‹ Précis élémentaire d'hygièneChapitre 79 sur 105 · MOUVEMENS ( GESTA · texte numérisé non relu

MOUVEMENS ( GESTA

Le cerveau, avons-nous dit, en même temps qu'il « est le siége de l'intelligence, est aussi celui des mou- 1 vemens volontaires (1), les seuls dont nous ayons à : nous occuper ici. a.

« Les mouvemens tantôt transportent le corps

« d’un lieu dans un autre, tantôt changent seule- «ment la situation relative de ses parties,, d’autres ! « fois établissent dans quelques organes it

était affecté d’une maladie grave. Le médecin Bouvart Jui-lafssa l'ordonnance suivante : Bon pour trente mille francs, àprendre. chez mon notaire. Le malade fut guéri. sh 1 Il est deux sortes de mouvemens# ils sont volontaires où | involontaires, ce qui a fait distinguer les fonctions en organi- | ques ou assimilatrices, et animales ou de relation , les unes étant) propres à la conservation de l'individu, les autres le mettanten. cn En tie avec tout ce qui l'entoure. Un système nerveux partis) | culier préside à la sensibilité des premières: c’est le nerf gran | sympathique ou trisplanchnique. Le cerveau est le centre des > | condes. Les unes s’exécutent constamment avec plus ou moins | d'activité, sans que l'individu en ait conscience: ainsi son esto= | mac digère, ses intestins exécutent leurs mouyemens péristal- | tiques, sa circulation se fait sans qu’il en soit averti. Les autres, | au contraire, peuvent être suspendues aussi long-temps qu'il | le veut ; elles sont entièrement soumises à l'empire de sa vO=

tonté, perçues et mesurées par l’action cérébrale. : © +

MATOS, «

DU D'ANGIENE, . 291 à dispositions d’où naissent la voix et les diverses « es pèces de langage. » IAA (RicxeranD, Elén. de physiologie.) De [à une division facile des mouvemens en producteurs de la voix et de la parole, et en locomoteurs. k LE:

Voix.

Nous venons de voir l’homme sentant des impressions et formant des idées; mais nous ne nous som mes point encore arrêtés à la faculté qu’il a de les communiquer. C’est le plus souvent par la voix qu’il fait part aux autres hommes de ses sensations , qu’il est averti des leurs, et c’est cet échange coutinuel de Ja pensée qui la féconde.

La voix, produite par l'organe respiratoire et par un appareil particulier appelé larynx , revêt. les inflexions les plus variées, selon la nature des sentimens qu’on éprouve ou qu’on veut simuler, La voix articulée, ou parole, exprime leurs plus petites nuances. Elle est propre à l’homme (1), et se prête avec une admirable perfection à la peinture de ses besoins, de ses désirs , de ses craintes , de sa colère de tout ce qui l’affecte (2). La voix est plus fortechez l'homme que chez la femme, chez l'adulte que chez l'enfant ; elle acquiert aussi beaucoup de développement par l'exercice. Les gens obligés souvent de se faire entendre à de grandes distances l’ont forte et retentissante. On fera bien d’exercer cstte fonction comme toutes les autres chez les enfans, de les habi-

n “pps oies remit votanppnmmnege. —

-(4) Il ne serait pas exact d'avancer que les animaux n’ont aucun langage. Assurément ; chez eux les accens de l'amour sont diflérens des rugissemens de la colère; mais jamais cette voix West articulée, jamais elle ne ressemble à la parole, car on ne donnera probablement pas ce nom au langage du perroquet, dont les organes peuvent se prêter à une simple imitation qui chez lui n’exprime rien.

ni QI La voix articulée a pour auxiliaires la langue, les dents À ès lèvres, toute la bouche et lés fossés nasales.

