le domine, «M c’est sa douleur; plus de sommeil, ou bienil est agité par des rêves affreux. Si cet état se prolonge, il peut M déterminer les affections aiguës les plus graves, telles M que celles du cerveau, ou de tout autre organe ac- Ne | tuerlement disposé à se prendre. L’antiquité èt les # temps modernes offrent d’assez nombreux exemples, L dé personnes mortes subitement de douleur, et il M n’est point de médecin qui n’ait vu plus d’une ma- 4 ladie déterminée par le chagrin. Si ses effets sont moins prompts, ce sentiment imprime à la figure L une expression particulière; les yeux sont caves, « estraits contractés, la peau séche, terreuse et ri-
bitude extérieure est modifiée, la physionomie, le #
(1) Chez les uns et les autres, ces phénomènes sont loin de
reconnaître la même cause, La sensibilité des vieillards est peu vive; mais chez eux la suspension des fonctions circulatoires M déjà presque constamment altérées ne peut avoir lieu sans un an ger imminent. On dit que Sophocle expira de joie en rece- | vant le prix de la tragédie, et que les hommages publics rendus … à Voltaire, à la représentation d’une de ses pièces de théâtre, M
ayancçcèrent sa mort, É Er:
3 + D'HYGIÈNE. 279 geste, jusqu’à la démarche de l’homme qui a beaucoup souflert, attestent, à ne point s’y tromper,
Imeur est devenue sombre, acariâtre ou caustique ; il | lbaît les hommes. L’aliénation est une des suites les plus communes du chagrin. Nous ne nous arrêterons |pas à faire un tableau du désespoir. Cette violente pasion qui s’exhale souvent en cris et en imprécations, [mais quine se manifeste que par un muet accablement
ichez l’homme courageux , ue saurait être de longue
nons d'indiquer. La douleur est loin de produire les mêmes effets, selon que ses atteintes sont brusques ou graduées, et telle personne aura perdu lusage de la raison en apprenant tout à coup un malheur inatten-
avec ménagement. Ici les préceptes déjà indiqués doivent être observés à l’égard des femmes et des vieil-
dans une pénible incertitude que leur révéler la. calamité qu'ilssoupconnent. Les effets d’une pareille in-
rance positive du coup que l’on redoute, et sont ailleurs un acheminement convenable vers ses atteintes. RAT
|. Le regret des lieux habités pendant l'enfance détermine souvent une maladie particulière (1), quise dissipe par le retour ou même seulement par l'espoir de revoir prochainement le pays regretté. Il est fort important dans un pareil état, de soutenir, de ré- [veiller cette espérance et de ne présenter au malade que des probabilités d’un prompt retour. ;
ln L’orgueil n’est vraiment une passion que lorsqu'il est vivement irrité. 11 développe alors de la colère , He l'envie; nous aurons à nous occuper plus tard de ECS AE RO CL dire PLEASE IERReE a”
|. (1) La nostalgie ou maladie du pays.
la nature des lougues impressions qu’il a ressenties. Son cerveau a été profondément influencé; son hu-
est défiant, soupçonne toujours le mal, méprise ou
durée sans produire les funestes résultats que nous ve-
du, qui l'aurait conservé si on eût pu l’en instruire lards: il vaut beaucoup mieux les laisser long-temps
ljuiétude sont infiniment moins ficheux que l’assu-
278 ÉLÉMENS ces deux passions. L’amour-propre est plus ou moins prononcé chez tous les hommes. Ïl n’est pérsonne qui ne soit disposé à se laisser aller à ses atteintes ; c'est peut-être le sentiment qui s’accroisse le plus facile ment, et qui produise le plus de désagrémens dans les rapports habituels. Il s’exalte par les succès et pa la louange. Rien de plus dangereux que la flatterie elle habitue les gens assez faibles pour l’admettre com plaisamment, à ne pouvoir plus entendre la vérités L’amour-propre est surtout insupportable.chez les gens nuls ou médiocres, et il fatigue même ct a quel= que chose d’insultant et de désagréable chez l’homme de mérite. La louange-immodérée ôte à la pluparts des femmes beaucoup d'avantages: c’est leur rendré ‘Un mauvais service que d’exciter incessamment leur vanité par des complimens exagérés. Mais c’est sur=# tout chez les enfans qu’il est dangereux de dévelop= per ce sentiment. Lorsqu'il a été inconsidérément exercé à cet âge, il devient d’une irritabilité exces# sive, trouble les relations les plus intimes, consume! au moindre insuccès ceux qu’il tourmente, et peuth altérer profondément leur santé. Dans aucune por-k ton de la société il n’est plus vif et plus châtouilleux! que chez les auteurs, les avocats, les musiciens, lesh … poètes, les comédiens , les danseurs, et, en général/# chez tous les hommes qui reçoivent des marques fré-# quentes d'approbation. C’est chez eux aussi qu’il pro duitle plus d’accidens , et il n’est pas rare de voir cesh hommes habitués aux faveurs du publicou convaincus. qu’ils y ont droit, perdre la santé, la raison, la vie même, lorsqu'ils ne peuvent les obtenir ou qu’elles viennent à leur manquer. Il est cependant une bonne direction à imprimer à ce sentiment: c’est en donnanfs de justes éloges à ce qui est beau et bon qu’on fait nas tre l’estime, l’admiration , l'enthousiasme pour le bien, etle désir de le pratiquer : c’est en flétrissant» par un profond mépris ce qui est honteux et crimis nel, qu’on inspire de l’éloignement et de la haine pour le mal.