à NN Ve dE POe & LP F6 SALE EE PT OS En LE LR Er

SRE CLS

502 | . ÉLÉMENS | tuer à articuler nettement, à bien prononcer, à né point imprimer à leurs paroles un ton etdés inflexions d'hésitation ou de cajolerie qu’on ne manque pas ordinairement d'encourager en eux; et qui ne contribuent pas peu à leur donner des habitudes crain=" tives et serviles. ILest de la plus hautè importance des réformer dans le jeune âge ce que cette faculté peuti avoir de vicieux, et de ne laisser s’accroiître aucune tendauce fâcheuse. Il serait bientôt trop tard, et sl l'homme avavait appris à parler dans son enfance ;! il'aurait bien dela peine à réparer ensuité ce mal-1 heur. Les organes VOCaux s'impressionnent si facile" ; ment et d'une manière Si profonde dans le premier âge, que l'accent particulier d’une localité s’efface” rarement, que celui d’une laugue reste toujours ; ets que les,sons les plus simples et les plus faciles pour ceux qui sont habitués à les produire ne peuvent, souvent êtreimités par d’autres. Les sons gutturaux® de la langue allem aude né sont jamais parfaitement | saisis par un Français, et les Espagnols ne peuvent, prononcer notre u. | Cri it On devra d'autant plus s'attacher à cultiver las voix et la parole qu’elles seront moins parfaites, et: on parviendra souvent par des efforts long-temps. continués à opérer de grandes améliorations, Mais, il faudra y travailler avec prudence. L'action de la. voix. ainsi que uous l'avons dit, exige le conçours! constant des organes respiratoires, active leur exercice, et conséquemment les fatigue lorsqu'elle est trop prolongée. Lies personnes qui ont la poitrine malade, les phthisiques ne peuvent et ne doivent pas faire un fréquent usage de la paroles di ; -Les femmes , prenant peu d'exercice musculaire ; éprouvebt plus vivement que nous le besoin de par lér. C’est une conséquence toute naturelle de leurs habitudes sédentaires, et de même que le besoin.de marcher se fait principalement sentir chez quelques personnes après le repas, c'est aussi à ce moment, et comme pour favoriser la disgestion , que beaucoup }

Lt, 0 Cr TO a LRO A AN UE TE La » LAN AR AL

FE AT dk “4 F4 f À ie D'HYGIÈNE. ARE L V8 | Ÿ k ; de femmes se sentent le plus disposées à causer: Il faut bien tenir compte de l'excitation générale déterminée par la présence des alimens ; mais on ne peut révoquer en doute l'influence d’un entretien agréable sur l’action gastrique, et si les repas nombreux auxquels il est rare qu’on né mange pas plus que de coutume n’incommodent pas plus souvent qu'ils ne le font , c’est probablement à cause des avantages de la conversation. | il Li La lecture à haute voix et la déclamation produisent des effets analogues, et sont, pour quelques personnes, un bon moyen d’exercicé. Mais elles ne sauraient être d’une très-longue durée sans provoquer des inconvéniens. Les hommes qui parlent longtemps sans interruption, les avocats, éprouvent de fréquens accidens à. la poitrine.

. Le jeu des instrumens à vent eserce une action plus ou moins fatigante sur les organes respiratoires ,

depuis ceux qui exigent un souffle ménagé, retenu,

prolongé ou contraint , jusqu’à ceux qui demandent un souffle fort et des contractions soutenues du diaphragme et des muscles du thorax et de l'abdomen. On sent bien que plus ces instrumens sont fatigans,

et moins lenr, usage convient aux personnes déli-

AS REUTERS an Le Les cris, exigeant une émission de voix très-considérable et trèe-brusque, sont extrémement pénibles et dangereux. Mais ici il faut distinguer les cris des passions, ceux de la colère, de l'effroi, du désespoir, auxquels se lie toujours une impression cérébrale toute désordonnée et toute funeste par elle-même , des cris beaucoup plus volontaires auxquels obligent certaines habitudes ou professions {1}. Ces dernierscris eux-mêmes produisent, lorsqu'ils sont fréquemment fépétés, beaucoup d’accidens , par la fatigue seule qu'ils impriment aux organes respiratoires et vocaux, TA TOR SRE a CR PT A RTE ARS

. (4) Ils sont une cause remarquable de phthisie parmi les crieuts publics , les marchands d’habits, etc.