. L'RNnt * rh D'HYGIÈNE. ‘29 … L’ambition, qui n’a rien de blâmable, si toutefois on peut lui donner cenom lorsqu'elle n’est que le désir raisonnable de ce qui est vraiment utile, devient une passion tyrannique lorsqu'elle brigue ou de grandes richesses, où surtout des jouissances d’amour propre, telles que la faveur, les cordous, les titres, ete.(r) Elle dévore le malheureux qui se livre à ses atteintes et ne Jui laisse ni tranquillité , ni sorhmeil ,;ni ,conscience. Il met en usage tous les moyens propres à satisfaire sa passion. Plus il paraît avoir d’inflexibilité dans le caractère avec ceux dont il n'attend rien, plus il sera souple et caressant près des objets de son culte. Il n’est rien qui semble lui coûter : il violera . des engagemens pris, les devoirs de lareconnaissance, le secret de ses anciens amis, car il w’en a plus. Mais ‘qu’il paie cher les rubans et les titres qu’il achète ainsi ! son regard soucieux , sa figure sombre, sa santé perdue , ses cheveux blanchis ou tombés prématu- ‘rément attestent l’agitation de ses nuits, les angoisses qu’il éprouve à la moindre apparencé de disgrâce. S'il est assez vigoureux pour résister à des tourmens pareils, il n’en est pas plus heureux, car il n’a aucune jouissance de famille, il n’a même ni l'estime ni l'affection de ses proches. C’est principalement sur les organes digestifs que cette passion funeste exerce son action. Elle y produit des inflammations aiguës ou chroniques. Le cerveau est aussi souvent directement influencé par de pareilles anxiétés : l’ambition est une des causes les plus fréquentes de l’aliénation. Deux autres passions sont la conséquence de l'ambition des richesses, cesont l’avariceetl’amour du jeu, L’une et l’autre dépouillent l’homme de toute qualité estimable ,. le poussent aux actions les plus viles, et presque toujours , si elles sont très-développées , à une mort à la fois prématurée et violente. La pre- «MAO PL A CE LAN ARE Ve UTP RER ISERE QERRS , (4j On voit qu’une pareille ambition ne peut guère exister que dans les monarchies où ces sortes de hochets sont continuellement mis en usage pour diriger les hommes.
ET
mière estordinairement propre à la vieillesse : l’autre -
est de tous les âges. :
L’ambition de la gloire est bien différente de celle és de l’of et des places. Elle n’a rien de blämable ni de +
dangereux chez un homme ferme et juste, qui sait toujours judicieusement distinguer l'intérêt du moment de l'intérêt de tous les temps, et ce qui est bon de ce qui est mauvais. Elle porte même aux actions les plus utiles : mais es illusions ‘sont dangereuses , et plus d’un cœur épris d’abord de la gloire a fini par succomber au désir de la domination. Ses effets sur la santé sont moins funestes que ceux des passions dont nous venons de parler, mais ils l’altèrent encore
.plus ou moins profondément. Les fatigues, les dan-
gers, ou les études et les veilles auxquels se soumet l’homme épris de la gloire, pour la conquérir, ruinent
ses organes digestifs ou développent chez lui des af-
fections cérébrales. Il n’est pas rare de voir succom-
ber prématurément ceux qui, dans la carrière des |
sciences et des lettres, suivent la voie honorable des concours.