DE ÉLÉMENS À et par l'action consécutive qu'elle exerce sur les autres. L’hémoptysie, des maladies du cœur, des hernies, peuvent en être la suite. |. 000

Le chant est unemodification remarquable de la voix. Il est assurément beaucoup moins fatigant que

les cris, mais il l’est plus que la simple lecture. n produit d’heureux effets si on s’y livre avec modé ration , et facilite l’action générale des organes, plus

encore par le plaisir qu’il procure que par le mouvement de ses appareils producteurs. Je

… Élest des hommes qui sont privés de lusage de la

parole : cest presque toujours parce qu'ils son -sourds. | (APE ‘4

” Lesidiots ne parlent pas, par défaut de pensées à4

communiquer. mn

IL est très-probable que le bégaiement a sa cause dans le cerveau , et non dans les organes vocaux. Ent effet, cette imperfection est d'autant plus prononcée! que le bègue se trouve dans une assemblée plus nom-

breuse, et que sa timidité est conséquemment plu mise à l'épreuve. L'exercice peut souvent modifie beaucoup, et même faire disparaître ce défaut : o ne saurait y donner trop d'attention dans l’enfance C’est également à cet âge qu’on préviendra ou quo arrétera l'habitude de parler avee trop de volubili Il est fatigant d'entendre les personnes qui s’exp ment de cette manière : leurs paroles se confo dent. Il est également désagréable d'écouter celle qui s'arrêtent lentement sur quelques unes de leui expressions, en traînant leurs dernières syllahes. € tient ordinairement chez elles à la lenteur de là p« sée, ou, ce qui vaut mieux, à leur plus grande vérité à la châtier (r}. L'action des organes vocaux €

4) Ce qui fait qu’une élocution facile et élégante est bien

plutôt la conséquence d’une pensée rapide que d’une pensée juste: Il est des penseurs profonds et remarquables qui parlent

très-difficilement, et des orateurs brillans qui écrivent dune. manière fort médiocre. |

ua Red ANT D'HYGIÈNE. 295 ‘entièrement subordonnée à celle du cerveau. Si celleci est rapide, les expressions de l’orateur le seront aussi ; son élocution sera libre, facile, agréable. Mais l'habitude peut encore à cet égard exercer de très-grandes modifications, et le langage de certaines personnes p’est si monotone que parce qu’elles donnent à leur:voix des inflexions fausses et désagréables. pri poil \ L'homme exerce sur ses semblables une prodigieuse influence à l’aide de la parole : il ne saurait donner trop de soin au développement de cette: faculté(1). Mais pour qu’elle ne püt avoir que bien rarement une action fâcheuse, il faudrait que les hommes devinssent plus raisonnables, qu’ils fussent moins disposés à accorder créance à des idées fausses, et qu’ils fussent plus sensibles à la justesse des pensées . qu’à leur éclat (2). | | Nous avons déjà signalé l'influence des passions * sur la voix. Dans celles qui sont tristes elle est grave et sombre ; la colère lui donne de l'éclat ; la fureur la rend quelquefois impossible, aïnsi que l’effroi; la timidité l’affaiblit; l'amour lui imprime de la dou- - ceur et de la flexibilité. L’habitude de chacuxe de ces passions lui laisse le caractère qu’elle en a reçu. On reconnaît souvent à sa voix un homme dur, em-

(4) Il fera un usage d’autant plus puissant de la parole qu’il s'asservira moins aux habitudes et aux règles absurdes qui en … détruisent souvent tous les avantages. Rien de plus ridicule et de plus faux que les inflexions de convention si remarquables et si choquantes dans certaines professions. L’éloquence est une, elle est la peinture vive de sentimens profonds; celle du barreau ne diffère pas de celle de la tribune ; chacune n’a pas un ton spécial qui lui convienne, et jamais l’orateur, quel qu'il - soit, ne produit moins d'impression que lorsqu'il se livre à ces . éclats commandés par la règle, qui reviennent périodiquement frapper et incommoder l'oreille L Vauditeur.

oi Déjà la société a fait en cela quelques progrès. De belles phrases font aujourd’hui beaucoup moins d'effet que des choses : positives, et on peut espérer de voir bientôt en discrédit le style déclamatoire,

dé ÉLÉMENS

porté , timide , orgucilleux où. hypocrite. Nous avons NE

parlé de étions qu exerce sur elle Le de la. 8

ke

génération, | BA Y sf!

Une nourriture trop: ah0H Hantel nuit à 652 libré ; émission , en remplissant trop l'estomac. L'embonpoint qui en est la suite la gène également , etona « vu plus d’un chanteur la perdre en d'evenarit gras ve LU

Certaines substances par aissent aussi l’altérer sen- w siblement. Ce sont les alimens âcres qui contiennent une huile essentielle, capable de se‘rancir et de déterminer quelque ivritation sur Ja membrane muqueuse de la gorge : telles sont les noix , les amandes, É les noisettes. Les boissons aleoholiques donnent à ! la voix une raucité. remarquable. L action répétée du froid et de l'humidité produit le même effet.

Nous devons ici dire quelques mots du geste, qui vient à l’aide de la voix articulée, pour lui donner plus d'expression, ou qui la remplace chez le sourdmuet. La physionomie , l'attitude, les mouvemens des bras, prêtent un grand sécours à l’action delaparole, et concourent beaucoup à l’éloquence des passis: Les peuples méridionaux font un usage plus fréquent du geste que ceux du nord, parce qu’ils sentent plus vivement. Le geste a bésburt , comme la voix, d’être réglé par l'éducation. On fera bien d’habituer Pa tatits à ne point en faire abus: des gestes irOp multipliés donnent au langage une apparence d’ exagération qui dispose mat V auditeur. |

Locomolion, ou exercices proprement dis. | , GY Ras EE ue.

On donne le nom de a ee ion à tout mouve-

ment du corps provenant de la contraction des s mus-

cles soumis à l’ empir e de la volonté. Nous avons JE vu, dans tout ce qui précède Me chacun denos or-

ganes a besoin d’ une action Née ée pour sé Mmaïn-

tenir dans son état normal, que plus un appareil est, exercé dans de certaines Ginitcs, plus il acquiert de

De DAT ni PARU

X PR RCE. “AE Fr ie D'HÉGIENRIS 207 “développement et de prédominance sur les autres, Aucune partie de nous-mêmes ne fait exception à bcette loi de l'organisme. Les muscles: de toutes les Wpartiés du corps, ou de quelques-unes dé ses parties “seulement, selon que l'exercice est général où partiel , deviennent plus gros et plus forts s’ils sont fré- “quemmentcontractés. Ïls ne peuvent être condamnés à l’inaction sans devenir frêles et débiles, et sans qu’un “pareil état nuise à la santé générale , en laissant ac- Quérir aux autres organes une prédominance fàbeuse. Les anciens avaient peut-être donné trop de soin au développement des forces locomotrices. Chez eux la gymnastique était la partie principale de toute éducation ; des honneurs publics étaient rendus, des statues élevées aux vainqueurs des jeux olympiques. Chez nous, au contraire, on néglige infiniment trop: l'action musculaire , au moins dans les portions de la société qui exercent beancoup les organes du sentiment et de l'intelligence. Assurément l’action céré- “brale est ce qu’il y a de plus remarquable dans l’homme , c’est celle dont les effets sont les plus géné- raux et les plus durables ; mais ce n’est pas une raison pour qu'on la cultive exclusivement. C’est aussi un “grand avantage que celui de la force. Son dévelop- “pement s’unit d’ailleurs à celui de la santé. Si nos so- «ciétés modernes sont moins yigoureuses et plus ma- Hladives que les sociétés anciennes; si tant d’enfans sont débiles, si chez eux certains tissus, prenant un “développement morbide, jettent les autres dans une funeste atonie, les habitudes sédentaires, l’inertie à “laquelle on condamne des organes qui ont besoin de s'agiter, doivent entrer en compte parmi les éauses “de pareilles imperfections. Des essais ont été faits depuis plusieurs années par quelques hommes raisonnables, pour faire comprendre ces, vérités : elles ont été peu senties et faiblement mises en pratique. Les enfans sont loin d’être assez exercés dans les 'colléges ; niès petites filles surtout ne le sont présqu’en aucune “manière, et cependant l’action et l'accroissement de