Si l'ambition produit tant de résultats funestes ; s elle empoisonne la vie de celui qu’elle domine, et détruit tout le charme de ses relations, il importe d’en épier le germe et d’en diriger le développement par une bonne éducation. C’est encore ce qu’on est loin de faire, et assurément les distributions de prix dans les colléges sont bien propres à l’accroître, à l’enflammer, à faire naître l’envie et à préparer, pour la suite , tous les tourmens qui l’accompagnent. -
L'amour est, sinon la plus profonde, au moins la plus vive des passions. L’une des tendances les plus prononcées de l’organisation, est le rapprochement des sexes. Nous ne rechercherons pas si une sorte
d’aflinité, de similitude de manière d’être, est la!
cause de l'amour, et nous ne présenterons ni le ta- :
bleau de ses bienfaits ni celui de ses fureurs. Nous ne :
pores cependant éviter de nous plaindre ici de nos. abitudes sociales-: elles sont la plupart du temps en :
nc 4 D à 87 FRA pi a # + PART E E Re où # F A 7 ÿ L À ns D'HNCIEMEN 0 : ) vs81 f Mes. et . | x is épposition avec nos aptitudes , et ne permettent que bien rarement aux personnes qui se conviennent le mieux de goûter les charmes du sentiment qu’elles éprouventos"# 4 PES
F' L'amour est le partage de la jeunesse. Ïl est bean-
coup plus impétueux dans les contrées méridionales que dans le nord, au printemps que dans toute autre saison , dans les villes que dans lescampagnes, moins inconstant chez la femme que chez l’homme. Cette passion exaltée peut produire des résultats heureux ou de fâcheux effets. L'amour encouragé fait éproûver un bien être général, active toutes les fonctions, colore agréablement tous les objets, fait chérir lexistence. Cette passion expansive double Ta force, lénergie, la volonté, fait accepter avec joie les plus grands sacrifices , et peut être l’occasion du développement des facultés les plus remarquables, L'amour malheureux, au contraire, produit tous les éffets des affections sombres. Les fonctions principales sont troublées, le sommeil] agité ou nul, les idées
tristes; un mécontentement continuel, une sensibi-
lité exagérée , le dégoût de la vie, des larmes, des syncopes, des convulsions tourmentent fréquemment”
les victimes de cette passion. Elles sont beaucoup.
pu nombreuses parmi les femmes que parmi Îles bommes, et l'amour est chez elles la cause la plus fréquente de l’hystérie, de l’épilepsie et de Paliénation. Nous trouvons encore dans leur éducation, des habitudes qui ne peuvent que contribuer à aggraver pour elles de pareils dangers. A voir la manière dont chacune est élevée, on serait tenté de croire qu’on veut en faire uue dépendance, un meuble de l’homme, plutôt qu'une compagne et une amie(1}). On ne s'occupe pas de cultiver l'intelligence
… (1) Tout est gêne et contrainte dans l’éducation des femmes. Qn.ne leur inspire aucune indépendance, conséquemment au ‘eune dignité. Il résulte de là qu’à force d’avoir entendu dire qu’elles ne doivent avoir ni opinion, ni volonté, elles s’en re-
PAT 7e Be te NE QU PP ON ER RE 282 -. ÉLEMENS , | et les aptitudes des femmes, d’une manière vraiment.