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Ca + LA . te LL À dE ;

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298 ÉLÉMENS + leurs muscles auraient le grand avantage de dimi-! nuer chez elles l’excessive sensibilité qui devient sou* vent, plus tard, une source de douleurs (r). Ro Les mouvemens fréquemment répétés dans le jeune! âge activent les digestions, provoquent un sommeil. réparateur, diminuent les dangers du développement: des passions, et donnent une vigueur, une agilité , une adresse, qui peuvent être fort utiles, et qui sont: assurément une perféction de plus. :+à

Nous allons successivement examiner les différen-. tes sortes de mouvemens. On les a distingués en ac-" tifs ou spontanés, et en passifs ou imprimés. :

Les mouvemens actifs sont ceux que l’homme se donne lui-même , et dans lesquels il est à la fois puis= sance, moteur et mobile. Dans les mouvemens passifs, au contraire, le corps ne fait que recevoir une. impulsion étrangère. | | À

Les principaux mouvemens actifs (2) sont la marche, la course, le saut. |

eme +

(1) Depuis quelque temps on prend l'habitude de faire exercer | les petites filles au saut de La corde. Ce moyen de mouvement est loin d’être le plus favorable. I} accélère vivement la circulation, cause des palpitations, gorge le cerveau de sang. On doit recommander aux enfans de nes’y livrer que modérément et avec beaucoup plus de lenteur qu’ils n’en mettent communément à | faire tourner leur corde.

(2) On a fait une troisième division, composée des mouvemens mixtes, c’est-à-dire participant des uns et des autres : ce sont | ceux dans lesquels les Eure sont obligés à une certaine action. en même temps que le corps recoit une impulsion étrangère ; tel est l’exercice da cheval. Mais cette distinction nous semble inutile, le repos musculaire n’étant presque jamais parfait, dans quelque exercice passif que ce soit, et ne variant guère que par! ses degrés. Cette division en entraînerait d’ailleurs nécessaire ment d’autres , la même gestation pouvant être alternativement purement passive ou vraiment mixte. L’exercice-de la voiture! sera dansce cas, selon qu’elle sera suspendue ou non: car si lo

eut rester dans le repos le plus parfait dans une excellente ber# ine, cela n’est assurément pas possible dans une charrette, dont, les brusques secousses tiennent tous les muscles en action. |