utile; leurs sentimens sont beaucoup trop exércés leur raisonnement ne l’est jamais. Des occupations. frivoles, des habitudes sédentaires, des prières ar. dentes ne font qu’exaltér une sensibilité dejà trop. vive. Plus tard, des lectures qu’on estime sans dans ger parce qu’elles ne sont pas obscènes,, exercent en core davantage des. facultés déjà. trop développéesk chez elles , et les font tellement impressionnables que“ la moindre contrariété, un bruit, une frayeur , unes odeur désagréable les rendront malades. Cette ex-# cessive sensibilité hâte et exagère en elles le déve= loppement des passions : elles en éprouvent bien# plus ardemment les atteintes que si une éducation! “plus sage les impressionnait en sens contraire, emk même temps qu’elie les mettrait dans le cas de sup=
“porter plus courageusement la douleur. + À
Nous devons parler ici d’une passion qui est sou-# vent la funeste compagne de celle qui vient. de nous occuper. PE 4
La jalousie est plus commune et plus vive dans les# pays chauds que dans les climats froids. Elle naît des la prédilection ou seulement de la crainte des préfé-4 rences accordées à d’autres par une personne qu’oné aime. Cette passion toute vindicative ne peut laisser# froid celui qu’elle tourmente : ellene pourrait être del longue durée sans troubler sa santé ou sa raison. On" trouve dans les maisons d’aliénés, beaucoup de fem-w mes devenues folles par jalousie. Ilne faut cependants
mettent entièrement à leurs maris, et que si ces maîtres abso=M ‘lus ne justifient par une grande supériorité ce rôle faux et tyrannique, ou s'ils ne remplissent par une excessive complai= sance , presque toujours incompatible avec leurs occupations dem chefs de famille, le vide qu’on a laissé dans les têtes de leurs femmes ; en un mot, s'ils ne les mènent promener, s'ils ne lesh . conduisent au bal, s’ils ne les font penser, puisqu’on les a ha bituées à nele jamais faire seules, elles voient se détruire toutes les illusions qu’elles se sont faites, et s’ennuient dans leur intéz rieur, ce qui est le plus grand malheur qui puisse leur arriver’
À He 9) / D'HYGIÈNE. LUNA GS | pas croire que cesentiment nesoit pas très-violeut chez l’homme, mais les résultats en sont moins funestes, . parce que son organisation est plus forte, et sa constance moins grande, parce qu'il est obligé à moins de contrainte et que la vengeance lui est plus facile. La jalousie est une conséquence de amour: l’en- - vie en estune de l'ambition. Elle consiste dans ledésir . d’obtenir les faveurset les avantages que d’autres ac- quièrent. Elle s'accompagne de la haine; et l’une et l’autre n’ont pas des résultats moins fâcheux que la jalousie. Leurs effets sont cependant moins prompts : ces deux passions éclatent moins ,sont plussombres et minent avec plus de lenteur, mais non moins sûrement la santé des hommes qui y sont en proie. L’envie atteste toujours la faiblesse et est un sentiment bas : la haine est quelquefois louable : elle doit s’unir au mépris pour poursuivre et flétrir les méchans. Les enfans, et les petites filles surtout ; éprouvent souvent de la jalousie contre leurstfrères ou sœurs : elle” est quelquefois fondée. C’est ainsi qu'une mère injuste prodigue ses caresses à l’un de ses enfans plus qu'aux autres, et qu’une marâtre offre à ceux de son . mari lespectacle continuel des soins qu’elle donne aux siens. Des enfans dans cette situation meurent quélquefois de jalousie; s’ils n’y succombent, leur santé peut en être profondément altérée ou leur caractère influencé de la manière la plus funeste. Devrait-on être forcé de dicter à quelques mères l'équité dont elles ne peuvent s’écarter à l'égard de leurs enfans , sans se rendre responsables de Îeur mort ou du malheur de leur existence !
La colère est la passion qui éclate avec le plus de véhémence. Elle s’exhale en menaces et en imprécations , et elle expose aux plus grands dangers celui qui sy livre. On a vu des personnes mourir subitement d’un transport de colère. Il n’est pas étonnant qu’une passion si impétueuse, qui bouleverse toute l’économie, qui accélère prodigieusement la circulation, qui
ee + LAS
ï 4 CURE |
KA
k He | refoule lesang sur les organes centraux , et en gorge
le cerveau, produise un aussi prompt effet par un let
épanchement dans l’encéphale, dans l'appareil respi- ;
ratoire, où par une rupture du cœur. Îl ne faut que
voir un homme dans cet état, sa face injectée, ses yeux …
saillans , et comme hors de leurs orbites, son cou et
ses veines gonflés, pour craindre un résultat pareil. :
Quelquefois cette passion est muette, et elle n’en est que plus dangereuse. Alors le sang est tellement concentré à l’intérieur, que toute la peau est décolorée et froide; la figure est blême et agitée par des mouvemens convulsifs, tout le corps est tremblant; des convulsions peuvent être la suite d’un accès semblaz
ble. La fureur n’est qu'un degré de plus, et est encore :
plus aveugle : le visage de celui qu’elle domine est affreux , sa bouche est écumante ; malheur à l’auteur de ce transport s’il se trouve sous ses coups, rien ne saurait l’y soustraire,
La colère, si elle ne produit pas d'effet instantané, peut déterminer les maladies les plus sérieuses, telles
qu’une pleurésie(1), une pneumonie (2), une hépa- :
tite (3). L’ictère (4) en a souvent été la suite : on a
plusieurs exemples d’épilepsies produites par cette cause. De pareils effets doivent mettre en garde contre
les atteintes d’une passion aussi ennemie de la vie.