LME at La # 4

D: D'HYGIÈNE. . 299 La marche est l'exercice le plus fréquent de tous, Elle est différente selon qu’elle est tranquille ou accélérée , sur un terrain uni ou inégal, plat ou montueux., ferme ou glissant. Nous ne devons pas nous occuper ici de son mécanisme. Ce genre de mouvement sur un sol uni est très-favorable. Il exerce presque exclusivement , il est vrai , les extrémités inférieures; mais cependant les bras sont loin d’être tout-à-fait inactifs, et les muscles du tronc prennent aussi quelque part au travail. Tous les systèmes orgapique reçoivent des secousses plus ou moins fortes, qui , si elles sont modérées, activent leurs fonctions. La respiration et la circulation sont accélérées; la perspiration cutanée devient plus abondante. La promenade réveille appétit, facilite les selles; mais al n’est pas indifférent qu’elle soit, faite dans un lieu ou dans un autre. La marche dans l’intérieur des villes, dans des rues malpropres et fétides, est loin de produire les mêmes effets qu’en plein champ, sur les bords d’une rivière, dans les bois ou sur les lieux élevés. Là tout contribue à faire d’un pareil exercice un puissant moyen de santé ; le charme des ‘sites et les vives impressions qu’il produit ont bien leur part des bons effets de la promenade. C’est surtout lorsqu'on s’y livre de cette manière qu’elle favorise le travail intellectuel. Mais, au reste, la marche : seuie exeite Le cerveau d’une manière remarquable ; plus elle est vive, et plus cet organe est assailli de . pensées. Il n’est personne qui n'utilise souvent cette | conviction acquise, et la cause toute simple de: ce phénomène est probablement le voisinage des orga- . nes qui président au mouvement et à l'intelligence. » La course est une marche très-rapide, et est loin d'offrir les mêmes avantages. Cet exercice doit être rare et court. Il active beaucoup trop la respiration - et la circulation pour péuvoir être sans danger. Les gens qui, dans certains pays, font le métier de cou- » reurs, sont fréquemment atteints d’hémoptysies, d’a- \ névrismes, de hernies, et on a plusieurs fois vm 7"

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008 ?, ÉLÉMENS : Vi

rir tout à coup des hommes qui venaient de franchit! une grande distance à la course. x id

Cet exercice. est cepéndant moins dangereux-dans l'enfance qu’à tout autre âge; il peut même être sa" lutaire chez quelques tenfans lymphatiques, dont le système circulatoire languit, et dont la peau sèche ne” fait pas ses fonctions; mais ce n’est toujours qu'avec” les plus grandes précautions qu’il pourra être permis, et on devra linterdire: tout-à-fait à ceux dont le

cœur bat avec force et d’une manière douloureuse.

lorsqu'ils s’y livrent. IL est très-probable que beau-+ coup de maladies du cœur ne reconnaissent point, d'autre cause. La course sera encore plus fatigante et. plus dangereuse sur un terrain montant ou. descen- . dant que sur un sol uni. Dans le premier cas, les ef. forts considérables qu’on est obligé de faire causent. une fatigue extrême, les battemens du cœur sont trop accélérés, la respiration trop fréquente ; dans | le second , les violentes secousses imprimées à tous les | organes peuvent déterminer des commotions du cer- | ‘veau ou du foie. | | MR: à Le saut, pourvu qu’on s’y livre avee prudence et adresse, n’est point un mauvais exercice, parce qu’il | n'est pas, ainsi que la course , une succession de mou- | vemens continus, mais qu’il permet , au contraire, | des intervalles de repos : sans cette précaution il. n'aurait que des dangers. Ce mouvement d’une grande rapidité n’est pas d’assez longue durée pour nuire beaucoup à la respiration et à la circulation, | Il a Vavantage dexercer à la fois tous les muscles. Mais, pour qu'il soit salutaire, il faut que le corps | retombe doucement, et qu’on ait soin deitoucher d’abord le sol avec l'extrémité des pieds, afin'de décomposer la secousse. La chute sur les talons, sur un terraih résistänt, peut à l’instant même donner la. mort en produisant une chmmotion cérébrale ; ou : causer des accidens plus ou moins graves. La promp-" ütudeet la force’des contractions musculaires, d’une part, et la difficulté de régler parfaitement la-chute"|

D'HYGIÈNE oi

d’üu mouvement si rapide, d’autre part, exposent à

des hernies, à des fractures, des entorses et des luxa:

tions. Le saut sur un pied est trop fatigant ; les mouvemens en sont trop brusques et les’secousses trop

VIVieS LARG ÊT

Il est plusieurs exercices dans lesquels on retrouve combinés, où joints à quelques autres , les différens mouvemens sur lesquels nous venons de jeter un coup d'œil. Quelques uns demandent un examen particulier : ce sont la danse, la natation, le patin, l’escrime ; la chasse. Dansla danse, of trouve la course et le saut, mais avec moins de fatigue, à cause du