Les personnes qui se livrent fréquemment à ses dé: sordres périssent prématurément. On ne saurait donc apporter trop de soins à en réprimér la tendance chez
les enfans. On le peut avec de la prudence et de la
raison, mais il faut pour cela opposer une imperturbable froideur à l’irritation qu’on veut conjurer : il
n’est pas de plus mauvais moyen nide plus dangereux
que celui de la violence. Si cette irascibilité n’a pas ) Inflammation de la plèvre.
) Inflammation aiguë du poumon.
(3) Inflammation du foie.
(4) Ou jaunisse,
Ed
19 Ty égi \ RS CT + à | \ #1 y" | et (
AE" FA D'HYGIÈNE. 265 étécombattueavec avantage dans le premier âge, elle pe fait que s’accroître dans la jeunesse, et il est alors
de la plus haute importance d’en arrêter la marche. À
cet âge l'influence du raisonnementest grande. Le jeune homme qui se livre à des em portemens journaliers, -peut, s’il en a la volonté, les dompter et les dominer | tout-à-fait. Il deviendra même , s’il a bien senti les 4 dangers de sa passion , aussi froid qu'il était irascible; et, ses propres fureurs, qui auront été pour lui un | objet de méditation et une cause de perfectionne- | ment, n'auront pas peu contribué à en faire un | homme maître de ses passions , capable de se trouver | froidement en‘présencé de tous les périls, de faire | face à toutes les violences et de ne céder à aucune. | Mais de pareilles réformes ne s’opèreut guère que | chez les hommes supérieurs, ou chez ceux qui sont | éprouvés par des circonstances particuitères. Dans VPâge mûr l’irascibilité, peu capable d’être affaiblie, ne | peut qu'être ménagée. On éloïgnera alors toutes les à Causes qui peuvent exciter la eolère, avec autant de . | soin qu’on soustrairait à un malade les mets qui R Pourraient l’incommoder. On exerce aussi AE Vi Pareil cas, une salutaire influence par le régime ali- | mentlaire , et on doit se garder de faire preudre habituellement à un homme irascible une nourriture | substantielle, des matières animales, des boissons ex- | citantes. On adoucira , au contraire , l’âpreté de son humeur, à mesure qu'on affaiblira ses organes, par une diète végétale, et par de l’eau. Il sera même bon, dans quelques circonstances, de faire de temps en | temps d’abondantes saignées à ces hommes pléthori-
ques, chez lesquels quelques onces de sang de plus | déterminent des’ accès de colère dont on pèse vrai- ment la cause. | De | est un sentiment analogue, mais plus digne et plus élevé, souvent calme, quoique profond , et pres- |
que toujours maître de ses effets : c’est l’indignation Cette Passion est inspirée par l'injustice, la cruauté, :
286 ÉLÉMENS ee l’oppression ? c’est elle qui fait secourir l’opprimé, c’est elle qui donne aux esclaves la force de briser leurs fers. (os Le ù La vengeance est aussi une longue colère. Elle | peut quelquefois être juste; il est bien rare qu’elle « soit utile, et nous sommes persuadés que celle des lois elles-mêmes ne l’est pas (1). ; :
La peur n'étant que l'absence du courage, nous # devons dire quelques mots de ce dernier sentiment, » quoïque nous ne puissions le considérer comme une , passion. Il est de deux sortes ; l’un est plein d’ardeur, mais irréfléchi , c’est celui du soldat : il s’acquiert par l’habitude. Tous les militaires Pont, au bout de À quelque temps de leur métier. L'autre est plus élevé, À il est froid et réfléchi ; ce n’est plus un délire. Il voit. $ le danger , le reconnaît et l’accepte avec calme: rien”, ne l’abat : la souffrance, la menace, les moyens de terreur n’ont aucune action sur lui. C’est celui là …