. mode et de la lenteur des mouvemens. Cet exercice,

quelque ridicule qu'il puisse paraître à l’homme sérieux , n’est mauvais que par ses excès , et parce que le temps qu’on y consacre est ordinairement dérobé au sommeil. On trouve la danse chez tous les peuples. Chez nous c’est à peu près le seul exercice muscu- Jaire des femmes de la classe riche; mais tous les avantages en sont perdus par la gêne des vêtemens(r), par la chaleur des appartemens dans lesquels on S'y livre, par les dangers du refroidissement lorsqu'on les quitte. La danse ne serait convenable qu’en plein air, et pendant peu de temps. De cette manière elle exercerait les muscles sans exciter vivement la sensibilité , sans exapérer une disposition organique déjà trop prononcée chez la plupart des femmes. Le charme de la musique, l’excitation cérébrale qui en

est la suite, s’opposent à ce que celles même qui sont

les plus délicates résseutent immédiatement les effets de la fatigue des bals; mais il en est'un grand nombre qui paient plus tard bien chèrement le plaisir qu'ils ont pu leur procurer. |

(4) Plus les mouvemens doivent être grands et fréqüens , plus

les vétemens doivent.être larges. Jamais, au contraire , les fem-

mes ne sont plus mal à leur aise à cet égard, plus comprimées

. qu’au bal, parce qu’elles veulent y avoir, au prix même de leur

santé, une taille fine et un petit pied.

: bb: 0 ÉD Mu le, COURS “+ di d 1 LOUE

302 - ÉLEMENS © La walse, en particulier, est une danse fatigante et dangereuse.

La natation (1) exige à peu près le concours de tous les muscles. Elle a de grands avantages, et par la nature des mouvemens, qui ne sont ni trop brusques ni trop violens, et par la fraîcheur salutaire du milieu dans lequel on s’y adonne (2). Îlest différentes manières de nager, plus ou moins laborieuses, | et dont chacune exerce plus spécialement certaines parties du corps; mais comme les nageurs se livrent alternativement aux unes et aux autres, ilest 0 inutile de les examiner tour à tour. Une observation générale s'applique à toutes: c’est que, l’eau » offrant peu de résistance aux membres, il n’y a pas de choc, et, par conséquent, pas d’ébranlement dans les organes intérieurs , tels que ceux que déterminent la marche, la course, le saut, etc. La natation peut être extrêmement utile comme moyen de développement du système musculaire chez les enfans scrophuleux ou disposés à l'être, et cet exercice devrait être également conseillé à beaucoup de femmes hystériques, chez lesquelles on se saurait trop remuer l'appareil locomoteur. uk “

Nous avons examiné dans un autre article tout ce qui se rapportait aux bains.

L’escrime est également un bon moyen d’exercer

(4) Les corps qui, sous un même volume; sont plus pesans -| que l’eau, vont au fond : il faut, pour qu’un corps surnage, que | son poids soit moindre que le volume d’eau qu’il déplace. Celui de l’homme est plus pesant que l'eau; mais s’il déplace par le mouvement un grand volume de ce liquide, il rendra nul l'excès | de son poids. Tel est l'effet de la natation. Elle exige peu d’efforts chez les personnes chargées de graisse, à cause de la légè- : | reté de cette substance, et chez celles qui, ayant une large poi- w trine, peuvent y admettre beaucoup d’air. 1

(2) La natation s'exerce fort rarement dans des bains chauds. Nous devons cependant dire que, cet exercice pouvant, dans quel- M ques cas particuliers , et chez des enfans lymphatiques et faibles, W

& par exemple, avoir en tout temps de grands avantages, ce se- », rait le seul moyen de s’y livrer en hiver. |