LS
qu’il faut s’appliquer à développer chez l'enfant, et | pour cela il ne s’agit que de cultiver sa raison , OU plutôt de le mettre à même de s’en servir. On segardera donc bien &e lui offrir, à moins que ce ne soit pour qu’il les trouve ridicules, de vaines fanfaronades sans utilité, sans grandeur. A + Cette faculté, comme toutes les autres, reçoit de grandes modifications de l’action générale des viscères. L'abus des plaisirs, l'abondance des évacua- ‘tions l’affaiblissent; une alimentation déterminée
\ \ a (4) Il est bien entendu que nous distinguons ici l’action de | protection de celle de vengeance , et nous sommes loin de trouver mauvais qu’on prive de sa liberté un homme dangereux. C’est un malade un faut isoler. La société n’a pas besoin d’être : vengée, mais bien seulement d’étre préservée. La peine de mort et les supplices ne peuvent avoir d’autre effet que celui d’exciter, de la manière la plus fâcheuse, la curiosité du peuple, et de le rendre cruel. Nous ne croyons pas à l’avantage de l’exemplarité des peines : ce n’est pas par la'crainte qu'on geuverne les hommes, |
D D'HYGIÈNE. Se 207 Ë l’exalte ou la diminue. Nul doute qu'un homme bien portant, nourride viandes sncculentes, et ayant le sentiment de ses forces, ne soit, à égale organisation cérébrale ; plus courageux que l’homme faible et maladif, ou que celui qui ne se nourrit que: d'herbages. Mais il ne faut pas prendre ses termes de comparaison à des points extrêmes : l'alimentation modifie tout, elle conserve, diminue ou détruit la vie (1). von a
Les réflexions qui précèdent s’appliquent tout-àfait à l'absence du courage. La femme est ordinairement plus disposée que l’homme à ressentir la peur; Mais outre la différence d'organisation cérébrale pour cette faculté spéciale, comme pour beaucoup l’autres , son éducation et la nature de ses impresions habituelles contribuent-elles beaucoup à exer- 2er Son courage ? Assurément on a vu des femmes peu timides parmi celles qui ont été éprouvées par de. grandes circonstances. :
La peur exerce une influence générale sur l’économie. La circulation est accélérée, la respiration: courte, la peau froide et quelquefois en même temps . baignée de sueur; les sens sont plus exquis, leur action. st augmentée et pervertie ; les objets paraissent plus
(1) Tous nos organes se lient, sinfluencent réciproquement. Aucune action West parfaitement localisée. L’estomas digére, e cerveau pense, le poumon respire; mais la solidarité de tous. es agens d'autant de phénomènes est telle, que si l’estomac dière mal, le.cerveau pensera péniblèment, que si la circulation st troublée , l’action gastrique le sera également. L'exercice normal de toutes les fonctions irradie ses bons effets sur chacun de 208 actes extérieurs : de là vient qu’on trouve en soi-même de li grandes différences dans des situations et en des temps divers. La moindre douleur, une colique, une constipation opiniâtre Toublent l'intelligence , gênent la pensée, inspirent de la trisesse et de la colère. Mais ce n’est pas une raison pour ne point ‘connaître à chaque fonction un siége particulier ; et de ce que ous les organes influencent tous les actes organiques , il n’en ré- Mie pas que la cause de chacun de ces actes soit partout.
: me vivement effrayé ne sait plus ce qu'il fait, aucun 1
288 ÉLÉMENS su 4 4 k mn 200: res.
grands ou d’une forme bizarre; les yeux, la bouche sont dargement ouverts; la figure tirée paraît plus. Û " F À re F | Ne: TER . PA longue; quelquefois des évacuations involontaires” ant lieu; on a remarqué qu’elles étaient d’une fétidités
extrême : la voix, les mouvemens sont incertains4# %
par fois impossibles. D’autres fois, au contraire, la force est prodigieuse, mais sans être calculée : lhom* , 3 3 *
‘de ses actions west raisonnée ,äl n’en conserve pas souvenir. La terreur, l'effroi , sont un degré de plus ou peut mourir dausun pareil état, La syncope en est une suite fréquente. Toutes les maladies, mais surtouf celles du cerveau, peuvent être déterminées par Ia frayeur : l’épilepsie a fréquemment été produite im= médiatement par cette passion, On a vu la peau prendre,sous cette influence, une coloratiou noiret1)#i Pietère est très-commune après cette impression. On
. dit aussi qu’elle a plusieurs fois fait blanchir les che veux en quelques heures. PS 2210
. Il importe beaucoup'de fortifer les enfans contre! les atteintes de la frayeur. Chez eux elle est plug souvent la suite d’une mauvaise éducation que d’u a
“vice primordial d'organisation , etilest d'autant plus déplorable de Îes tromper et de les effrayer par mille: coutes absurdes d’apparitions, de spectres et de res venans, qu'il est rare que de pareilles freio ul s’effacent complètement. Les enfans bien élevés ont rarement peur, et on voit, au contraire, de grands jeunes gens et surtout de grandes filles ne pouvoir rester seuls sans être en proie aux plus vives terreurse Lorsqu'un pareil mal est fait chez l'enfant , il faut tâcher de le détruire, ou au moins de l'atténuer, ‘on y parviendra plutôt par l'expérience que par
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) M. Rostan (ouvrage cité) a vu deux femmes dont la peat est subitement devenue noire, la première après avoir été con® damnée à être pendue, la seconde en voyant se précipiter pi
a feuêire sa fille et ses denx petits-enfans. LISA |
, AO à M
BR. < D'AVGIENT. 389 ' à raisonnement. Il faut alors lui montrer clairement l’absence du danger; reconnaître d’abord et lui faire voir et touchér ensuite, mais sans violence et avec patienceetprécantion, l’objet qui aura causé sa péur : * si on répète souvent celte expérience, il raisonnera lui-même sur tous les cas analogues, et cessera de s’effrayer aussi vivement à la moindre occasion. Nous n’avons traité que des passions qui causent une émotion profonde , de celles seulement qui peuvent altérer vivement l’action de nos organes. 11 en est d’autres que nousomettons parce qu’elles sont plus
douces, ou que, développées à un point extrême, .
elles rentrent dans le même cadre, ou produisent des résultats semblables. La tendresse maternelle, par exemple, qui n’estqu’uneaffection pleine de charme
et de douceur, prendra quelquefois un caractère de transport, d’agitation, de fureur ; mais alors c’est de la douleur, de la colère ; du courage.
Ilest dés sentimens auxquels on à donné le nom de sens internes, qui peuvent, lorsqu'ils ne sont pas satisfaits, développer les passions les plus vives. La faim et la soif, long-temps supportées, produisent d’abord de l'abattement , et peuvent causer plus tard une vive agitation, la colère, la fureur, la cruauté. Une forte oecupation cérébrale peut suspendre pour quelque temps ce sentiment impérieux. Des impressions agréables ont quelquefois dissipé l’envie de VCIDARS TE ne
Si les passions produisent souvent les résultats fàcheux que nous venous de peindre, elles ont aussi de plus heureux effets. Ceux de la joie n’ont rien d’étonnant: le retour d’un parent, d’un ami, une bonne nouvelle, suffisent pour rétablir une santé chancelante (1)..« Un malade avait, à midi précis, les accès
« d’une fièvre intermittente qui avait résisté à tous Mia CR ter UNE |
Nous c ZE | — (1) Un négociant dont les ‘revers avaient dérangé les affaires
SU AS OO D PRIE 290 ÉLÉMENS Ms « les moyens curatifs. Le médecin Huffeland avance « un jour son horloge de deux heures. Le maladese « croit guéri, et la joie qu’il en éprouve le guérit réel-
« lement. » (RosTAN.) .
Les passions tristes produisent aussi parfois d'heureux effets. On dit que plusieurs paralytiques marchèrent lorsque l’'Hôtel-Dieu de Paris fut incendié. Mais de pareils résultats sont extrêmement rares, € le conseil qu'on a donné de recourir à l’usage des passions violentes comme moyen thérapeutique est ! trop dangereux pour pouvoir être d’une fréquente application.