À Au Fr | À PAT PT AS Kb. cv Île . de

. D'HYGIÈNE. 303 les muscles, d'acquérir de la vigueur, de l'adresse, de Ja promptitude. Dans nos grandes villes, où les occupations sédentaires sont si nombreuses, et l’emploi du temps trop précieux pour qu’on puisse en accorder beaucoup aux moyens réparateurs, cet exercice convient tout-à-fait comme diversion, et il n’est pas rare de voir des personnes fatiguées d’un long travail cérébral, et tonurmentées d’une douleur de tête opiniâtre, reveuir de la salle d’armes alertes et bien portantes. -

La chasse à pied est à la fois une occasion de marcher beaucoup etun moyen d’exercer la plupart des sens. Elle est une distraction fort convenable chez quelques personnes ; ses attraits sont parfois assez grands pour que le désir de s’y livrer devienne une véritable passion. La marche, la course, les sauts qu'elle exige, ladiversité des localités qu’on parcourt,

accélèrent la digestion (1), impriment une grande activité à tout l'organisme. Les dangers courns, les obstacles dont il faut triompher, l'envie de la proie, incertitude de l'obtenir, modifient aussi le caractère de ceux qui s’y adonnent fréquemment.

La chasse des oiseaux aquatiques, au milieu des marais , est loin d’avoir les mêmes avantages que celle des autres animaux. Elle expose, ainsi qué fa pêche, aux affections rhumatismales et aux maladies” de poitrine. | LEE ?

La chasse à cheval ne diffère de la chasse à pied qu'en ce qu'elle est moins propre à mettre en action les organes locomoteurs. Elle doit être classée parmi les mouvemens passifs.

Plusieurs autres exercices, presque tous salutaires

(1) Pour qu’un exercice actif soit favorable à la digestion, il faut qu’il ne soit pas trop violent, et qu’il ne suive pas trop immédiatemment le repas. Les exercices passifs, au contraire, + dont nous allons nous occuper tout à l'heure, exigeant peu de dépenses de forces, sont loin de nuire à l’action gastrique. On peut sy livrer sans danger et avec avantage immédiatement après ayoir mangé

| 17 P ER à cs 3504 … ELEMENS.

lorsqu'on s’y livre modérément, reproduisent avec quelques variétés ceux que nous venons d’énumérer. Tels sont les jeux de balle , de ballon, de paume, de volant, de billard, .de palet, de boule, de cerceau.

Tantôt ils exigent principalement les efforts des mem-

bres thoraciques, et tantôt ceux des extrémités inférieures. Les uns ou les autres séront conseillés préférablement, selon que les jambes ou les bras auront plus ou moins besoin d'acquérir la vigueur qui leur manque. Mais il convient encore plus souvent de les employer alternativement, ‘parce qu’on rencontre plus de constitutions d’une faiblesse générale que relative. La durée de ces exercices sera toujours proportionnée à la vigueur individuelle, et on ne perdra jamäis de vue que l’excessive fatigue d’un orgaue ne peut tourner ni à son profit ni à celui de l’économie. | ss C’est par un usage judicieux de ces différens mou-

veanens que les enfans acquerront une force et une

agilité que rien ne saurait remplacer, qu’ils préparerout pour leur Âge mûr et pour leur vieillesse tous les avantages d’une bonne santé; qu’ils deviendront aptes à prêter secours à leurs semblables en danger(1).

‘C’est encore par ces exercices sagement dirigés qu'on

parviendrait à refaire la constitution de tant de pauvres petits lymphatiques qui languissent déformés, ‘où succombent, parce que leur manière de wi- ‘vre ne fait qu’exagérer sans cesse les vices de leur organisation. Qu’on leur fasse traîner une petite voiture; qu’ik s’agitent en plein air, sous l’influence d’une belle lumière; qu’on remue dans des balangoires, des hamacs, qu’on roule'sur le sable ceux qui auront moins de force , et on verra leurs membres

(4) « Le jeune homme , à l’aide d’une perche, peut s’élancer

« à la hauteur d’un premier étage, et porter ainsi les ‘plus

« prompts secours à son semblable qui les réclame; il peut fran- 4 « chir, par le même moyen, un espace considérable, sans pont M

& et sans bateau. » (Rosrax.) È k - ” \

Lo

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